Le jour du dépassement sous-estime l’ingéniosité humaine

Apple Earth credits JD Hancock (CC BY 2.0)

Le monde a-t-il épuisé ses ressources pour cette année ?

Par Chelsea German.

Apple Earth credits JD Hancock (CC BY 2.0)
Apple Earth credits JD Hancock (CC BY 2.0)

 

Les médias, de Newsweek et Time jusqu’à National Geographic et même The Weather Channel, ont tous récemment publié des articles sur le soi-disant « jour du dépassement », qui est défini par son site officiel comme le jour de l’année :

« où la demande annuelle de l’humanité pour les biens et services que nos terres et mers peuvent fournir (fruits et légumes, viande, poisson, bois, coton pour l’habillement, et absorption du dioxyde de carbone) dépasse ce que l’écosystème terrestre peut renouveler en un an. »

Cette année, le monde a soi-disant atteint le jour du dépassement au 13 août. Les partisans du jour du dépassement prétendent que, ayant utilisé notre « budget » écologique de l’année et étant entrés dans un « déficit budgétaire », toute consommation après le 13 août n’est pas durable. Regardons les données concernant les ressources que, selon la définition du jour du dépassement, nous consommons de manière non-durable. (Nous mettrons de côté l’absorption du dioxyde de carbone, cette question étant plus complexe, et nous concentrerons sur toutes les autres ressources.)

Les fruits et légumes

Puisque des millions de personnes sont sorties de l’extrême pauvreté et de la famine lors des dernières décennies, le monde consomme plus de fruits et légumes qu’auparavant. Nous produisons aussi plus de fruits et légumes par personne qu’avant. Cela est en partie possible grâce à des rendements croissants, qui nous permettent de récolter plus de nourriture à partir d’une surface moindre.

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Viande et poisson

Alors que les habitants des pays en développement s’enrichissent, ils consomment plus de protéines, par exemple, via la viande. L’offre de viande et de poisson par personne s’accroît pour atteindre la demande croissante, tout comme avec les fruits et légumes. L’adéquation de l’approvisionnement alimentaire global est donc croissante.

Le bois

Il est vrai que le monde perd en surfaces forestières, mais il y a des raisons d’être optimistes. Les États-Unis ont plus de surface forestière aujourd’hui qu’ils n’en avaient en 1990. Comme Ronald Bailey le dit dans son nouveau livre, The End of Doom, « en fait, mis à part les cas de l’Inde et du Brésil, la surface des forêts mondiales a globalement augmenté d’environ 2% depuis 1990 ».  Tandis que les habitants de l’Inde et du Brésil s’enrichissent et alors que se développent de nouvelles technologies permettant d’épargner la forêt, ces pays vont probablement suivre la tendance générale. Pour citer Jesse H. Ausubel, directeur du Programme pour l’Environnement Humain à l’Université Rockefeller et membre du conseil consultatif de HumanProgress.org :

« Heureusement, le 20ème siècle a connu le début d’une « Grande Restauration » des forêts mondiales. Des fermiers et forestiers plus efficients apprennent à épargner les forêts en faisant pousser plus de nourriture et de fibres vestimentaires sur des surfaces toujours plus petites. Pendant ce temps, l’utilisation croissante de métal, de plastique et d’électricité a allégé la demande en bois. Et le recyclage a diminué la quantité de bois vierge transformée en papier. Bien que la taille et la richesse de la population humaine ait explosé, la surface agraire et forestière dédiée à nourrir, chauffer et loger cette population se réduit. Lentement, les arbres peuvent retourner sur cette terre ainsi libérée. »

Le coton

Les rendements cotonniers augmentent aussi, comme c’est le cas avec tant d’autres cultures. Cela ne signifie pas seulement que nous n’arriverons pas à une pénurie de coton, comme les partisans du jour du dépassement ont pu vous le faire croire, mais cela signifie aussi que les consommateurs peuvent acheter des vêtements meilleur marché. Ci-dessous vous trouverez un graphique montrant le rendement cotonnier croissant des États-Unis, ainsi que les prix décroissants de la matière.201508_blog_chelsea192.png

Alors qu’il est vrai que l’humanité consomme plus, les innovations comme les OGM et les fertilisants de synthèse permettent également de produire plus. Les prédictions d’une pénurie de ressources naturelles ne sont pas nouvelles. Confère le célèbre pari entre l’écologiste Paul Ehrlich et l’économiste Julian Simon : Ehrlich parie que le prix de cinq métaux essentiels monterait tandis que le métal se raréfierait, épuisé par les besoins d’une population croissante. Simon parie que l’ingéniosité humaine relèverait le défi d’une demande croissante, et que le prix des métaux baisserait sur la durée. Simon et l’ingéniosité humaine ont finalement gagné ; après cela, le prix de beaucoup de métaux et minéraux ont effectivement augmenté, tandis que les pays au développement rapide boostaient la demande, mais ces prix commencent à diminuer de nouveau. À cette date, l’humanité n’a jamais épuisé une seule ressource naturelle. Pour en savoir plus sur les raisons pour lesquelles les prédictions catastrophistes sont souvent exagérées, vous pouvez consulter le récent ouvrage publié par le Cato Institute, The End of Doom.


Traduction Contrepoints de « Overshoot Day Underestimates Human Ingenuity »