Quand la science s’égare (fin)

Réchauffement climatique (public domain)

Fin de notre série sur la remise en perspective des progrès scientifiques : le réchauffement climatique.

Par le Minarchiste, depuis Montréal, Québec.

Réchauffement climatique (public domain)

 

La science a été au cours de l’histoire une source incroyable de découvertes fascinantes et d’inventions stupéfiantes. Il arrive cependant que la science s’égare dans un labyrinthe où elle est déroutée par des considérations politiques, des égos trop imposants et des personnalités trop influentes. Quand on place quelques exemples de ces errances en perspective, on se rend compte qu’il est malsain de faire aveuglément confiance en la science et d’adopter les politiques qu’elle nous suggère sans poser de questions.

Le réchauffement climatique

Peut-on comparer les climato-sceptiques d’aujourd’hui à ceux qui défendaient que le tabagisme ne causait pas le cancer du poumon dans les années 1950 ? À l’époque, un dénommé Austin Bradford Hill, qui a joué un rôle clé dans la découverte que le tabagisme cause le cancer, a établi une liste de 9 critères qui permettent d’évaluer s’il existe une relation de cause à effet entre deux choses (ici).

1. Force (une relation plus forte renforce la causalité).

  • L’incidence de cancer était de 5 à 10 fois plus élevée chez les fumeurs.
  • La force de la relation entre le CO2 et son impact sur le climat (tel que modélisé par les scientifiques) semble faible.

2. Constance (une relation observées sur des échantillons différents sera plus solide)

  • Le lien entre cigarette et cancer était valide pour différentes populations et dans différents contextes.
  • Le réchauffement climatique semble inégal et variable, par exemple si on considère différentes régions du globe, différents océans, différents pôles, etc.

3. Spécificité (une relation spécifique n’est pas influencée par beaucoup d’autres facteurs que les deux variables étudiées).

  • Le cancer du poumon survient à un endroit où la fumée entre en contact avec l’intérieur du corps.
  • Le lien entre climat et CO2 n’est pas spécifique car une très grande quantité de variables influencent le climat (comme l’activité solaire et volcanique) et ces variables sont elles-mêmes volatiles, les rendant difficiles à modéliser.

4. Temporalité (l’effet survient après la cause, dans un délai plausible).

  • Plus une personne fume pendant longtemps, plus son risque de cancer sera élevé.
  • L’augmentation du CO2 ne semble pas nécessairement mener à l’augmentation subséquente du réchauffement.

5. Gradient (une plus grande exposition mène à un effet plus grand)

  • Plus une personne fume de cigarettes par jour ou par semaine, plus son incidence de cancer sera élevée.
  • On observe que pour certaines périodes, une augmentation du CO2 dans l’atmosphère ne cause pas d’accélération du réchauffement.

6. Plausibilité (un mécanisme permet d’expliquer la nature de la relation de cause à effet).

  • L’inhalation d’une substance carcinogène semble une cause plausible de l’apparition d’un cancer, en endommageant les cellules et en les amenant à se reproduire de manière incontrôlée.
  • Il est plausible que le CO2 émis par les humains augmente l’effet de serre, faisant réchauffer le climat davantage. Il est aussi plausible que le réchauffement engendre une hausse du niveau des océans et une augmentation du nombre de catastrophes naturelles.

7. Cohérence (est-ce que la relation est cohérente avec d’autres faits scientifiquement établis).

  • La relation entre cigarette n’était incohérente avec aucune connaissance scientifique établie, mais contredisait l’hypothèse voulant que le cancer était causé par des virus ou qu’il était d’origine génétique (en quelque sorte, ces trois hypothèses sont véridiques).
  • Je ne suis pas au courant d’une quelconque théorie scientifique établie qui aurait été invalidée par les modèles du GIEC.

8. Expérimentation (est-ce que l’expérimentation valide la relation).

  • Des études épidémiologiques et des expériences sur des souris corroboraient l’hypothèse.
  • Aucune expérimentation viable ne peut démontrer que le CO2 humain est responsable du réchauffement climatique.

9. Analogie (est-ce que l’effet est observé dans des situations analogues).

  • La cigarette était aussi associée au cancer des lèvres, de la gorge, de la langue et de l’oesophage.
  • L’effet de serre est un phénomène connu dans des situations analogues.

 

Il ne faut pas que tous les 9 critères soient respectés pour que la relation de cause à effet soit considérée valide. Il faut juste un nombre suffisamment grand, ce qui est passablement arbitraire.

Néanmoins, quand on observe l’exactitude des prévisions faites par les scientifiques impliqués dans le GIEC, on peut douter sérieusement de la relation cause/effet qu’ils tentent de nous démontrer. On tente de nous faire croire que l’on a correctement modélisé le climat, mais il semble que le calibrage de ces modèles soit nettement déficient et surestime grandement l’impact du CO2. On constate aussi que la qualité des données utilisées est questionnable.

L’échantillon de température le plus cité est le Goddard Institute for Space Studies de la Nasa (le GISS). Un dénommé Paul Homewood s’est intéressé à un sous-échantillon démontrant l’une des plus grandes augmentations de température au monde, une région située entre le Brésil et le Paraguay. Entre 1950 et 2014, les trois stations étudiées ont montré une augmentation de 1.5°C selon les données « ajustées », soit nettement plus que la moyenne globale. Cependant, quand Homewood a obtenu l’échantillon brut, il réalisa que les températures avaient plutôt diminué de 1°C.

La NASA n’offre aucune explication plausible pour cet « ajustement » à la hausse. Ces stations sont en milieu rural, donc le « urban island effect » ne peut se manifester, et cet effet résulte normalement en un ajustement à la baisse, pas à la hausse. Les stations n’ont pas été déplacées et la méthodologie de collecte des données n’a pas changé (par exemple le matin plutôt que l’après-midi). Et cet exemple est loin d’être isolé… (Pour plus de détails, ici, ici et ici)

 

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On nous dit aussi que 2014 serait l’année la plus chaude jamais enregistrée. Vraiment ? Ce qu’on ne dit pas est que, selon les données de la NASA, le record n’a été battu que de 0,04°C, ce qui n’est pas une différence statistiquement significative par rapport aux précédentes années chaudes. Le graphique ci-dessous présente les températures avec la marge d’erreur. On constate que 2014 pourrait très bien avoir été plus froide que 2010, 2005 ou 1998. On constate par ailleurs, que les données satellitaires montrent qu’il n’y a toujours pas de réchauffement anormal à signaler depuis 18 ans et 3 mois (219 mois), et que l’écart avec les prévisions des modèles du GIEC continuent de s’accentuer. (voir ceci)

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Malheureusement, comme le dit si bien Pierre-Guy Veer : « le débat scientifique est monopolisé par des pseudo-scientifiques politisés : un bachelier1 en politique et en théologie, un politicien dont le film a été débusqué, un zoologiste qui n’est pas foutu de savoir de quoi il parle, un écofasciste sans compétences apparentes en science qui minimise les dons qu’il reçoit de « grosses compagnies » et un bédéiste australien qui a créé le consensus de 97% de toutes pièces – plusieurs scientifiques ont dénoncé sa malhonnêteté. »

Pour constater à quel point les scientifiques peuvent se tromper en ce qui concerne la climatologie, vous n’avez qu’à consulter la section « Une Autre Erreur des Réchauffistes » sur le site Antagoniste.net (ici), vous y trouverez des choses vraiment incroyables !

Conclusion

réchauffement climatique rené le honzec (2)Mon argument ici n’est pas dire que la science s’étant trompée sur certaines choses dans le passé, elle se trompe forcément sur le climat ou autre. Mon point de vue est plutôt que la science s’étant souvent trompée dans le passé, il faut être exigeant envers elle lorsqu’elle nous présente quelque chose comme étant une vérité démontrée.

Entretenir des doutes face au consensus scientifique est loin d’être une attitude réactionnaire ou obscurantiste. Au contraire, c’est une attitude saine à avoir, car c’est par la contestation et le renversement du consensus établi que la science a progressé au cours de l’histoire. Comme le dit Siddhartha Mukherjee dans son livre sur le cancer :

« When truly radical discoveries appear, their impact is often not incremental but cataclysmic and paradigm-shifting. Technology dissolves its own past. »

Par ailleurs, cela implique qu’il ne faille pas accepter le consensus scientifique comme une vérité absolue. Car la science est loin d’être parfaite. Elle est menée par des humains faillibles et corruptibles, ainsi que par des carriéristes dont l’influence peut être écrasante. Ces humains oeuvrent souvent au sein d’institutions hyper-politisées au sein desquelles la vérité n’est pas toujours bonne à dire et où la critique est rarement bienvenue. Ajoutons à cela le sensationnalisme médiatique et le corporatisme et nous avons tous les ingrédients pour que la science fasse souvent fausse route et s’égare dans un nuage d’éther…

Sur le web

  1.  Au Québec, le baccalauréat est un diplôme universitaire de premier cycle, correspondant au niveau licence de l’enseignement supérieur français.