Afrique du Sud : laissez faire les jeunes !

South Africa credits United Nations Photos via Flickr ( (CC BY-NC-ND 2.0)

En Afrique du Sud, l’obstacle le plus difficile à surmonter est d’obtenir son premier emploi.

Par Herman Mashaba.

South Africa credits United Nations Photos via Flickr ( (CC BY-NC-ND 2.0)
South Africa credits United Nations Photos via Flickr ( (CC BY-NC-ND 2.0)

 

Les jeunes qui décident de faire leur propre chemin et de n’être redevables à personne ont une bien meilleure chance de réussir dans leur carrière et dans leur vie personnelle. Développer une façon de penser vous permettant de vous approprier un emploi vous permettra également de prendre le contrôle de votre propre vie. En exploitant toujours au mieux votre capacité, vous pourrez acquérir les compétences pour gouverner votre vie au lieu de vous laisser gouverner par d’autres.

Les employés les plus précieux dans toute entreprise sont ceux qui peuvent penser de façon indépendante, créer de la valeur ajoutée, et qui n’ont pas besoin d’être constamment surveillés pour faire correctement leur travail. Suivez la voie des pionniers et vous aurez une bonne chance de gravir les échelons, ou mieux encore, de posséder votre propre entreprise.

En Afrique du Sud, l’obstacle le plus difficile à surmonter est d’obtenir votre premier emploi. Ce pays dispose de statistiques de chômage choquantes. Le rapport de « Stats SA », pour le premier trimestre de 2015, a montré l’existence de 8,7 millions de chômeurs (y compris ceux qui ont renoncé à chercher du travail), ce qui représente 36,1% de la population active. Plus inquiétants sont les 3,3 millions (40,7%) des jeunes âgés de 25 à 34 ans, et les 2,4 millions (63,1%) de ceux âgés de 15 à 24 ans, y compris ceux qui ont renoncé à chercher un emploi, qui sont au chômage. On pourrait penser que résoudre ce grave problème serait la priorité numéro un du gouvernement, mais apparemment ce n’est pas le cas. Curieusement, les ministères proposent des politiques qui exacerberont le chômage.

Un salaire minimum national pourrait sembler être une bonne idée, mais, les faits le démontrent, il ne fait que rendre inemployables beaucoup plus de personnes. Pourquoi ? Parce que, le prix du travail étant augmenté artificiellement par le gouvernement, de moins en moins d’employeurs sont en mesure d’acheter ce travail, ce qui signifie davantage de personnes au chômage. Gérer la main-d’œuvre devient ainsi beaucoup plus coûteux pour les employeurs. De nombreuses lois et règlementations régissent leurs relations avec leurs employés. Les grandes entreprises doivent employer des services de ressources humaines (RH) hautement qualifiés et des experts juridiques afin de garantir leur conformité à toutes les exigences en matière de droit du travail. Ces coûts supplémentaires engagés simplement dans ce but surenchérissent le coût du travail et, en moyenne, le coût mensuel par employé pourrait égaler le salaire d’un employé de bas salaires. Ceci rend l’embauche d’une personne non qualifiée peu rentable pour une grande entreprise.

Dans les petites entreprises, généralement, ce sont les propriétaires qui traitent des questions d’emploi, et par ignorance des lois, ils se mettent souvent en difficulté concernant les questions de travail. Cela coûte du temps et de l’argent qu’ils ne peuvent pas se permettre et, dans certains cas, cela les évince du marché.

Lorsque les lois du travail sont compliquées, comme celles de ce pays, les petites et grandes entreprises évitent l’embauche de travailleurs non qualifiés et inexpérimentés, ce qui explique pourquoi tant de personnes ne peuvent pas accéder à un emploi.

Je suis personnellement partisan de la remise en question de l’article 32 de la Loi sur les relations de travail. Fondamentalement, la loi précise qu’en cas d’accord sur les salaires et les conditions de travail de leurs employés, les grandes entreprises et les syndicats importants ayant participé à une négociation collective peuvent en informer le ministre du Travail qui doit alors l’étendre à toutes les autres entreprises et syndicats, même si ils n’ont pas participé aux dites négociations. Cette disposition a causé des ravages pour les petites entreprises, et a entraîné des fermetures d’entreprises et des pertes d’emplois importantes. Le but de cette réforme est de mettre fin au pouvoir constitutionnel des représentants patronaux et syndicaux, et de charger un ministre d’imposer leurs accords privés aux petites entreprises non impliquées dans les négociations, et qui ne peuvent pas se permettre les mêmes conditions salariales que les grandes entreprises ; elles souffrent, ainsi que leurs employés, de difficultés incalculables allant jusqu’à la faillite et donc pertes d’emplois.

Nous devons nous débarrasser de toute cette paperasse à l’origine de tant de chômage. La loi doit être modifiée pour remettre le pouvoir de la prise de décision entre vos mains, en tant que travailleurs et travailleurs potentiels, pour décider par et pour vous-mêmes des salaires et des conditions d’emploi qui vous conviennent. Vous devez être en mesure de négocier avec les employeurs pour obtenir la meilleure offre disponible. Ces décisions ne devraient pas être prises en votre nom par les représentants du gouvernement.

Enfin, je crois en la liberté de contrat et en l’accord volontaire. Notre économie ne fonctionnera pas correctement tant que nous aurons des représentants du gouvernement nous dictant qui nous pouvons embaucher et à quelles conditions. Nous devons donc nous débarrasser des lois fondées sur la race de type apartheid. Je détestais ces lois pendant l’apartheid et je les déteste toujours. Nous devons bénéficier de l’égalité de tous devant la loi et, comme le proclame notre constitution, nous ne devons pas subir de discrimination par l’État, surtout pas de législation discriminatoire, fondée sur la « race, le genre, la grossesse, l’état matrimonial, l’origine ethnique ou sociale, la couleur, l’orientation sexuelle, l’âge, le handicap, la religion, la conscience, la croyance, la culture, la langue et la naissance ».

Nous devons travailler ensemble pour persuader le gouvernement d’éliminer les obstacles qui empêchent les jeunes chômeurs d’accéder à l’emploi, de sorte que chacun d’entre eux puisse commencer à gagner sa vie, prendre soin de lui-même, et devenir un membre, fier et indépendant, de la communauté sud-africaine.


Sur le web. Article initialement publié en anglais par la Free Market Foundation – Traduction réalisée par Libre Afrique