Chrétiens d’Orient : que sont-ils devenus ?

Laurent Fabius (Crédits : France Diplomatie, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Le sort des Chrétiens d’Orient n’émeut pas beaucoup la communauté internationale.

Par Joséphine Staron.

Laurent Fabius CC France Diplomatie
Laurent Fabius CC France Diplomatie

Après avoir bouleversé le monde et suscité l’indignation et la colère, la situation des Chrétiens d’Orient, des Kurdes et des autres minorités persécutées par Daech en Afrique et au Moyen-Orient, semble aujourd’hui ne plus intéresser la communauté internationale.

Rappel

Le pape François avait dénoncé « la persécution des chrétiens dans l’indifférence » générale, après le massacre d’étudiants chrétiens à Garissa, au Kenya. Depuis deux ans, les exactions n’ont cessé de s’amplifier. Pour rappel, l’été dernier, la prise de la ville irakienne de Mossoul avait contraint des centaines de milliers de personnes à fuir, laissant derrière elles tout ce qu’elles possédaient. Les chrétiens et les chiites qui avaient choisi de demeurer à Mossoul subirent discriminations et persécutions. En janvier dernier, la vidéo de la décapitation de 21 coptes égyptiens en Libye par les djihadistes de l’État islamique avait fait le tour du monde, déchaînant les plus vives passions et provoquant une vague internationale d’indignation. Quelques semaines après cet « épisode » barbare, 200 chrétiens assyriens étaient enlevés, puis libérés contre rançon.

Action – Réaction

chrétiens d'orient rené le honzecPour la première fois dans l’histoire des Nations Unies, la condition des Chrétiens d’Orient a récemment été abordée. Cette initiative est due à la France qui a présenté une « charte d’action » pour la protection des Chrétiens et des autres minorités persécutées. Le 27 mars dernier, Laurent Fabius a, en effet, défendu cette charte devant le Conseil de Sécurité de l’ONU.

La Charte comporte quatre volets principaux : tout d’abord un volet humanitaire pour permettre le retour des réfugiés dans leurs pays ; un volet sécuritaire pour assurer leur retour dans de bonnes conditions ; un volet politique afin de garantir, par les États, le respect et la protection de leurs minorités ; et enfin un volet pour lutter contre l’impunité des persécutions et la saisine de la Cour Pénale Internationale. Laurent Fabius a défendu cette initiative en rappelant la tradition française de soutien aux Chrétiens d’Orient  : « la protection des Chrétiens d’Orient est constitutive de l’histoire de France. J’entends que nous soyons fidèles à cette tradition. En prenant l’initiative de réunir le Conseil de sécurité et d’appeler la communauté internationale à agir, la France défend une cause juste ».

Selon Europe 1, « cette réunion du Conseil de sécurité a plus une portée symbolique qu’une réelle efficacité ». Il est encore trop tôt pour savoir si la Charte d’Action sera suivie d’effet. Néanmoins, il apparait déjà peu probable qu’une intervention militaire puisse être envisagée.

Que fait l’Union Européenne ?

L’initiative française est une avancée politique considérable. Mais que fait l’UE ? En mars dernier, Jean d’Ormesson avait lancé un appel sur Europe 1 pour la création d’une « force européenne ou américano-européenne pour venir en aide aux Chrétiens d’Orient ». Cet appel n’a, semble-t-il, pas été entendu et l’Union européenne reste aujourd’hui muette sur la question des minorités persécutées par Daech. Dans le journal La Croix, Laurent Fabius déplore sa frilosité et considère que l’initiative française « montre le chemin » à suivre.

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