Comment la politique de taux d’intérêt diminue les retraites

Vieux credits Vinoth Chandar (licence creative commons)

Manipuler le taux d’intérêt de l’épargne des retraités est une manière sournoise de les voler.

Par Bill Bonner.

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Il fait soudain très froid à Paris. Le ciel est gris. Les gens portent écharpes et manteaux ; on dirait presque qu’il va neiger.

Considérant la météo qui se retourne contre nous, nous nous demandons ce qui arrive d’autre. Les actions ont reperdu du terrain après que Wal-Mart a annoncé qu’il avait du mal à vendre des choses à des gens n’ayant pas d’argent, du moins sur internet. Les opérations d’e-commerce ne semblent pas rapporter aussi rapidement qu’ils l’espéraient. Pourquoi ?

Il y a environ 100 millions de personnes aux États-Unis qui gagnent à peu près le même salaire moyen que les habitants d’Argentine, de Jamaïque ou de Bosnie-Herzégovine.

Et selon notre vieil ami Jim Davidson, les inégalités aux États-Unis sont désormais telles qu’elles approchent celles de la Russie. On trouve quelques personnes au sommet de l’échelle gagnant beaucoup d’argent. Et beaucoup au bas de l’échelle qui gagnent très peu. Davidson continue, dans son livre à paraître :

« Les preuves de l’ampleur du déclin, pour les 50% au bas de l’échelle de la distribution de richesse aux États-Unis, proviennent de Crédit Suisse dans son rapport 2014 Global Wealth Databook. Telles qu’interprétées par Mike Krieger, les données montrent que la moitié inférieure aux USA termine bonne dernière parmi 40 économies majeures, avec « seulement 1,3% de la richesse nationale. Seule la Russie s’approche de cette part lamentable, avec 1,9% » »

En ce qui nous concerne, ce que gagnent les autres ne nous concerne pas. Et nous n’avons aucune indulgence pour ceux qui poussent les autorités à « faire quelque chose », c’est-à-dire, selon eux, prendre l’argent des riches Paul pour le donner aux pauvres Pierre. Les autorités ne sont pas très douées en la matière. Une bonne partie de l’argent leur reste entre les mains. Et Paul a des amis haut placés. Honoraires pour des discours, postes de lobbying, contributions aux campagnes électorales, quand Paul parle, les autorités écoutent.

Qui plus est, nous nous méfions des motivations des autorités. On entend souvent dire, au sujet de la politique de la Fed, que c’était une « erreur » de mettre les taux si bas pendant si longtemps. Maintenant, les malheureux ont du mal à revenir à un taux fixé par le marché. Janet Yellen, le mois dernier, apparemment de bonne foi, pensait que le monde n’était pas prêt pour ça.

Allez, derrière les barreaux !

Votre correspondant n’est pas d’avis que les autorités ont commis une erreur ; nous pensons qu’elles ont commis un crime. Vol et fraude sont ceux qui nous viennent en tête, mais nous soupçonnons qu’un procureur compétent pourrait aussi les accuser de contrefaçon et de détournement de fonds. Ajoutez à cela le blanchiment d’argent, le complot et traverser en dehors des clous… et on est bon pour 10-20 ans à l’ombre.

L’essence du vol, c’est prendre quelque chose qui ne vous appartient pas. Imaginez un retraité. Il a épargné toute sa vie. Maintenant, pour le reste de sa vie, n’a-t-il pas droit à sa récompense ? Sauf qu’au lieu de gagner le « taux d’intérêt naturel » sur son épargne, le taux auquel les prêteurs se mettent d’accord avec les emprunteurs, il obtient un taux bricolé par les autorités. Presque rien.

Ce n’est pas simplement une idée abstraite à débattre entre économistes. C’est du vol. Pensez à une personne âgée qui avait épargné à hauteur de 100 000 $ en 2007. Si elle avait gagné 4% par an sur son argent, elle aurait engrangé 28 000 $ d’intérêts depuis. Mais si elle n’a obtenu qu’1% ou moins, 20 000 $ manquent sur cette somme. Que leur est-il arrivé ? Qui les a pris ?

Il y a deux parties, dans un vol, le voleur et le volé. Nous avons vu ce qui arrive aux victimes : elles sont trop occupées à faire les poubelles pour aller sur le site internet de Wal-Mart. Mais les voleurs ? Ils sont occupés aussi, faisant du lobbying… dégustant foie gras et caviar… et offrant de sauver la planète avec plus de moulins et de politique monétaire. Ce sont, bien entendu, ceux qui payaient des intérêts au lieu de les gagner. Qui donc ? Le gouvernement US est le plus grand débiteur de la planète. Alors qui a le plus gagné des politiques fédérales ? Les fédéraux eux-mêmes.
Et qui encore ? Les compères, bien entendu, l’industrie financière et les grandes entreprises. Elles étaient riches avant le début des interventions ultra-lourdes en 2008. Aujourd’hui, elles sont encore plus riches.

« Vous vous plaignez de tout ça », déclarait l’un des participants à notre croisière la semaine dernière, s’exprimant probablement pour des milliers de lecteurs. « Mais vous ne proposez jamais de solutions. Qu’est-ce que vous y feriez ? 

Nous ne ferions rien… mais nous déferions pas mal de choses » avons-nous répondu. La première serait le contrôle de la Fed sur le système financier. Que les volés reçoivent les intérêts qui sont leur dû. Et que les voleurs obtiennent ce qu’ils méritent.


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