États-Unis : un gauchiste finalement très à droite

Bernie Sanders, c’était le nouveau Michael Moore. Jusqu’à ce qu’il parle d’immigration…

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Bernie Sanders (Crédits : Donkey Hotey via Flickr ( (CC BY 2.0)

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États-Unis : un gauchiste finalement très à droite

Publié le 1 août 2015
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Par Daniel Bier.

Bernie Sanders credits Donkey Hotey  via Flickr ( (CC BY 2.0)
Bernie Sanders credits Donkey Hotey
via Flickr ( (CC BY 2.0)

Ezra Klein a réalisé une interview très révélatrice du sénateur Bernie Sanders dans Vox. Les positions de Sanders sur l’immigration m’ont frappé par des propos transpirant l’illettrisme économique, le tribalisme politique, le nationalisme xénophobe, voire tout bonnement l’absurde :

Ezra Klein
Vous aviez dit qu’être social démocrate signifie une vision plus internationale. Je pense que si vous regardez la pauvreté de façon globale et sérieuse, la conclusion est que les États-Unis ne se donnent pas les moyens nécessaires. Des réformes comme relever fortement les limites à l’immigration légale, voire même ouvrir les frontières. À propos de relever fortement…

Bernie Sanders
Frontières ouvertes ? Non, c’est une idée des frères Koch.

Ezra Klein
Pardon ?

Bernie Sanders
Bien sûr. C’est une idée de droite, qui dit en essence qu’il n’y a pas d’États-Unis.

Ezra Klein
Mais cela permettrait globalement à de nombreux pauvres de s’enrichir, n’est-ce pas ?

Bernie Sanders
Cela rendrait tout le monde plus pauvre en Amérique ; vous abandonnez le concept d’État-Nation…

Ce que la droite voudrait dans ce pays est une politique de frontières ouvertes. Laisser entrer n’importe qui pour travailler à 2$ ou 3$ de l’heure, ce serait génial pour eux. Ce n’est pas ce en quoi je crois. Je pense que nous devons augmenter les salaires dans ce pays, je pense que l’on doit faire tout ce que l’on peut pour créer des millions d’emplois.

Vous connaissez le niveau de chômage des jeunes aux États-Unis aujourd’hui ? Si vous n’avez qu’un diplôme du secondaire [NdT : équivalent au bac), c’est 33%, 36% pour les hispaniques, 51% pour les afro-américains. Vous pensez que l’on devrait ouvrir les frontières et laisser entrer plein de travailleurs à bas salaires, ou pensez-vous que peut-être devrions-nous essayer de donner ces emplois à ces gosses ?

Chaque mot de ces inepties montre à quel point Sanders n’est ni un intellectuel sérieux ni un candidat crédible.

« C’est une idée des frères Koch. »

Oh, et bien si les Koch veulent quelque chose, il faut ipso facto être contre. J’imagine que Sanders veut aussi s’opposer au mariage gay, à la décriminalisation des drogues, à l’arrêt des conflits étrangers, aux réformes de la NSA, aux réformes de la justice criminelle, et autres plans diaboliques concoctés par les frères Koch.

« C’est une idée de droite. »

Je suis surpris qu’il puisse sortir une telle phrase en restant sérieux, mais il met le doigt sur un fait dérangeant pour les liberals [NdT : au sens américain du terme] modérés comme Klein : l’extrême-gauche est en parfait accord avec l’extrême-droite sur l’idée de tenir les étrangers à distance.

La droite a traditionnellement peur des immigrés qui viennent profiter de l’État-providence, et la gauche a peur de la même chose ; les conservateurs parce qu’ils voudraient voir moins d’État-providence, et les socialistes parce qu’ils en voudraient plus. La droite pense que les immigrants vont voler l’argent de vos impôts, et la gauche qu’ils vont voler votre Sécurité sociale (ils ont tous les deux tort pour ce que cela vaut, mais cela guide toujours leur idéologie.)

« Cela rendrait tout le monde plus pauvre en Amérique »

C’est tout bonnement faux mais c’est ignorer aussi la question de Klein : « Mais cela permettrait globalement à de nombreux pauvres de s’enrichir, n’est-ce pas ? »

La réponse à cette question est oui, absolument. Parce que les États-Unis ont plus de capital, de meilleures infrastructures et institutions que la plupart des autres pays, les travailleurs sont bien plus productifs ici. Au final, les mêmes travailleurs peuvent gagner 280% de plus ici qu’à Mexico, 1300% de plus que les travailleurs du Yemen ou du Nigeria, et par rapport aux Haïtiens 2200% plus.

Si Sanders était réellement préoccupé par la pauvreté globale et voulait avoir une « vision plus internationale », il devrait défendre l’idée de laisser un plus grand nombre de pauvres améliorer leurs conditions de vie en se déplaçant là où ils ont les meilleures opportunités.

« Vous abandonnez le concept d’État-Nation. »

J’imagine alors qu’il pense que les États-Unis n’existaient pas vraiment avant que la loi d’exclusion des Chinois de 1882 ne commence à interdire l’entrée à des catégories entières de populations de façon totalement arbitraire.

« Ce que la droite voudrait dans ce pays est une politique de frontières ouvertes. Laisser entrer n’importe qui pour travailler à 2$ ou 3$ de l’heure, ce serait génial pour eux. Ce n’est pas ce en quoi je crois. »

C’est dommage, Bernie, car si ces travailleurs gagnent 2$ ou 3$ par jour dans leur pays natal, ce serait génial pour eux, et génial pour nous.

Bien sûr, le salaire minimum interdit quiconque de travailler pour moins de 7,25$ de l’heure, même s’il le désire. En parlant de ça…

« Je pense que nous devons augmenter les salaires dans ce pays, je pense que l’on doit faire tout ce que l’on peut pour créer des millions d’emplois. »

Que le sénateur ne reconnaisse pas que ces buts sont en conflit en dit long sur sa compréhension économique : le gouvernement devrait rendre les emplois plus chers (mais aussi en créer des millions) ; nous devons faire tout ce qui est possible pour créer plus d’emplois (excepté permettre aux gens de négocier leur salaire, ou d’embaucher des étrangers).

« Vous connaissez le niveau de chômage des jeunes aux États-Unis aujourd’hui ? Si vous n’avez qu’un diplôme du secondaire, c’est 33%, 36% pour les hispaniques, 51% pour les afro-américains. »

Premièrement, c’est factuellement faux. Le taux de chômage pour les moins de 20 ans est de 16% pour les blancs, 21% pour les hispaniques et 32% pour les afro-américains. Pour les 16-24 ans, il est de 12% pour les blancs, 15% pour les hispaniques et 23% pour les afro-américains.

Mais comme ces chiffres restent élevés, ignorons le fait qu’il invente les siens et regardons son argument en tant que tel. Vous savez ce qui ferait baisser le taux de chômage des jeunes ? Abolir le salaire minimum qui garantit aux jeunes de rester hors du marché de l’emploi avec un prix inatteignable. Ou réformer une Éducation nationale corrompue et en faillite qui enferme les jeunes désavantagés dans des usines à échec : éloignés de l’école, du travail et de toute opportunité.

Mais non, Bernie Sanders veut accuser les immigrés d’être la cause du chômage des jeunes, chômage causé par les politiques qu’il défend.

« Vous pensez que l’on devrait ouvrir les frontières et laisser entrer plein de travailleurs à bas salaires, ou pensez-vous que peut-être devrions-nous essayer de donner ces emplois à ces gosses ? »

Le sénateur finit par tomber dans le sophisme du jeu à somme nulle. Il n’existe pas un nombre défini d’emplois. L’économie est un système dynamique et vivant qui crée des emplois en fonction de l’offre et de la demande.

L’augmentation brutale du taux de participation des femmes dans le marché du travail ces 60 dernières années n’a pas poussé les hommes au chômage ; l’économie s’est adaptée à l’augmentation de la demande en créant de nouveaux emplois. Les femmes n’ont pas volé les emplois des hommes, et les immigrés ne volent pas les emplois des Américains. L’immigration crée des emplois qui n’auraient pas existé autrement.

Sanders ne peut pas concevoir que les travailleurs n’aient pas besoin de lui pour « leur donner un emploi ». Ils ont besoin qu’il s’écarte, afin qu’ils puissent trouver un emploi par eux-mêmes.

Bernie veut faire des immigrés le bouc émissaire de la faillite du salaire minimum et de l’État-providence, pour que personne ne découvre la réalité de son agenda socialiste. Mais la capacité créatrice des personnes libres ne saurait être remplacée par du national-socialisme réchauffé.


Sur le web. Traduction pour Le French Libertarien de Bernie Sanders’ Anti-Immigration Crankery de Daniel Bier.

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  • Et oui, l’extrême gauche au pouvoir aussi peut etre contre le laisser aller en matière d’immigration( parfois à grand coups de bulldozer) et à l’inverse on a souvent vu une grande tolérance de la droite en la matière une fois au pouvoir.
    En fait cela ne définit pas »etre de droite » ou « etre de gauche »

  • Encore un pamphlet empreint de triomphalisme droitdelhommiste new age mal digéré.

    « J’imagine alors qu’il pense que les États-Unis n’existaient pas vraiment avant que la loi d’exclusion des Chinois de 1882 ne commence à interdire l’entrée à des catégories entières de populations de façon totalement arbitraire. »

    Cette loi correspondait parfaitement aux idées exprimées par les fondateurs des Etats Unis (voir Franklin, Jefferson, Adams là dessus par exemple). On peut noter au passage la hantise pour l' »arbitraire », comme si toutes les lois ne l’étaient pas. A l’évidence, j’imagine que le globalisme droidelhommsite est l’idéologie non arbitraire d’après l’auteur. Qu’on ignore totalement (ou qu’on prétende ne aps voir) la véritable constitution politique d’un peuple, ça ne pose pas de problème par contre.

    Par exemple : « Si Sanders était réellement préoccupé par la pauvreté globale et voulait avoir une « vision plus internationale », il devrait défendre l’idée de laisser un plus grand nombre de pauvres améliorer leurs conditions de vie en se déplaçant là où ils ont les meilleures opportunités. »
    Ben voyons. Ignorons les méchantes frontières, qui-ne-sont-que-des-traits-« arbitraires »-sur-une-carte, en faisant semblant que cela ne change pas les constituants politiques d’un pays.

    Résultat, Sanders (que je n’aime pas vraiment) est un….national-socialiste. Ben oui rien que ça. Si l’on reconnait l’existence d’une communauté politique et pas simplement du globalisme réchauffé, c’est qu’on est nazi.

    « Chaque mot de ces inepties montre à quel point Sanders n’est ni un intellectuel sérieux ni un candidat crédible. »
    L’auteur a t il déjà suffisamment prétendu de douter pour se commettre à lire des ouvrages subversifs comme Léo Strauss, Carl Schmitt, Hans Hermann Hoppe, Ludwig von Mises aussi ?

    Notons, derrière ces considérations, la remarque non moins importante pour un libéral que les dits povnimmigrants sont peu susceptibles de voter pour des positions libérales, ce qui est un problème dans une démocratie. Que vous le vouliez ou non, les gens d’Amérique latine votent sans arrêt pour des socialistes (du vrai socialisme, du lourd, même pas du Manuel Valls). Voir les crises récurrentes au Brésil, Argentine, Mexique, …
    Il est parfaitement illusoire de faire venir ces gens et de s’attendre à autre chose qu’à un vote socialiste en retour. On l’a vu en Californie. J’aimerais voir l’auteur prétendre que cela n’est pas du en grande partie au vote mexicain. La commiefornia n’est pas devenue ce qu’elle est à cause de quelques gauchistes de salon à San Francisco.

    • -Considérez-vous que le droit à la vie et le droit de propriété sont arbitraires ?
      -Concernant les frontières, elles ne sont l’héritage laissé par les guerres entre puissances politiques, ambitions de seigneurs, de souverains, de tyrans, empereurs ou autres conquérants. Et cela sans se soucier des populations qui vivent sur ces territoires. Juste des délimitations administratives.
      -Mettre Sanders sur un pied d’égalité avec Strauss, Schmitt, Hoppe ou Von Mises ? Faut pas exagérer non plus.

      Vous êtes clairement contre l’immigration. Cela semble vous déranger fortement que d’autres ne soient pas contres, ou carrément pour…

      • Je ne crois pas à un quelconque droit à la vie. Des règles de droit contre le meurtre, mais ce n’est pas un droit à la vie. Et effectivement c’est arbitraire, issu d’une décision.

        Quand au deuxième point, la distribution actuelle de la propriété est le résultat de nombreuses injustices. Aucune illusion à avoir sur le fait que, par exemple, monsieur Bouygues n’aurait pas acquis sa fortune de la même manière dans une pseudo-utopie de votre choix. Si l’on prétend que les frontières sont illégitimes sur cette base, il faut refuser l’intégralité des titres de propriété actuels, qui contrairement à ce qui est souvent balancé parmi certains libéraux, ne sont pas particulièrement mieux établis. Et même si l’on abandonnait tous les titres actuels, la nouvelle appropriation serait elle bonne et « non arbitraire » ?
        Vous parlez de tyrans, mais pourquoi se focaliser sur une manifestation politique particulière ? Inutile de prétendre à l’immaculée conception des titres de propriété actuels, surtout en France.

        « Juste des délimitations administratives ».
        Les frontières sont bien des délimitations administratives, en dépit de votre mépris pour celle ci (« juste des »). La politique migratoire est justement une prérogative de cette administration. Jouer à l’humaniste globaliste et injecter à outrance de l’élément exogène dans ces « délimitations administratives », avec les conséquences culturelles, ethniques, légales ou autres, cela ressemble à s’y méprendre à ne pas « se soucier des populations qui vivent sur ces territoires ».
        C’est une attitude typique des bourgeois au sens péjoratif du terme. Pas étonnant qu’un Sanders soit contre (le bourgeois rétorque alors que c’est du populisme).

        • 1/ Je vous invite à relire la définition d’arbitraire.
          2/ Je ne dis pas que les frontières ne sont pas illégitimes. Je ne suis pas constructiviste. Elles existent, mais sont le résultat d’un processus qui n’a pas grand chose avec une soi disant volonté de vivransambl, ou de naaaation.

          Je trouve que vous extrapolez beaucoup sur ce que disent et ne disent pas vos contradicteurs.

    • « les dits pauvres immigrants sont peu susceptibles de voter pour des positions libérales, ce qui est un problème dans une démocratie. »

      @Roi Heenok : C’est un faux problème.
      D’une part parce que lorsqu’ils s’enrichiront dans le pays d’accueil ils cesseront peu à peu d’être favorables à la redistribution socialiste des richesses. Ils voteront de plus en plus pour des libéraux dans le but de garder leur argent durement gagné plutôt que de se le faire piller par des socialistes.

      D’autre part, face à des antilibéraux, la solution n’est jamais de devenir soi même antilibéral. Face à des gens voulant restreindre la liberté, la solution n’est jamais de les précéder dans cette erreur. Donc en l’occurrence : face à des immigrés fraichement débarqués voulant restreindre la liberté en votant pour des socialistes, la solution n’est pas de prendre la mesure socialiste de restreindre l’immigration.

      Le libéralisme est favorable à l’immigration quand elle est correctement définie : l’immigration c’est la liberté d’un étranger de se rendre chez un propriétaire ou employeur national qui consent à l’inviter. Ce n’est pas le privilège d’un étranger de forcer des nationaux à l’accueillir.

      • De toutes façons, on se fout que les gens soient ou non des libéraux convaincus.
        Le libéralisme viendra du marché et non des désirs utopiques. Il viendra lorsque cessera le socialisme par manque d’argent des autres.

      • Ou alors il deviendront des petits soldats étatique parfaitement conditionnés par le lavage de cerveau permanent des socialistes au pouvoir comme des dizaine de millions de français (dont une grande majorité des immigrés) voir des bobos (riche mais socialistes)

      • « D’une part parce que lorsqu’ils s’enrichiront dans le pays d’accueil ils cesseront peu à peu d’être favorables à la redistribution socialiste des richesses. Ils voteront de plus en plus pour des libéraux dans le but de garder leur argent durement gagné plutôt que de se le faire piller par des socialistes. »

        Et bien non, le contraire s’est passé en Californie.
        Quel parti l’emporte en Seine St Denis?

    • « Encore un pamphlet empreint de triomphalisme droitdelhommiste … »

      Sur un site libéral vous risquez effectivement de retrouver pas mal de référence aux droits de l’homme…

  • Moi, je lui dit bravo. Je ne suis pas du tout d’accord avec lui, les idées qu’il défends est totalement stupide. Son discours est basé sur la désinformation mais au moins voilà un gauchiste cohérent. Quand on défends un état providence, on ne peut être que favorable à une immigration limité (car le modèle état providence + immigration laxiste est intenable (bon à la base c’est l’état providence qui est intenable)).
    Les gauchistes en étant à la fois favlrable à l’immigration et à l’état providence sont irréalistes et montrent à quel point ils ne sont pas réalistes.
    Les socialistes cohérents sont les national socialistes.
    Le socialisme évolue naturellement vers le national-socialisme. Friedrich Hayek, prédisait déjà en son temps dans La Route de la Servitude que l’avènement du socialisme allait conduire à la fermeture hermétique des frontières tant pour les biens que pour les hommes. Pour ce qui est des biens, le mécanisme est relativement bien compris : la mise en place de mesures protectionnistes étant la conséquence directe de l’effondrement de la compétitivité du pays suivant la mise en place d’un programme économique socialiste. Pour ce qui est des hommes, Hayek expliquait très justement que le principe de base du socialisme, c’est-à-dire l’accaparement des richesses d’un pays par l’État pour ensuite les redistribuer sur des critères d’égalité, implique nécessairement de distribuer une plus petite part du gâteau à chacun au fur et à mesure qu’augmente la population. Ainsi, prédit Hayek, les ouvriers d’un pays riche n’ont aucun intérêt à voir débarquer chez eux des immigrants plus pauvres qui diminueront mathématiquement leur part du gâteau lors du partage final. Le socialisme ne peut s’appliquer que dans un pays fermé, afin d’empêcher aux plus pauvres d’y entrer et aux plus riches d’en sortir, tout en bloquant, bien-sûr, l’accès aux produits importés moins chers et de meilleure qualité.

    • Tout à fait, si on veut la liberté d’immigrer , il faut d’abord supprimer l’état providence socialiste et pas l’inverse.

      En écoutant les discussions de compoir des opposants à l’immigration on voit bien que ce qui les emm… le plus, c’est bien souvent que des etrangers qui n’ont encore jamais travaillé ou cotisé, puissent toucher des prestations, aides, soins gratuits, ou retraites, alors qu’ils sont eux mêmes parfois dans la difficulté.

      On pourrait ajouter aussi que pour qu’une telle liberté soit viable, il faudrait un monde moins agité, car sinon notre petit pays serait bien vite débordé.
      C’est donc pas demain la veille…

      • « si on veut la liberté d’immigrer , il faut D’ABORD supprimer l’état providence socialiste et pas l’inverse.  »

        Faux. Il n’est pas plus urgent de supprimer une réduction de la liberté plutôt qu’une autre réduction de la liberté. Toutes les réduction de la liberté sont urgentes à supprimer. Toutes les libertés sont urgentes à défendre. Le fait que l’Etat distribue ou non des aides sociales ne change rien au fait que s’opposer à l’immigration c’est s’opposer à la LIBERTÉ (la liberté d’un étranger de se rendre chez un propriétaire ou employeur national qui consent à l’inviter. )

        • Selon vous, l’Australie en 1938 aurait du autoriser tous les japonais qui voulaient s’y installer (plusieurs millions dans un pays qui n’en avait pas beaucoup plus). Et tout se serait très bien passé, on se serait fait des papouilles et pas la guerre.

          « Il n’est pas plus urgent de supprimer une réduction de la liberté plutôt qu’une autre réduction de la liberté. »
          La dette publique, les taxes sur transactions financières, le statut des conventions collectives, les limites de poids des cartables à l’école primaire, même combat.

          Pourquoi même avoir un programme politique d’ailleurs ? Écrivez simplement « anarchie » et pouf, tout est dit.

          D’autres part, il faut tout de même reconnaitre que le monde n’est pas un tissu de variables totalement indépendantes entre elles dans des processus réversibles. Deux situations :
          – Suppression graduelle de l’état providence dans une ambiance « nationaliste », avec restriction drastique d’immigration et expulsion des non territoriaux, suivi d’un arrêt des contrôles migratoires 10 ans plus tard.
          – Arrêt total des contrôles migratoires et abolition de fait des frontières. Puis, peut être 10 ans plus tard suppression de l’état providence.

          Pensez vous vraiment avoir le même résultat à l’issue des deux processus ? Et puis soyons honnête, quelles sont les chances pour que le deuxième scénario soit possible, supprimer l’état providence une fois la masse migratoire absorbée ?

          Peut être faut il considérer la situation réelle, et pas seulement s’enthousiasmer à l’idée d’intégrer dans nos codes de lois un des articles de l’utopie.

          • « Selon vous, l’Australie en 1938 aurait du autoriser tous les japonais qui voulaient s’y installer (plusieurs millions dans un pays qui n’en avait pas beaucoup plus). Et tout se serait très bien passé, on se serait fait des papouilles et pas la guerre. »

            @Roi Heenok : Vous utilisez ici le fameux argument : « Je suis uniquement contre l’immigration « massive ». Quand il y a un immigré, ça va… C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes! »

            Mais « l’immigration massive » ça veut rien dire. C’est une notion trop subjective. Pour certaines personnes l’immigration devient « massive » à partir de plusieurs millions d’immigrés, pour d’autres elle l’est déjà à partir de cent mille immigrés, pour d’autres elle le devient à partir de dix-mille immigrés, et ainsi de suite.

            Donc je vous retourne la question : que répondriez-vous si un australien vous disait que l’arrivée de 10 japonnais c’est déjà de « l’immigration massive » ? Et que quinconce le désapprouve est un méchant « droitdelhommiste » « humaniste » « globaliste » « bourgeois » « empreint de triomphalisme droitdelhommiste new age mal digéré » ?

            Pour un authentique libéral, le problème c’est pas « l’immigration massive », le problème c’est de se passer du consentement individuel. Si un propriétaire ou une entreprise consentent à inviter un immigré chez eux, sur leur propriété, c’est leur droit. S’ils n’y consentent pas, s’ils ne veulent pas de l’immigré, c’est aussi leur droit. Il faut respecter le droit d’inviter l’immigré, et le droit de refuser de l’inviter et de le discriminer.

            L’important n’est pas que l’immigration ne soit pas trop « massive », l’important c’est qu’elle soit libérale, et pour être libérale il faut juste qu’elle soit consentie. L’immigration est illégitime non pas lorsqu’elle est « massive » mais lorsque des étrangers reçoivent le privilège injuste de forcer des propriétaires nationaux à les accueillir. Si les japonnais de votre exemple ne reçoivent aucun privilège et ne forcent aucun propriétaire australien, leur arrivée massive en australie ne pose aucun problème.

            On peut aussi prendre l’exemple suivant : Si les juifs ne forcent aucun propriétaire palestinien, leur arrivée massive en palestine ne pose aucun problème. Israel est un pays problématique parce que certains palestiniens ont été forcés/lésés lors de l’arrivée massive des juifs européens, et non pas parce qu’il y a « trop de juifs » ou que les juifs provoquent un trop grand changement culturel et identitaire dans cette région.

            Un tel changement culturel et identitaire n’est pas en soi illégitime, tout comme cela n’aurait pas été illégitime que la langue la plus parlé en Australie soit le japonais, que la nourriture la plus consommée soit les sushis, et que le groupe ethnique majoritaire soit les japonais, talonné de près par le groupe des descendants d’immigrés européens. Faut-il rappeler que ces derniers furent eux aussi responsables d’un grand changement culturel et identitaire dans cette région ? Changement qui aurait été lui aussi parfaitement légitime si aucun aborigène n’avait été lésé.

        • Tout à fait daccord pour accorder toutes les libertés en même temps sans oublier au passage celle de ne pas cotiser à la secu par exemple.

          Non, soyons sérieux, même en écrivant le mot liberté en majuscule, il est facilement concevable que certaines sont à privilégier, ou que d’autres mènent au désastre sans certaines précautions.

          Bien d’accord avec vous aussi pour la liberté d’un propriétaire ou d’un employeur d’inviter un étranger chez lui(mais ce n’est pas de l’immigration), et petite digression: le premier droit que devrait obtenir toute personne sur le sol français, pourrait etre, effectivement, celui de travailler.

    • « Les gauchistes en étant à la fois favlrable à l’immigration et à l’état providence sont irréalistes et montrent à quel point ils ne sont pas réalistes. »
      Depuis quand les gauchistes sont réalistes? leur fond de commerce est justement de lutter contre la réalité, le faire croire qu’on peut raser gratis.
      Pour pouvoir se développer la gauche à besoin des pauvres, besoin de plus en plus de pauvres afin d’augmenter la base sur la quelle elle peut faire miroiter la spoliation légale (la redistribution)

  • Un autre exemple des mensonges proféré par Sanders (trouvé sur la page facebook: Unbiased America qui est une page extrêment intéressante que je conseille à tout libéral):
    Senator Sanders is back at it, repeating one of the most disingenuous arguments you’ll ever come across. He claims that corporations are paying much less in taxes than they used to. Yet he slyly measures the corporate tax as a SHARE of total taxes. And he neglects to point out that the reason it’s fallen as a share of all taxes is because the payroll tax has gone up so much… half of which is paid by corporations. He also leaves out the inconvenient fact that more and more companies are forming as S-corps. S-corps don’t pay through the corporate tax, they pay through their owner’s individual tax returns.
    And the one in four corporations not paying taxes is even more disingenuous. What Sanders doesn’t say is that companies that are not profitable, just like people who don’t make money, are not taxed.
    The lesson here: just because someone speaks loudly and says something you want to believe, doesn’t mean they’re telling the truth. Sanders has made a career out of this sort of thing.
    http://www.usgovernmentspending.com/spending_chart_1950_2014USp_15s2li011mcn_F0f
    http://www.usgovernmentrevenue.com/revenue_chart_1950_2014USp_15s1li011mcn_F0f

  • Le problème quand on utilise des lois pour rendre artificiellement des salaires plus élevés (ce que propose Sanders) c’est que les entreprises peuvent se déplacer dans des endroits où la main d’oeuvre est moins couteuse . Cela fait partie de la raison pour laquelle les économistes estiment que si le salaire minimum est augmenté à $ 15 / hr (ce que promet Sanders) il y aura une perte de plusieurs millions d’emplois (les estimations varient de 3,3 millions (pour le CBO) à 16, 8 millions pour Clemens) . Et C’ est aussi une partie de la raison pour laquelle Bernie Sanders (et d’autres socialistes tout au long de l’histoire) ont été les défenseurs de la fermeture des frontières. Ils ne veulent pas de main d’ œuvre bon marché puissent entrer dans le pays, et ils ne veulent pas que les sociétés puissent quitter le pays en prenant les emplois avec eux. La mobilité est la mort du socialisme.
    http://econweb.tamu.edu/jmeer/Meer_West_Minimum_Wage.pdf
    https://www.cbo.gov/sites/default/files/44995-MinimumWage.pdf
    http://www.nber.org/papers/w20724
    http://americanactionforum.org/uploads/files/research/Counterproductive.pdf

  • Sanders présente les droits de douane sur les biens étrangers comme un moyen de protéger les entreprises nationales contre la concurrence étrangère. Mais les politiques protectionnistes sont en fait un moyen cachés de renflouer les entreprises au détriment du consommateur.
    Les taxes douanières augmentent le prix des marchandises importées cela dans le but que les américains achètent plus de biens domestiques. Cela profite aux entreprises américaines qui autrement ne seraient pas en mesure de rivaliser avec les entreprises étrangères et leurs produits qui ont des prix plus bas.
    Mais ça fait mal aux américains qui doivent désormais payer des prix plus élevés. Ces prix plus élevés ont pour effet de transférer la richesse des consommateurs vers les entreprises. Et tandis que les personnes riches peuvent se permettre cela, les pauvres sont les plus durement touchés par le coût élevé de la vie. Voilà pourquoi il est souvent comparé à un impôt régressif. Le pire s’est que l’on proètge les entreprises non compétitives. Les bonnes entreprises ne doivent pas être protégés car elles sont compétitives. Ce sont les entreprises non compétitives qui appellent généralement au protectionnisme (comme le taxes dounaières).
    Voilà pourquoi les économistes, qui sont rarement d’accord sur quoi que ce soit, sont presque unanimes dans leur opposition au protectionnisme et aux taxes douanières. Comme le montre une enquête , « Les économistes privilégient massivement le commerce libre apparemment, plus il est le plus libre mieux c’est est. L’écrasante majorité (87,5%) sont d’accord pour dire que le Etats-Unis devraient éliminer les tarifs douaniers restants et les autres obstacles au commerce international. » Et une autre enquête a constaté que « 93% des économistes conviennent que les droits de douane et les quotas réduisent le bien-être économique».
    http://ew-econ.typepad.fr/articleAEAsurvey.pdf
    http://www.realclearmarkets.com/charts/10_things_economists_believe-44.html

  • Le vrai corollaire de la liberté d’immigrer, que beaucoup de belles âmes généreuses avec l’argent, le confort, les désirs, etc. des autres, c’est la liberté de discriminer totalement, d’être raciste jusqu’à la moelle.
    Les gens peuvent aller où ils veulent, certes, mais les « locaux » n’ont aucune obligation de les y accueillir. S’ils veulent rester entre eux, c’est tout autant leur droit que le fait d’aller et venir est le droit de celui qui arrive.

    Que je sache, amis prêcheurs de la liberté d’immigrer (que ce soit à l’intérieur ou à travers de frontières n’y change pas grand chose) qui vous dites libéraux, la liberté s’arrête où commence celle des autres et le droit de propriété est une conséquence directe de la liberté et prime donc le « droit » d’aller où on veut.

    Bref on peut aller où on veut, pourvu que ce ne soit pas chez quelqu’un d’autre. Sauf si ce quelqu’un d’autre veux bien vous accueillir. Librement, pas sous une contrainte étatique quelconque, même parée de bons sentiments bien dégoulinants.

    Mais le fait est que notre gauchiste est totalement cohérent et notre auteur « libéral » totalement incohérent, la promotion de l’immigration a toujours été un fait de droite, ses restrictions un fait de gauche. Jusqu’à ce que l’invention du deficit spending généralisé permette de faire financer les cadeaux d’aujourd’hui par des gens pas encore nés (les années 70 en gros). La gauche peut bien essayer de s’inventer un passé antiraciste, anticolonialiste, favorable aux immigrés, force est de constater que c’est faux. Et la « droite » peut bien essayer de jouer aujourd’hui à l’anti-immigration, elle y est traditionnellement favorable (si elle est libérale, favorable tout court, si elle est plus dirigiste, favorable sous condition que cette immigration soit contrôlée et que les immigrés soient « pas chers » ou « riches »).

    Ça m’énerve de plus en plus, ces libéraux qui pensent que la gauche c’est cool et donc que c’est libéral d’être pour les trucs de gauche et de cracher sur la droite. Alors que la gauche étant par nature anti-individualiste et « groupiste » ne peut pas être libérale, pas plus que la droite nationaliste. Qu’on m’explique en quoi trier les gens par nations c’est mal mais les trier par préférences sexuelles, par type d’emploi, par fortune, par race etc. c’est bien ?

    La question ne devrait même pas se poser. Il n’y a pas d’immigrés pour un libéral. Juste des gens, tous soumis à la même loi (protégeant leur liberté et leurs propriétés), chacun pouvant aller où il veut pourvu que ceux qui ont droits sur l’endroit en question soient d’accord.

    • « Ça m’énerve de plus en plus, ces libéraux qui pensent que la gauche c’est cool et donc que c’est libéral d’être pour les trucs de gauche et de cracher sur la droite. »

      Sur la sexualité, les gens de gauche sont beaucoup plus cools que les gens de droite, or tout le discours de droite se résume essentiellement à un discours sur la sexualité: il faut protéger la sacro-sainte famille traditionnelle contre les obsédés sexuels que sont les homosexuels et les femmes briseuses de ménage, et il faut protéger la sacro-sainte nation contre le métissage perpétré par les obsédés sexuels que sont les immigrés.

      Quand les gens de droite disent une connerie sur la sexualité, c’est avec des arguments de droite. Quand les gens de gauche disent une connerie sur la sexualité, le plus souvent c’est également avec des arguments de droite. Sur ce sujet c’est donc la droite le principal problème.

      Je cesserai de cracher sur la droite le jour où son « disque » sur la sexualité sera moins « rayé. » Et au risque de le répéter : le discours de la droite sur la sexualité ne serait pas tant un problème si la droite savait parler d’autre chose. Or la sexualité est le sujet vers lequel toutes les positions conservatrices reviennent sans arrêt sous prétexte de défendre la famille traditionnelle et la nation.

      • En général les gens ne droite ne parle de la sexualité qu’après une « provocation pour faire avancer les choses » de la part des « forces de progrès ». Ils sont « réactionnaires » sur ce plan (comme beaucoup d’autres) et ne se préoccupent d’un truc que quand quelqu’un (généralement la gauche, prétendument libérale) veut le changer de force.

        Les « lois sur les choses sexuelles » ne sont pratiquement que de gauche si on exclu les trucs « libéraux » sous Giscard (applaudis par la gauche, donc… ).

        Force est de reconnaitre qu’historiquement la droite ne parle pas de sexe, ne parle finalement pas de grand chose hors domaine régalien, alors que la gauche passe son temps à parler de trucs hors du domaine régalien (sexe, par exemple, donc) et ferait donc mieux de se taire puisque son discours est par nature fasciste/totalitaire…

        Par contre si vous confondez organisation sociale, filiation, droit successoral et « sexualité », vous auriez raison, mais c’est quand même pas du tout la même chose.

  • Qui cela étonne ? Rien d’étonnant à cela. La pensée marxiste était déjà en son temps une pensée réactionnaire, et j’ai connu quelque trotskistes dans ma vie qui tenaient le même discours que le FN — mais, comme ils disent, c’est pas parce que Hitler dit que l’Angleterre est une île qu’elle n’en est pas une…

  • Immigration libre, cela veut dire disparition des frontières. Disparition de l’armee aussi donc, et disparition de la citoyenneté. Qui fera les lois, dans quel périmètre ?

    • l’immigration libre est une utopie qui n’arrivera jamais (heureusement).
      Même dans une société anarchocapitaliste (société sans état) (autre utopie stupide), il n’y a pas d’immigration libre

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