La société sans cash comme étape vers l’économie totalitaire

Publié Par Simone Wapler, le dans Monnaie et finance

Par Simone Wapler.

argent arme credits dominik meissner (licence creative commons)

argent arme credits dominik meissner (licence creative commons)

Comme à l’habitude, la décision de fermer les banques en Grèce a été prise durant le week-end.

Au début de 2013, les dépôts dans les banques grecques atteignaient 220 milliards d’euros. A la fin avril 2015, ils n’étaient plus que de 175 milliards. Pendant ce temps, le cash gonflait les matelas pour atteindre 46 milliards, comme à la glorieuse époque de 2012.

société sans cash simone wapler

Qu’on fait les Grecs les plus endormis, ceux qui avaient oublié de retirer leur argent durant les laborieux pourparlers ? Ils ont fait la queue devant les distributeurs automatiques dès le samedi matin, tout au moins les Grecs qui possèdent une carte de retrait. Le 27 juin, la plupart des distributeurs étaient vides et le dimanche 28 juin, le cash devenait inaccessible si l’on en croit les nombreux messages avec photos postées sur Twitter.

société sans cash (2)

Les Grecs ont besoin d’espèces puisque les banques seront fermées durant plus d’une semaine. Il faut du cash pour se nourrir, pour faire un plein d’essence, pour assurer ses dépenses courantes.
Question : comment feriez-vous dans de telles circonstances en supposant que le cash n’existe plus ?

Cette question est loin d’être saugrenue ou purement théorique car, insidieusement, l’establishment politico-financier met en place sous notre nez cette société sans cash.
Donc, comment vous débrouillez-vous quand aucun système de paiement ne subsiste ?

Dans une petite société, une île ou une campagne, le troc se met en place. Les gens se connaissent depuis des années et la fraternité et l’entraide jouent. Dans une société urbaine, dépendante de circuits de distribution sophistiqués, où l’anonymat est souvent la règle, la vie courante va vite devenir très compliquée ; c’est un euphémisme…
Mais instaurer une société sans cash fait rêver les banques et les étatistes.

  • La société sans cash permet aux banques d’éviter toute menace de bank run, de retrait massif des dépôts. Dans le système de réserves fractionnaires dans lequel nous vivons, les banques sont incapables de rembourser tous les dépôts simultanément et encore plus incapables de les rembourser en cash.
  • La société sans cash permet à un État de contrôler toutes les transactions, même les plus anodines comme l’achat de confiseries par un enfant.

La société sans cash sera notre cauchemar car elle nous fait dériver vers une économie totalitaire contrôlée par les banques et l’administration.
La menace du bank run est le seul pouvoir de contrôle que nous, citoyens, puissions avoir sur les banques. Nous pouvons mettre un fonctionnaire derrière chaque employé de banque, des milliers de régulateurs payés par nos impôts pour élaborer des stress-tests, à quoi cela sert-il si c’est pour “sauver” avec l’argent du contribuable des monstres trop gros pour faire faillite ?

Quant à l’administration, quel formidable pouvoir qu’un fonctionnaire habilité puisse, par clavier interposé, vous couper de votre argent ! Évidemment, les étatistes plaident que c’est merveilleux puisqu’ainsi nul ne peut échapper à l’impôt. Le système est étanche et donc totalitaire. Car l’impôt librement débattu et voté par une Assemblée légitimement élue est une chose mais la taxation arbitraire pour satisfaire tel ou tel lobby est tout autre chose.

Observez bien ce qui se passe en Grèce. Dites-vous que, lorsque la France sera dans la même situation, vous n’aurez peut-être même pas la chance de pouvoir survivre en espèces si vous avez laissé mettre en place la société sans cash promue par les étatistes et le lobby bancaire.

Ne pensez pas que notre pays soit financièrement dans une situation beaucoup plus saine que celle de la Grèce. Notre balance commerciale est négative, nous importons plus que nous exportons depuis plus de 10 ans ; notre dette publique pulvérise record sur record ; nos déficits servent à financer notre politique sociale. Au premier trimestre 2015, notre dette publique a augmenté de 51,6 milliards d’euros, dont 15,8 milliards d’euros pour les administrations de sécurité sociale…

Maintenant un peu d’arithmétique :

Une information cruciale figure (de façon erronée) dans Le Figaro du 1er juillet : les calculs de l’Agence France Trésor (les énarques, inspecteurs des finances qui casent notre dette) sur l’effet de la montée des taux d’intérêt sur la charge de notre dette.
Une hausse de 100 points (100 points = 1% donc si le taux était de 2%, il passe à 3%) de tous les taux entraînerait :

  • 2,4 milliards d’euros de charges d’intérêts supplémentaires en 2015
  • 5,3 milliards d’euros en 2016
  • 7,4 milliards d’euros en 2017

  • En 2014,
  • L’impôt sur le revenu rapportait 74 milliards d’euros
  • L’impôt sur les sociétés rapportait 39 milliards d’euros
  • La TVA rapportait 139 milliards d’euros
  • Le service de la dette (le paiement des intérêts puisque nous ne remboursons jamais mais que nous empruntons à nouveau pour rembourser ce qui vient à échéance) se montait à 46,65 milliards d’euros

Si au lieu d’emprunter en moyenne à 2%, la France emprunte en moyenne à 3%, presque la moitié de la recette de la TVA ou presque la totalité de l’impôt sur le revenu passera dans le paiement des intérêts.

Donc il va falloir augmenter tous les impôts et passer en mode confiscation pour affronter la hausse des taux ; c’est chose aisée dans une société sans cash. Si vous voulez résister, vous pouvez signer notre pétition contre cette société sans cash qui se profile.

La deuxième solution consisterait à faire faillite, vite et proprement (pas comme la Grèce), tant qu’il nous reste suffisamment d’argent et d’énergie pour rebondir et effacer un demi-siècle de désastreuse gestion étatique.

J’avoue que je préférerai la seconde solution. Mais compte-tenu de la prépondérance des étatistes de tous bords dans ce pays, dont 60% de l’économie tourne avec le secteur public, il ne faut pas trop compter là-dessus.

Pour plus d’analyses de ce genre, c’est ici et c’est gratuit

  1. «Le service de la dette (le paiement des intérêts puisque nous ne remboursons jamais mais que nous empruntons à nouveau pour rembourser ce qui vient à échéance) se montait à 46,65 milliards d’euros»

    Je me pose la question, peut on porter plainte contre tous ceux qui on participé à cette dette strictement inutile? Au bonneur des investiseurs, les socialos n’aiment pas les riches, mais par contre ils aiment bien leurs emprunté de l’argent…

    1. Le problème est qu’ils ont aussi emprunté beaucoup d’argent aux générations futures.
      Au lieu de dépenser des milliards pour le non-problème du climat, avec comme justification « la planète qu’on va laisser aux générations futures », assainissons notre économie en supprimant toutes les dépenses inutiles, restaurons les libertés fondamentales qui ont été torpillées. Les générations futures nous en seront davantage reconnaissantes.

  2. La disparition du cash, et la mise en place d’une monnaie électronique exclusive (Moneo…) est un casus-belli envers le peuple.

    Les politiques n’ont aucune légitimité démocratique pour l’imposer. Cela ne fait absolument pas partie du contrat moral qu’ils ont reçu des citoyens. La Constitution n’autorise pas, ni dans la lettre ni dans l’esprit, l’institution d’une telle mainmise de l’Etat sur les personnes.

    Il faut clairement signifier un ultimatum aux politiques qui voudraient le décider : un tel casus-belli justifie des mesures de rétorsion populaires allant jusqu’au terrorisme et à la violence ciblée contre leurs personnes physiques. Vue l’ampleur de l’enjeu pour nos libertés, ce n’est pas négociable.

    1. Bonjour
      Vous avez raison , il faut absolument s’opposer à la mise en place d »une société sans cash , de même qu’il faut de suite s’opposer à la limitation du paiement en liquide de 1000 euros sous le prétexte fallacieux du terrorisme mais dont la vraie raison est celle présentée dans ce très bon article !
      Je comprends pas les français : toujours prêts à descendre dans la rue pour des prétextes futiles ( toujours à l’appel de lobbies gauchistes qui vont à l’encontre du peuple ) , mais personne pour descendre manifester lorsqu’il s’agit de défendre nos libertés individuelles gravement menacées !!! Ben oui , là , curieusement , pas d’appel des syndicats ( CGT en tête ) pas d’appel des partis de gauche ou écolos ( ni de la soi-disant droite d »ailleurs ; ils sont tous curieusement muets , ce qui prouve qu’ils sont tous d »accord pour mettre en place cette société de surveillance . Ils ont lu George Orwell ( 84 ) et rêvent de créer ce monde totalitaire ! Bienvenue en Océania et les opposants finiront comme Winston !
      Décidément le français est trop con et mérite son esclavage !
       » Qui est prêt à sacrifier un peu d liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre et à terme perdra less deux !  » paroles dites par Thomas Jefferson et Benjamain Franklin !

  3. Parce qu’il va de soi qu’une simple pétition suffira à arrêter le mouvement ( :rolleyes: )

  4. Une pétition ne sert à rien. Sinon, peut-être, à donner donner directement un listing de gens à surveiller tout spécialement…
    Ce qu’il faut c’est organiser NOTRE cash.

    1. Notre cash qui es sous notre pieu
      Que ton nombre soit protégé
      etc…

  5. Les bank run ça ne marche pas car c’est la banque qui contrôle les sorties comme en Grèce, la solution c’est de se faire payer et dépenser en cash et surtout de jeter ses cartes aux ordures, chaque fois qu’on paye ou debite avec une carte on vote en fait pour la mort du cash.

  6. Plutôt qu’une pétition, commençons par chercher à échanger des Dollars à chaque que c’est possible.

  7. « Question : comment feriez-vous dans de telles circonstances en supposant que le cash n’existe plus ? »
    C’est la question que je me pose à chaque fois que je prends de l’essence. Il y a de plus en plus de station où seule la CB fonctionne et parfois les caprices du numérique font que la station rejette la carte. Sans autre moyen de paiement possible, pas d’essence ! Je trouve ça effrayant ! Mais les gens aiment la CB alors ils ne voient pas le mal venir.

  8. Un jour j’ai eu un RDV avec ma banquière qui, lors de la discussion, faisait des références à ce que j’avais acheté avec ma CB pour me proposer certains produits.

    Ce jour-là, j’ai décidé que j’utiliserai ma CB le plus rarement possible et je préfère faire des retraits et payer en liquide plutôt que de payer directement par CB.

    Je n’aime pas non plus l’idée qu’un fonctionnaire puisse faire un portrait de ma vie en regardant ce que j’achète et donc, pour la même raison, je paie cash au maximum.

    Et je sais pertinemment que de nombreux professionnels en profitent pour ne pas déclarer : ça me va, ils contribuent à moins nourrir la Bête.

    1. « Je n’aime pas non plus l’idée qu’un fonctionnaire puisse faire un portrait de ma vie en regardant ce que j’achète et donc, pour la même raison, je paie cash au maximum. »
      Pourquoi seulement « fonctionnaire »? Je dirai « quiconque » ! A priori vous utilisez Internet si vous êtes là donc votre vie est déjà tracée.

  9. « Donc il va falloir augmenter tous les impôts et passer en mode confiscation » c’est déjà le cas non ? par ailleurs, l’augmentation des prélèvements est une vis sans fin.

  10. Ils nous bassinent avec leur Grèce ou leur Qatar : il faut aider le Qatar car ils amoncellent les milliards, pour pouvoir aider leur peuple lors de l’après-pétrole .
    Nous qui va nous aider, on emprunte : état, mairies, régions, départements.. entreprises para-publiques..
    sans limite.. Pour aider les Français ?? Non bien sûr c’est pour aider le monde entier.

    @ Xavier C dans les autres pays d’Europe, l’utilisation de votre Carte Bleue, vous octroi une remise de 8% sur vos achats. Mais ne le dites pas à votre Banquier Français, il pourrait vous justifier que ses coûts sont tels qu’il va vous retirer moins 6% sur tous vos achats par carte Bleue. Telle est la Banque en France.

  11. Ce que cet article prévoit pour notre pays est déjà en train de se produire, mais cette situation est masquée par l’injection massive de (fausse) monnaie par les banques centrales du monde entier. Toutes les valeurs financières sont ainsi survalorisées, depuis les obligations jusqu’aux matières premières. Lorsque les prochaines grandes faillites vont se produire au premier incident et que les États (c’est-à-dire chacun de nous!) ne seront plus en mesure de les éviter, tous les acteurs vont tenter de vendre leurs actifs pour se protéger, et faute de cash, les prix s’effondreront. Les taux d’intérêt ne pourront plus rester à leur valeur anormalement basse, les États devront couper lourdement dans les dépenses, les entreprises seront étranglées, le chômage explosera. Chacun peut imaginer la suite qu’il préfère, de toute façon catastrophique. Il est toujours criminel de jouer les Cassandre, car c’est faire peur inutilement à un mourant. Mais après cette mort, on peut rêver d’un monde meilleur. Non, je plaisante.
    Seule alternative pour sortir de cette apparente impasse: éliminer ceux qui en obstruent la sortie, par avidité de pouvoir et cupidité, et qui détiennent aujourd’hui ce pouvoir : les partis politiques et leurs oligarques. Comment : tout simplement et de façon parfaitement légale, en n’écoutant plus leurs discours lénifiants, manipulateurs, relayés par des médias qu’ils contrôlent et en ne votant plus jamais pour eux, à aucune élection, ni pour leurs candidats ni pour leurs pseudo-référendums, mais en ne s’abstenant pas et en ne déposant dans les urnes que des bulletins au non de citoyens libres, ou en votant blanc. Si aucun parti politique n’a plus de voix (autres que celles de ceux qu’ils manipulent et de quelques aveugles lobotomisés), ils disparaîtront, et les citoyens libérés pourront retrouver leur souveraineté et leur richesse, dérobée en grande partie par les seuls puissants de ce monde. Ceci n’est pas une utopie.
    Suivons l’enseignement de Jean Bodin, cet économiste visionnaire du XVIe siècle :« il ne faut jamais craindre qu’il y ait trop de sujets, trop de citoyens : vu qu’il n’y a richesse, ni force que d’hommes : et qui plus est la multitude des citoyens (plus ils sont) empêche toujours les séditions et factions: d’autant qu’il y en a plusieurs qui sont moyens entre les pauvres et les riches, les bons et les méchants, les sages et les fous : et il n’y a rien de plus dangereux que les sujets soient divisés en deux parties sans moyens ». L’élimination définitive des partis politiques, diviseurs pour mieux régner, voici la première tâche qui nous incombe. La suite nous appartiendra.

  12. Et la société sans anglicisme est-ce possible. Honte à cet article pour faire la promotion permanente du mot « cash » , au lieu des mots : « espèces » ou « liquide » ou encore « liquidité »

    1. Arrêtez de regarder le doigt , regardez la lune

  13. Très bonne analyse. Cependant nous ne pouvons pas prendre l’hypothèse que la hausse des taux d’emprunt soit complètement indépendante statistiquement du montant des recettes fiscales. Si les taux d’emprunt augmentent il y a de fortes chances qu’il s’agisse la plupart du temps d’amélioration des conditions économiques et donc des recettes fiscales.

    1. Comme on l’a vu en Grèce…

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