Des limites de la démocratie à Paris

Wendy-Big Eiffel(CC BY-NC-ND 2.0)

La démocratie participative a aussi ses limites.

Par le Parisien libéral

Wendy-Big Eiffel(CC BY-NC-ND 2.0)
Tour Eiffel – Wendy-Big Eiffel (CC BY-NC-ND 2.0)

En peu de temps, les socialistes parisiens nous ont rappelé que décidément, si la France est clairement une république, elle ne cherche pas forcément à être une démocratie.

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale, d’après la constitution. Certes, on pourrait discuter du fait que la France doive être une république, indivisible qui plus est. Après tout, la France a davantage vécu en monarchie qu’en république. Quant à l’indivisibilité, pourquoi la maintenir à tout prix si, par exemple, les Corses ou les Bretons veulent leur indépendance, mais bon… Il se trouve que la mission de l’exécutif actuel, au niveau national, est de faire respecter la Constitution, et au niveau local, de faire fonctionner les services publics dans le respect du cadre légal qui régit notre pays.

En plus, la France de 2015 est de gauche. Quand on a en tête la très haute opinion que la gauche a d’elle-même, on pourrait imaginer que l’exécutif s’attacherait particulièrement au respect, non seulement des lois, mais aussi de l’esprit des lois. Qu’en est-il en réalité ?

La démocratie, du grec ancien δημοκρατία / dēmokratía, est le régime politique dans lequel le peuple a le pouvoir ; en démocratie représentative, les citoyens élisent des représentants qui sont alors chargés d’établir les lois et/ou de les exécuter.

Alors, pourquoi nos élus ne pourraient-ils pas un peu écouter le peuple ?

En ce moment, la maire de Paris, Anne Hidalgo, nous vend le budget participatif de Paris. « 75 millions d’euros à investir dans votre quartier ! »

http://leparisienliberal.blogspot.fr/2015/09/des-limites-de-la-democratie-paris.html
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L’idée est excellente ! C’est très positif que les Parisiens puissent voter pour choisir les investissements à réaliser dans la ville. Seulement, trois petits problèmes se présentent.

D’une part, les investissements du budget participatif ne constitueront qu’une infime part des investissements parisiens, sans même compter le fait que les dépenses d’investissement ne sont qu’une faible partie de l’ensemble des dépenses de la ville, d’abord dominées par les dépenses courantes.

D’autre part, nous sommes appelés à ne voter que sur les projets sélectionnés par les hiérarques socialistes. Ces derniers ont écarté des projets de bon sens, comme la proposition de Contribuables Associés de ne pas dépenser 75 millions d’euros et de les restituer aux Parisiens. On peut faire des propositions, du moment qu’elles correspondent à celles attendues par la mairie, ce qui explique pourquoi ce budget participatif est aussi « ludique, convivial, festif et végétalisé ». Des limites de l’exercice participatif …

La démocratie participative touche aussi ses limites Porte d’Auteuil. Le cas est simple : les riverains ne veulent pas des travaux d’extension de Roland Garros, surtout s’ils doivent se faire au détriment du square des Poètes et des Serres d’Auteuil. Or, la mairie de Paris, elle, a décidé que Roland Garros serait étendu, peu importe l’avis des habitants.

Ce qui donne ce tweet de la part du représentant du PS dans le XVIe :

paris
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Non, vous ne rêvez pas.

Celui qui passe son temps à regretter le manque d’écoute au sein du conseil municipal du XVIe, a écrit : « Les recours quand ils sont systématiques fragilisent notre démocratie… et freinent notre modernisation », ou, autrement dit, que le peuple cesse de faire systématiquement appel à la justice pour faire valoir son point de vue, dès lors que l’exécutif a pris une décision.

Le pire est que l’argument de la modernisation ne tient même pas debout, puisqu’après travaux, Roland Garros restera trop petit.

À un moment, il faudra quand même que le peuple rappelle aux élus qu’ils ont un mandat pour exécuter, pas pour décider.


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