Mairie de Paris : une stratégie illisible pour combler un déficit abyssal

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Mairie de Paris : une stratégie illisible pour combler un déficit abyssal

Publié le 7 juillet 2015
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Indéniablement, l’actuelle expérience grecque nous apprend plein de choses, à commencer par le fait qu’une gestion par la dette, en dépit du bon sens, amène toujours à la catastrophe. Or, en matière de dettes et de gestion calamiteuse, il n’y a même pas besoin d’aller voir les Hellènes, l’équipe municipale de Paris suffit amplement.

Et en termes de gestion calamiteuse, l’équipe en question semble particulièrement douée.

En effet, il ne se passe plus une semaine sans qu’on apprenne l’une ou l’autre nouvelle décision contre-intuitive, contre-productive ou tout simplement consternante de la part de la municipalité parisienne. J’en conviens, Paris n’est pas la France, mais Paris reste tout de même la première de ses villes et sa gestion, aux mains de socialistes parfaitement assumés depuis plus de 14 ans, permet de donner une assez bonne idée de ce que peut donner une source de richesse lorsqu’on lui applique les bonnes recettes collectivistes.

De surcroît, l’arrivée d’Anne Hidalgo au poste de maire courant 2014 a, semble-t-il, hâté la tendance qui consistait à faire à peu près le contraire de ce que le bon sens commande, ce qui n’a évidemment pas manqué d’accélérer les ennuis pourtant déjà nombreux pour la municipalité.

hidalgo julliard cannes austérité mairie paris

C’est ainsi que, pour des raisons exclusivement idéologiques, la mairie s’est brutalement décidée à partir en guerre contre AirBnB. Prétextant une lutte acharnée contre ces salauds de turbo-propriétaires multicapitalistes sans foi ni loi autre que celle du cash qui veulent transformer leurs appartements en rendements, la mairie avait décidé de faire des descentes dans ces lieux que les touristes louent parfois pour profiter de la capitale française « chez l’habitant ». On peine à voir l’intérêt économique de tabasser ainsi des propriétaires, et par ricochet, des touristes dont la capitale bénéficie pourtant de façon directe.

C’est ainsi que, pour des raisons là encore foutrement teintées d’une idéologie lourdement moralinée mais pas très pragmatique, la mairie a choisi d’installer des HLM dans certains quartiers jusqu’ici dévolus aux riches propriétaires. Une telle opération, qui permet d’offrir des logements sociaux et de la mixité sociale en kit facile à monter, ne pourra évidemment être attaquée par personne tant les bonnes intentions et l’humanisme affiché dégoulinent à gros bouillons visqueux. Il faudra probablement quelques années pour se rendre compte que beaucoup de ces luxueux appartements à loyers modestes ont été étrangement investis par des apparatchiks et autres bonnes relations du tout-Paris introduites chez les bonnes personnes, inscrites dans les bonnes listes de la Mairie et de son staff pléthorique, et toujours commodément dans le besoin au moment de leur emménagement, puis nettement moins ensuite. Et puis allez savoir, peut-être faudra–t-il aussi quelques années pour se rendre compte que les travaux de réfections furent peut-être un peu surévalués ? Ce ne serait qu’une demi-surprise, qui pourra même se renouveler un peu puisqu’après le lot à côté de la place Vendôme, on pourra certainement en trouver un autre paquet sur le boulevard St Germain.

C’est ainsi que cette même mairie, pliant sans trop de peine au gentil (forcément gentil) diktat des écolos, devra se passer de la manne financière que constituaient les affichages publicitaires de certaines bâches disposées autour de monuments historiques en pleine réfection. Bah, ce n’est pas grave, et puis, comprenez-vous, ces hideuses publicités envahissaient l’espace, étouffaient le Parisien dans leur monstrueuse grandeur, et l’obligeaient même à se jeter dans les affres de la consommation irréfléchie et polluante ! C’est bien ainsi, allez donc : circulez, il n’y a plus rien à voir.

C’est ainsi que l’équipe municipale, faisant ses petits calculs sur le proverbial post-it, alpha et oméga de la gestion socialiste, décide qu’elle peut bien faire raquer différentes industries honteusement capitalistes et particulièrement juteuses. En pressurant un peu Numéricâble, quitte à mettre en péril la connexion internet de centaine de milliers d’abonnés, elle obtient facilement une substantielle hausse du loyer de l’opérateur pour les locaux que son matériel de diffusion occupe. On retrouvera la même délicatesse et la même finesse d’analyse derrière la récente décision de multiplier par 5 (oui, oui, par 5) le loyer du Jardin d’acclimatation actuellement payé par LVMH.

Au passage, on oubliera très vite que si un propriétaire lambda procédait de la même façon avec son propre loyer, il se ferait étriller en place publique. Il n’en aurait d’ailleurs même pas le droit, les loyers étant bientôt encadrés dans la capitale (la propriété privée étant, comme chacun sait, ouverte à négociation dès lors qu’on est du Camp du Bien, qu’on dispose de la force publique et d’une solide dose d’humanisme socialiste chevillée au corps par des pinces en or massif).

ps Hidalgo ensemble la préemption

Décidément, on se demande franchement pourquoi la mairie fait preuve de telles décisions hasardeuses. Peut-être serait-ce pour trouver, à tout prix, quelques millions supplémentaires afin de reboucher le trou, béant, de 300 millions d’euros dans son budget, laissé par la précédente équipe (elle aussi socialiste) ?

Dans ce contexte, on peine franchement à voir la stratégie qui consiste par exemple à cogner contre certains commerces, solvables et prometteurs (en matière de taxes, par exemple). Au passage, dans une logique de gauche particulièrement savoureuse, on comprendra qu’à l’inverse de ceux qui n’aimant pas le mariage homosexuel n’ont pas du tout le droit de l’interdire aux autres, ceux qui n’aiment pas le McDo ont, en revanche, toute latitude pour imposer leur point de vue à ceux qui auraient le mauvais goût de ne pas penser comme eux.

Et toujours dans ce contexte d’hippopo-déficit budgétaire, on éprouve le même malaise intellectuel et la même confusion lorsqu’on découvre que la mairie a inscrit 42 millions d’euros à son budget supplémentaire 2015, … pour recapitaliser « Ma Tante », le fameux Crédit Municipal de Paris dont les activités bancaires battent de l’aile au point de mettre en péril de faillite toute l’institution plusieurs fois centenaire… Ah pour sûr, la gestion à la socialiste, ça balance du steak, ça bouscule du poney à la dynamite, et ça satellise du chaton : 300 millions de déficit, mais on trouve quand même 42 millions pour Ma Tante, après des années de pertes (16,9 millions d’euros depuis 2011). C’est très fort.

Bref : une politique de la ville sautillant de la chasse tous azimuts des commerçants au tabassage des propriétaires, au constructivisme sociétal à fond de train, aux brimades permanentes des automobilistes, un double-standard et un double-langage comme étalon de comportement, un trou de centaines de millions d’euros, tous les ingrédients d’une recette à la grecque sont réunis pour un avenir parisien flamboyant.

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  • Sans doute cher H16, vous même on quelques de vos lecteurs sauront me dire quel mandature « de gauche » (Comptons Roosevelt), ayant gouverné sur une durée permettant de l’apprécier (Pas elle, la question) sans déficit.
    Ou pour m’exprimer différemment as t-on un (des?) exemple(s) de direction « de gauche » qui tout en satisfaisant les orientations humanistes qui sont théoriquement les siennes permet un développement économique conservant les comptes à l’équilibre voire positifs?

    • Ben oui. Les Suédois, les Néo-Zélandais et les Canadiens, quand ils ont remis leur budgets d’aplomb et ont commencé a se désendetter sévèrement et à mettre les « sévices publiques » à la diète. C’étaient des gouvernements dits « de centre gauche » (appuyés généralement par les partis de droite également, pour expliquer au peuple que bon, c’était sympa la gabegie, mais que ça ne pouvait pas durer et qu’il allait falloir faire quelques efforts).

      Mais bon, en termes économiques et sociaux, les gauches de ces pays seraient une « droite dure ultra-libérale » en France, donc pas sûr ce que ça compte vraiment.

  • Où est le problème?
    Les parisiens ont bien voté pour elle, non? De plus ils savaient ce qu’elle est, puisque première adjointe à l’ancien maire.
    Ils devront faire comme les grecs, assumer.
    Ras-la-casquette de ces gens qui râlent contre après avoir voté pour, ou vice-versa.

    • N’est-ce pas un électorat qui bénéficie de ces largesses et qui ne les finance pas qui a fait basculer le vote en la défaveur de ceux qui sont pressurisés ?

      • Vous avez tout compris.

      • En effet, et c’est la faille centrale de la démocratie représentative au suffrage universel direct.
        Il y a toujours plus de « pauvres » que de riches et par glissement successifs de plus en plus de gens vont voter pour recevoir et de moins en moins de gens vont devoir payer. Puis quand le seuil de tolérance absolu des riches à l’oppression fiscale est atteint, on descend progressivement vers les classes moyennes… Qui restent moins nombreuses que les pauvres grâce à ces politiques désincitatives, et qui croient (magie de la propagande) ne pas payer tant que ça et en fait bénéficier du système.

        Bastiat avait bien raison, tout ça est une grande fiction par laquelle tous cherchent à vivre aux dépens des autres… Mais ce sont toujours les mêmes qui y arrivent (les très gros, bien connectés, les fonctionnaires et les glandeurs).

    • Et bien non, tout le monde n’a pas voté pour elle.

      Par exemple, les habitants de banlieues, qui vivent à proximité de Paris, sortent à Paris, travaillent à Paris où passent par Paris pour aller travailler. Les décisions prises par la ville les affectent directement, pourtant ils n’ont pas voie au chapitre car ils n’habitent pas dans cette ville muséifiée pour le bonheur et le profit de ceux qui ont pu acheter dans les années 80/90.

      • Vous inquiétez pas avec le « grand paris » et la modernisation de l’action publique ( MAP pour les intimes ) ont va rajouter une belle couche de démocratie opaque qui permettra à tous ce petit monde de s’exprimer ! ….

    • Yep…
      C’est juste que j’ai voté contre…
      2 fois.
      Et j’ai même convaincu 2 ou 3 personne de le faire.
      Et je vis à Paris depuis 52 ans.
      J’y suis né. Comme ma mère et ma grand mère. Et n’ai pas envie d’en partir.

  • La candidature aux J.O …….. c’est pour creuser encore un peu plus le déficit ???

  • selon Canteloup Delanoé avait pensé acheter un collier de nouilles à Hidalgo pour la fête des maires mais il y a renoncé car cela faisait « ton sur ton » …..

  • le miracle socialiste: les électeurs en redemandent.

    • Tant qu’il y a de l’argent des autres… pourquoi se priver?

      C’est tellement plus simple de mettre un intermédiaire (l’état) plutôt que d’aller demander au voisin « salut, j’ai deux enfants et toi non, tu me dois donc de l’argent ».

  • Ouille « Ma Tante » n’en a plus …
    Des sous hein, vous n’allez quand même pas penser autre chose, non ❓

  • ils vendent aussi les bâtiments pour combler les caisses exemple le bâtiment de la rue du louvre.

  • Récement en Littuanie, à l’hôtel, j’ai vu un très vieux film Français ; sur le moment je n’ai pas fait attention, mais ce film se déroulait à Paris et sur le bords de Seine, ils avaient fait emmener du sable;..et il y avait des pancartes « PARIS PLAGE »… ???
    Je n’ai pas le nom du film… Mais de nous avoir fait croire durant des années que l’ancien Maire était l’inventeur de ce concept ??? !!! Cela dénote bine la manière d’agir des Socialos. d’avancer dans le mensonge… et l’opposition : celle qui réfléchit le moins et attaque le moins en Europe.

    • Cela dénote bine la manière d’agir des Socialos. d’avancer dans le mensonge

      Oui, c’est bien eux les sotssalauds

  • Les sommes importantes sont proportionnelles à la taille de la municipalité, mais c’est le quotidien de bien des Mairies, toutes tendances politiques y compris a-politiques confondues.
    Pourtant, quand bien moindres, effet caddie connu : les déficits d’EPCI multipliés par un coefficient de plus de 30 000 peut atteindre un montant total vertigineux.
    En « cause » , la baisse de la DGF à leur attention, économies budgétaires (salutaires) de l’Etat à leur attention, tandis que ses attributaires ne semblent pas la retranscrire en baisses, sauf éventuellement dans la section d’investissement (mais pas toujours). Or à dépenses égales, il faut alors soit s’endetter, soit revoir à la hausse les ponctions de la FDL (ce qui est électoralement risqué), ou bien profiter au mieux de la mansuétude du Grand Diététicien qui dans sa mansuétude leur a confié le pouvoir de fixer le produit de leurs amendes ainsi que la libre appréciation quant à l’exonération des TH secondaires s’agissant des biens vides de meubles au 01/01/n.

  • Décidément le socialisme n’a aucun avenir

  • Les commentaires sont fermés.

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Extraordinaire Bruno Le Maire ! Tout lui est bon pour plastronner – et cirer au passage les pompes de son chef adoré. N’importe quelle calamité devient un grand succès de la politique gouvernementale pour peu qu’on se limite à ne regarder les choses que sous l’angle le plus flatteur. Question de cadrage, évidemment. Comme disait Bastiat, il y a ce qu’on voit, et puis il y a tout ce qu’on ne voit pas ou qu’on ne veut pas voir. Bonne nouvelle du moment, la France serait le pays de l’Union européenne « où l’inflation est la plus faible » :

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