Cash : la nouvelle Prohibition

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Cash : la nouvelle Prohibition

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 9 octobre 2015
- A +

Par Bill Bonner.

argent arme credits dominik meissner (licence creative commons)
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Rappelez-vous :  Aux Etats-Unis, cash is king. Le cash est roi. Non seulement les liquidités sont la classe d’actifs ayant les meilleures performances cette année, mais elles ont aussi — de loin — les plus sûres.

Le milliardaire Carl Icahn conseille désormais à ses clients de se positionner en cash.

Les liquidités nous décevront un jour… mais ce ne sera probablement pas aujourd’hui ni demain.

Les autorités, cependant, n’aiment pas le cash. Elles lui vouent une profonde animosité qui s’est presque transformée en credo religieux. Comme la Ligue de tempérance et l’alcool, elles ont peur que le cash soit une tentation pernicieuse menant au péché et à la souffrance. De nombreuses personnes ont « une propension à épargner », disent-elles. Et elles sont d’avis que ça engendre toutes sortes de maux sociaux — de la pauvreté au chômage, principalement.

Heureusement, les autorités sont là pour nous protéger du démon cash. Elles luttent contre cette faiblesse de la nature humaine avec diverses mesures. La politique de taux zéro, par exemple. « Vous pouvez épargner », disent les autorités, « mais vous ne gagnerez rien dessus ». C’est comme la bière sans alcool ; on peut boire tout ce qu’on veut sans jamais être gris.

Il y a aussi l’assouplissement quantitatif, qui offre aux alcooliques en mal de gnôle une ivresse plus intense. La Prohibition, aux États-Unis, avait vidé les bars honnêtes et poussé les buveurs vers des libations risquées. Pour s’alcooliser, il fallait aller dans des bars clandestins, souvent gérés par des gangsters. L’alcool lui-même était fait avec les moyens du bord, et souvent dangereux. De même, aujourd’hui, les autorités poussent les investisseurs vers des valeurs spéculatives souvent gérées par des compères machiavéliques, et vers de dangereuses obligations high yield. Les investisseurs termineront avec un épouvantable mal aux cheveux, prédisons-nous ; mais au moins ne perdront-ils pas la vie.

La solution évidente…

Lorsque ces plans échoueront à étancher la soif de cash — comme ce sera inévitablement le cas –, les autorités se tourneront vers des mesures plus drastiques. Après tout, si on peut rendre l’alcool illégal, il n’y a sûrement aucune limite à ce qu’on peut faire grâce à l’ingénierie sociale et financière. Et lorsque des gouttes de sueur commencent à perler sur les fronts des régulateurs — lors de la prochaine crise de type 2008 –, l’un de leurs premiers appels téléphoniques, parions-nous, sera à Kenneth Rogoff. « Au fait, Ken, rappelez-nous comment ça fonctionne, cette interdiction du cash ? » demanderont-ils.

Rogoff a fait du bon travail, montrant que des niveaux de dette élevés retardent la croissance économique. Ensuite, en tant que pourcentage du PIB, la dette grimpe de plus en plus rapidement — jusqu’à ce que tout explose. Mais, comme quasiment tous les économistes modernes, M. Rogoff a peu d’amor fati — le terme employé par Nietzsche pour décrire le fait de laisser la nature suivre son cours. Au lieu de profiter du voyage, Rogoff propose de réécrire l’itinéraire. Il a une solution ! Pas la plus évidente — laisser M. le Marché régler tout ça ; non, il veut rendre le cash illégal.

Il est vrai que M. le Marché ne sera probablement pas tendre avec les investisseurs. Il est partisan de l’adage « qui aime bien châtie bien » — et corrige les erreurs en donnant une leçon aux investisseurs. Mais tout de même, il fait le travail… rapidement et avec le moins de douleur possible.

Le but de quasiment tous les régulateurs, politiciens, compères et économistes est de l’en empêcher. M. Rogoff, par exemple, veut interdire le cash pour imposer des « taux d’intérêt négatifs » aux déposants. Les taux négatifs ne sont qu’un impôt. Sans recours au cash, l’argent sera pris au piège dans les comptes en banques, où un « taux négatif » peut être prélevé facilement. Aucun vote n’est nécessaire… pas de lobbying… pas de « services rendus »… pas de salles emplies de fumée — aucun des inconvénients de la pseudo-démocratie moderne. Au lieu de ça, les universitaires à barbe grise intégreront tout simplement le principe à la réglementation bancaire. Comme une attaque de drone sur un terroriste présumé, on ne posera pas de questions !

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  • comment ça les autorités n’aiment pas le cahs !!!! et celui qui est reçu via les dessous de tables ? ils ne crachent pas dessus tout de même ! mais bon , j’espère que le lambda , vous savez ? celui qui a besoin de ce cahs pour boucler les fins de mois , les choses ne se feront pas du jour au lendemain …..

  • Les commentaires sont fermés.

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