Sport : la dépense publique a du muscle !

Tour de France, York credits Alh1 via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0))

Du pain et des jeux ! Oui, mais à quel prix ?

Par Jean-Baptiste Léon.

Tour de France, York credits Alh1 via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0))
Tour de France, York credits Alh1 via Flickr ((CC BY-NC-ND 2.0))

Le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports a publié, en février dernier, une étude sur « Le poids économique du sport en 2012  », en France. Les données statistiques, abondantes, qui courent sur les années 2005-2012, dressent un état des lieux précis de la « dépense sportive nationale », et de sa musculeuse filière publique. Sa lecture est un exercice de haut niveau. Petite revue d’effectif.

Le sport est un acteur non négligeable de l’économie française : le secteur pèse 36,5 milliards d’euros sur la balance, soit 1,74 % du PIB. Et si la côte est raide en ces temps de crise économique, le secteur public, grimpeur poids lourd dopé à l’argent public, a pris le maillot jaune (16,8 milliards euros de dépenses dans le secteur) devançant pour la première fois en 2012 les ménages (16,3 milliards de dépenses). La contribution de l’industrie privée ? Une paille ! Les entreprises, lanterne rouge du peloton, n’apportent que 3,3 milliards d’euros à l’économie du secteur, leurs investissements stagnant depuis 2008 ! Notre balance commerciale extérieure en biens sportifs est déficitaire depuis au moins 2009. Que ce soient maillots de bain, survêtements, articles de chasse ou bicyclettes, la France importe plus qu’elle n’exporte.

La mainmise de l’administration sur le sport est considérable. L’État s’est jeté dans la mêlée en 1936 avec la création par le Front populaire d’un sous-secrétariat d’État aux Loisirs et aux Sports, piloté à l’époque par le très idéologue Léo Lagrange. Et depuis qu’il a pris le brassard de capitaine, le Léviathan ne manque pas de joueurs : on dénombre aujourd’hui 44 700 agents de l’État (des professeurs d’EPS pour la plupart) et près de 58 000 agents dans les collectivités territoriales : animateurs sportifs, gestionnaires et personnel d’entretien des équipements sportifs… Le cabinet privé Kurt Salmon a calculé que sur les 10,5 milliards (12,1 milliards, selon le ministère des Sports) injectés par les collectivités dans le secteur, 64 % relèvent des dépenses de fonctionnement…

Et le match n’est pas fini, car du sport et des dépenses, vous allez en avoir ! Pour ne citer que quelques-uns des grands événements à venir en France : Eurobasket 2015, Championnat d’Europe UEFA de football 2016, Championnat du monde de handball 2017, et éventuels JO à Paris en 2024… Dans ce numéro, nous chiffrons avec précision le coût présent et à venir des grands travaux (stades, infrastructures…) que nécessitent ces agapes sportives qui sont, de nos jours, le nouvel opium du peuple.

L’addition est salée, mais s’il vous plaît, ne le prenez pas mal, chers amis contribuables, vous avez du pain et des Jeux ! Et veuillez ouvrir vos poches, car comme le disait le baron Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux olympiques modernes, « l’important, c’est de participer »

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