Heureusement, la répression des fraudes contre l’échange gratuit de livres bat son plein

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Heureusement, la répression des fraudes contre l’échange gratuit de livres bat son plein

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 11 septembre 2015
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On l’a vu : la France est en pointe dans l’innovation, tant qu’elle est fiscale. En revanche, la route vers le progrès et l’augmentation du pouvoir d’achat des Français est notoirement plus cahoteuse lorsqu’il s’agit des nouvelles technologies et de leur impact sur leur vie de tous les jours.

On a vu récemment que Facebook, Google, Expedia, Uber, Airbnb, Twitter et j’en passe étaient régulièrement la cible des vitupérations des uns et des autres, qui pour des raisons fiscales, qui pour des raisons corporatistes. Il y a quelques jours, on lisait, un tantinet stupéfait, les réactions gênées de dirigeants d’associations caritatives d’aides aux étrangers devant leur uberisation par des applications mobiles développées sur le pouce.

À l’évidence, dès lors que de l’argent rentre en jeu et que la donne légale est largement bousculée par l’arrivée de nouvelles technologies, ceux qui se trouvent au bout du robinet finissent toujours par rouspéter de la baisse de débit, détourné qu’il est vers d’autres tuyauteries.

On pourrait croire que lorsqu’il n’y a pas d’argent en jeu, les choses se passeraient mieux. Nous sommes en France, il n’en est donc rien. Même le gratuit est sujet à une évaluation millimétrée de la part de l’ensemble des corps administrés qui veilleront, jusqu’à leur dernier souffle, à la bonne marche de la société vers un monde rigoureusement égalitaire, proprement rangé dans des boîtes correctement étiquetées dont rien ne dépasse, avec pour chacune son cerfa et l’attestation que les taxes et autres ponctions ont toutes été correctement payées avant l’enterrement.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, on apprend que l’ultra-célébrissime Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes — sans qui le consommateur français, ruminant paisible mais très influençable, serait déjà mort douze fois d’intoxications, de concurrence déloyale et de fraudes diverses — vient d’intervenir avec sa souplesse habituelle de ninja chez la start-up française Booxup, spécialisée dans l’échange de livres.

c'est français c'est la police française

Que fait Booxup qui mérite ainsi que l’auguste administration se penche de tout son poids sur son cas ? En fait, Booxup propose une application de partage de livres papier : celle-ci permet d’enregistrer les titres de sa bibliothèque personnelle, de consulter celle des autres utilisateurs, et lorsqu’un livre intéresse l’utilisateur, d’entrer en contact avec lui pour le rencontrer et faire un emprunt voire – soyons fous – un échange.

C’est peut-être la présentation, succincte, de l’application en ligne sur le site d’Apple qui a déclenché la visite-surprise de la DGCCRF dans les locaux de la start-up : « Trouve des milliers de livres gratuits autour de toi, dans toutes les langues ». Gratuits ? oooh filocheAllons, cela cache forcément un partage frauduleux d’informations électroniques via des procédés que ne renient pas les nazis, les pédophiles ou les terroristes dans la Daesh, ce qui mérite amplement une action musclée. Ou, à défaut, il s’agit encore d’une tentative de frauder le fisc, la TVA ou le vivrensemble républicain entièrement fondé sur l’une ou l’autre déclaration officielle, dûment tamponnée par un officier administratif assermenté et pointilleux, et dont l’absence manifeste ne peut que laisser soupçonner les pires atteintes au lien social.

En tout cas, des gens qui utilisent des smartphones pour se géolocaliser et s’échanger des livres, sans passer ni par l’État, ni par une association lucrative sans but, ni une administration centralisée ou une bibliothèque municipale correctement subventionnée, c’est extrêmement louche et justifie amplement une enquête. Nous sommes en France, elle sera déclenchée par une petite délation d’un concurrent (un professionnel du livre, « distributeur, diffuseur ou éditeur, nous n’avons pas pu connaître son identité » expliquera David Mennesson, cofondateur de l’application).

skype vintageEnquête qui se traduit par la descente, pouf, au débotté, d’un inspecteur de la DGCCRF. Et pas n’importe lequel : il s’agit d’une mission forcément délicate, avec de la technologie numérique complexe, du bit et de l’octet par paquets, qui sent fort le oueb deuzéro, les réseaux sociaux et ce genre de trucs trop complexes pour être laissés à un débutant de la belle Direction Générale. C’est donc le même inspecteur qui s’est vu confier le douloureux dossier Uber qui se chargera d’aller voir la start-up et de vérifier que cette sulfureuse application d’échange de livres ne cache pas une opération de traite des blanches, de trafic de drogue ou d’armes, si courante derrières les applications numériques disruptives.

Parce qu’en y regardant de près, oui, Booxup pourrait bien être disruptif : en facilitant le prêt de livres entre particulier, avec éventuellement une dimension commerciale, Booxup pourrait représenter une menace croissante à l’encontre de l’industrie de l’édition et de la diffusion de livres. Et dans DGCCRF, le premier C concerne justement la concurrence que le vivrensemble entend étouffer gentiment derrière les mille et un édredons moelleux de la législation qui se traduiront donc ici par une « enquête préventive » débouchant sur deux procès verbaux (avant, n’en doutez pas, des procès en bonne et due forme), le premier sur les « liens avec les grands éditeurs informatiques, comme Google, Amazon… » et le second sur les « ambitions et le modèle économique » de Booxup, parce qu’après tout, c’est bien à cette Direction Générale de se mêler de ce genre de choses.

Pour le moment, donc, la petite start-up qui a le toupet de vouloir « créer du lien social » par son application en mettant les lecteurs en relation, et favoriser l’échange de culture gratuitement, pourra continuer son activité subversive sous l’œil scrutateur de la DGCCRF en attendant ses conclusions.

gifa dog fail faceplantPendant ce temps, le Français lambda ne pourra s’empêcher de noter qu’encore une fois, l’État travaille pour lui en déboulant comme un chien dans un jeu de quilles dans une entreprise considérée a priori comme vilainement disruptive, qu’il le fait à la suite d’une délation, que cette enquête d’une administration zélée fera beaucoup de bien à cette entreprise (la gestion de cet événement par les fondateurs, l’intervention de l’avocat de la société, tout ça, bien sûr, est gratuit et ne représente absolument pas une dépense inutile pour une jeune société en plein démarrage) et qu’enfin, il fallait bien cette démonstration de force (essayez, pour rire, d’envoyer balader l’inspecteur arrivé par surprise pour pouvoir vous choper en pleine préparation de votre poudre de licorne prohibée) pour que la société vive en paix. Dès lors, le Français lambda sera rassuré et pourra s’écrier, joyeux :

« Pas de doute, c’est exactement ce dont la France a besoin ! »

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  • Merci pour cet article. Quel fraîcheur. L’état freine toute initiative privée. Quel aveu d’échec. Forcément, on crée des postes d’administrés pour faire plaisir aux copains. Il faut bien les occuper. Douce France

  • Un article comme seul Contrepoints peut en offrir, on apprend des choses intéressantes comme l’existence de Booxup et le travail de l’Etat qui empêche l’innovation et souhaite saper notre pouvoir d’achat. Comment le pays retrouvera-t-il une forte croissance avec des individus pareils.

  • Je vais me connecter de ce pas à Booxup !!!

  • Avis aux régulateurs : il est clair comme de l’eau de roche que ces apps vont se multiplier et que nous allons tout pouvoir échanger, tout savoir-faire et service, comme tout bien ou tout objet. Pas seulement livre contre livre mais tout contre tout. Qu’allez-vous y faire ?

    PS: cet échange de livres n’est-il pas en fait une prestation non declarée par les deux parties, et dès lors, le RSI ne devrait-il pas envoyer des avis réclamant son dû ?

    • C’est exactement cela: c’est, comme on dit un site de « P2P » de e-livres, qui doit donc se financer soit par la générosité des utilisateurs, soit sous forme de club avec « carte de membre » payante: dans ces 2 cas, c’est comparable à une association loi 1901 dont le but est de publier le répertoire des titres disponibles avec mise en relation (+/- anonyme) des prêteurs-emprunteurs, pouvant verser un salaire et consacrant un éventuel bénéfice au bilan, à une réserve d’investissement dans la modernisation du matériel, ou à des dépenses de fonctionnement. Aucune différence avec un club de lecture dont les membres s’échangeraient des livres-papier, donc, à mon avis, non condamnable.

      Et si cette start-up voit ses adhésions augmenter sérieusement, il sera toujours temps de la vendre à un grand groupe situé à l’étranger, hors de la juridiction française. (Mon pays leur est ouvert et ils définiront leur salaire et leurs conditions de travail avec ben plus de liberté!)

      Mais le problème est plus profond: on voit bien (et la loi « renseignement » en fait foi) que « l’oeil de Moscou » de l’administration française se veut autrement plus intrusif et que son intervention fait sauter un tas d’anciens verrous comme la confidentialité absolue du courrier, par exemple, et, bientôt, je suppose, les écoutes téléphoniques sans mandat.

      Je pense de plus en plus que « l’état » officiel français est une machine associant la politique ET l’administration dépendant directement de l’état-millefeuille et indirectement de ses satellites multiples, travaillant de concert à « vivre sur la bête » et à satisfaire son appétit féroce d’argent, quels que soient les sacrifices imposés à la population, tant toute vraie réforme diminuant leurs 58% de PIB leur semble inconcevable!

      Il est piquant de constater que ce que nous avons de plus « public »: notre visage, est par contre l’objet d’un droit sur lequel la justice se montre pointilleuse! C’est aussi ridicule!

  • Encore un effet délétère de l’amalgame généralisé à cause de délinquants monopolistiques comme Uber qui se cachent derrière le prétexte d’améliorer les liens sociaux entre les citoyens et des conducteurs en rackettant ces derniers pour s’enrichir sans effort.
    Conséquence on croit que tout le monde est un voleur et l’Etat va enquêter dans une société qui ne fait pas de bénéfice, mais rend un service bénévole comme Booxup.

    • Uber, un délinquant monopolistique ? LOL. Uber aura fait plus pour le pouvoir d’achat des Français que n’importe quel gouvernement..Surtout pour les jeunes.

    • Ben si M Combrexelle a décrété que UBER était du chiendent et qu’il n’avait pas sa place dans ses jardins, c’est forcément vrai par définition de la Socialie. Personnellement je préfère les jardins à l’anglaise et je laisse Versailles aux touristes qui viennent voir les français dans leur zoo.

      • C’est vrai que les jardins géométriques français sont emmerdants comme la pluie et bien opposée à la biodiversité des terres qu’on laisse évoluer spontanément: c’est cette prétention anthropomorphiste de soumettre à sa volonté (son caprice?), qui est agaçant!

        Oui, quand les autres pays auront fini par céder face à UBER ou d’autres, ce qui ne tardera pas, tant ce qui ne sera pas accepté officiellement des très nombreuses initiatives par internet continuera de façon moins officielle s cela répond vraiment à un besoin. Ce qui handicape les taxis, si j’ai bien compris, c’est leur « patente » (ou équivalent) exorbitante pour quelques places réservées pour se parquer en attente.

        Mais Uber donnera des idées à beaucoup, mais dans la clandestinité, où vous ne saurez pas si votre chauffeur a un permis, si c’est sa propre voiture et si il est assuré pour vous, en cas d’accident! Ce ne sera pas un progrès! Pas malin!

        • A vos remarques, que je partage, sur les jardins français j’ajouterai qu’en plus ces derniers demandent une quantité énorme de ressources alors que les jardins anglais correspondent à « let them grow « . Le pragmatisme qui optimise l’utilisation des ressources.
          Car Versailles ne serait-il pas « aidé » par des subventions d’origine US ?

          • L’origine des fonds me laisse indifférent ou même, me réjouit: le « sponsoring » ou « mécénat », habitude anglo-saxonne, me semble être une démarche politique responsable: on paie pour ce qu’on veut défendre, ne fût-ce que des agressions du temps.

            Cela vous donne, pour les groupes ou entreprises, une bonne image: récompense symbolique. (Dans la même veine, le crowdfunding me parait être un mécanisme sympathique: participer librement à mettre le pied à l’étrier de quelqu’un qui a une bonne idée (d’objet, de chanson ou je ne sais quoi d’autre) mais pas les moyens d’en faire profiter les autres, cela me parait plus intéressant que des subsides officiels à la presse que je ne lis pas, même si je reconnais que si on le fait pour l’un, il faut le faire pour tous.

            On voit bien, particulièrement en France – ce qui m’a toujours épaté – le nombre d’associations « loi 1901 » qui réunit des citoyens, souvent bénévoles, qui face à un problème, petit ou important, se rassemblent pour donner une « réponse » active: beaucoup de gens sont des gens bien, capable de donner de leur temps et de leur argent pour atteindre un but. C’est quand on leur prend des sous d’office pour un tas de choses dont ils ne comprennent même pas la nécessité qu’ils se rebiffent et deviennent radins…ou philosophes!

            Comme tout un chacun, payer, d’accord, si ça sert à quelque chose ou à quelqu’un! Déjà la complexité administrative leur semble plus suspecte: il ne faut pas être grand clerc pour se rendre compte que plus on remplit de formulaires CERFA, plus il y aura des gens pour les lire (des fonctionnaires!!!) et plus il y aura de critères d’exclusion qui feront que l’avantage auquel vous pensiez avoir droit, va vous passer sous le nez, alors que votre voisin, lui, l’a obtenu et vous vous posez la question, quelque part dans votre tête, si ce n’est pas à la suite d’un petit mensonge malin.

            En fait, tout le monde est libéral, ou à peu près: tout le monde aime sa liberté et déteste la contrainte. Alors quand en plus vous vous rendez compte que vous payez pour un tas de gens qui veulent vous guider dans tous les actes de votre vie, vous vous rendez compte qu’il y a un « gap » au bilan entre les sommes prises et les services rendus. Il faut bien payer ces fonctionnaires que personne ne plaint!

  • En Ecosse par exemple , dans certains lieux publics comme les salles d’attente des gares , on trouve des rayonnages avec des livres mis à disposition du public, certains voyageurs déposent leurs livres pour les faire découvrir aux autres, et en échange ils peuvent emprunter les autres sur les m^mes rayonnages… En France ce seraient sans doute de dangereux délinquants, et il faudrait faire interdire ça au plus tôt..nonmais quandmême !

    • J’ai déjà vu ça près de chez moi, au fin fond de l’Hérault. Donc, l’idée fait son chemin, même en terre bien gavée d’engrais socialiste.

    • Cela existe en France même si c’est assez peu fourni.

    • Le cas de la gare existe aussi dans la salle d’attente de mon ami médecin: son grenier a fourni le fond et le renouvellement se fait par les patients (qui ont le droit d’emporter les livres et qui compensent spontanément le plaisir reçu d’un autre livre déjà lu: lecture, emprunts et dons sont évidemment « gratuits »: ça évite que l’on arrache les pages de vos revues ou qu’on vous les pique – sans gravité – pour « terminer l’article à la maison » ).

      Ce mouvement « non marchand » , donc hors TVA (un livre d’occasion n’apporte aucune « valeur ajoutée » depuis son achat) est définitivement sur les rails et ne fera que s’enrichir dans l’avenir!

      Et internet permet de rassembler ceux qui, intéressés, cherchent cette économie parallèle faite de spontanéité, de bonne volonté et de relations nouvelles, sans « engraisser » les intermédiaires, cela ne peut que plaire et le côté « pirate » ne gâche rien.

      Mais on voit aussi que si les agriculteurs pouvaient vendre leur lait ou leur viande de cette façon (contre de l’argent, cette fois), les gens seront preneurs, comme « clients à la ferme » qui sauront d’où viennent les produits et serontnt certainement d’accord de payer leur lait bien plus que 25 cents (prix actuel, par ici).

      La population aime aussi sa liberté, loin des conditionnements publicitaires des « groupes », elle préfère aussi que ce soit le producteur qui profite du prix payé plutôt qu’un tas de parasites parmi lesquels, l’état qui « ne fait rien » mais prélève sa dîme, à tout hasard!)

      • Je suis heureux de constater que de tels îlots de liberté existent aussi en France, tous les français ne sont donc pas socialistes ?

        • C’est en ça que la philosophie libérale (liberté et responsabilité individuelles) ne doit pas se définir de façon politique ou économique, exclusivement, loin de là.

          Si on veut, c’est aussi le contraire: rester rebelle aux idées dominantes, avoir choisi ses propres valeurs qui tant qu’elles ne nuisent à personne, sont tout à fait acceptables: bien sûr ce n’est pas forcément facile de s’opposer, soi-même et pour soi-même, au « groupe », mais on n’a qu’une vie et être en accord avec soi-même est une liberté et un luxe qui n’a pas de prix (c’est même « ma » définition du « luxe »: ce n’est pas ce qui coûte cher, c’est ce qu’on ne peut pas acheter, comme une vraie amitié, par exemple).

          Écouter G.Brassens: il en parle beaucoup et fort bien!

      • En effet , sans engraisser les intermédiaires comme Uber et les publicitaires TV.
        L’inconvénient de la population française, c’est qu’elle achète de plus en plus souvent chinois parce que ça semble moins cher.

  • Longtemps, j’ai entendu dire :  » La France est une union soviétique qui a réussi  » …. ! …. Afflelou dirait : Oui, mais c’était avant ! …. Aujourdhui, on sait ( de source sûre … Normal-Pépère dixit …. ) que c’est absolument faux ! … Nous avons rejoint, voire dépassé notre illustre devancière ,. Ce n’est pas faute ( Lénine dixit ) de ne pas avoir esayé ! Donc 2015… 5 siècles après Marignan… nous sommes au plongeoir côté piscine ! … et on creuse !

  • C’est Filoche sur la photo non ? Allez donc voir sur son blog son dernier gros prout sur le code du travail… (prévoir peut être une séance de taï chi juste avant)

  • Plus les attaques contre la boursouflure de la fonction « publique » s’accentuent, plus ses employés se démènent pour conserver leur sinécure. Car, sans ces agents fort zélés dans leurs contrôles afin de justifier leur part de l’argent « public », tout se passerait sans encombre, pour le plus grand plaisir de ceux qui veulent faire fructifier une économie de troc. Mais ce type d’économie pousse obligatoirement vers la touche, et donc prive de resources, tous ceux qui vivent aux dépens des autres sous l’égide de l’État. Et comme ces derniers ont réussi à placer leurs représentants à la tête dudit État, ils ont tout pouvoir pour imposer leur tyrannie: faire travailler les autres pour subvenir à leurs besoins.

  • Dès que l’appli sort sur le play store je l’installe ! Comment ne pas avoir envie de quitter ce pays avec tout ça ?

  • 54701 personnels de bibliothèques en France en 2012. En grande majorité employés territoriaux, en grande majorité socialistes. Booxup veut en faire une hécatombe ? Que faire des neveux et nièces des élus alors ?

    • Tant pis pour eux! La France crève de son manque de réformes et de modernisation: il est remarquable que le coût de l’informatique se paie par un allègement de l’administration et le licenciement (naturel ou pas) de gratte-papiers dans les entreprises, au moins!

      Dans la fonction publique (du président au secrétaire à temps partiel de la plus petite municipalité + tous les satellites de l’état) aucune réduction de personnel n’a suivi l’informatisation, par incompétence, si je comprends bien: raison pour laquelle, le fonctionnaire qui a « diagnostiqué » Uber est celui qui étudie Booxup: les autres en seraient incapables! C’est affolant!

      Les fonctionnaires, outre un statut privilégié, ne gagnent pas moins que dans le privé, tout compris. Économiquement, c’est absurde: aucune prime de risque à rétribuer! Raison pour laquelle, on devient fonctionnaires de parents en enfant (équivalent de: « de père en fils »), cette totale sécurité ne mérite pas de « ne pas vivre sa vie »!

      Tout cela explique bien les près de 58% de PIB consacrés à (ou subtilisés par) l’état, ses lois et sa règlementation administrative propre ou satellitaire. (contre 45 % en Allemagne, pays qui n’a rien de bordélique!), la morosité des Français qui voient que rien ne change et que ça ne va toujours pas mieux, et que leur pays s’écroule dans l’indifférence de leurs « élites » politiciennes et administratives!

      • A peu de choses près 10 bibliothécaires pour 1 ophtalmo…

        • Les bibliothèques finiront bien par disparaitre faute d’ophtalmo pour permettre aux lecteurs de continuer à lire …

          • Cela me rappel l’histoire relayé ici d’un café internet entré en concurrence avec une « médiathèque » ( le terme en novlangue de bibliothèque ).

            Evidemment, impossible pour lui de lutter contre un concurent subventionné a 100%.

            Peut-être qu’enfin la technologie permettra à ces foncsio de prendre une retraite anticipée ( ou pas ne rêvons pas trop ). Ce serai un juste retour des choses.

  • Vivement l’interdiction de Wikipedia. Toute cette connaissance gratuite, non contrôlée, non vérifiée, pouah ! J’appelle de ce pas le Ministère de la Vérité, tiens.

  • DGCCRF: « Le contrôle qui a été fait était purement informatif, c’est-à-dire qu’on a voulu voir comment ils fonctionnaient. **Mais pour l’instant, ça ne va pas au-delà** »

    Le message envoyé a de potentiels investisseur est clair : « demain on pourrait vous forcer a fermer si ca nous pète. 3 ans de procédure avant un jugement en faveur de l’administration et vous n’y pourrez rien ». Super.

    Poursuivre l’Etat pour entrave à la liberté d’entreprendre serait le minimum. Prejudice il y a, reparation il doit y avoir.

    Je bosse pour une startup francaise (depuis l’etranger), et je crains que ce soit la derniere boite francaise pour laquelle je travaille.

    • Vous savez bien que dans la « Justice », l’exécutif contrôle strictement le parquet, seul à décider si l’état « porte plainte » ou non, ce qu fait que la France ne peut être considérée comme une démocratie.

      Vous n’avez pas de raison d’abandonner des boîtes ou des sites parlant français: c’est une bonne niche tant qu’autant de Français ne parlent pas, à l’aise, l’Anglais ou une autre langue étrangère. Mais restez bien à l’étranger! Hors de portée de la justice française, trop « bizarre »!

      • Je pense que la « justice » est la seule chose que je craigne vraiment. La justice francaise comme d’autres.
        Quand une administration decide qui a raison et qui a tort, ca se passe rarement bien.

        Pas de raison d’abandonner les boites francaises ? Quand on est bilingue, on herite aussi de la pensée que permet une seconde langue, et le francais parait vite retrograde dans ce qu’ils peut penser et exprimer.
        Cette startup cherche des financements: on attend après la BPI… peut etre ensuite ira-t-on chercher des VC. Alors qu’on a un produit et des clients, plus que la majorité des startups americaines quand elles levent leur premier million !

        Et il n’est pas question que je retourne en France 🙂 Notre depart etait un ras le bol. Avant ca, j’ai ete independant pendant 8 ans, et dégouté au dela de l’imaginable.

        Partir a l’etranger etait un besoin…. vital

    • et je crains que ce soit la derniere boite francaise pour laquelle je travaille.

      Application prudente du principe de précaution ❗

  • Grâce à nos amis de la DBDBGSDGBSDFERBDF et autres lettres découvertes à marée basse, je connais désormais Booxup. Merci bien, les amis ça me semble assez prometteur !

    Merci aussi à h16 sans qui les efforts de la dite direction-des-trucs-des-bidules-et-toussa-même-les-fraudes n’aurait pas eu l’écho qu’ils méritaient !

  • c’est très amusant parce qu pendant ce temps là la recyclologie citoyenne ecoresponsable tout azimut est fortement conseillée.. fouiller dans les poubelles pour récupérer une demi pomme va bientôt devenir obligatoire.. mais çui ki l’y « a mise doit être çui ki la mange sinon…concurrence déloyale vis à vis des fruitiers…
    refiler les affaires de l’ainé au petit est ce bien raisonnable n’est ce pas une concurence déloyale vis à vis des marchands de fringue

  • Il n’y a pas de problèmes plus graves dans ce pays?

  • quand on sait que l’ex DDCCRF est exangue, et ses lambeaux vaguement rattachés aux DDPP (directions départementales de protection de la population), on est ébahis d’un tel déploiement d’énergie pour des gens qui se prêtent des bouquins. Je prête des bouquins tout le temps et on m’en prête tout le temps. A priori, ça n’a tué personne jusqu’ici.
    Quand iront-ils tenter de détruire des grands bandits comme le Secours Catholique, la Croix Rouge, le Secours Populaire et autres Emmaüs, qui vendent pas cher des trucs d’occasion ?
    Ils ne reculent vraiment devant aucune connerie !
    Mais là, c’est profond…

  • Je pense que les start ups française auront compris le message:
    « Si vous êtes une start up, ne soyez pas disruptifs, ne prenez pas de risques, restez dans votre coin en toute confidentialité, bref ne gagnez pas d’argent, ne grandissez surtout pas et ENFIN, on vous laissera tranquille (peût-être) ».

  • Ça me fait penser à un ami ici à Santa Cruz de Tenerife dont le fils franco-espagnol est à l’école française Jules Verne (300 euros pas mois). Cette année sa facture de livres scolaires (son fils est en CM1) s’est élevée à 265 euros. Il faut préserver les profits des grandes maisons d’édition de livres scolaires, c’est important pour la santé économique de la France !!! Quand mes enfants étaient au collège ils récupéraient les livres des élèves passés dans la classe supérieure. L’EducNat qui a probablement des intérêts cachés chez Bordas, Hachette et autre éditeurs mafieux en changeant quelques virgules chaque année pour que des dizaines d’hectares de forêts passent dans la production de nouveaux livres scolaires … Monsieur H16 ce pays est définitivement foutu !

  • Pourquoi « h16 » ?

    Une molécule comprenant 16 atomes d’hydrogène ?
    Plus réchauffant la planète que le CO2 et le méthane réunis !

    En tous cas, merci pour cet article 🙂

  • Farenheit 451 : DGCCRF premiére brigade francaise !

  • remarquez que cette démarche correspond a la collecte des déchets à but écologique , ne pas donner une chance de seconde vie hors circuit commercial officiel !
    avant ces lois , il suffisait d’aller dans une décharge et se servir , maintenant c’est interdit , on n’a pas le droit de récupérer la nourriture dans la benne a ordures des grandes surfaces mais des associations en ont dorénavant le droit !

  • http://www.contrepoints.org/2015/09/11/221353-heureusement-la-repression-des-fraudes-contre-lechange-gratuit-de-livre-bat-son-plein

    Cet article est bourré de caricatures. Comme si la caricature suppléait au raisonnement ? Pourquoi tant de haine (imbécile) et d’approximations ?
    D’autant que c’est contre-productif.
    Bien-sûr, l’intervention de la DGxxx des fraudes est surprenante mais logique. Cet organisme défend entre autres choses la rente du capital. C’est un service de la classe des rentiers qui protège donc les rentes de la propriété privée.
    L’État a aussi sont mot à dire à double titre : il a charge de faire respecter les lois, la « libre concurrence » et il prélève sa dîme pour services publics rendus : faire respecter les lois.
    Échanger gratuitement des marchandises est, par essence capitalistique, interdit. L’échange EST MARCHAND, c’est cela le libéralisme (sous condition du respect de concurrence).

    Donc votre libéralisme devrait être satisfait de ce contrôle (Je me réfère à votre profession de foi : « Tombé tout petit dans le libéralisme et les mocassins à glands, j’ai décidé d’enquiquiner le reste du monde en faisant des articles. »).

    Pas du tout, vous faites le sarcastique sans risquer la contradiction. Puisque le libéralisme est le libéralisme de la protection des investissements et comme le marchand de livres est lésé par une pratique concurrentielle qui ne respecte pas la règle de base : la concurrence non faussée alors il y a entorse au libéralisme..

    De quoi vous plaignez-vous ?

    Il en va de même si vous bricolez. Votre travail prive de rémunération l’artisan dont c’est le métier. Par une étonnante abnégation, le libéralisme qui nous gouverne nous laisse faire. Peut-être est-ce du fait que le travail est généralement mal fait et par là entraîne un gaspillage profitable aux marchands (de bricolage).

    Allons allons un peu de cohérence s’il vous plaît.

    La cohérence est fille de la non-contradiction, base même de toute possibilité d’échange d’information, donc de relations.

    • Vous ne savez pas ce qu’est le libéralisme (surtout si vous pensez qu’il est appliqué en France aujourd’hui).

      Ce que vous décrivez (l’état qui protège les intérêts et les rentes des plus riches) n’est pas le libéralisme, c’est du capitalisme de connivence (https://fr.wikipedia.org/wiki/Capitalisme_de_connivence)

      Le libéralisme défend la liberté et la propriété, ce qui signifie que vous avez le droit de donner ou d’échanger ce qui vous appartient sans que l’état n’interfère.

      D’un point de vue libéral, la meilleure façon de faire respecter la concurrence est simplement d’avoir le moins d’interventions arbitraires de l’état dans l’économie.

      Enfin, oui les articles de h16 sont sarcastiques et développent peu les arguments de fond. Ces articles servent à informer et à se défouler.
      Il y’a par ailleurs de nombreux articles de fond sur Contrepoints qui permettent de mieux comprendre le libéralisme.

    • « Il en va de même si vous bricolez. Votre travail prive de rémunération l’artisan dont c’est le métier »
      comme ânerie on ne fait pas mieux…
      il y a même des gens faisant leur ménage et même leur cuisine , incroyable alors qu’il y a des femmes de ménage et des cuisiniers professionnels !
      utiliser les moyens informatiques disponibles pour optimiser des échanges entre individus et un moyen d’optimiser l’économie. en effet le temps , c’est de l’argent , perdre son temps est perdre de l’argent. interdire cette optimisation hors l’économie officielle n’améliore d’aucune façon l’économie officielle mais l’handicape.

  • Merci pour cet article ! Triste France…

  • Les commentaires sont fermés.

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Uber files
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