Charles Beigbeder : que de poncifs antilibéraux !

L’article de Charles Beigbeder trahit sa méconnaissance du libéralisme.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Charles_Beigbeder-Fondapol- (CC BY-SA 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Charles Beigbeder : que de poncifs antilibéraux !

Publié le 2 novembre 2015
- A +

Par Damien Theillier

Charles_Beigbeder-Fondapol- (CC BY-SA 2.0)
Charles_Beigbeder-Fondapol– (CC BY-SA 2.0)

La récente tribune de Charles Beigbeder publiée par Le Figaro appelle une mise au point, car la vision du libéralisme qui y est présentée est incohérente voire fausse.

Un concentré de tous les poncifs existant sur le libéralisme

Je dois commencer par dire que je partage avec un homme politique comme Charles Beigbeder un certain nombre de valeurs qui me paraissent essentielles pour une vie humaine accomplie : l’enracinement dans une philosophie de l’homme qui associe le respect de la personne avec le patriotisme et l’amour du bien commun. Bref, une anthropologie héritée d’Athènes, de Rome et de Jérusalem, à laquelle s’ajoute la défense des libertés économiques, politiques et religieuses. De surcroît, j’ajoute que je partage son inquiétude quant au déclin des traditions morales et spirituelles qui fondent notre civilisation. Là-dessus, je dis bravo !

En revanche je conteste sa vision du libéralisme, une vision incohérente, historiquement et philosophiquement fausse mais partagée hélas par un grand nombre de conservateurs, qu’ils soient de droite ou de gauche. « Au plan philosophique, écrit Charles Beigbeder, je suis aux antipodes du libéralisme philosophique qui postule l’équivalence de tous les choix de vie, sans aucune hiérarchie de valeurs ni limite ». Cette phrase est un concentré de tous les poncifs et les erreurs existant sur le sujet. D’où vient l’erreur ?

Le libéralisme philosophique n’est pas autre chose qu’une théorie de la justice

L’erreur vient du fait que notre auteur confond complètement le libéralisme philosophique et le libéralisme économique. L’approche économique est essentiellement utilitariste et de ce fait elle ne peut fournir aucun principe éthique. Elle décrit les causes et les effets, elle raisonne en termes d’efficacité, de croissance, de préférences individuelles, de calcul d’intérêt. On sait qu’un marché plus libre multiplie les possibilités d’abondance et de bien-être, qu’il maximise la satisfaction des agents, tel est le socle commun des économistes du libre-échange.

Mais le libéralisme philosophique consiste justement à introduire un principe moral non utilitariste sans lequel il est impossible de définir objectivement ce que veut dire nuire à autrui et sans lequel il est impossible de distinguer un acte juste d’un acte injuste. Ce principe c’est la propriété naturelle. En effet, la seule définition cohérente de la justice est la propriété naturelle, la libre disposition de soi et de toute possession non volée, c’est-à-dire prise à un autre sans son consentement.

Un peu plus loin, Beigbeder critique la célèbre formule revendiquée par les libéraux : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Mais le fait est qu’il ne la comprend pas puisqu’il ajoute : « l’idée que l’on se fait de la gêne éprouvée par autrui est parfois très personnelle et subjective ». En effet, on ne peut la comprendre sans une théorie des droits de propriété. Car nuire à autrui a un sens très précis : c’est l’agression contre la personne ou contre ses biens. Nuire à autrui n’est un crime ou un délit que s’il y a agression physique contre la propriété, c’est-à-dire contre la personne ou contre ses biens. Peu importe si une action nuit au bien-être de certains voire au bien-être de tous dès lors qu’elle respecte cette norme morale de justice. En réalité, la limite du droit de propriété, c’est la justice, c’est le respect du droit d’autrui, c’est la non-agression. Un homme a le droit de faire tout ce qu’il veut avec ce qui est à lui tant qu’il ne nuit pas à la propriété d’autrui. Telle est la limite.

La philosophie politique libérale applique cette norme de la justice à l’État

Le libéral conséquent est aussi celui qui applique le critère universel de la justice, défini comme respect du droit de propriété, à l’État lui-même et aux hommes de pouvoir pour limiter leurs prétentions. En effet, qu’une action soit accomplie au nom du bien commun ne suffit pas à la rendre légitime si elle viole la norme de justice. Celui qui exige de vous par la contrainte légale que vous lui sacrifiez vos droits est un criminel prédateur, quand bien même s’il s’appelle l’État, le gouvernement ou bien le peuple. Quand une spoliation est légale, elle reste une spoliation, c’est-à-dire une injustice, condamnée par la morale naturelle comme par le Décalogue.

C’est pourquoi Charles Beigbeder se trompe quand il affirme : « S’il est démocrate, un vrai « libéral » ne reconnaît aucune loi au-dessus de l’addition arithmétique des suffrages. » Eh bien non ! Pour un libéral, la démocratie n’est légitime que si elle respecte la norme morale de la propriété, c’est-à-dire la liberté pour chacun de décider des affaires qui le concernent, dans la limite de ce qui lui appartient. Mais si elle se transforme en règle majoritaire illimitée permettant de disposer de la personne et des biens d’autrui, elle devient oppressive car elle détruit le droit au lieu de le protéger.

Ainsi un libéralisme philosophique bien compris, tel qu’il a été défendu par les libéraux classiques français notamment (je renvoie notre auteur à la lecture des œuvres publiées sur http://www.institutcoppet.org) est un libéralisme normatif qui n’est pas autre chose qu’une théorie de la justice fondée sur le droit de propriété. C’est une philosophie qui ne vise pas seulement l’utilité mais la justice comme norme morale rationnelle de l’organisation sociale. Et ce libéralisme bien compris débouche sur une philosophie politique. Car il n’est pas possible de comprendre l’essence de la philosophie libérale, si on ne comprend pas qu’elle a toujours été historiquement définie par une rébellion authentique contre l’immoralité de l’État prédateur et spoliateur, quelle que soit sa forme, monarchique ou démocratique.

En complément de cet article : lire le billet d’humeur de Nathalie MP


Sur le web

Voir les commentaires (80)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (80)
  • Attention Mr Theillier (dont par ailleurs j’adore les articles) !!!

    Ne pas mélanger le patriotisme avec le respect de la personne et l’amour du bien commun (d’ailleurs, le bien commun, à part les droits de l’homme, cela n’existe pas).

    Le patriotisme est une conception toute récente, issue de la Révolution Française, et ne peut pas être héritée d’Athènes, Rome ou Jérusalem des temps antiques, c’est un anachronisme.

    De plus, le patriotisme est la version « light » du nationalisme, mais repose sur les mêmes fondations, à savoir un collectivisme.

    En effet, la Révolution Française a accouché des 2 plus dévastateurs collectivismes des temps modernes, responsables chacun de centaines de millions de morts : le nationalisme et le socialisme.

    A ce titre, le patriotisme est une monstruosité, c’est un nationalisme qu’on n’ose pas nommer (ou qu’on souhaite embellir), mais un pur collectivisme en lui-même, portant dans ses germes la négation de l’individu en tant que tel.

    Bien cordialement,

    • Patriotism is the last refuge of a scoundrel. – Samuel Johnson

    • « Le nationalisme ne s’identifie pas non plus avec le patriotisme. Le patriotisme est l’ardent désir de voir sa nation dans le bien-être, la prospérité et la liberté. Le nationalisme est l’une des différentes méthodes proposées pour atteindre ces fins. Mais les libéraux soutiennent que les moyens recommandés par le nationalisme sont inappropriés et que leur application non seulement ne permettrait pas d’atteindre les fins cherchées mais aboutiraient au contraire à entraîner la nation dans un désastre inévitable. Les libéraux sont, eux aussi, patriotes, mais leurs opinions touchant la meilleure façon d’assurer la prospérité et la grandeur de la nation diffèrent radicalement de celles des nationalistes. Ils sont partisans du libre-échange, de la division internationale du travail, de la bonne volonté et de la paix entre les nations, non dans l’intérêt de l’étranger mais pour le bonheur de leur nation. »
      Ludwig von Mises, Le gouvernement omnipotent, 1944

      • Le seul désir des libéraux est de voir les individus qui les entourent vivre dans le bien-être, la prospérité et la liberté.

        • Et j’ajouterai que ces gens là sont de ma nation, indépendamment de leurs croyances religieuse, de leur couleur de peau ou autres différences.

    • Oh la la quelle mauvaise lecture du monde !
      A vous lire le libéralisme serait le chantre de l’universalisme au même titre que le collectivisme. Comprenez que le facteur identitaire est indispensable à la bonne marche du monde. Une nation est comme une entreprise avec son identité, sa culture, ses richesses….

      • Tout à fait, le libéralisme est bien le chantre d’un certain universalisme : celui de reconnaître à tous les êtres humains les mêmes droits naturels. Le « facteur identitaire », ce pitoyable remugle de l’esprit tribal est à mille lieues du libéralisme. Et non seulement, il n’est pas nécessaire à la bonne marche du monde, mais il a démontré à suffisance sa tragique nocivité tout au long des 19e et 20e siècles.

        • Oui bien sûr, pire que l’aveugle celui qui ne veut pas voir.
          Le monde ne fonctionne pas avec des doctrines ou des philosophies qui s’appliqueraient avec un mode d’emploi.

          • Commentaire bien contradictoire avec votre précédent où vous nous assuriez que le monde ne peut bien « marcher » que grâce au « facteur identitaire ».

            • Indispensable ne veut pas dire exclusif. Ne pas prendre en compte la réalité c’est signer un chèque en blanc à l’échec, à ce titre le libéralisme ne conduit pas à lui tout seul au monde harmonieux que vous prophétisez. On se demande d’ailleurs pourquoi il ne s’applique nulle part aujourd’hui et par le passé.

              • Il est vraiment curieux de vous voir prétendre d’un côté que le monde ne fonctionne pas selon des doctrines et des philosophies et nous assurer de l’autre qu’il faut nécessairement tenir compte d’un soi-disant « facteur identitaire » pour que ce monde fonctionne correctement.

                Vous prétendez vouloir tenir compte de la réalité. Et bien souvenez-vous que la réalité de l’esprit tribal, du « facteur identitaire », c’est la mort de la raison, la fin des Lumières, la disparition de l’humanisme, comme nous l’a montré l’histoire des 19e et 20e siècles.

                Alors, je ne sais pas si le libéralisme permettra un jour aux individus de connaître l’harmonie. Par contre, nous savons déjà que jamais l’esprit tribal, la dévotion au collectivisme que sont ces perversions de l’esprit connues sous le nom de nationalisme ou de patriotisme n’aideront les hommes à trouver cette harmonie. Il suffit seulement de lire ou relire les pages que Stefan Zweig consacre dans Le monde d’hier aux premiers jours de la Première Guerre mondiale pour comprendre définitivement que le « facteur identitaire » n’est rien d’autre qu’un malfaisant enfumage qui nous empêche de distinguer la réalité.

                • Vous y croyez vraiment à la suprématie de la raison pour l’autogouvernement des individus ? c’est un mythe et d’ailleurs vous faites référence aux lumières, une pensée qui s’est construite dans un contexte particulier il y a 250 ans. Il me semble que la science fait de plus en plus état d’ automatismes plus que de raison dans nos comportements. Bref nous serions plus proche du mouton que de l’agent rationnel.
                  En ce concerne le facteur identitaire c’est la base même de l’individualité sinon vous ne defendriez pas votre droit de propriété.

                  • @artemus :

                    toujours le même discours des collectivistes déjà dénoncé en son temps par Bastiat :

                    l’être humain est incapable de gérer sa vie, c’est un mineur qui doit être mis sous tutelle, et bien sûr sous ma tutelle, car il est normal que je sois berger, et les autres troupeau.

                    Donc vous vous êtes intelligent, mais pas les êtres humains en général ?

                    Et quelles sont vos qualités de berger pour vouloir être berger, donnez nous des preuves ?

                    Ce ne sont pas des êtres humains comme les autres ? ils sont fait d’un autre levain peut-être ?

                    Raison de plus pour ne pas donner de trop grands pouvoirs à certains, ce sera toujours au détriment des autres.

                    Enfin, sachez que ce qui différencie l’être humain de l’animal, c’est la Raison.

                    Ce n’estpas parceque chaque être humain est fait de chair et de sang, qu’il a des passions, qu’il n’est pas capable de laisser sa Raison agir.

                    C’est toute la différence entre un animal qui ne vit que par l’instinct etl’être humain.

                    Vous affirmez simplement que les êtres humains ne sont pas dignes d’être humains, à part vous bien sûr.

                    Remarquez, c’est ensuite plus facile de vouloir les diriger, puis les exterminer, etc etc etc …

                    • Ça y est ! A la moindre critique ou remarque on est un collectiviste. Une preuve s’il en fallait une que c’est bien la raison qui vous gouverne. On se calme et on discute comme des êtres libres de penser. Je ne detiens pas la vérité pas plus que vous.
                      Amicalement

                    • « Je ne detiens pas la vérité pas plus que vous. »

                      Et cela après avoir affirmé « Comprenez que le facteur identitaire est indispensable à la bonne marche du monde. Une nation est comme une entreprise avec son identité, sa culture, ses richesses…. »
                      🙂

                  • Nous parlons de raison dans la gestion des relations entre les individus. C’est bien là la prétention de la politique depuis les premiers textes de lois apparus en Mésopotamie, en Égypte, en Chine ou ailleurs. Le gouvernement des sociétés est un produit de la raison. À moins que vous ne prétendiez que les instincts bestiaux seraient légitimés à devenir les critères d’action de la politique.

                    Sinon, la propriété est un droit naturel de l’individu et n’a rien à voir avec un quelconque « facteur identitaire ». Et si jamais il existe une identité, c’est bien celle, unique, de chaque individu. Il y a autant d’identités que d’individus sur Terre.

                    • @ artemus :

                      Je dis juste que l’argument que vous utilisez : les gens sont des bêtes (pour faire court)

                      est l’argument classique des collectivistes pour imposer une dictature des bergers (pardon, du parti).

                      Et pourquoi personne ne détiendrait la vérité ?

                      Eh bam, du relativisme maintenant.

                    • José
                      Le gouvernement est le seul fruit de la raison, alors dans ce cas pourquoi les libéraux contestent ils certaines formes de gouvernement ? Cela impliquerait donc plusieurs type de raisons ce qui moi ne me gêne pas contrairement a vous semble t-il.
                      Tout comme Stéphane a qui je répond par la même, vous comprenez mes propos sur la base de clichés et non avec votre raison. Cependant je vous rassure nous fonctionnons tous ainsi, c’est plus commode car la raison exige énormément de temps et d’énergie. Désolé je ne suis donc pas un berger quoique le métier a son utilité. Mais oui vous pouvez détenir une vérité ponctuellement, certainement pas en général car cela ferait de vous ce fameux berger que vous craignait tant.

                    • @artemus

                      Dire que le gouvernement des hommes se fait sur base de la raison n’implique pas qu’il soit juste par ce seul fait. Un acte de la raison peut être non productif, inutile, injuste, immoral, etc. Les libéraux recherchent un gouvernement juste et moral des hommes.

                      Quant à votre digression sur les clichés, de quoi s’agit-il si ce n’est que des représentations, erronées, issues de la raison ?

                  • Et en alternative à ce que vous considérez comme un mythe, vous en proposez un autre…

                    Finalement, après avoir affirmé « A vous lire le libéralisme serait le chantre de l’universalisme au même titre que le collectivisme.», vous proposez le collectivisme…

                    Très cohérent…

                    Ce à quoi j’enchaine sur ceci :
                    « Bref nous serions plus proche du mouton que de l’agent rationnel. »

                    Comme quoi, on juge souvent les hommes en se prenant soi-même comme référent…

              • @ artemus : je ne nie pas le facteur identitaire, mais le faire coïncider avec le patriotisme c’est faire un rapprochement faux.

                Je suis alsacien, plus précisément d’un petit village près de Strasbourg. Je me sens proche des gensde mon village, à la rigueur des strasbourgeois et des bas-rhinois.

                Par contre, quand je visite la France du sud Est, la Corse ou les DOM-TOM, je ne me sens pas de réelles affinités avec ces gens, trop différents, ce qui nous relie est artificiel et imposé par l’état : les impôts et la langue.

                Encore une fois, le concept d’état nation est tout récent et dangereux, et ne se confondpas avec un phénomène identitaire.

                Quand Von Mises parle du patriotisme, c’est qu’il ne peut se résoudre à un monde sans état, seule contradiction dans sa pensée, que Murray Rothbard complétera de la plus belle des manières.

              • @ Artemus :

                Le libéralisme est bien sûr la seule philosophie politique universalisable.

                En utilisant le principe de non agression, chaque individu de l’humantié peut disposer des mêmes droits.

                Le socialisme, ou toute autre philosophie niant les droits des individus revient in fine à « la loi du plus fort »

                Et la loi du plus fort n’estpas universalisable : si il y a un plus fort (une majorité, une nomenklatura, un parti, un dictateur) alors il y a un moins fort (une minorité, les riches, les juifs) et ce n’est donc pas universel …

                • Le patriotisme est l’amour de sa nation. Le nationalisme est la haine des autres nations.

                  De plus, on peut être patriote tout en respectant les droits des gens, ne racontez pas d’histoire.

                  • @ Général :

                    définition classique des scélérats qui se drapent dans le patriotisme (citation de samuel johnson, merci José).

                    On ne peut aimer qu’une personne physique : « aimer sa nation » c’est une réification vide de sens, comme le concept de Nation d’ailleurs.

                    La Nation, comme la Société, cela n’existe pas.

                    « On peut être patriote tout en respectant le droit des gens »

                    Oui oui, et on peut être socialiste tout en respectant le droit des gens, mais bien sûr, cela commence toujours comme cela.

                    Mais curieusement, on fait une distinction entre les individus selon qu’ils soient nés dans un endroit géographique ou dans un autre.

                    Puis cette distinction, on la fait pour leur faire payer des impots, puis pour les aider, puis pour les refouler à la frontière quans ils veulent se déplacer, bref, pour ne pas respecter les droits des gens.

                    Regardez un peu l’histoire de l’humanité ces dernieres 200 années, et vous verrez que l’histoire que je vous raconte, c’est l’Histoire de la réalité …

                    • Le patriotisme est un sentiment, pas une idéologie. La patrie se fonde sur la volonté des individus de vivre ensemble, selon une culture qu’ils aiment (d’ailleurs, vous aimez bien la liberté, non? preuve qu’on peut aimer des concepts).

                      Libre à vous de ne pas aimer votre patrie, le patriotisme vous laissera le choix.

                      Une nation? C’est une culture commune, des valeurs partagées, une histoire et une identité propres. Donc ça existe. Comparez l’Inde, la Chine ou la France…….

                      L’histoire? La Troisième République bien plus libérale que les autres régimes, et pourtant empreinte de patriotisme. La Constitution de 1791, un monument de libéralisme mais fondée sur le concept de souveraineté nationale. Tiens, étrange, non?

                    • C’est une culture commune, des valeurs partagées

                      Décidées par qui ? Nation = constructivisme. De plus, le nationalisme est consubstantiel au socialisme.

                    • @Théo31

                      « Décidées par qui ? Nation = constructivisme. De plus, le nationalisme est consubstantiel au socialisme. »
                      Vous confondez nationalisme et patriotisme, alors que les deux sont radicalement opposés. Je le rappelle, le patriotisme est un sentiment d’appartenance, PAS une idéologie à l’inverse du nationalisme!!!

                      Un sentiment d’appartenance à une culture, une patrie, un héritage communs. Le patriotisme repose sur la libre volonté des individus de vivre selon cette culture. Donc il repose sur la liberté, celle de s’attacher à cette culture.

                      La culture se transmet, libre à vous de vouloir la rejeter ensuite et partir vivre ailleurs. Mais si vous croyez que la culture, sur laquelle se fonde la nation, c’est du constructivisme, que vais-je vous répondre? C’est censé être un argument? Une intuition, peut-être? Même pas? Et la religion, c’est du constructivisme, aussi?

                      D’ailleurs, je me demande ce qui est le plus consubstantiel au socialisme, les idées toutes faites ou le nationalisme?

                • Le principe de non agression : principe vrai jusqu’à preuve du contraire. Avec des axiomes comme celui-ci moi aussi je bâti un monde harmonieux.
                  Le socialisme loi du plus fort faut pas pousser non plus.

                  • @ artemus : un axiome est une affirmation qui ne peut se démontrer.

                    Le principe de non-agression découle directement du respect des droits fondamentaux des individus (cf l’éthique de la liberté de Rothbard pour la démonstration imparable de logique).

                    le socialisme loi du plus fort faut pas pousser non plus »

                    Le socialisme prônant l’abolition de la propriété privée, il prône le non respect des droits fondamentaux de l’individu.
                    Or, tout individu est attaché à sesdroitsfondamentaux (cela s’appelle le respect de la Justice).

                    Pour abolir la propriété privée, il faut donc imposer un rapport de force et arrvier à contraindre l’individu, donc le socialisme c’est la loi du plus fort.

                    Cela mène à la guerre, la haine de l’autre, le chaos et la misère, ce que la réalité a montré et démontré depuis 100 ans.

                    oké sur le raisonnement logique ?

                  • @ artemus
                    Les libéraux n’ont pas pour objectif de «construire un monde (ou une société) harmonieux». Cet objectif à atteindre est celui des collectibistes, socialistes de droite ou de gauche, que les libéraux appellent «les constructivistes».
                    Les constructivistes veulent justement construire un monde selon leurs schémas ou dogmes quitte à piétiner les droits naturels de l’individu. Alors que les libéraux veulent un monde où les droits naturels de chaque individu soient respectés par les autres individus et par l’état.

              • « On se demande d’ailleurs pourquoi il ne s’applique nulle part aujourd’hui et par le passé. »

                Il s’applique sur le marché noir avant quand même un plus large succès que le socialisme.

      • Et oui, le libéralisme est universaliste. Et alors ?

        « Comprenez que le facteur identitaire est indispensable à la bonne marche du monde. »

        Je me demande bien d’où proviennent ce genre de certitudes…

        « Une nation est comme une entreprise »

        Non. Une entreprise est une organisation avec un but. Pas une nation.

        • Vous semblez, ph11, faire le justicier de service. Sachez que le libéralisme dispose de bons arguments auxquels j’adhère mais là au vu des différentes réactions j’ai le sentiment de faire face à des robots qui utilisent tous les mêmes « éléments de langage » à grand renfort de références aux grands manitous du libéralisme. Franchement c’est assez flippant et croyez moi c’est l’uniformité qui conduit le plus sûrement au totalitarisme. D’où l’importance des nations ou tout autre regroupement qui ont un but implicite, celui de partager les mêmes valeurs/éléments de culture afin de former une identité particulière. D’ailleurs le nombre de nations ne cesse d’augmenter et je doute que cela ait un rapport avec le collectivisme. La diversité c’est l’efficacité et pas seulement au niveau des individus, je dirais même plus et vous serez d’accord la diversité est même un préalable aux libertés. Et sincèrement j’appelle pas ça des certitudes mais des observations (histoire et géographie humaine).

          • @ artemus : la diversité est un préalable aux libertés.
            Non. La Liberté est un principe inhérent à la nature humaine, c’est à dire à chaque individu dès sa naissance : il naît libre. Parce que c’est un Homme. Que vient faire la diversité la dedans ?

            • « Que vient faire la diversité la dedans ? » C’est un sophisme classique des identitaires : ils refusent la diversité des individus et réclament que ceux-ci se fondent dans une identité homogène au groupe sous prétexte qu’il faudrait conserver, on ne sait trop pourquoi, des groupes différents dans le monde.

              • Ya des gens cool parmi les libéraux, des esprits dans lesquels règne l’autoritarisme.

                • C’est là un trait de caractère commun aux anarchistes, qu’ils soient ou non capitalistes.
                  L’État, ou la patrie, étant un monstre qui doit disparaître, ils sont fort virulents face à ceux qui en défendent la légitimité.

                  « Ce n’est pas le gouvernement paternel, mais le gouvernement patriotique (imperium non paternale , sed patriotieum ) qui seul convient à des hommes capables de droit, et en même temps à la bonté du souverain. J’appelle patriotique cette façon de penser qui fait que chacun dans l’État (sans en excepter le souverain) considère la chose publique comme le giron maternel, ou le pays comme le sol paternel, d’où il tire son origine et qu’il doit léguer à son tour comme un gage précieux, afin d’en défendre les droits par les seules lois de la volonté commune, et ne se croit pas autorisé à en disposer absolument selon son bon plaisir. Ce droit de la liberté appartient au membre de l’État comme homme, c’est à dire en tant qu’il est un être en général capable de droits. »
                  Kant, Théorie et Pratique.

                  • La virulence n’est qu’esprit de préservation. La violence incroyable qu’exerce l’état et ses sbires est devenu comme un bruit de fond pour la plupart des être humain mais pour les libéraux cette violence est bien réelle et ils en ressente toute la force et l’injustice. Il est donc très difficile dans ces conditions de rester « zen » et de se dire « bon OK, je suis traité en esclaves mais je reste cool et je discute avec mes bourreaux tranquillement comme si leur point de vue était légitime ».
                    Comme le dit la citation célèbre « on pointe du doigt la violence du torrent mais jamais celle des bergers qui le contraignent. »

                    • Ma remarque sur la virulence ne s’adressait pas aux libéraux, mais aux anarcho-capitalistes. À moins que ces derniers ne veulent se voir pris pour des élus en matière d’orthodoxie libérale. D’autant que pour moi, le concept d’anarchiste-libéral a autant de sens qu’un carré rond, c’est une contradiction dans les termes (contradictio in adjecto).

                      Afin d’éclairer et de développer ma pensée, je citerai un passage de l’ouvrage d’Alain Renaut (qui fut professeur de Damien Theillier, l’auteur de l’article sur lequel nous débattons) « Kant aujourd’hui » :

                      « En ne retenant ici qu’un seul exemple, on aperçoit ainsi que, de la manière même dont se trouve construit l’objet de la Doctrine du droit [de Kant], résultent les deux questions centrales qui vont fonder les divisions principales de l’ouvrage et déterminer l’ordre dans lequel elles seront abordées :

                      1. Qu’est-ce qu’être libre à l’égard des choses ? Cette première question fonde la théorie de la propriété et, plus généralement, du droit privé.

                      2. Comment les diverses libertés individuelles peuvent-elles s’accorder entre elles, c’est à dire s’autolimiter ? Ou encore : comment puis-je être libre sans qu’autrui soit asservi, et, réciproquement, comment autrui peut-il être libre sans que je sois asservi ? Cette seconde question fonde la théorie du droit public.

                      Or, la dichotomie ainsi produite du droit privé et du droit public a bien évidemment une portée considérable pour toute la théorie politique ultérieure, dont elle constitue même en quelque sorte l’acte de naissance. Elle correspond en effet pour l’essentiel, on le perçoit sans peine, à la distinction plus contemporaine de la société (civile) et de l’État – ce dernier s’entendant en l’occurrence comme le lieu du droit de contrainte qui garantit la limitation réciproque des libertés. Mais, conformément à l’usage en vigueur dans la tradition jusnaturaliste, Kant désignera cette dichotomie par les deux expressions consacrées : « société naturelle » pour la sphère privée et « société civile » pour la sphère publique – par où l’on comprend pourquoi le terme de « société civile » correspond encore chez lui, d’une manière qui, de prime abord, pourrait déconcerter le lecteur, à ce que nous nommerions aujourd’hui l’État. Reste que, quelque soient les termes qui la désignent, la dichotomie de la société et de l’État non seulement est ici en place, mais se trouve philosophiquement fondée. Et, de ce point de vue, la Doctrine du droit marque un virage véritablement capital dans l’histoire de la réflexion juridico-politique, puisqu’elle opère la synthèse, inédite, d’une problématique morale et d’une problématique jusnaturaliste. Plus précisément : elle situe le droit par rapport à la morale (pure) comme en étant l’incarnation et, ce faisant, prenant en compte l’empiricité, elle conduit à distinguer de façon purement philosophique la société et l’État – par où elle apparaît très exactement comme le lieu où s’accomplit le passage des théories du droit naturel moderne, en tant que réflexions sur la légitimité et la souveraineté, aux théories politiques contemporaines, en tant que réflexions sur les rapports de la société et de l’État. Ce couple étant produit, les relations qu’entretiennent les deux termes vont en effet pouvoir être envisagées selon trois modalités fondamentales :

                      1. La réduction de la société à l’État fondera philosophiquement le projet d’un socialisme étatique, voire totalitaire, au sein duquel l’État deviendrait l’instance prétendant organiser, contrôler et, en définitive, absorber la société.

                      2. La réduction de l’État à la société fonde, toujours au niveau des principes philosophiques, le projet anarchiste d’une suppresion totale de l’État au profit d’une société supposée pouvoir être harmonieuse par elle-même.

                      3. La limitation réciproque de la société et de l’État fonde la conviction libérale que leur coïncidence parfaite est impossible, et que la visée de l’unité absolue s’avère en dernière instance inévitablement catastrophique. »

                      Il va de soi, mais je le précise tout de même, que Kant et les kantiens optent pour la troisième option. Alors certes, nous nous retrouvons avec les anarchistes dans le rejet du projet socialiste; bien que nous ne réclamions pas la dissolution de l’État, mais sa limitation quand à l’étendu de ses pouvoirs. Ce qui fait, il me semble, une grande différence : voilà ce que j’ai nommé la légitimité de l’existence de l’État.
                      Ce qui fonde, philosophiquement, la dichotomie société-État et donc, en amont, les deux questions, c’est le rapport de la liberté à deux types d’êtres : ceux qui ne sont pas libres (les choses) et ceux qui le sont (les personnes). Parmi les choses, il faut compter aussi les animaux non humains. Bien que cela choque beaucoup les amis des animaux, en droit français, les animaux sont des biens meubles. Ils ont eu beau faire voter une loi ridicule, qui en fait des êtres doués de sensibilité au regard de la loi, cela n’a rien changé à l’affaire.

                      Cela étant, se pose la question : puis-je avoir des droits en l’absence de l’État ? À cette question, les kantiens répondront assurément par l’affirmative, en accord avec la tradition jusnaturaliste, mais en ajoutant cette restriction qu’ils ne sont alors que virtuels ou potentiels. Seul l’État peut garantir ces droits et les rendre effectifs ou réels : telle est sa raison d’être. C’est là ce que l’on appelle ses fonctions régaliennes, et un État qui se limite à ce rôle satisfait amplement un kantien. Ainsi, pour un kantien, un minarchiste est bien un libéral, ce que n’est plus, pour lui, un anarchiste. Ce dernier est certes anti-socialiste, mais non libéral au sens propre du terme. On peut bien concevoir différentes options libérales, selon les ajouts que l’on fait aux fonctions régaliennes, mais l’anarchiste en est exclus par principe.

                      J’espère, par ce développement, avoir mieux fait comprendre quel est le fond de ma pensée.

            • Je mettrai une nuance : la liberté est inhérente à l’espèce humaine sans aucun doute. Au niveau de l’individu cette notion est restreinte et relativiste. Mettez des libéraux dûment sélectionnés sur une île déserte et vous serez déçu du résultat. De cette apparente homogénéité naîtra rapidement des scissions, par exemple entre les plus collectivistes et les moins collectiviste, c’est à dire de la diversité. C’est maintenant seulement que le processus de progrès (matériel et politique) s’enclenchera dans les limites de ce l’ile peut offrir (taille, ressources…). Bien entendu la liberté est importante et incontournable comme valeur mais elle n’est qu’un paramètre.

            • La liberté ? Inhérente à la nature humaine ?

              Soit on peut decreter que tout homme nait libre, dans les faits c’est faux et heureusement.

              Heureusement que mon gosse est ma propriété jusqu’a un moment incertains….

              Sinon je n’en ferai pas…

              • @Romaric :

                C’est trop révélateur ce que vous venez de dire !

                Personnellement, je pense clairement que le gauchisme vient exactement de là : de la confusion liée à la propriété de la descendance/ascendance, au rapport à la filiation et par conséquence à la conception du moi et du surmoi : tous les gauchistes pensent en terme de conséquences, de causalité – et la filiation en est une – alors que la vision de droite en est détachée et se concentre sur l’essence.

                Un enfant nait libre : il est le seul à être ce qu’il est. Mais sa conscience d’être le seul à être à même de à se juger, le seul à être maître et responsable de ses actes ne va par contre se révéler qu’au fur et à mesure et il va au fil du temps passer d’une vision mineure, où il considère que les choses lui sont dues, à une vision majeure, où il se rend compte que la nature des choses est qu’il doit se débrouiller seul : qu’il est libre.

                • Se débrouiller seul = être libre ! Dans ce cas mon chat aussi est libre ce qu’il est d’une certaine façon. Ces discussions philosophiques sur la liberté sont intéressantes mais à peu près toujours stériles. Pour moi la liberté n’est que le produit d’un contexte donné ou d’un rapport de forces si vous préférez. D’ailleurs en pratique on est loin de toutes les belles théories qu’on s’efforce de penser. Heureusement ! L’avantage c’est une extraordinaire flexibilité pour l’espèce qui ne s’attache pas qu’à la notion de liberté. Diversité = efficacité.

                  • Il ne peut pas y avoir de diversité dans la contrainte. C’est justement tout le discours libérale, en plus d’être moralement indépassable la notion de liberté est effectivement l’état humain qui assure le maximum de diversité et donc le maximum de réussite à la fois individuelle et collective.
                    Et oui, les animaux sont libres car ils n’ont jamais de limites qui leur sont imposé à l’intérieur des contraintes naturelles de leur état. Les capacités humaines étant pratiquement sans limites, il est très facile de limiter la liberté des individus en imposants des règles idiotes ou en usant de violence gratuite.

                    • Si je vous interdis de manger des produits carnés et que je ne m’applique pas cette règle, je crée bien de la diversité dans le mode alimentaire. La contrainte ne s’oppose pas à la diversité, elle serait même une source supplémentaire de diversité en ce qui concerne les hommes. Mais attention là aussi il faut relativiser, ce qui est vécu comme une contrainte dans un contexte donné ne l’est pas obligatoirement dans un autre contexte.

      • Le libéralisme ne va l’encontre de rien de tout cela. chacun peut vivre avec ses valeurs, ses traditions, ses coutumes du moment qu’il ne cherche pas à les imposer aux autres.

    • Le patriotisme est une vertu antique, qu’on trouve en particulier chez Cicéron, donc bien avant 1789. Et je ne fais bien sûr aucune confusion avec le nationalisme : cf. von Mises dans la citation ci-dessous. (Merci Hibou)

      • Le patriotisme n’est effectivement pas une vertu apparue avec la révolution française, mais déjà bien présente dans l’antiquité.
        En dehors de Cicéron, pour reprendre un de vos articles coécrit avec NathalieMP, le discours que Socrate fait tenir aux Lois, dans la prosopopée des lois, a des élans de patriotisme par moment.

        En plus de l’extrait de von Mises, comme pièce à verser au dossier, je citerai ce passage de Kant dans « Théorie et Pratique » :

        « L’état civil, considéré simplement comme état juridique, est donc fondé à priori sur les principes suivants :

        I. La liberté de chaque membre de la société, comme homme.

        II. L’égalité entre tous les autres et lui, comme sujet.

        III. L’independcnee de chaque membre de la république, comme citoyen.

        Ces principes sont moins des lois promulguées par un Etat déjà fondé que celles qui seules permettent de fonder un État, conformément aux principes purement rationnels du droit extérieur des hommes en général. Donc :

        I. Liberté de tout membre de la société comme homme.
        J’exprime ainsi le principe qu’elle fournit à la constitution d’un État : nul ne peut me contraindre à etre heureux d’une certaine manière (de la manière dont il comprend le bonheur des autres hommes); mais chacun doit pouvoir chercher son bonheur par le chemin qui lui semble bon, pourvu qu’il ne porte pas atteinte à la liberté qu’ont les autres de tendre également à leurs propres fins, en tant que cette liberté peut s’accorder avec celle de chacun suivant une loi générale (c’est-à-dire au même droit dans autrui). — Un gouvernement fondé sur le principe d’une bienveillance à l’égard du peuple semblable à celle d’un père à l’égard de ses enfants, c’est à dire un gouvernement paternel (imperium paternale) , où les sujets, comme des enfants mineurs, qui ne peuvent distinguer ce qui leur est véritablement utile ou nuisible, sont réduits à un rôle purement passif, forcés qu’ils sont d’attendre du jugement de leur souverain, qu’il décide comment ils doivent être heureux, et de sa bonté, qu’il veuille bien s’occuper de leur bonheur : un tel gouvernement est le plus grand despotisme que l’on puisse concevoir (car il enlève aux sujets toute liberté, et ceux-ci n’ont plus aucune espèce de droits).
        Ce n’est pas le gouvernement paternel, mais le gouvernement patriotique (imperium non paternale , sed patriotieum ) qui seul convient à des hommes capables de droit, et en même temps à la bonté du souverain. J ’appelle patriotique cette façon de penser qui fait que chacun dans l’État (sans en excepter le souverain) considère la chose publique comme le giron maternel, ou le pays comme le sol paternel, d’où il tire son origine et qu’il doit léguer à son tour comme un gage précieux, afin d’en défendre les droits par les seules lois de la volonté commune, et ne se croit pas autorisé à en disposer absolument selon son bon plaisir. Ce droit de la liberté appartient au membre de l’État comme homme, c’est à dire en tant qu’il est un être en général capable de droits. »

        Ce à quoi s’oppose le libéralisme, à notre époque sous la forme du socialisme, c’est au gouvernement « paternel » et non au gouvernement « patriotique » : le premier considérant les hommes comme des enfants, le second comme des hommes dignes de droits et de devoirs.

  • « « S’il est démocrate, un vrai « libéral » ne reconnaît aucune loi au-dessus de l’addition arithmétique des suffrages. »
    oui c’est comme ça que Hitler a pris le pouvoir ….. bravo Charles !!!

    • Historiquement faux !
      Le parti hitlérien a pris le pouvoir par intimidation. Meurtres, assassinats, (journalistes et syndicalistes) commis, mais jugés avec une indulgence criminelle par les autorités de la république de Weimar, de l’état de Bavière et de Prusse. Avec l’accointance de la Reichwehr (revenchistes)

      L’Allemagne a vu le retrait des investissements américains, et la montée du protectionnisme US après 1929. Vint alors l’austérité budgétaire du chancelier Bruning, et ses millions de chômeurs.
      Tous ces faits sont publiés depuis les années 1960.

      Mais cette légende d’une accession pacifique d’Hitler au pouvoir est un moyen des politiciens contemporains pour marginaliser le populisme, et faire perdurer leur clientélisme.

  • Très très bon article. Efficace, en peu de mot on comprend bien mieux le libéralisme.

    Peut-être que Mr C.Beigbeder ambitionne le pouvoir, il connait la théorie des choix publics? Il adapte son discours à la mode actuelle.

  • Désolé, mais cet article jette bien plus de confusion qu’il n’en lève, en dehors du point sur le patriotisme et le nationalisme relevé avec raison par stéphane, plusieurs éléments sont confus :

    Le principe normatif de la liberté « qui consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » et de définir «ce qui ne nuit pas à autrui » comme étant lié à la violence, à un abaque moral est complétement relativiste et c’est une interprétation, dirait Kant, qui procède de l’homme mineur, celui qui cherche à se mettre sous la protection de règles, de normes, de principes et qui ne se fie pas à son propre jugement : un cheval de Troie Rousseauiste glissé dans la DDHC de 1789 et que le libéralisme Français traine comme un boulet depuis.

    Toute liberté nuit potentiellement à autrui et le critère de violence n’est pas recevable, elle entraine des rhétoriques ridicule du genre « l’air que nous respirons se transforme en CO2 qui réchauffe la planète et cause des milliers de morts » ou « l’argent des riches est pris aux pauvres et crée la pauvreté et les inégalités»

    La volonté de vouloir réguler la liberté en définissant des critères moraux procède du positivisme qui essaie de lier causes et effets « à priori ». Tant que l’on essaie de définir le libéralisme comme un procédé normatif, on tombe dans le panneau inévitable du socialisme, en pire parce que l’on définit la liberté comme un « droit » (celui de pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui) ce qui effectivement, conduit soit au relativisme ou par réaction à la régulation, les deux étant les mêmes faces du totalitarisme et se développant allégrement à partir du soi-disant droit de faire tout ce qui vous passe par la tête (tant qu’on ne se fait pas gronder et punir)

    Le libéralisme est la foi profonde que les gens ne peuvent se réguler moralement que par eux même et que pour cela il faut définir clairement les frontières à ne pas dépasser ET leur laisser libre accès à une culture morale.

    Les frontières sont assez simplement définies : la société ne doit en aucun cas tolérer que quiconque (y compris et en premier chef la dite société) ne remette en question les droits que l’homme a naturellement, c’est-à-dire en dehors de la société. Un homme seul est libre, ne craint pas pour sa propriété, pour sa vie, pour sa sécurité, ne craint pas d’être opprimé. En société il doit en être de même.

    Le libre accès à la culture morale de son choix, signifie que chaque personne définit son propre réseau de valeurs et qu’il est important de le respecter : qu’il est hors de question de remettre en question les choix alimentaires, traditionnels etc… Mais ce libre accès à la culture morale a un pendant très lourd et impliquant, un devoir de la part de tous les individus : celui de savoir répondre des actes qu’il commet. Sans ce devoir de responsabilité, on ne respecte pas la liberté des autres. Et dans cette confrontation, la seule personne capable de déterminer si sa liberté a été agressée ou non, c’est l’autre. C’est en connaissant l’autre qu’on le respecte, pas en suivant des lois ou un modèle moral normatif.

    C’est dans ce sens qu’il faut comprendre que « la liberté n’a de bornes que ce qui ne nuit pas à autrui » : la liberté est un devoir moral, pas une norme sociale. La formule devrait être : « la liberté consiste à être responsable de tout acte qui nuirait à autrui. » Mais il est clair que pour Rousseau et ses adeptes, cette formule est bien trop impliquante : quoi de plus jouissif que de faire n’importe quoi, sans limite ni retenue, surtout ce que l’on considère comme étant interdit « à tort », vu que les autres (en bon narcissique Rousseauiste) on s’en fout bien mal ?

    • Article IV de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. »

      On ne voit pas en quoi cette définition de la liberté politique poserait problème. Il n’y a là aucun relativisme : on ne peut poser des actes qui violeraient les droits naturels d’autrui. Et, a contrario, la liberté politique, c’est justement de pouvoir faire tout et n’importe quoi, sans limite ni retenue tant que l’on ne viole pas les droits naturels d’autrui.

      • Oui, c’est du Rousseauisme, du narcissisme, pas du libéralisme.

         » On a beau bouloir confondre l’indépendance et la liberté, ces deux choses sont si différentes que même elles s’excluent mutuellement. Quand chacun fait ce qui lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît aux autres, et cela ne s’appelle pas un Etat libre. La liberté consiste moins à faire sa volonté qu’à n’être pas soumis à celle d’autrui ; elle consiste encore à ne pas soumettre la volonté d’autrui à la nôtre. Quiconque est maître ne peut être libre et régner c’est obéir. (…)
        Je ne connais de volonté vraiment libre que celle à laquelle nul n’a droit d’opposer de résistance ; dans la liberté commune, nul n’a droit de faire ce que la liberté d’un autre lui interdit, et la vraie liberté n’est jamais destructive d’elle-même. Ainsi, la liberté sans la justice est une véritable contradiction ; car comme qu’on s’y prenne, tout gène dans l’exécution d’une volonté désordonnée.
        Il n’y a donc point de liberté sans lois, ni où quelqu’un est au-dessus des lois : dans la nature même l’homme n’est libre qu’à la faveur de la loi naturelle qui commande à tous. Un peuple libre obéit mais il ne sert pas ; il a des chefs mais non pas des maîtres ; il obéit aux lois mais il n’obéit qu’aux lois et c’est par la force des lois qu’il n’obéit pas aux hommes.  » Rousseau

        • Manifestement, vous lisez mal Rousseau.

          Mais peu importe : la définition classique de la liberté politique pour un libéral, c’est bien la possibilité de faire ce qu’il nous plaît, sans en être empêché par quiconque – individu ou État – pour autant que l’on ne viole pas soi-même les droits naturels d’autrui. On voit mal en quoi cette définition de la liberté poserait problème dans le cadre des idéaux libéraux. Pas plus qu’on ne voit ce que viendrait faire le narcissisme là-dedans.

          • Le texte de Rousseau ci-dessus dit exactement la même chose que les articles 4 et 5 de la DDHC de 1789.

            Narcissique parce que cette pseudo définition de la liberté ne s’intéresse qu’à soi : « la possibilité de faire ce qu’il nous plaît, sans en être empêché par quiconque » est l’expression même du culte du moi tout puissant.

            • Non, je répète : vous lisez mal Rousseau. Mais encore une fois, peu me chaut : la définition de la liberté politique comme capacité de faire ce qu’il nous chante avec pour seule limite le respect des droits naturels d’autrui est celle qui est acceptée par tous les libéraux depuis plus de deux siècles. Alors, je vous pose la question : qu’est-ce qui vous gêne avec cette définition libérale de la liberté politique, qui est simple, sans ambiguïté, objective, aisée à appliquer, etc. ?

              Quant à votre emploi du terme narcissisme, il est parfaitement hors de propos : la liberté étant un des droits naturels de l’individu, un de ses attributs, il est par sa nature même lié au moi de toute personne. Une liberté autre que celle intrinsèquement visée à l’individu serait un non sens complet.

              • En plus de la definition de Kant postée par Turing plus bas, je vous donne celle de Locke :

                « Car la liberté consiste à être délivré de la contrainte et de la violence exercées par autrui, ce qui ne peut être lorsqu’il n’y a point de loi ; mais la liberté n’est pas ce que l’on nous dit, à savoir une liberté, pour tout homme, de faire ce qui lui plaît (car qui peut être libre quand n’importe quel homme peut nous imposer ses humeurs ?). Mais c’est une liberté de disposer et d’ordonner comme on l’entend sa personne, ses actions, ses biens et l’ensemble de sa propriété, dans les limites de ce qui est permis par les lois auxquelles on est soumis ; et, dans ces limites, de ne pas être assujetti à la volonté arbitraire de quiconque, mais de suivre librement sa propre volonté. »

                La liberté n’est pas « de faire ce qu’il lui plait » : la liberté est de ne pas être assujetti à l’arbitraire de quiconque

                Ce qui est exactement le contraire de la definition Rousseauiste qui mélange la liberté publique et la liberté individuelle.

                • @stephane boulot passionnant ce débat sur la liberté et +1 à votre vision .

                • Vous lisez mal Rousseau. Vous lisez mal l’article IV de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Et vous lisez mal également ce que dit l’auteur de l’article.

                  Nulle part il est dit que la liberté est la possibilité de faire tout ce qu’on veut. Il est dit que la liberté c’est la possibilité de faire tout ce qu’il nous plaît tant que l’on ne viole pas les droits naturels d’autrui.

                  Par contre, limiter la liberté à ce que nous permet de faire la loi, c’est tout sauf la liberté. À cette aune, la Corée du Nord est un pays libre.

                  • « la liberté consiste à être délivré de la contrainte et de la violence exercées par autrui » ce qui n’est ni le cas en Corée du Nord, ni même en France : l’Etat est une contrainte exercée par autrui.

                    Vous mélangez la loi et l’Etat, la liberté individuelle et la liberté collective : vous voulez que la liberté individuelle trouve place dans la société et en devienne la règle, ce qui est profondément narcissique : vous voulez façonner la société à votre image, que la société vous laisse libre de vos agissements, sans loi autre que la propriété, sans respect des autres, sans lien avec les autres.

                    Le libéralisme classique procédé de l’inverse complet : il sépare complètement la liberté individuelle et la liberté collective : l’Eglise et l’Etat. La liberté individuelle est morale et la liberté collective ne l’est pas. Ce qui est exactement la même chose que dans l’économie ou les entreprises sont morales et le marché ne l’est pas.

                    Les lois (au sens libéral classique) ne relèvent pas de la morale, mais de la mécanique, de la science pure.

                    Une loi déterminant le nombre maximum de personne dans un bateau de telle taille par exemple à tout son sens libéral, une loi régissant la vie privée (comme le mariage par exemple) est complètement socialiste.

            • Individu tout puissant, pas du moi tout puissant. Car le moi à un surmoi que les libéraux traduisent par l’équilibre à respecter entre les droits (naturels) et les devoirs (celui de respecter les droits naturels des autres) de chaque individu . Rien à voir avec le narcissisme qui est le culte de l’ego.

              • Yes, les libéraux pensent (ont foi) que le surmoi contient ‘naturellement’ un code moral. Rousseau pense le contraire, que ce surmoi est une prison intérieure et que le surmoi n’a d’autre maitre à avoir que le moi, d’où son apologie du narcissisme et sa logique : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » qui est profondément narcissique : la liberté ne consiste pas « à pouvoir » faire, mais à savoir, à faire naturellement la distinction entre ce qui nuit ou pas à autrui.

    • @Stéphane Boulots :

      le principe de non agression comme base de vie en société et expression du comment vivre le libéralisme a été très bien expliqué par Murray Rothbard dans « l’éthique de la Liberté ».

      Il n’y a rien à y ajouter, tout y est dit et explique tout.

      veuillez vous y référer svp.

      Bien cordialement

      • @Stéphane : comme vous l’avez compris, je ne suis pas anarcap.

        Généraliser le libéralisme au principe de non-agression et de propriété privé est réducteur et entraine plus de confusion que ne règle de problèmes.

        C’est ma thèse, on peut en débattre, mais je ne suis pas d’accord du tout avec cette approche qui consiste à dire que le libéralisme économique est utilitariste et le libéralisme sociétal est moral : cela ne génère que des réactions comme celle de Beigbeder, qui a dans le fond raison de relever l’incohérence d’un modèle non normatif pour l’économie et normatif pour la vie en société et de basculer l’un dans l’autre : je ne vois pas du tout où est la différence et c’est exactement la position social-démocrate par la même occasion.

        Vous trouverez toujours des gens pour ne pas faire la différence entre économie et société, surtout dans le monde dans lequel nous vivons.

        La notion de violence est totalement subjective et relative : demander quelque chose à quelqu’un est un acte de violence : « La violence est l’utilisation de force physique ou psychologique pour contraindre, dominer, causer des dommages ou la mort. » Vendre de l’eau à un assoiffé dans le désert ne serait pas de la violence mais pas immoral parce que c’est de l’utilitarisme, sauver une suicidaire est de la violence donc ce n’est pas moral, la légitime défense c’est de la violence, etc… c’est absurde !

        Et de toute façon, dire qu’il existe une vérité universelle sur le principe du libéralisme est un contre sens ridicule : la seule personne qui est à même de juger quelqu’un est soi-même, sa propre conscience, c’est la base de la définition de la liberté. Toutes les tentatives gauchistes pour expliquer que l’on peut très bien s’en sortir sans la conscience, sans recours à la transcendance mènent à des contradictions.

        • @ Stéphane boulots :

          pour moi, et pour tout le monde je pense, il n’y a qu’un seul libéralisme, il est philosophiquement politique, il règle le rapport entre les individus.

          Et la définition du libéralisme c’est cela : le respect des droits fondamentaux de chaque individus, qui se réduit in fine au principe de non agression (cf l’éthique de la Liberté de Rothbard, c’est très bien expliqué)

          Le libéralisme économique ne fait qu’en découler. L’utilitarisme est une déviation qui n’a rien de libérale et qui est née au 19 ième sicèle avec Bentham et Mills.

          Je suis donc tout à fait d’accord avec vous pour ne pas différencier le libéralisme en plusieurs chapelles, cela n’a pas de sens.

          Pour l’utilisation de la violence, comme pour le principe de non agression, cf Rothbard.

          Vendre de l’eau à un assoiffé n’est ni violent ni immoral, sinon, tout acte commercial est violent et immoral.

          Attention sur la légitime violence : elle est légitime car elle vient en réaction à une agression physique.

          Le principe de non agression ne veut pas dire être non violent (d’ailleurs Rothbard est très violent dans ses propos, légitimant une réaction sans mesure à une agression).

          je ne comprends pas votre dernière phrase sur la vérité universelle du libéralisme ?

          • Un rapide commentaire de la part d’un kantien (comme Stéphane Boulots a fait allusion à Kant) sur la définition de la liberté comme ne pas nuire à autrui, ou non-agression. Je n’ai pas le temps, à l’heure actuelle de développer, alors je me contenterai de citer Kant.

            « 1er article définit en vue de la paix perpétuelle :
            La constitution civique de chaque État doit être républicaine.

            La constitution civique instituée d’après les principes de liberté des membres d’une société (comme hommes), deuxièmement d’après les principes de dépendance de tous envers une unique législation commune (comme sujets) et troisièmement d’après la loi de leur égalité (comme citoyens) – seule constitution qui provient de l’idée de contrat originaire sur laquelle doit être fondée toute législation de droit d’un peuple – est la constitution républicaine*.

            * La liberté de droit (par suite extérieure) ne peut pas être définie, comme on a coutume de le faire, par l’autorisation de ne faire tout ce qu’on veut pourvu qu’on ne fasse pas de tort à autrui. Car que signifie autorisation ? La possibilité d’agir dans la mesure où l’on ne fait de tort à personne. Ainsi l’explication serait celle-ci : la liberté est la possibilité de l’action qui ne fait de tort à autrui. On ne fait de tort à personne (quoi qu’on fasse d’ailleurs) à condition de ne faire de tort à personne. Par suite c’est une tautologie vide. Il faut au contraire définir ma liberté extérieure (de droit) ainsi : elle est l’autorisation de n’obéir à aucune autre loi extérieure que celles auxquelles j’ai pu donner mon assentiment. De même l’égalité extérieure (de droit) dans un État est le rapport des citoyens selon lequel personne ne peut obliger l’autre, de droit, sans que, en même temps, il ne se soumette à la loi qui peut l’obliger réciproquement et de la meilleure manière. (Le principe de la dépendance de droit qui se trouve déjà dans le concept d’une constitution d’État en général n’a pas besoin d’explications.) »
            Kant, Vers la paix perpétuelle.

            Pour Kant et les kantiens, la liberté c’est l’autonomie de la volonté : se donner à soi-même sa propre loi. Principe à la base du républicanisme, et de la pensée libérale. Il légitime et fonde l’égalité de droit des hommes, mais fustige l’égalité de fait (ou égalitarisme).

          • L’article de Kant cité par Turing explique très bien ce que j’entend par inexistence d’une vérité universelle du libéralisme : la conscience est le seul argument qui détermine le libéralisme, et cette conscience est personnelle, elle n’existe pas de façon universelle, normative, en dehors des individus.

            La liberté de droit ne peut pas être définie comme étant une règle. L’homme est naturellement libre, et plus ou moins conscient de sa liberté, des conséquences de cette liberté, de ce que cette liberté peut faire à soi et à autrui : il en est le seul juge et il est son seul maitre.

            • Dès lors que le libéralisme ne prétend nullement proposer une « vérité universelle », votre homme de paille tombe largement à côté de la plaque.

              Simplement, en matière de liberté au sein d’une communauté, le libéralisme propose une règle simple de convivialité harmonieuse entre les individus : fais ce qu’il te plaît tant que tu n’empiètes pas sur les droits d’autrui.

              • Le libéralisme non, l’anarcap oui

                L’auteur de l’article parle de « critère universel de la justice défini comme respect de la propriété » pas moi.

              • « fais ce qu’il te plaît tant que tu n’empiètes pas sur les droits d’autrui. »

                C’est une vérité prétendue universelle que vous énoncez.

  • Quelques citations pour les « bons patriotes » :

    •Georges DARIEN / La Belle France (1900) / Voleurs ! / Omnibus Presses de la Cité 1994

    « Le patriotisme n’est pas seulement le dernier refuge des coquins ; c’est aussi le premier piédestal des naïfs et le reposoir favori des imbéciles. »

    •Georges ELGOZY / Le Fictionnaire ou précis d’indéfinitions / Denoël 1973

    « Patriotisme : seule forme avouable de xénophobie. »

    •Anatole FRANCE / L’Humanité N° 6688 (18 juillet 1922) [BnF]

    « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. »

  • n’oublions pas qu’il a des prétentions politiques et sans doute voulait-il faire de bons mots pour s’assurer la sympathie de personnes un peu effrayé par l’étiquette libérale.

  • La théorisation d’une philosophie politique se heurtera toujours à la subjectivité. Qu’est cequi est mon bien : la rue, un service que je paie….L’éléement essentiel du libéralisme philosophique est qu’il revendique la flexibilité, le natuel du pragmatisme qui s’ajuste à la réalité dans le cadre de principes. En d’autres mots le rejet fondamental de toute idéologie y compris celle qui se voudrait définitivement « libérale ».

  • Merci à l’Institut Coppet pour la réédition des pionniers français du libéralisme. Cette acuité de la pensée politique française a sombré depuis,au fil des guerres et du constructivisme.

    Pour l’article de ce jour, je voudrais souligner quelques biais dans le débat libéral de notre temps concernant la République française.

    Elle n’a qu’un seul niveau de puissance publique effective, les autres niveau ne sont que des échelons à elle subordonnés (et modelables).

    Elle a confisqué tous pouvoirs de police au niveau de l’Etat central, laissant ses citoyens sans moyens d’autodéfense locale. (municipalités)

    Elle a étatisé de nombreux services (éducation, prévoyance, santé) sans apporter de plus value par rapport au services marchands équivalents, et pour un coût supérieur.

    Elle ne reconnait que les individus, et ni les peuples sur son territoires, ni leurs langues, ni leurs religions, ni leur souhait et leur droit d’autonomie.

    Elle se veut universelle, ouverte à tous les citoyens de la Terre, mais dans le même temps indivisible. Le séparatisme y est proscrit.

    Elle se veut à la fois sociale (Constitution) et libre-échangiste (UE, OMC) contradiction économique, ruinant l’activité professionnelle de millions de ses citoyens.

    Elle ne sait pas reconnaître son propre système de valeurs. La DDHC de 1789 repose sur un Droit naturel d’origine chrétienne, et promulgué sous une Royauté chrétienne. La République met sur le même plan toutes les religions, notamment l’Islam, qui avec le Ficq et la Charia, opère avec un système de valeurs et d’allégeance tout différent.

    Nous sommes donc des citoyens asservis à l’Etat, non libres de nos choix et séparés les uns des autres de par la tutelle de l’Etat.

    Il me semble que l’urgence pour des prisonniers (de la République universaliste) est de se libérer soi et ses co-détenus. Le discours de Ch Beigbeder va dans ce sens, mais s’il y a de meilleur champion, parlons-en !

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

J’ai eu l’occasion d’aller à l’European Liberty forum, dirigé par l’Atlas Network, qui a eu lieu la semaine dernière à Varsovie. Ce congrès a réuni de nombreux think tanks libéraux et prolibertés européens et nord-américains.

Ce forum a montré un point : le libéralisme n’est pas mort en Europe, il est bien vivant et bien actif. Malgré la guerre dans le pays voisin, la détermination des organisations défendant la liberté était bien présente.

En cela, l’European liberty forum a été une expérience rafraîchissante et très inspirante... Poursuivre la lecture

Par Samuele Murtinu. Un article de l'IREF Europe

Le « néolibéralisme », c’est-à-dire la version du capitalisme démocratique moderne qui met en scène des marchés et des échanges guidés par de puissantes institutions publiques mondiales, ne doit pas être confondu avec la vision libérale classique de la société libre formulée par Adam Smith, John Stuart Mill, Lord Acton ou F. A. Hayek. De nombreux problèmes associés au néolibéralisme sont en fait le résultat d’une intervention trop lourde de l’État, de la recherche de rentes et d’autres f... Poursuivre la lecture

Frédéric Passy est né il y a 200 ans, le 20 mai 1822. Le premier prix Nobel de la Paix est aujourd'hui quelque peu oublié. Il fut pourtant une des dernières grandes figures du libéralisme français.

Mais si nous célébrons aujourd'hui le bicentenaire de sa naissance, le 12 juin marquera aussi le 110e anniversaire de son décès. Cet homme modeste et ordonné aurait voulu ainsi concentrer les hommages posthumes qu'il ne s'y serait pas pris autrement.

Yves Guyot dans son hommage au cimetière résume d'ailleurs sa vie en une phrase :

... Poursuivre la lecture
Voir plus d'articles