Les Parisiens favorables à la vidéosurveillance ?

surveillance credits jonathan McIntosh (licence creative commons)

Le Plan de vidéo-protection de Paris est liberticide.

Par le Parisien libéral.

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Alors comme ça, les Franciliens seraient à 94% favorables à l’augmentation des caméras dans les parkings, 93% dans les transports en commun, 86% dans les lieux publics en ville, 82% dans les commerces, 77% sur les routes et autoroutes. Des pourcentages à chaque fois au-dessus de la moyenne nationale. C’est ce que nous affirme un sondage publié par 20 Minutes.

Sans doute pensent-ils que la vidéosurveillance va faire diminuer l’insécurité, et, plus encore, le sentiment d’insécurité. Après tout, ne nous dit-on pas que « les 1.130 caméras de notre Plan de vidéo-protection (et non pas vidéosurveillance) pour la ville de Paris, ou PVPP, ont permis 10.000 interpellations depuis leur installation en décembre 2011 » ?

10 000 interpellations…

En réalité, nous devrions être très méfiants vis-à-vis de ce Plan de vidéo-protection pour la ville de Paris, pour la raison que bien qu’incomplet, il est liberticide.

Déjà, notons que même dans les coins les plus vidéo-surveillés de la planète, comme la ville de Londres, il y a quand même de la délinquance. La vidéo-surveillance ne supprime pas la délinquance, elle la déplace, elle la renforce ou elle la transforme en spectacle.

D’autre part, même la police et la justice ne parviennent pas à utiliser correctement vidéo-surveillance et transparence, et ne font pas confiance aux citoyens pour en faire usage. Comment se fait-il, par exemple, que, plus de 6 mois après la tuerie de Charlie Hebdo, nous les citoyens ne disposons toujours pas du film de la fuite des frères Kouachi du cœur du 11ème arrondissement vers Pantin, un jour de semaine habituel à Paris ? Mettre en ligne ces images aurait permis de discréditer rapidement et définitivement les propos complotistes sur le sujet, tout en illustrant le fait que la police a beau surveiller la capitale, elle ne peut que réagir a posteriori et non pas empêcher les actes délictueux et criminels.

Enfin, si la vidéo-surveillance n’est pas liberticide, pourquoi les citoyens n’ont-ils pas le droit d’implanter eux-mêmes des caméras de surveillance devant les lieux qu’ils voudraient surveiller : salles de réunion de l’Assemblée Nationale, domicile privé des politiciens et autres lieux où, là, miraculeusement, la vie privée retrouve ses droits ?

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