Crise Grecque : heureusement qu’Angela Merkel existe !

Merci à Angela Merkel pour son analyse lucide de la situation !

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Angela Merkel à Davos (crédits : World Economic Forum, licence Creative Commons)

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Crise Grecque : heureusement qu’Angela Merkel existe !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 8 août 2015
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Par Le Parisien Libéral.

Angela Merkel à Davos (crédits : World Economic Forum, licence Creative Commons)
Angela Merkel à Davos (crédits : World Economic Forum, licence Creative Commons)

Des jobs à fort défi, il en existe beaucoup. Cela va de gestionnaire des 10 milliards d’euros de déficit de la Sécurité Sociale a chargé de communication à la SNCF, un jour de départ en vacances.

Mais celui qui présente le challenge le plus fort du moment, c’est probablement publicitaire en charge du dossier allemand.

Quelque soit la justesse de l’analyse d’Angela Merkel dans le dossier grec, force est de constater que, comme le pense Jurgen Habermas, le gouvernement Merkel a peut-être anéanti un demi-siècle d’efforts de reconstruction de la réputation allemande, en tout cas chez un grand nombre d’observateurs français ou au sein de la gauche européenne.

On voit refleurir, en effet, des propos anti-allemands, voire complètement germanophobes, des plus posés et argumentés, chez Coralie Delaume notamment, aux plus outranciers (Merkel traitée de nazie). Et tout ça pour quoi ? Parce que l’Allemagne (mais pas uniquement elle) a demandé que les traités, signés par les États membres de la zone euro, soient respectés.

Le point de départ de la crise de la zone euro réside dans l’impressionnante liste des travers qui caractérisent la construction Européenne. Tout est sujet à questionnement :

  • pourquoi a-t-on laissé se créer l’euro alors qu’il n’existe aucun mécanisme de sanction crédible en cas de non-respect des traités ?
  • pourquoi, par romantisme, accepter l’entrée d’un pays dans la zone euro, alors que son économie n’est pas adaptée ?
  • pourquoi accepter que l’intergouvernemental (les États, au sein du conseil européen) aient plus de poids dans les affaires européennes que les quelques instances à caractère un tant soit peu fédéral ?

La question que se posent tous les souverainistes, c’est pourquoi la Grèce (ou la France) ne seraient pas libres, si leurs peuples en ont décidé ainsi, de ne pas suivre les règles européennes en matière d’équilibre budgétaires et ne pourraient pas plutôt, souverainement, décider de leur politique budgétaire, seuls.

Ces questions sont légitimes, mais l’adhésion à l’euro (un régime de change totalement fixe entre les membres de la zone euro) suppose le respect du traité de Maastricht, Pourquoi ?

Le triangle d’incompatibilité ou triangle de Mundell, démontre que l’on peut atteindre deux mais pas trois des points suivants en même temps :

  • Fixité des taux de change entre les monnaies de la zone
  • Mobilité des capitaux entre les pays de la zone
  • Autonomie des politiques monétaires des pays de la zone

Milton Friedman avait prévenu que l’intégration monétaire à marche forcée provoquerait la désunion politique et serait un désastre économique, et c’est pourquoi le Royaume Uni, le Danemark ou la Suède ont choisi de conserver leur monnaie, afin de pouvoir conserver une autonomie nationale en matière de choix économiques (au niveau monétaire et budgétaire).

Pourquoi n’y a-t-il pas eu la convergence économique souhaitée ? Tout simplement parce que les peuples n’ont pas suivi les plans des architectes de l’euro, tout autant que les gouvernements n’ont pas respecté leur parole. L’euro aurait dû accélérer non seulement la réparation du toit par beau temps (les efforts d’équilibres budgétaires en période de croissance, entre 2002 et 2007) mais aussi la mobilité accrue des européens, notamment les chômeurs, d’un pays à l’autre.

Au contraire, on a vu des déficits et des dettes s’accumuler, et aujourd’hui, il faut bien que quelqu’un paye.

En l’absence d’euro, les Grecs se seraient moins endettés. Ils n’auraient pas emprunté des milliards pour acheter de l’armement, bâtir des autoroutes, embaucher des fonctionnaires ou organiser les Jeux Olympiques de 2004. Leurs taux d’intérêts seraient restés au niveau de ceux du début des années 1990, ce qui les aurait dissuadés.

Autrement dit, les Grecs (et d’autres) ont eu les bénéfices de l’euro, sans les contraintes, du moins pendant quelques années.

La position qu’Angela Merkel a développé le mois dernier lors des sommets de l’UE consacrés à la Grèce a fait consensus en Europe : une majorité d’États, et peut être de contribuables citoyens européens sont là pour dire qu’il est normal que la Grèce rembourse ses dettes et qu’il serait anormal qu’elle bénéficie d’une remise de celle-ci.

Il n’est pas certain que le sujet Grec soit réglé. Il reviendra même très certainement assez vite sur le devant de la scène, quand on prendra conscience du fait que, décidément, une faillite partielle de la Grèce est nécessaire.

Mais en attendant, comme Guy Sorman, on peut dire merci Madame Merkel ! Oui, merci à Madame Merkel de pousser à l’interrogation sur les origines de la crise financière de l’État grec et sur l’identité de ceux qui l’ont provoquée.

En France, ce qui nous interpelle particulièrement, est à la fois le constat que décidément, le socialisme, ça ne marche pas et la crainte d’avoir un jour à faire les efforts que les Grecs ont du faire, notamment en terme d’abandon « d’acquis » sociaux payés à crédit. Alors, oui,  cessons de faire de l’Allemagne la cause facile et universelle de tous nos maux et commençons à réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour éviter de se trouver dans la situation de la Grèce !

Sur le web

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  • En effet, merci Angela et merci à l’Allemagne de montrer la voie.
    Un pays au futur radieux, surtout que si ils continuent d’accueillir autant d’immigrés la démographie aura un effet limité sur la croissance.

  • Pas d’accord. La Grèce doit sortir de l’euro ce que ne veut pas Merkel.
    Merkel est loin d’être la personne intransigeante décrite dans les médias c’est même le contraire (il suffit de voir à quel point elle a cédé si facilement à la gauche pour avoir la grande coalition). La raison de sa dureté s’est qu’elle n’a pas d’autres choix (il y a une fortre pression de son parti et de l’opion publique allemande). D’autres pays (europe de l’est, finlande,…) sont plus durs que l’Allemagne

    • Sortir le pays de l’euro ne servira à rien pour la Grèce, car même un drachme très dévalué ne sauvera pas une industrie exportatrice quasi inexistante. Il faut avoir autre chose à exporter que de l’huile d’olive si on veut bénéficier d’une monnaie faible.

      • Rester dans l’Eurozone ne changera pas la donne non plus, à part pour rembourser les dettes des créanciers (comme depuis 2010 quoi…). Même Schauble le reconnait à demi-mot. Avoir 0 exportation industrielle, que ce soit en Euro ou en Drachme, 0 restera toujours 0.

        • Ben oui justement, ils doivent de l’argent, qu’ils remboursent, même s’il faut étaler le remboursement sur 200 ans pour le rendre possible.

      • Qu’ils dépensent ce qu’ils gagnent.

    • Les grecs devraient avoir honte de demander à des pays bien plus pauvres qu’eux de rembourser leurs dettes. La Pologne, les pays baltes, la Roumanie, la Bulgarie et d’autres devraient être bien plus durs et faire bien plus pour se faire entendre. Hélas pour ce que j’ai rencontré des gens de ces pays ils font preuve d’un niveau de conciliance qui me dépasse. Ces grecs irresponsables, faignants, avides et orgueilleux pourront donc malheureusement continuer à en profiter.

  • vision tv des français en vacances actuellement en Grece:
    tres bon accueil du commerce en general mais refus d’appliquer la nouvelle tva(ferait baisser l’activité) et refus systématique d’accepter les cartes de crédit

  • Disons que la situation est moins pire grâce à Merkel mais on est à des année lumière de la bonne solution qui consiste à obliger les états à avoir des budgets équilibré chaque année et donc à leur interdire de s’endetter.

  • MERCI DE CORRIGER LA FAUTE D’ACCORD DU PARTICIPE

    La position qu’Angela Merkel a développéE le mois dernier

  • C’est tellement franco français tellement facile de critiquer Merkel. Si nous pouvions seulement l’échanger avec notre génial président pendant deux ans! Ce serait un peu rude mais si salutaire.

  • L’euro et l’union européenne vont peut-être imploser. mais, pas comme on le craignait il y a trente ou quarante ans par une résurgence des nationalismes, mais à cause de la veulerie de politiciens de troisième division, comme ceux qui sont au pouvoir en France et en Grèce, incapables du moindre geste de courage et de rigueur et convaincus que l’Europe, c’est un gros frigo de marque allemande dans lequel on peut se servir à tout moment. Quelle époque minable et quelle époque de minables !

  • Il existe une solution au triangle de Mundel et une seule : que chaque pays choisisse de manière autonome de n’avoir plus aucune politique monétaire, ce qui est une politique en soi. C’est d’ailleurs le principe de la ratification des Traités qu’aucun pays n’a été contraint de signer.

    Pour retrouver une politique monétaire non nulle, le moyen de respecter le triangle apparaît alors clairement : sortir des Traités.

    Évidemment, sortir des Traités brutalement conduisant à l’effondrement monétaire quasi certain, la voie étroite consiste à négocier la sortie. C’est l’objet du Grexit négocié façon Schäuble.

  • Oui, tout comme l’article, merci à Mme Merkel, mais attention, toute la France n’est pas de gauche (heureusement!) Et il n’y a pas longtemps j’ai vu un sondage, ici même ou sur Atlantico que 44% des français préféreraient être gouverné par Merkel que par notre «audacieux»!!

  • Les contribuables français devraient la remercier !

  • Les commentaires sont fermés.

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