Germanwings : après Lubitz, la sélection génétique ?

L’acte fou d’Andreas Lubitz soulève la question de la sélection professionnelle, qui demain se fera peut-être par sélection génétique.

Par Le Parisien Libéral.

Wooden sculputre of genetics science credits Epsos. de (CC BY 2.0)
Wooden sculpture of genetics science credits Epsos. de (CC BY 2.0)

Comment traite-t-on les cas de folie, notamment dans le cadre professionnel, et plus particulièrement quand des vies sont en jeu ?

L’acte fou d’Andreas Lubitz, celui de crasher son Airbus sur une montagne du sud de la France, le 24 mars dernier, soulève toutes ces questions.

Est-ce que le pilote allemand était « juste » suicidaire ? Souffrait-il du syndrome d’Erostrate (du nom de celui qui avait incendié le temple d’Artémis pour que le monde retienne son nom) ? Son geste constitue-t-il un acte de terrorisme ?

Quelles que soient les réponses, on comprend que les compagnies aériennes, surtout au vu de leurs plans de recrutement pour les prochaines années, auront à naviguer entre deux écueils : identifier les inaptes, tout en respectant le secret médical.

On sait que manifestement, Lubitz avait consulté beaucoup de psychiatres, et pourtant, malgré ce handicap, avait réussi à devenir pilote.

Dès lors, certains en avaient conclu qu’il fallait que le secret médical ne s’applique pas dans ce cas précis.

Mais attention à la brèche. Si les pilotes d’avion font l’objet d’une exception, d’autres professions suivront ensuite. Pourquoi, en effet, ne serait-on pas intéressé par l’état mental des intérimaires des centrales nucléaires, des cuisiniers, des ouvriers de l’agroalimentaire, des infirmiers… alors que le crash de l’A320 est certes la conséquence directe de la volonté de Lubitz, mais aussi celle, indirecte, des mesures sécuritaires issues de la culture post 11 septembre ? C’est bien la procédure de blocage de l’intérieur des portes du cockpit qui a rendu irréversible la décision de Lubitz, alors que la présence de deux personnes dans la cabine de pilotage d’un avion, qui pourrait presque voler seul, est justement censée être l’élément de sécurité.

On le voit, il n’y a pas de solution miracle dans une telle situation. Les hommes peuvent être fous, les machines peuvent être hackées. Face au risque de dérive de la sélection professionnelle basée sur les gènes, la société de l’inclusion, de la coopération et du support/de la surveillance mutuel (le) semble faire partie de la solution. À nous tous de voir ce que nous préférons. Au vu de l’évolution de la science, rien n’est acquis, et tout est possible.

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