Quand le Maroc interdit la fête de la bière

Interdire une fête de la bière au Maroc en se réclamant de l’Islam a-t-il un sens ?

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we want beer prohibition credits tony werman (licence creative commons)

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Quand le Maroc interdit la fête de la bière

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 8 octobre 2015
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Par Farhat Othman.

we want beer prohibition credits tony werman (licence creative commons)
we want beer prohibition credits tony werman (licence creative commons)

Le supposé premier festival de la bière au Maroc devant avoir lieu à Casablanca du 8 octobre au 8 novembre a été interdit par les autorités de la ville.

II faut dire que l’initiative de l’organisateur a atteint son objectif en suscitant de part et d’autre des soutiens et des oppositions à son opposition.

Les mieux intentionnés parmi les opposants ont dénoncé une opération de promotion pour ce qui reste un interdit, même s’ils consentent à reconnaître que cela relève désormais de la liberté privée.

Ils insistent surtout sur le fait que la liberté individuelle ne justifie pas la promotion d’une boisson alcoolisée rappelant les méfaits de l’alcool, outre sa supposée interdiction par la religion.

L’islam n’interdit que l’ivresse

Dès l’annonce du festival, les plus avisés des réalités du pays n’y ont pas cru sachant qu’il ne s’agissait au mieux que d’une opération de publicité de la part de l’organisateur.

En effet, comment prétendre tenir un festival pour une boisson dont les vertus diététiques sont certes connues et vantées, mais qui fait l’objet au Maroc, comme dans le reste des pays musulmans, d’une aberrante interdiction ?

Bien qu’on n’ait pas manqué ces derniers temps de démontrer que l’islam n’interdit pas l’alcool, mais juste l’ivresse, on continue à affecter de croire et faire accroire que c’est le cas et à vouloir imposer cette fausse vérité aux masses ignorantes de leur religion, par le biais de textes obsolètes.

C’est d’ailleurs en rappelant de tels textes que la wilaya ou préfecture de Casablanca a pris son arrêté. Il s’agit en l’occurrence de l’article 28 de l’arrêté du directeur général du cabinet du Roi du 17 juillet 1967 qui « interdit à tout exploitant d’un établissement soumis à licence de vendre ou d’offrir gratuitement des boissons alcooliques ou alcoolisées à des Marocains musulmans ».

Redisons-le ici : l’alcool n’est pas interdit en islam qui en accepte même l’existence au paradis ; c’est seulement l’ivresse qui est prohibée, soit l’excès de boisson alcoolisée.

Aussi, le musulman qui sait boire sans s’enivrer, et surtout qui ne boit pas en s’apprêtant à faire sa prière, agit parfaitement en conformité avec l’islam.

D’où la violation de l’islam par l’interdiction royale susvisée, en plus de la nouvelle constitution du royaume consacrant la liberté privée, laquelle implique le droit d’acheter et de consommer en toute liberté de l’alcool.

Une interdiction vicieuse

La pratique actuelle d’interdiction d’alcool par les autorités violente également la morale, par son hypocrisie, consistant à feindre ne pas voir une réalité incontournable.

Elle jette inutilement le discrédit sur les consommateurs et fait subir des contraintes au commerce d’alcool, contrariant la liberté du commerce consacrée pourtant par l’islam.

C’est paradoxalement avec de telles pratiques qu’on encourage le vice qui se retrouve dans la consommation et la vente cachées bien plus que dans une consommation modérée que la religion n’interdit nullement.

Le vice est bien ce déni de la réalité d’un peuple qui boit et ne sait plus boire du fait du discrédit jeté sur ce qu’il fait, le dévalorisant aux yeux des censeurs et des autorités, l’amenant à se conformer à ce statut imposé qui le dévalorise.

C’est la technique bien connue du stigmate, ou de la déprise ; c’est-à-dire qu’en se sentant écarté, montré du doigt, on se conforme psychologiquement à l’image que l’on donne, quand bien même elle ne correspond pas à la réalité. Ce sont les moralistes qui créent l’ivrogne en supposant alcoolique tout consommateur ne s’enivrant pas nécessairement ; aussi certains le deviennent, par défi, ou dépit.

Si le vice est la disposition naturelle au mal, il a atteint celui qui parle au nom de la morale, créant le défaut imaginaire du seul fait de boire.

L’islam interdit l’ivresse plutôt que la boisson alcoolisée pour les méfaits certains qu’elle entraîne en cas de perte de raison. Or, on perd volontiers sa raison chez les consommateurs musulmans d’alcool en conséquence de la stigmatisation dont ils font l’objet et leur déprise d’un comportement équilibré.

Ce sont donc les victimes de faux pieux, moralistes d’un vice qui n’existe que dans leurs esprits, voyant le défaut là où il n’existe pas, qu’ils créent de toutes pièces.

Les mauvais penchants dans les sociétés d’islam s’installent non pas du fait de l’alcool, mais du discrédit qu’on jette sur lui sans raison par des commerçants de la religion s’adonnant à une concurrence déloyale avec ceux qui vivent honnêtement du commerce de la bière, de vrais commerçants et non du temple d’une soi-disant vertu.

Une interdiction néfaste

C’est l’usage d’une foi à l’origine humaniste et spirituelle qui est vicieux, traduisant une fausse lecture, amenant à cette imperfection grave transformant une religion à la base tolérante et permissive en religion intolérante et répressive ; elle n’est plus guère la foi attrayante qu’elle était, telle cette chose viciée qui devient impropre à l’usage auquel elle était destinée. Ainsi est aujourd’hui l’islam avec l’exemple paroxystique de Daech.

C’est pour cela que l’interdiction en vigueur au Maroc et ailleurs dans les pays musulmans est autant vicieuse qu’injuste et inutile, d’autant plus néfaste qu’elle parle à tort au nom de la religion.

Au-delà de la promotion de l’activité commerciale de Casablanca, capitale économique du royaume, la fête de la bière aurait certainement constitué un festival de la liberté citoyenne à laquelle le Maghreb, en effervescence postmoderne, n’échappe pas en cet âge des foules.

Il reste aux autorités marocaines de se ressaisir et de se débarrasser des textes juridiques obsolètes contrariant les libertés essentielles de leurs citoyens. Car il est certain que des initiatives du même genre ne cesseront pas de se répéter, finissant par aboutir un jour, avec ou sans le consentement d’autorités déconnectées des réalités.

Avec cette initiative festive de la bière, le Maroc, qui prend soin en général de veiller à être toujours en avance en termes d’innovation, a manqué assurément d’être le premier pays musulman à tenir sur sa terre une fête islamique de la bière où l’on apprend à boire sans excès et avec modération comme y invite une foi encourageant la mesure en tout, y compris et surtout en termes d’interdits.

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  • Pas fondamentalement d’accord avec l’auteur sur l’interdiction de l’alcool qui semble réelle dans le manuel de guerre mahométan :

    Sourate 2 :
    219. – Ils t’interrogent sur le vin et les jeux de hasard. Dis : « Dans les deux il y a un grand péché et quelques avantages pour les gens; mais dans les deux, le péché est plus grand que l’utilité ». Et ils t’interrogent : « Que doit-on dépenser (en charité)?  » Dis :  » L’excédent de vos bien. » Ainsi, Allah vous explique Ses versets afin que vous méditez

    Sourate 5 :
    90. Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, oeuvre du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez.

    91. Le Diable ne veut que jeter parmi vous, à travers le vin et le jeu de hasard, l’inimité et la haine, et vous détourner d’invoquer Allah et de la Salat. Allez-vous donc y mettre fin?

    Dans Sounan Ibn-Majah, Volume 3, Livre des Intoxicants, Chapitre 30, Hadith No. 3380:

    Anas rapporte que le Prophète a dit:

    Allah a maudit dix personnes qui traitent avec l’alcool. Celui qui le distille, celui pour qui il est distillé, celui qui le boit, celui qui le transporte, celui chez qui il est transporté, celui qui le sert, celui qui le vend, celui qui profite de l’argent obtenu par sa vente, celui qui l’achète pour lui-même et celui qui l’achète pour quelqu’un d’autre. »

    On n’entre pas franchement dans l’appréciation du p’tit rouge dominical accompagnant le boeuf Bourguignon.. hein.. Du coup le pouvoir marocain se retrouve en port à faux avec une frange grandissante de sa population qui se replie sur ses pratiques religieuses alors que les nouvelles générations rêvent de liberté…

  • « une foi à l’origine humaniste et spirituelle « ?

    Par pitié, quand allons-nous arrêter de lire de telles inepties … rajouter « humaniste entre ceux qui appartiennent à la communauté » … et ce sera un bon début d’analyse. Il y a dans le Coran tout et son contraire. A partir de là, tout ou rien n’est dit.

    Marre des religions d’il y a des siècles et des siècles … …

    • Cher ami,

      J’ai assez répété ma vision de l’islam, ici et ailleurs. Par exemple :

      Il n’y a d’islam que soufi !
      http://nawaat.org/portail/2015/02/12/il-ny-a-dislam-que-soufi/

      Pour la communauté, j’use du néologisme de communautarité, qui implique l’altérité; c’est la vraie conception communautaire en islam… soufi.

      Ne vous laissez donc pas tromper par ceux qui pratiquent une islamophobie, y compris par les faux musulmans, ceux que les huis appellent des honteux !

      Et sachez que la spiritualité — et non la religiosité — est inévitable en cette époque postmoderne.

      Antroposoufiquement vôtre

      • Errare humanum est :

        Prière bien lire :

        « ceux que les juifs (et non les — huis—) appellent des honteux ! »

      • Merci pour cette réponse, mais que vous vous réclamiez d’un courant spirituel, au demeurant tout à fait minoritaire, y compris à l’échelle du Maroc, n’en rendent pas vos écrits plus réels. Votre vision de la spiritualité islamique, comme susceptible de permettre la relecture et l’interprétation des textes dits « saints », est totalement marginale et ne pèse, par conséquent, pas franchement lourd dans la géopolitique moyen orientale.

        Avant de parler d’islamophobie, il conviendrait en outre, que vous fassiez un effort d’empathie : imaginez le devenir d’une culture (qui, quoi que l’on puisse dire de Morano, est bien judéo-chrétienne et apostolique – seuls les fous ou les idiots veulent tordre le réel) confrontée, au moment même de sa déshérence spirituelle, à un dogme destructeur, incréé et conquérant. Dans ce contexte, tout replil identitaire me semble relever d’une saine réaction et non d’une phobie. Il convient de ne pas inverser les rôles, ça n’est pas ma au nom de ma religion ou de celle de mes parents que l’on égorge.

        Cordialement

        • Cher Alecton,
          C’est justement le réel qui m’intéresse, mais au-delà du principe réducteur de réalité.
          Comme pour l’air, par exemple, j’observe ce qui est inapparent bien que patent dans le corps social.
          Si le soufisme est effectivement minoritaire, c’est en termes d’islam officiel; cela n’empêche qu’il est la trame de la vie populaire, seul vrai islam des masses.
          L’islam officiel, qui est selon ma terminologie judéo-chrétien, ne représente en rien la spiritualité populaire qui ne s’exprime pas librement ni au grand jour du fait du milieu de contraintes légales et supposées morales se permettant tous les excès.
          Si vous observiez comme je le fais les peuples vivre au Maghreb, vous verriez le degré de libéralisme moral et même de libertarisme dont ils sont capables; toutefois, le tout se fait en catimini, à l’abri des regards, sagesse incorporée oblige.
          Or, comme on est en cet âge des foules qu’est la postmodernité, les choses commencent à bouger.
          Toutefois, un tel changement peine à se capillariser partout du fait des pouvoirs dictatoriaux qui ne sont redoutables que parce qu’ils sont soutenus par un Occident aveugle à ses intérêts, dont les Lumières se sont éteintes depuis longtemps.
          Demandez-vous donc qui soutient cet antéislam qu’est le wahhabisme ou Daech et qui empêche la Tunisie d’être une véritable exception en Méditerranée !
          Un nouveau monde est en gestation où seule compte la parole juste, cette justice qui est d’abord justesse; et c’est celle de l’amour et de la spiritualité que je qualifie d’ordo amoris universalis.
          Ne vous arrêtez donc pas au visible trompeur, faites l’effort de scruter surtout l’inconscient collectif et l’imaginaire populaire, ces constantes anthropologiques déterminant ce qu’on croit être réel et qui n’est souvent que de l’artefact !
          C’est le moindre des acquis de la physique d’aujourd’hui, n’est-ce pas ?
          Amicalement

  • Et la bière sans alcool, ils ne connaissent pas ??? bière ne signifie pas automatiquement alcool. Bon d’accord, je ne bois pas de bière ou très peu donc je ne pense pas faire la différence au goût mais est ce si important.
    L’essentiel est un évènement festif, réunissant les gens et permettant une plus grande ouverture

  • A Alecton:
    Vous avez entièrement raison. Les Sourates et Versets sont exacts.
    Je n’ais pas l’autre livre mais vous fais confiance.
    D’une manière générale les gens dans les pays musulmans racontent n’importe quoi sur le Coran.
    Il y a deux motivations:
    soit ils ne veulent pas l’appliquer alors ils le déforment (et non pas interprète) dans le sens qui leur plait,
    soit ils mentent volontairement aux non musulmans pour les amadouer ce qui est prévu par le Coran lui-même.
    Il faut toujours vérifier ce qu’ils disent.

  • Bonjour,

    Voici une référence argumentée pour ceux qui contestent la vérité énoncée dans l’article :

    L’islam n’interdit pas l’alcool, plutôt l’ivresse !
    http://nawaat.org/portail/2014/04/24/lislam-ninterdit-pas-lalcool-plutot-livresse/

    Par ailleurs, je traite de la question dans le premier tome de ma trilogie chez L’Harmattan, parue en février 2015 : Ces tabous qui défigurent l’islam.

    Il y a trop de mensonges sur l’islam colportés par les musulmans eu-mêmes dans le cadre de ce que je qualifie d’islam judéo-chrétien; mais on ne peut plus dire n’importe quoi, le seul islam authentique étant soufi, humaniste intégralement !

    Qu’on se le dise !

    Objectivement vôtre.

    • Le vrai islam est celui que portait Mahomet et qu’il a enseigné. Il s’agit donc des premières années et des auditeurs directs. Ensuite, la réalité humaine veut que tout texte orale soit répété en étant déformé et amplifié. C’est la nature humaine. Chacun met son grain de sel.

      • Le soufisme originel dont je parle est celui des premiers compagnons du prophète, ceux qui vivaient sous le préau de sa mosquée et qui étaient dépositaires de son message.

        • Votre soufisme, c’est un peu comme le socialisme. On pense que ça peut marcher en laboratoire si la concentration avoisine les 100% mais dans la vraie vie, c’est autre chose …

          • Dans la vrai vie ce soufisme a permit à Muhammad de faire de l’islam une des grandes religions. Il a aussi contribué à l’islamisation de l’asie du sud-est par relations commerciales (les marchands musulmans qui sont venus y faire du commerce étaient pour la plupart soufis). Soufisme et réalité ne sont pas forcément incompatibles. Les récupérations politiques et idéologiques des religions par les hommes sont encore une autre histoire.

  • Sans vouloir jouer le pyromane, beaucoup de choses dites par des croyants, qu’ils soient musulmans,chrétiens ou autres, ne sont que purs mensonges et créations qui ont perduré à travers le temps.

    Pour le Coran, nous avons un bon livre qui l’explique « Ce que le Coran ne dit pas » de Mahmoud Hussein. Je vous invite à lire un résumé sur http://www.lepoint.fr/invites-du-point/tahar-ben-jelloun/tahar-ben-jelloun-ce-que-le-coran-ne-dit-pas-22-10-2013-1746509_1921.php

    Le court passage pris sur le site supra démontre clairement la construction empirique du Coran et le fait qu’il s’agisse plus d’affabulation que d’une vraie parole. Les propos rapportés à Mahomet n’ont pu être que déformés, modifiés voire exagérés avec le temps et la transmission orale.
    Et quand il existait un écrit, le corpus en a fait une synthèse pour éviter les contradictions. Ce n’est pas moi qui le dit mais les auteurs du livre qui se basent sur l’histoire.

    « Lorsque le prophète Mahomet mourut le 8 juin 632, il ne laissa pas de consignes concernant les versets que l’ange Gabriel lui avait transmis. Ses compagnons les connaissaient par cœur, certains les avaient transcrits sur des supports. Le Coran en tant que corpus, en tant que Mushaf n’existait pas. Il faudra attendre plus de vingt ans pour que Uthmân, le troisième khalife, réunisse une commission composée de compagnons qualifiés afin qu’elle propose un texte unifié.

    Les sourates (chapitres) sont reproduites sans voyelles. Ce n’est que deux siècles plus tard qu’une version voyellée sera disponible pour le grand public. C’est à partir de ce moment que deux visions du monde vont s’affronter à travers la lecture du Coran. Les premiers sont des théologiens appartenant au courant mu’tazilite, rationalistes lisant le texte de manière symbolique et métaphorique. Pour eux, « la volonté divine est rationnelle et juste ; les hommes peuvent en saisir le sens et y conformer leurs actes », autrement dit, le Coran est créé. »

    La religion n’est qu’un élément qui permet aux gens de ne pas avoir peur, de trouver un salut à leur esprit et des raisons pour se justifier. Au final, une religion officielle n’est qu’une secte qui a réussi.

    • Cher ami,
      Renseignez-vous avant de vous laisser aller à vos préjugés !
      En tant que militant humaniste intégral, je ne m’adonne à nul dogmatisme, ni religieux ni profane, n’ayant surtout pas le mental colonisé par un occidentalocentrisme dépassé aussi néfaste que l’intégrisme religieux qu’il alimente au demeurant.
      Sachez que je parle d’islam populaire soufi et non d’islam officiel. Or, le soufisme est une spiritualité oecuménique et tolérante reproduisant le lien qu’est la religion dans l’une de ses étymologies, ce divin social dont parlait Durkheim et que le matérialisme et un certain dogmatisme laïque ont brisé, amenant le désenchantement actuel du monde.
      Bonne réflexion, loin de tout dogmatisme, cette banalité postmoderne du terrorisme qui commence mental.

      • Je ne remets pas en cause votre religion, ni le droit d’en avoir une, chacun fait ce qu’il veut dans sa sphère privée. Personnellement, je suis passé de très pratiquant à agnostique pour maintenant ne croire que ce que je vois en me demandant pourquoi. Aussi, la seule religion qui m’importe est celle de la raison cartésienne. Le hasard n’existe pas tout comme la fatalité ou la chance. Il ne s’agit que de conséquences de nos actes individuels, collectifs voire simplement de conséquences naturels qui peuvent être expliquées par la physique et les mathématiques.

        Aussi, peu m’importe que vous appeliez votre religion islam soufisme tout comme d’autres appellent la leur chrétienté pieuse. Il s’agit avant tout d’un comportement lié au respect de soi et d’autrui qui permet une vie en collectivité avec des règles logiques et non dites pour certains, écrites pour d’autres. Nous en arrivons donc à la qualité première de ma religion, la raison, et de la votre, l’islam, ou de mon ancienne, le christianisme: l’éducation dans la tolérance et le respect des autres, dans leur liberté du moment que celle-ci n’empiète pas sur celle d’autrui.

        De ça, c’est exactement ce que le vous écrivez en reprenant les passages du Coran. En effet, à bien lire, votre Satan n’est autre que la personne dans un état second qui ne peut plus se contrôler parce qu’il est saoul. Nous sommes donc d’accord sur la raison première, pas sur les conséquences. Pour certains (pas pour vous), il faut faire peur et bannir l’alcool. Pour vous et moi, il convient de rester raisonnable afin que nos comportements ne portent pas préjudice.

        C’est pourquoi je vous rejoins (un peu) quand vous parlez de laïcité. Vous oubliez juste de mentionner que la laïcité dont vous faites référence a fait en sorte de supprimer les divers repères (paternel, maternel, familial, religieux) auprès des enfants pour essayer que nous soyons tous des clones. Malheureusement pour eux, la nature ne fonctionne pas de la sorte, entraînant dès lors ce « terrorisme qui commence mental »

        • PS; Merci pour avoir répondu. C’est très courtois et enrichissant même si cela ne vaut pas une vraie discussion en tête à tête.

        • Mon cher ami,
          Si je parle de religion, ce n’est pas en prosélyte ni de MA religion, comme vous dites, mais en chercheur neutre.
          Par ailleurs, je respecte tout un chacun, qu’il soit croyant ou athée. Je vous ai bien précisé être un humaniste intégral.
          Et si je parle davantage de spiritisme, c’est que c’est un aspect d’abord réel, quoique négligé, et qu’il est source de convergences de spiritualisés de tous horizons. Ce dont on a le plus besoin en ce monde qui marche sur la tête.
          Et je me permets ici de vous signaler que vous vous laissez aller à un intégrisme à l’envers, en faisant de la raison cartésienne votre religion.
          Car, en postmodernité, on ne parle plus d’une telle raison, devenue cartésiste, mais de raison sensible.
          Si vous m’avez lu, vous auriez noté que ma seule religion à moi est l’amour, miltant pour un ordo amoris universalis.
          Aussi, je vous invite à ne pas juger votre prochain, ou alors après vous être assez informé au préalable sur lui pour ne pas être injuste à son égard, l’autre n’étant que la propre image de soi, n’est-ce-pas ?
          Bien à vous

  • vous dites :
    « Aussi, le musulman qui sait boire sans s’enivrer, et surtout qui ne boit pas en s’apprêtant à faire sa prière, agit parfaitement en conformité avec l’islam. »
    ainsi il est interdit de boire en priant ?
    mais est il également interdit de prier en buvant ?
    c’est le paradoxe du toujours plus avec les religions…

    l’essentiel étant de dire « baruch ata adonaï, hélohénou, mélech ah olam, bore peri agafen » avant de boire un verre de vin.

  • Quelle est la valeur religieuse d’un renoncement s’il est de toute façon forcé par l’Etat ? Par exemple, est-ce que payer ses impôts en France ou donner sa fortune aux pauvres sont équivalents pour gagner le Paradis ?

  • En tant que chrétien je trouve bcp d intérêt et de convergence avec la spiritualite de Farhat Othman . Je le remercie de nous présenter le soufisme .

  • @othman
    Cher ami, ya sadiqi

    La lecture active des recherches historiques philologiques et scientifiques ( ex F Deroche du College de France, de Luling, de luxenberg, de Segovia, de Oehlig patmi d autres) m amènent à une conclusion qui est à peu près la suivante:
    La conquete arabe est initiée par les Ghassanides, chrétiens aryens/monophysites et en partie nazoreens. Ils vont essayer de reunir les Lakhmides nestoriens/elkasaites, mais c est d abord Muawiya, premier Omeyade et Chrétien « héretique » qui va y arriver et abd el malik paracheve le tout en 689. Les preuves archeologiques attestent que ces arabes sont chretiens ismaélites. Le targum arabe de l evangile des hebreux (nazoréens) et de thomas écrits en syriac formeront la base de ce qui deviendra le Coran sous les. abassides à partir de 750. le fome du rocher contient la christologie des ismaelites en opposition avec le dome du st sepulcre byzantin. En effet les. omeyades se voyaient les successeurs arabes des Byzantins. La zizanie arabe (fitna) donnera corps aux reflexes perses (Mani, les mughtazilites, genre baptistes arsbes et les zoroatriens). Vous pouvez constater que la sourate du voyage nocturne est un plagiat d une legende perse. Les abassides conservateurs ont tour fait pour mettre un rempart à la dissèmination des idées grecques en lègitimant l ancrage historique de la descendance d Abraham. A l epoque les textes d auteurs non musulmans parlent d Hagarènes et/ou de Ismaeliens. Le paraclet de l apocalypse de st jean dèfinirs la figure d un prophète, « sceau des prophètes », cad le dermier ded prophetes. Toutce montage ètait comprèhensible d un habitant de Syrie / nord mèsopotamie de l èpoque. Notons que Damas premiere capitale arabe est en Syrie, terre d origine de cette construction. Les Abassides ( et non Othman) termineront le dispositif de la legende par la creation de la Sira, biographie du paraclet, donnant les explications necessaires au lectionnaire al Quran, sans quoi il est incomprehensible. Le dogme se crèe ensuite par la Charia et les hadiths….
    Etes vous certain que Mahomet a rèellement existé ( voir theses en anglais dans ce sens sur internet) ?
    Pourquoi la planète doit elle prendre pour argent comptant une legende religieuse ( d ailleurs mal construite) qui ne correspond à aucune realite historique ?
    Le temps est venu d y repondre.

  • Othman nous donne une leçon de moyen âge.

  • @ Farabale

    Vous faites une lecture active des recherches historiques philologiques et scientifiques quand je fais une lecture attentive des faits de nos sociétés.

    Votre intérêt est tourné vers le passé pour justifier un présent de turpitudes alors que je me limite au présent pour le modifier dans le sens d’un ordre amoureux universel.

    C’est peut-être aussi votre but, mais alors vous usez de fausses armes.

    Le passé n’est important que pour éclairer le présent et non pour le justifier, surtout quand il est devenu un « fake » entretenu par les turpitudes des uns et des autres.

    Votre conclusion est respectable si vous en faites un instrument utile à mieux comprendre le présent et agir pour le modifier; car le passé que vous citez, quelles que fussent ses spécificités, a été porteur d’une culture et d’une civilisation mondiales, ayant contribué fortement aux Lumières occidentales désormais éteintes.

    Soyez porteur de lumière et n’agissez pas en un Lucifer postmoderne, car Satan fut ange de lumière déchu!

    Faites comme lui, révoltez vous donc contre le dogmatisme qui est en vous, car il alimente l’intégrisme musulman que vous dénoncez et qui ne tient que parce qu’il est couvé par un Occident, gagné par ses démons messianiques judéo-chrétiens, incapable d’oublier un passé dans lequel vous voulez emprisonner les peuples d’un monde devant enfin relever de ce que je nomme « mondianité », un monde d’humanité.

    Pour finir, je répondrai à votre question par une autre bien plus pertinente, reprenant vos propres termes :

    Qui est vraiment derrière l’idée que la planète doive prendre pour argent comptant une legende religieuse (d’ailleurs mal construite) qui ne correspond à aucune réalité historique ?

    Posez-vous donc la question en regardant le monde tel qu’il est et sans oeillères ni passé mythique ou mythifié !

    Et bon réveil de conscience, l’ami !

    • Je sens que la convergence esr est proche…..

      Je dois confesser que je suis areligieux, athée, et agnostique. Les êtres humains nt besoin de communion entre eux, de s aimer, s entre aider spontanément et généreusement. A aucun moment l être humain a besoin de spiritualité religieuse, aucun moment, j ai suffisamment vécu dans des cultures non européennes pour en être convaincu. Je vous écris d Afrique centrale et je suis reconnaissant á l humanisme généreux des Africains noirs.
      Le dogme et les rituels religieux ont été crées par le pouvoir pour homogéneiser et éduquer a minima le peuple (les 10 commandements, que d ailleurs les musulmans ont ré-écrits, bref!) en s appuyant sur la Magie imaginative d une époque oú les tremblements de terre étaient le courroux des dieux. Pour autant il ne faut pas s en moquer. À quoi sert la religion aujourdhui, sinon á continuer de formater dans l ignorance stérile des mentaux humains, les empechant de s épanouir!
      Ce fut long mais le Judaisme et le Christianisme ont mis á plat leur histoire, ont analysé les concepts et rapports de force en jeu : l Hellenisme refusé par les Maccabées crée la pharisianisme prélude aux principes de non respect de la loi juive, qu apporte le Christianisme apostolique, et qui l amour du prochain comme meilleure intention d humanité et non le respect de la loi.
      L Islam, j ai résumé en concentré ce dont il s agit, dans mon précédent post : la soumission á une nouvelle loi pour homogénéiser les arabes du nord de la mesopotamie, tous chrétiens mais suivant des courants sectaires concurrents, ce après la défaite des perses et le retrait des Byzantins. Je l ai abordé, il n y a probablement jamais eu de personnage mohammed ( qui est un adjectif en arabe), comme il n y a jamais eu de personnage Moise ( ou probablement 3 en 1 selon Freud).
      Je disais que le moment est venu pour analyser la base d émergence des ismaélites ( appelés musulmans aujourdhui), et c est aux musulmans de le faire.
      Cher Ami, lisez l evangile apocryphe de Thomas et vous serez étonné de la proximité que le Coran a avec ce texte. Lisez les études de Luxenberg qui démontre que la base dite pré hégire ( en fait 622 n est que le moment de la reconquete de Heraklius), est un livre support de commentaire écrit en syriac, puis lu en arabe par des copistes ayant perdu la connaissance du Syriac ( époque Abasside).
      Etc, etc, il y en a des centaines de rapports scientifiques de ce type, j en reçois en moyenne 5 par semaine.
      Lisez les, je ne peux accepter que vius restiez dans votre dogme, prenez de la distance, il y a une belle vie en dehors de la Religion. Je serais vraiment content, si on pouvait se détachef de la Religion, et simplement l étudier comme une certaine contribution á nos cultures.
      Vos frères, les humains vous aiment, pas dieu.
      Ce qui est anormal c est que ce n e

  • Un état a a peut près tous les droits..puisque c’est lui qui les définit .
    Les justifications qu’il donne aux restrictions à la liberté sont toujours les m^mes : intérêt collectif, trouble à l’ordre public, immoralité… c’est arbitraire,cela permet d’interdire à peut près tout et n’importe quoi.
    SI il y aune question c’est de savoir de quelle autorité religieuse peut se prévaloir un état non théocratique?
    de quel droit un état laïc peut il parler au nom de la religion voire de dieu?
    Si mon imam me dit ne va pas à la fête de la bière, si ma lecture du coran le dit ne va pas à la fête de la bière… bon j’y vais quand même car je ne suis pas musulman, mais je n’irais pas si je l’étais.

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