Le mythe de « l’ubérisation » du salariat

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Le mythe de « l’ubérisation » du salariat

Publié le 12 décembre 2015
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Par Ferghane Azihari.

Uber credits joakim formo (CC BY-NC-SA 2.0)

L’ubérisation du salariat est un terme à la mode pour désigner l’optimisation des relations entre l’offre et la demande sous l’influence des nouvelles technologies. Cette digitalisation de l’économie tend à plonger un certain nombre d’intermédiaires et autres industries dans l’obsolescence en même temps qu’elle accroît la flexibilité des entreprises. Mais ne sommes-nous pas en train de sur-estimer l’impact de ces évolutions sur la société ? Il n’est évidemment pas question de nier les changements à venir sur notre rapport au travail, à la protection sociale et sans doute également notre rapport au pouvoir politique. Mais contrairement à ce que certains semblent avancer, cela ne va pas bousculer l’essence même des rapports marchands.

Au contraire, ces évolutions ne font que restaurer l’authenticité des rapports économiques. Elles révèlent le caractère artificiel de la distinction faite entre le travailleur indépendant et le salarié, distinction qui fonde les social-démocraties contemporaines. En effet, on a souvent décrit le travailleur indépendant comme un capitaliste autonome, propriétaire des moyens de production tandis que le salarié serait nécessairement subordonné, dépendant et condamné à l’exécution des moyens de production qui ne lui appartiennent pas. Les évolutions technologiques ne font ni plus ni moins que mettre en évidence l’inexactitude de cette vision de l’économie et de la société.

Entrepreneur et salarié, une distinction artificielle

Prenons l’exemple de la notion de moyen de production. Cette notion ne veut absolument rien dire en soi. Un moyen de production peut être tout et rien à la fois en fonction du métier pratiqué. Si je suis chanteur, mes cordes vocales seront un moyen de production. Malgré ceci, je peux faire le choix de me salarier auprès d’une boite tout comme je peux monter une entreprise « indépendante » qui signera des contrats de prestation de service. En fonction de ma décision, je serai soit un salarié qui relèvera du droit du travail, soit un entrepreneur qui relèvera du droit commun des contrats. Dans les deux cas, la répartition de la propriété est la même. Tout comme le rapport de force sur le marché sur lequel je me situe. C’est la loi de l’offre et de la demande qui s’applique. Et elle s’applique à toute la population indépendamment du statut juridique.

Il en est de même concernant l’indépendance présumée de l’entrepreneur qui différerait de la subordination systématique du salarié. Nous vivons en société parce que nous ne nous suffisons pas à nous mêmes pour subvenir à nos besoins. La dépendance est donc le ciment de la société fondée sur la division du travail. Elle concerne toute la population indépendamment du statut juridique. L’entrepreneur est soumis aux mêmes aléas du marché que le salarié, lequel n’est pas systématiquement subordonné. Supposez que je sois un salarié avec des compétences rares, très utiles et par conséquent très recherchées. Je bénéficierai sans doute d’un rapport contractuel plus favorable vis-à-vis de mon employeur que l’entrepreneur « indépendant » qui produit un bien ou un service courant et à faible utilité et qui, lui, sera soumis au jugement impitoyable des clients/consommateurs, « en position de force ».

Le Code du travail, un dispositif par essence inégalitaire ?

Dans ces conditions, la digitalisation de l’économie révèle également l’incohérence du droit du travail et la méconnaissance du législateur des processus du marché. Car si le droit du travail était cohérent avec lui-même, il s’appliquerait à toutes les relations commerciales. Il faudrait étendre le SMIC aux indépendants en contrôlant le prix du pain – avec tous les inconvénients qu’une politique de contrôle des prix implique – pour éviter que l’artisan boulanger se fasse méchamment exploiter par sa clientèle, laquelle a la possibilité de sanctionner son prestataire en allant voir un concurrent éventuellement plus compétitif. Le consommateur serait contraint de solliciter le même boulanger à plusieurs reprises. Et si la clientèle se lasse de son prestataire, le boulanger serait en droit de l’assigner en justice devant les prud’hommes.

Imaginez maintenant qu’on applique ces règles à toutes les relations économiques. Il n’est pas exagéré de dire que l’État transformerait l’économie en un désordre totalitaire dans lequel la société serait paralysée et les interactions individuelles millimétrées par la bureaucratie. Ce système a reçu le nom de communisme. Fort heureusement, il n’en est rien ou presque si l’on considère que la quasi-totalité des industries bénéficient de rentes et autres monopoles qui rendent le consommateur plus ou moins captif en fonction des marchés concernés. Mais il faut souligner que le Code du travail, en consacrant un dispositif légal spécifique pour une situation qui n’a rien de spécifique en soi se rend coupable de rupture de l’égalité devant la loi. Plutôt ironique venant d’une branche légale a priori destinée à rééquilibrer les rapports de force dans la société.

La question syndicale

Face à ces assertions un peu trop égalitaristes, certains objecteront peut-être que le phénomène syndical est la preuve de la spécificité de la condition salariale. Là encore, c’est faux. Dans un marché libre, le syndicalisme n’est ni plus ni moins qu’une forme d’entente. Il s’agit d’employés qui se coalisent pour s’entendre sur les prix et autres standards de production conformément à la liberté contractuelle et à la liberté d’association afin de bénéficier d’un rapport de force plus favorable vis-à-vis des employeurs. Le syndicalisme s’inscrit parfaitement dans le processus d’auto-régulation de l’offre et de la demande. Mais ce mécanisme n’est nullement exclusif au salariat. Outre les ententes informelles entre industriels, il existe après tout des coopératives de producteurs indépendants qui se fédèrent pour bénéficier de rapports contractuels plus favorables vis-à-vis des consommateurs. Tout comme il existe des coopératives de consommateurs qui se fédèrent pour bénéficier de rapports contractuels plus favorables vis-à-vis des producteurs. Une fois de plus la loi de l’offre et de la demande ne discrimine pas.

C’est également dans ces cas de figure que l’on observe l’incohérence du droit de la concurrence, si prompt à condamner les ententes officieuses entre industriels mais qui ne dit rien sur les ententes officielles qui constituent le fondement du syndicalisme et du coopératisme. Voilà sans doute une autre rupture de l’égalité devant la loi qui prospère sur la méconnaissance des processus de marché. Car l’entente ne pose évidemment aucun problème en soi aussi longtemps qu’elle reste assise sur des bases contractuelles, non-coercitive et qu’elle s’inscrit dans un régime de libre-entreprise. Ce n’est évidemment pas le cas lorsque la classe politique contraint toute la société à adopter le SMIC pour exclure de force la concurrence de ceux qui s’accommoderaient d’un revenu plus faible pour une même tâche, au hasard, les étrangers issus de pays aux standards de vie plus bas par exemple. Plus généralement, l’entente pose un problème lorsque les producteurs sont protégés de la concurrence par des barrières gouvernementales. C’est donc les barrières gouvernementales qu’il faut abolir plutôt que de prohiber l’entente qui n’est qu’une forme de coopération volontaire tout à fait pacifique.

Protection sociale, contrôle politique et corporatisme

L’impact de l’érosion du salariat en tant que réalité juridique sur l’essence des rapports marchands sera donc quasi-nul. En revanche, il inquiète beaucoup la classe dirigeante ainsi que les corporations qui gravitent autour. La première raison tient à ce qu’une économie essentiellement composée de salariés est beaucoup plus facile à diriger, réglementer, taxer et planifier qu’une économie de travailleurs indépendants flexibles, mobiles et dont les transactions sont a priori moins prévisibles. La deuxième raison tient à ce que l’État-providence français, qui constitue l’une des principales sources d’allégeance populaire vis-à-vis de la classe politique, fonde principalement ses financements et son fonctionnement sur le travail salarié via notamment les cotisations sociales.

Ce système hérité de Bismarck a été conçu pour substituer l’appareil d’État aux mécanismes sociaux spontanés afin de plonger la classe ouvrière et le monde syndical dans une situation de dépendance économique vis-à-vis de la bureaucratie nationale. L’objectif visé était l’affaissement des volontés révolutionnaires des milieux ouvriers. L’efficacité de cette technique n’est pas à démontrer compte-tenu du fait que le monde syndical contemporain, en plus d’avoir abandonné ses aspirations libertaires, est devenu une simple congrégation de corporations inféodées au pouvoir politique qui tirent sa force, non plus d’une quelconque représentativité, mais de monopoles et autres privilèges gouvernementaux en échange de la « paix sociale ». Un exemple pertinent pour illustrer ces propos est sans doute la co-gestion artificielle de la protection sociale entre l’État et les « partenaires sociaux » qui se décline sous le vocable de « paritarisme ».

Des relations humaines de plus en plus imprévisibles

La restauration de l’authenticité des rapports économiques du fait de l’érosion du droit du travail inquiète les sociaux-démocrates pour une raison tout à fait légitime. Sous le vocable de précarité, ils expriment la crainte d’un monde dans lequel les relations humaines seraient plus volatiles et imprévisibles. Mais l’imprévisibilité des relations humaines est une conséquence inévitable de notre liberté d’interagir (ou non) avec autrui. Dans une société libre, la prévisibilité des relations humaines ne peut pas être érigée en objectif louable. Car cet objectif requerrait que l’État puisse légitimement planifier les relations humaines. Cette logique imprègne hélas notre droit à divers degrés selon l’aspect de la vie considéré. Par exemple, dans le cadre du mariage civil, le divorce a longtemps été prohibé ou compliqué à mettre en œuvre. Cette forme de mariage forcé rend les relations matrimoniales parfaitement prévisibles.

Seulement, le coût cette prévisibilité n’est rien d’autre que la liberté matrimoniale, sentimentale voire sexuelle et la pénalisation des nouveaux entrants. Un coût évidemment inacceptable et source d’une plus grande insécurité. Convenons en effet que le « marché de l’amour » serait beaucoup moins fluide si l’État rigidifiait les conditions de rupture matrimoniale, conjugale, sexuelle etc. Il en est de même dans la vie professionnelle. Plutôt que de vouloir éradiquer l’imprévisibilité des relations humaines, l’enjeu consiste plutôt à fournir des solutions aux problèmes que l’imprévisibilité peut causer. C’est justement l’objet de la protection sociale. Et celle-ci sera sans doute amenée à évoluer face à l’incertitude qui caractérise l’avenir du système bismarckien. On serait tenté d’esquisser trois scénarios probables. En effet, comme on l’a rappelé à plusieurs reprises, l’État-providence est l’une des principales sources de loyauté politique. On voit donc mal la classe dirigeante laisser le système bismarckien s’éroder sans réagir.

Quel avenir pour la protection sociale ?

Une des probables évolutions du système actuel de Sécurité sociale est la transition vers un modèle davantage basé sur l’impôt. Le problème politique que pose cette approche tient à ce qu’elle rend le paritarisme obsolète car elle court-circuite un certain nombre de corporations syndicales. En effet, si la Sécurité sociale cesse de se fonder sur les cotisations sociales, le paritarisme perd sa légitimité. Il est peu probable que les corporations syndicales acceptent cette évolution. Tout comme il est peu probable que la classe politique prenne le risque d’affronter les corporations syndicales. Ceci nous amène au deuxième scénario probable : la lutte contre le travail indépendant afin de retarder la mort du système bismarckien. C’est celle qui est en cours. Cette lutte repose sur trois volets. Le premier consiste à criminaliser les entreprises qui fondent leur business model sur l’utilisation de travailleurs indépendants. L’affaire UberPop en est l’exemple emblématique. Le deuxième volet consiste à multiplier les contraintes réglementaires, sociales et fiscales pour décourager le travail indépendant. Le RSI en est un autre exemple. Enfin le troisième volet consiste à faire la chasse au « salariat dissimulé » pour re-qualifier les contrats de prestation de service en contrat de travail afin d’intimider les entreprises qui s’aventureraient à contourner le droit du travail tout en ramenant les indépendants dans le giron du régime des salariés et des monopoles syndicaux. C’est notamment le travail des URSSAF.

Cette approche illustre les contradictions qui traversent la bureaucratie. En ignorant la multiplicité des aspirations individuelles, elle encourage travail non déclaré et sape les recettes fiscales qu’elle prétend garantir en luttant contre l’érosion du salariat. De plus, en plongeant un certain nombre de travailleurs dans la clandestinité, les pouvoirs publics excluent les individus des circuits légaux de protection sociale, ce qui est source d’une plus grande précarité là où l’acceptation du phénomène permettrait aux populations concernées d’envisager plus sereinement leur protection sociale. Ce qui nous amène au troisième scénario : la prise en charge de la protection sociale des free-lanceurs par des entreprises spécialisées en réaction à la réticence des États à considérer les entrepreneurs et les salariés à égalité. Certaines startups réfléchissent à la mise en place d’un mutualisme 2.0 grâce à l’instauration d’un revenu de base fondé sur le volontariat et la technologie blockchain. D’autres entreprises se contentent de revaloriser l’épargne privée telle qu’elle est pratiquée depuis toujours. À ce titre, il peut être souhaitable de voir apparaître de puissants syndicats de travailleurs indépendants pour permettre à ces derniers de bénéficier de rapports contractuels plus favorables sur le marché de la protection sociale. Ce troisième scénario aurait l’avantage de révéler l’inutilité de l’État dans la gestion de la protection sociale des individus et de bousculer profondément l’ordre politique établi.


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  • Y avait de l’idée mais une grosse erreur dès le début :

    « Nous vivons en société parce que nous ne nous suffisons pas à nous mêmes pour subvenir à nos besoins. »

  • « L’entrepreneur est soumis aux mêmes aléas du marché que le salarié, lequel n’est pas systématiquement subordonné. Supposez que je sois un salarié avec des compétences rares, très utiles et par conséquent très recherchées. Je bénéficierai sans doute d’un rapport contractuel plus favorable vis-à-vis de mon employeur que l’entrepreneur « indépendant » qui produit un bien ou un service courant et à faible utilité et qui, lui, sera soumis au jugement impitoyable des clients/consommateurs, « en position de force ». »

    C’est gentil de nous faire une révolution marginale sur Contrepoints. Mais ici vous comparez un salarié avec une forte utilité marginale à un entrepreneur avec une faible utilité marginale.

    Un salarié passera entrepreneur si l’organisation dans laquelle il travaille ne décuple pas son utilité marginale (ceteris paribus sic stantibus – comme qui disait l’autre). Pourquoi rester dans une entreprise qui vous ponctionne sans contrepartie?

  • « Plus généralement, l’entente pose un problème lorsque les producteurs sont protégés de la concurrence par des barrières gouvernementales. C’est donc les barrières gouvernementales qu’il faut abolir plutôt que de prohiber l’entente qui n’est qu’une forme de coopération volontaire tout à fait pacifique »

    Bon! Oui il est bien que l’état ne se mêle pas de la liberté des sociétés mais les lois anti-trust ne sont là que pour conserver la concurrence: c’est un des problème du libéralisme quand on le met en pratique: on part du fait qu’en théorie, dans un système libéral, on ne nuit pas à autrui, tout en constatant régulièrement que l’appât du gain fait souvent revendiquer la liberté mais oublier cette absence de nuisance. La crise des sub-primes l’a bien montré. Et quand la « coopération » aboutit au monopole, l’absence de concurrence aboutit à des marges bénéficiaires exagérées comme cela a été vu et sanctionné. Donc une autorité doit exister pour veiller au bon fonctionnement des principes libéraux: elle peut bien sûr n’être pas gouvernementale si elle est une « personne morale » justiciable.

    • Vous mélangez monopole et positiopn dominante. Faut-il vous citer toutes les raisons ayant conduit à la crise des subprimes, raisons dont l’état est à l’origine, à commencer par la garantie étatique des hypothèques.

      • Non les ententes entre fournisseurs de communications téléphoniques entre portables (GSM) a bien été constatée et sanctionnée!

        Et non, pas besoin de me rappeler les causes de la crises des sub-primes mais on a prêté à des gens qui, un jour ou l’autre, ne pourront plus payer, en cas d’augmentation des taux , ce qui est l’inverse du travail d’une banque comptant ensuite sur « la mutualisation des pertes », alors que les bénéfices furent privatisés: vous pouvez apprécier mas ce n’est pas ça le libéralisme!

        Si vous refusez de croire que les états ont dû renflouer les banques pour qu’elles ne ferment pas en faillite, engloutissant en même temps les épargnes de ses clients pour jouer au casino (comme à Chypre) pour que l’économie ne se fracasse pas, et dire que ce n’est pas « nuire », c’est totalement ridicule!

        • « Non les ententes entre fournisseurs de communications téléphoniques entre portables (GSM) a bien été constatée et sanctionnée! »

          Ah vous changez de sujet (les banques), comme c’est pratique.
          Pour ce qui est des telecoms le problème vient bien de l’état qui a limité le nombre de licences, comme pour les taxis en fait. Vous noterez qu’à 4 opérateurs maintenant ça a « légèrement » changé.
          Vous noterez aussi qu’Orange veut racheter Bouygues pour revenir dans un marché à 3.

          Pour ce qui est des banques, c’est bien ce que je disais, et c’est malheureux d’en être à ce stade avec tous les moyens d’information dont vous disposez.
          Si Fanny Mae et Fredy Mac, institutions de l’état, n’avaient pas garanti les hypothèques liées aux emprunts cette crise ne serait jamais arrivée puisque les emprunteurs avaient un scoring ne leur permettant pas d’obtenir ces prêts. C’est bien l’interventionnisme de l’état qui est en cause et le principe qui s’est appliqué est « tu casses, tu paies ».
          En Europe les seules banques pour lesquelles le contribuable français a payé et paie encore directement c’est la banque qui octroie les prêts aux communes, Dexia ex Crédit Local de France… banque d’état.

    • Dans un système libéral (le gouvernement n’a aucun pouvoir sur l’économie), le lobby est inutile. On ne corrompe pas un député s’il n’a pas le pouvoir de vous donner des avantages.
      Malheureusement, une majorité des gouvernements a ce pouvoir de nuisance, y compris aux usa avec wall Street.

      • Oui, mais ça, c’est la « réalité »: pourquoi penser comme les « vrais communistes » ou les vrais écologistes » que les systèmes échouent parce qu’ils ne sont pas « assez libéraux » ou assez communistes » ou « assez communistes »?

        Aucun politicien français ne se dit lui-même « libéral », donc les lobbies qui parviennent à leur parler, aux politiciens, font partie de leurs partenaires (comme le medef ou les syndicats) à ces politiciens qui n’ont vécu aucune expérience hors politique et donc dans la vie réelle!

        • Je pensais par exemple à la Nouvelle-Zélande ou la Suisse. Dans ces pays, notamment le premier, le gouvernement est très restreint, avec des contre-pouvoirs efficaces.
          Ce sont peut-être des « petits pays » en terme de population ou de superficie mais il n’y a aucune raison pour que cela ne fonctionne pas à plus grande échelle.
          Après je ne me fais pas d’illusion, la France ne sera jamais une grande suisse/NZ. Mais prendre des modèles qui marchent peuvent aider à travailler sur des solutions.

  • Comme vous le dites la subordination du salarié n’est pas systématique. Mais elle est la règle, avec des exceptions plus ou moins fortes, par exemple le PDG que beaucoup s’arrachent grâce à l’entregent (ou piston) qu’il a. Il se subordonne généralement les autres salariés.

  • Sauf que dans la psychologie des gens, il me semble que le CDI rassure bien plus que l’entrepreneuriat. Il n’est là question d’aucun fonctionnement logique mais bien émotionnel. La peur des fins de mois difficiles est encore plus présente chez les entrepreneurs que chez les salariés.
    Après sur le terrain purement objectif, je suis d’accord que tout le monde travail de l’échange de service.

    • « La peur des fins de mois difficiles est encore plus présente chez les entrepreneurs que chez les salariés. »
      C’est malheureusement vrai et c’est souvent dû à un problème de gestion personnelle. Peu savent que le CA que nous captons ne nous revient pas en totalité mais seulement à quelques pour cents (25% dans le meilleur des cas). En ça nous ne sommes pas non plus aidé par les comptables terriblement accrocs aux charges, l’optimisation du couple recettes/dépenses n’est souvent pas leur première qualité.

  • Merci Ferghane. J’invite les lecteurs de Contrepoints à prolonger la lecture de cet article avec l’excellent débat qu’il y a eu à « Ce soir ou jamais » sur le même thème : http://m.france2.fr/emissions/ce-soir-ou-jamais
    En particulier à 1:16:00

    Dans ce débat on voit clairement la fracture entre:
    – les partisans de la liberté d’entreprendre, et de la simple volonté de s’en sortir
    – ceux qui vivent des subsides de l’Etat et voient en l’uberisation un « manque à gagner »

    Ceux-là nous bassinent de « justice sociale » et de « modèle social » quand on doit décoder ces paroles par immoralité, copinage et préservation d’avantages pris sur les autres, grâce au monopole de la violence des hommes de l’Etat. Forcément, regardez l’extrait ci-dessus, ça ne va pas bien se passer.

    • On y a vu aussi des effets de la monopolisation d’une partie des domaines économiques par l’uberisation, qui vit de ses rentes sur le dos des entrepreneurs et de ceux qui veulent s’en sortir, comme le faisaient certains féodaux dévoyés au Moyen Age.

      • « des effets de la monopolisation »
        Parlons plutôt de position dominante, par ailleurs bien aidée par des budgets marketing terriblement indécents.

        « l’uberisation, qui vit de ses rentes sur le dos des entrepreneurs et de ceux qui veulent s’en sortir, comme le faisaient certains féodaux dévoyés au Moyen Age. »
        C’est tout à fait la réflexion que je me faisais lorsque certains chauffeurs d’Uber racontaient les contraintes drastiques fixées par Uber pour travailler avec eux. Je me suis dit que ce n’était pas mieux que l’état et ses réglementations ubuesques.
        Une entreprise de mise en relation ne devrait pas interférer dans la liberté d’exercer du fournisseur. Seule la notation de celui ci par le consommateur suffit à l’efficacité de la mise en concurrence.

        • « les contraintes drastiques fixées par Uber… » : je rêve, lesquelles ? Tarifs, assurances, avoir une voiture ?
          Uber vous empêche-t-il de travailler sur le marché ?
          Si une des contraintes ne vous convient pas, qu’est-ce qui vous empêche de monter le même système et ainsi supprimer la contrainte ?

          • « je rêve, lesquelles ? Tarifs, assurances, avoir une voiture ? »
            Ne soyez pas naïf, non seulement le tarif est fixé par Uber mais aussi vos heures de travail, la limitation des refus de courses sous peine d’être viré, et si par malheur un gars mal luné et bourré vous met une mauvaise note vous risquez la blacklist pendant un laps de temps. Vous êtes totalement fliqué par Uber (pas mieux que l’état) mais sa puissance marketing fait qu’il est presque le seul a pouvoir donner du travail à un très grand nombre de chauffeurs. Donc oui vous rêvez et il est temps de revenir dans la réalité.

            « qu’est-ce qui vous empêche de monter le même système et ainsi supprimer la contrainte ? »
            Pourquoi m’interpeller, ce n’est pas mon métier mais ça ne m’empêche pas de m’informer. Les Parisiens ne vous ont pas attendu, ils sont en train de créer leur propre système de mise en relation.

            • « « qu’est-ce qui vous empêche de monter le même système et ainsi supprimer la contrainte ? »
              Pourquoi m’interpeller ? »

              En fait, sam player vous invite ici simplement à constater la différence entre des règlementations d’état et des règlementations privées.

              Si les regles privées ne plaisent pas, la libre concurrence règlera le problème.
              À l’opposé, on ne peut pas se soustraire aux réglementations étatiques et ces bien là le gros problème.

              • Biensûr mais j’ai toujours du mal avec les adeptes du « y a qu’à ! », les gourous du conseil, mais comme on dit les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Donner des leçons c’est bien gentil mais ça ne représente pas la réalité du terrain. Evidemment que l’on peut se soustraire plus facilement d’une règle privée mais dans la pratique il y a bien d’autres facteurs qui rentre en compte dont un principal qui est de bouffer tous les jours.

                Alors je vois mal un chauffeur VTC monter son propre système de mise en relation, il lui faudra à la fois beaucoup d’argent pour démarrer le développement et beaucoup de temps pour le marketing (en gros il oublie d’être chauffeur), c’est pas le même métier que d’être un petit artisan et un gérant d’une société numérique.

          • lisez ceci http://www.caradisiac.com/Les-VTC-sont-dans-la-rue-pour-reclamer-de-meilleurs-tarifs-105945.htm

            Les VTC en réclament à l’état pour réglementer leur tarifs. Voilà une dérive de l’uberisation qui n’arriverait pas si les chauffeurs étaient vraiment libre de leur activité, et que l’appli de mise en relation restait uniquement à sa place d’appli rémunérée par le client.

            • Ah oui parce que vous voulez définir ce qu’est Uber et après critiquer sa mise en oeuvre.
              Uber, comme il se présente, n’est pas ce que vous dites.
              Vous ne pouvez pas décider qu’une boite de raviolis est une boîte d’haricots verts puis dire que ces haricots verts ne sont pas bons…. Normal c’est des raviolis.

              • Sauf qu’avec Uber, c’est marqué haricots verts sur la boite mais vous constatez bien que vous mangez des raviolis. C’est tout le problème actuel des chauffeur VTC, on leur a promis la liberté que les taxis n’ont pas et ils se retrouvent tout aussi contraints (sur leur tarif et leur temps de travail).
                Si vous pensez qu’Uber a la liberté de mettre des raviolis dans une boite de haricots, on aura tout les deux toujours une divergence sur la notion de liberté par rapport à autrui.

        • « Une entreprise de mise en relation ne devrait pas interférer dans la liberté d’exercer du fournisseur. »

          Et la confiance, vous en faites quoi ?
          Le fournisseur conserve sa liberté d’exercer mais avec un autre intermédiaire si celui-ci ne lui convient pas.

        • @ apippugeho

          « Une entreprise de mise en relation ne devrait pas interférer dans la liberté d’exercer du fournisseur. Seule la notation de celui ci par le consommateur suffit à l’efficacité de la mise en concurrence. »

          Savez-vous comment ça se passe? Que tout le monde peut donner un avis (comme pour les restos ou les hôtels ou l’envoi de nombreux avis favorables factices faussent le « thermomètre »). Donc non, ça ne suffit pas.

          Mais, de toute façon, déjà Renault travaille avec des « intérimaires » très nombreux, plus chers, mais dont on se défait facilement, sans séquelle à payer. Or les agences d’intérim sont les précurseurs d’Uber, dans le travail, plus cher, mais plus sécurisante.

          Et comme la « loi » (les politiciens) suit de très loin la vie réelle, les textes sont dépassés, maintenant, quand ils sont publiés!

          C’est bien le système politique qui est vétuste, vivant encore sous la constitution de Ch.De Gaulle, alors que les présidents aux petits bras se succèdent!

          Et là le libéralisme a sa place: que chacun puisse décider comment il veut travailler, le contraire du code du travail de 2,3 Kgs qui comme pour tout, en France, veut circonscrire la réalité dans des textes de loi, d’où les femmes qui viennent qui vont se faire féconder ailleurs, les enfants qu’on achète à l’étranger, tout ça pour avoir brimé la liberté des gens!

          • « Savez-vous comment ça se passe? Que tout le monde peut donner un avis (comme pour les restos ou les hôtels ou l’envoi de nombreux avis favorables factices faussent le « thermomètre »). Donc non, ça ne suffit pas. »

            Mikylux, vous nous avez habitué à mieux au niveau de vos commentaires. Votre gosse a dû pirater votre compte.
            Manifestement vous mélangez tout : les sites généralistes sur lesquels n’importe qui peut donner son avis et ceux sur lesquels il faut avoir effectué un achat (achat vérifié). A ce titre les sites de réservation (genre booking.com) sont les plus fiables car indépendant du fournisseur final (l’hotel par exemple) : vous ne pouvez déposer un avis que si vous avez utilisé le service pour réserver.
            Même principe chez des intermédiaires su type blablacar ou ebay.
            D’autres comme Amazon sont moins indépendants puisqu’ils pratiquent la vente de leur produits propres et celles de fournisseurs extérieurs mais ont une bonne pratique de l’achat vérifié.

            Mais si vous vous référez à un site associatif (CommercantsDuLubéron.com) pour lire des avis objectifs non vérifiés, je comprends que vous puissiez avoir un problème.

          • « Savez-vous comment ça se passe? Que tout le monde peut donner un avis »
            Bien sûr que non, seul les clients réellement transporté pourront donner un avis, comme sur Ebay quoi !

            « Or les agences d’intérim sont les précurseurs d’Uber »
            Ca reste tout de même du salariat avec la relation de subordination qui va avec. J’ai une très mauvaise image de l’interim salarié contrairement à l’indépendance réelle.

            « que chacun puisse décider comment il veut travailler »
            C’est ce que je prétends depuis toujours et présenter Uber comme un modèle me parait très loin de la réalité.

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Par Claude Sicard.

On apprend par le journal Libération que le magistrat Charles Prats est placé sous enquête administrative par notre ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, en raison des révélations contenues dans son dernier livre sur l’importance faramineuse des fraudes sociales dans le pays : en effet, il les évalue à pas moins de 52 milliards d’euros par an.

On comprend que cela dérange nos responsables politiques, d’autant qu’il s’agit de fraudes imputables pour une bonne part à des ressortissants étrangers ou issus ... Poursuivre la lecture

Par Patrick de Casanove.   

La Sécurité sociale a été créée par les Ordonnances de 1945 :

 « Art. 1er. — Il est institué une organisation, de la sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent. »

Elle a pour objectif de « de protéger les individus des conséquences de divers événements ou situations, généralement qualifiés d... Poursuivre la lecture

Un article de la rédaction de Contrepoints.

Face à la crise covid qui a durement éprouvé notre système de santé, les Français réaffirment leur attachement à leur liberté de choix selon une étude BVA pour la fondation April réalisée du 19 au 27 juillet 2021. Ainsi, 82 % des personnes interrogées jugent important de pouvoir consulter le médecin de leur choix, même s’il pratique des dépassements d’honoraires. 72 % des Français jugent également important de pouvoir recourir à la médecine non conventionnelle.

L’i... Poursuivre la lecture

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