Vente d’alcool interdite : l’état d’urgence dérape déjà

(CC BY-NC-ND 2.0)

Peut-on profiter d’un état d’urgence pour interdire la consommation d’alcool ?

Par Charles Sannat

Oiluj Samall Zeid-Noche Tudelala(CC BY-NC-ND 2.0)
Oiluj Samall Zeid-Noche Tudelala(CC BY-NC-ND 2.0)

 

Note préliminaire : l’interdiction a été annulée récemment. Nous avons décidé toutefois de maintenir l’article, tant cette interdiction est symptomatique des dérives liberticides que l’état d’urgence peut occasionner.

Le problème avec les pleins pouvoirs et la dictature de l’émotion c’est que l’on sait où cela commence, jamais où cela s’arrête ; nous avons le cas d’une dérive évidente et je vais vous expliquer pourquoi, mais d’abord voici l’information incriminée :

« Autre effet de l’état d’urgence décrété après les attentats de Paris : l’interdiction de la vente à emporter et de la consommation d’alcool sur la voie publique après 20 heures, dans le département du Nord. La préfecture a pris cette décision qui s’appliquera jusqu’à la fin du régime d’exception. »

C’est une des conséquences inattendues de l’état d’urgence. Ainsi, il est désormais défendu d’acheter, de détenir ou même de consommer des boissons alcoolisées sur la voie publique jusqu’à 8 heures du matin dans tout le département. Une mesure qui sera effective jusqu’au 26 février.

« Considérant que la consommation d’alcool contribue à la levée des inhibitions et qu’elle facilite les comportements agressifs et violents à l’origine de nombreux troubles à l’ordre public […], la vente de boissons alcoolisées du 2e au 5e groupe, sous quelque forme que ce soit, est interdite dans tout le département du Nord, entre 20 heures et 8 heures à compter du 14 novembre 2015, 20 heures, et ce jusqu’à la fin de l’état d’urgence »,

annonce l’arrêté préfectoral.

Tout d’abord les terroristes djihadistes ne picolent pas car c’est interdit par leurs principes religieux et moraux… donc pour les repérer, il vaudrait mieux finalement s’occuper des « sobres » plutôt que des « alcoolisés », mais ce n’est pas cela le problème.

Le problème, c’est que l’on ne peut pas tout confondre et profiter d’un état d’urgence pour interdire la consommation d’alcool ; et présentement, nous nous trouvons face à un mélange des genres qui n’est pas de bon augure, même si encore une fois je peux parfaitement comprendre que nos forces de l’ordre soient occupées à autre chose que les faits d’ébriété sur la voie publique et que nous devions garder nos moyens pour les vrais sujets.

Je peux comprendre cela en tant que citoyen responsable et je veux que les préfets et les dirigeants me considèrent comme tel et donc me disent la vérité. La vérité est que nous ne pouvons plus courir après les titubants du vendredi soir… et cela met en exergue un cruel manque de moyens sur lequel je vous propose de mener une réelle réflexion personnelle et citoyenne.

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