Grève des médecins : la colère continue contre la Loi santé

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Grèves des médecins libéraux (Credit PAM)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Grève des médecins : la colère continue contre la Loi santé

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 4 octobre 2015
- A +

Par Bernard Kron

Grèves des médecins libéraux (Credit PAM)
Grèves des médecins libéraux (Credit PAM)

Après les Bonnets rouges, les camionneurs et les éleveurs, les médecins sont vent debout contre la Loi santé.

Tout a commencé avec « Les médecins ne sont pas des pigeons » et « L’appel des soignants » de mars 2014. Ils provenaient du fait que les médecins se sentaient de plus en plus réduits à un rôle de simples exécutants, dans un système hyper dirigiste, bureaucratique et déresponsabilisant.

L’État continue de vouloir mettre au pas ceux qui conservaient encore une certaine liberté dans leur travail : les professionnels de santé libéraux. La révolte du corps social mobilise également contre toutes ces contraintes les professions libérales, les agriculteurs, les transporteurs et les artisans.
Le cri du collectif de mars des soignants et de nombreuses autres corporations n’ayant pas été entendu, la contestation est repartie de plus belle avec la grève des personnels hospitaliers et des médecins libéraux. Les professions qui manifestent ne sont pas des militants politiques de type Bonnets rouges ou Médecins pigeons, mais des citoyens de tous les horizons. Les parents d’élèves, les policiers, les professions réglementées et autres corps sociaux sont accablés par l’injustice de cette politique menée depuis trop longtemps. Tous sont légitimes dans cette colère.

Le système libéral doit être préservé, dans le propre intérêt de l’économie de la santé et de la qualité des soins. Il est seul à pouvoir empêcher que l’hôpital, pourtant surdimensionné, ne soit submergé par les urgences.

Afin d’essayer de stopper cette évolution qui remonte à de nombreuses années, les blouses blanches se sont mobilisées encore ce 3 octobre à l’Hôpital Cochin et à l’appel de l’UFML pour essayer d’enrayer l’étatisation du système de santé.

Des médecins, des infirmières, des ingénieurs, des savants quittent la France. Ils partent sans bruit vers la Grande-Bretagne, l’Amérique du Sud, l’Australie ou le Québec. On estime à 12 000 le nombre d’étudiants en médecine qui partent faire leurs études en Roumanie, Croatie, Belgique ou Espagne : reviendront-ils ?

La crise atteint toutes les corporations des soignants. La santé dépend de cinq ministères que sont la Santé, les Affaires sociales, l’Éducation, le Budget et l’Intérieur. Elle a vu la création des hautes autorités, du pôle social de l’Élysée et des agences régionales de santé (ARS).

Les schémas régionaux d’organisation des soins ont compliqué l’exercice libéral par des normes et des contraintes. Des tribunaux d’exception sont prêts à siéger contre les médecins qui ne respecteraient pas ces normes imposées par les caisses. Les mesures coercitives sur les médecins et le tiers payant généralisé vont aller à l’encontre du but recherché, donner un accès aux soins pour tous. Les directeurs des agences régionales de santé décideront bientôt de l’avenir, du projet de vie et de l’installation des médecins. Le médecin ne sera plus que l’effecteur du responsable du réseau et devra appliquer à la lettre les abaques définis par les tutelles.

L’âge moyen des médecins à Paris est de 55 ans ; même la capitale devient peu à peu un désert médical. Les difficultés de stationnement, les charges d’un cabinet médical trop importantes pour un exercice strictement conventionné participent à cette désertification toujours plus importante. L’impossibilité de trouver un successeur s’accélère dans tout l’Hexagone. La venue de médecins étrangers ne réglera pas cette pénurie. Le problème sera le même pour les médecins territoriaux, car un grand nombre repartira après quelques tentatives d’insertion.

Le cercle vicieux de la révolte sociale est maintenant solidement enclenché chez les médecins libéraux, car ils sont les dindons de cette farce. Les urgentistes et les médecins ont fait grève. Les internes et les personnels des hôpitaux manifestent aussi leur mécontentement.

Les événements de ce début d’automne 2015 vont-ils nous mener à un chaos médical ? Tout converge pour nous faire arriver à un scénario catastrophe par la faute de l’hypocrisie, du dogmatisme, ou de la pêche aux voix de nos gouvernants.

Voir les commentaires (8)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (8)
  • « Le cercle vicieux de la révolte sociale est maintenant solidement enclenché chez les médecins libéraux, car ils sont les dindons de cette farce. »
    Effectivement, ils auraient dû se réveiller bien plutôt lorsque l’état a fonctionnarisé en masse toutes les autres disciplines médicales (et annexe). Le tiers payant existe presque partout, il est donc trop tard pour eux, on arrête pas une machine comme celle là juste par des éclats de voix.
    S’ils ont du courage, ils se déconventionnent tous, là l’impact sera énorme.

  • Ce que l’on appelle « le corps médical » a tort. Médecins, pharmaciens, laboratoires, infirmiers, masseurs … sont, à l’instar des huissiers et des avocats qui sont des « auxiliaires de justice », des « auxiliaires de santé ». Tandis que les « auxiliaires de justice » ont des nivaux de revenus qui ne dépendent que d’eux (et encore, souvent ils ont des « coups de pouce » de l’Etat à travers l’Aide Juridique), les « auxiliaires de santé » ont des revenus qui leur sont indirectement assurés par la collectivité publique notamment à travers les remboursements de la Sécurité Sociale ou de l’Aide sociale. Ils doivent être regardés, en conséquence, comme des « fonctionnaires auxiliaires » et accepter que la collectivité publique, leur employeur indirect, fixe le niveau de leurs revenus. sinon le déficit de la Sécurité sociale ne cessera de croître à l’infini et devenir insupportable à un moment donné. Il faudrait demander aussi aux laboratoires pharmaceutiques d’arrêter de faire du n’importe quoi en matière de médicaments et de prix des médicament.

    • ours interrogatif
      4 octobre 2015 at 15 h 27 min

      Pourcentage dans les dépenses de santé des honoraires des medecins ? …
      Pourcentage du cout de fonctionnement de la sécu ?
      Tarif horaire des médecins français ?
      Regardez et on en reparle.
      Les sources d’économie pourraient aussi d’interdire au patient de consulter pour des motifs que la sécu jugerai anormaux…

    • Comparez les tarifs et revenus NET et HORAIRE d’un médecin/infirmier/médicament en France et en Europe
      Comparez le coût de chaque Français pour sa santé (cotisations sociales et mutuelle) Vs les européens
      Comparez le taux de remboursement moyen des soins en France.

      La conclusion est la suivante : les médecins sont très mal payé, les médicaments très bon marché, les Français paient très cher, les remboursement et reste à charge sont très importants.

      Conclusion : la sécu doit faire des économies là où est le problème : les fuites d’argent au sein même des caisses de sécu (dépenses inutiles, personnels trop nombreux, détournements…)

    • Raison pour laquelle vous allez les chercher les praticiens de santé.
      La désertification ne fait que commencer …

    • Poncif éculé de la Santé : ce sont les médecins qui coûtent cher

      C’est comme la vitesse, les radars et les morts sur les routes,
      supprimons les médecins (la vitesse) et la santé ne coûtera plus rien

      PS : coût des DP : 2,4 milliards vs coût des mutuelles 24 milliards
      c’est le système qui coûte cher, pas ces exécutants

  • Article issu de mo livre Chirurgie chronique d’une mort programmée Éditions L’Harmattan

  • De quels médecins parle-t-on? Médecins généralistes? Médecins spécialistes? Médecin à l’Hôpital? Médecin à l’Hôpital avec une consultation privée en secteur II ? Médecin libéral en secteur I ? Médecin libéral en secteur II? Toutes ces castes de médecins ne font pas qu’une… Pire… Elles se tirent dans les pattes… Enfin surtout leurs syndicats… Qui, comme le reste des syndicats ne le représentent pas ou peu mais signent leurs conventions… Bref…

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Les vacances de Jean-Michel Blanquer à Ibiza ne passent pas. Selon Mediapart, c’est de ce lieu de villégiature en Espagne que le ministre de l’Éducation nationale aurait annoncé la modification du protocole sanitaire à la veille de la rentrée, provoquant colère et indignation des syndicats et des opposants.

À quelques jours de l’appel à la grève lancé par FSU, CGT Educ'action, FO et SUD Éducation, ainsi que la FCPE, première organisation de parents d'élèves, cela pourrait être fatal pour sa réputation politique, au même titre que les h... Poursuivre la lecture

Par Loik Le Floch-Prigent.

La lutte contre les monopoles a hanté des générations, du Parti communiste français à tous les économistes libéraux.

Pour les uns le monopole c’est le mal car il est capitaliste, mais dans le secteur public il représente le bien commun. Pour les autres la concurrence est synonyme d’efficacité, de liberté, de respect du consommateur… et de baisse des prix !

La création de l’Union européenne a été placée sous le signe de la nécessité de la concurrence. Toutes les tentatives de concentration indust... Poursuivre la lecture

Par Jean-Philippe Delsol. Un article de l'Iref-Europe

L’Europe et notre président de la République en particulier ne cessent de dénoncer d’anciens pays de l’Est comme la Hongrie ou la Pologne pour leur vision d’une démocratie illibérale, c’est-à-dire adhérant à une culture politique qui disqualifie en son principe la conception libérale. Mais la machine macronienne poursuit pourtant de manière méthodique sa politique illibérale tendant à renforcer sans cesse l’emprise de l’État sur la société.

Cette fois, ce sont les régimes d’i... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles