Visites de « courtoisie » en Socialie inquisitoire

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walter P22 armes credits Anas Ahmad (licence creative commons)

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Visites de « courtoisie » en Socialie inquisitoire

Publié le 9 juin 2015
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Comme le terrorisme est potentiellement partout, il faut bien que le gouvernement veille. Pas question de laisser les choses tourner au vinaigre, ce serait humainement et surtout électoralement dangereux. Une belle loi Renseignement a d’ailleurs été mise en place pour enfin rendre légal l’espionnage à grande échelle.

Et n’oubliez pas : le terrorisme se cache partout. Vraiment partout !

ninjas terrorists are here

Il se cache par exemple dans les spectacles d’humoristes douteux. Heureusement que des associations humanistes veillent et combattent d’arrache-pied ce genre de dérives.

Le terrorisme est fourbe : il se cache dans les billets de banque que vous utilisez tous les jours. Heureusement, le gouvernement veille et est entré en lutte contre ce vecteur abominable de méchanceté.

Le terrorisme est inique : il utilise tous les moyens pour distiller des messages séditieux contre le vivre-ensemble. On savait que certaines images (des chatons, par exemple) pouvaient transporter cachés des plans d’explosifs ou d’opérations abominables. On découvre que cette même sédition, ce même esprit malsain se love jusque dans nos timbres pour égorger nos effigies et nos Mariannes. Heureusement, la Poste veille et ne laissera pas passer tel affront, saura mobiliser la Justice pour une si grave déviance !

Mais surtout, le terrorisme a planté des graines partout, en chacun de nous, ou, en tout cas, en chacun de ces gens étranges qui ont décidé de prendre leur auto-défense au sérieux, de ne pas rester désarmés face aux menaces, et qui ont poussé l’absurdité jusqu’à s’armer eux-mêmes, comme le font d’ailleurs les terroristes (et ce n’est pas une coïncidence, malheureux !).

Heureusement, la préfecture veille aussi.

visites courtoises de la policePour bien vérifier que les détenteurs d’armes à feu disposent d’un coffre-fort ou d’une armoire forte pour ranger leur arsenal, les membres des forces de l’ordre en viennent à débarquer chez l’habitant plus ou moins à l’improviste. Apparemment, et comme en témoigne la lettre ci-contre (cliquez dessus pour l’agrandir), le Sous-Préfet de Douai demande de façon régulière que ces vérifications de détention soient menées auprès des détenteurs à titre sportif.

Bizarrement, confrontés au débarquement à l’improviste d’agents en civil leur demandant accès à leurs armes, les citoyens concernés ne se sont pas laissés faire, et les impétrants ont même été jusqu’à s’assurer de l’identité des zélés vérificateurs envoyés par le diligent sous-préfet. Sapristi, voilà que des gens, en France, refuseraient l’accès de leur domicile à la maréchaussée ? Comment cette atteinte au vivre-ensemble est-elle possible ?

Sauf qu’en l’occurrence, un coffre ou une armoire-forte n’est pas obligatoire pour une arme de catégorie C ou D1, que la visite proposée est illégale tant qu’elle n’est pas accompagnée d’une commission rogatoire ordonnée par un juge d’instruction, ce qui en ferait une action de police judiciaire, et que, à ce propos, le préfet ou le sous-préfet n’ont de compétences qu’en police administrative.

Oui, vous avez bien lu deux choses : d’une part, au moins une sous-préfecture est en train de se livrer à des opérations de police invasive et de s’occuper de quelque chose qui n’est pas directement de sa compétence, et d’autre part, elle le fait en violant la loi et en la faisant violer par des forces de l’ordre qui n’en demandent certainement pas tant pour continuer à conserver l’excellente opinion que les citoyens ont d’elles.

Tout ceci s’inscrit, je vous le rappelle, dans cette ambiance détendue et joyeuse où le gouvernement s’occupe de plus en plus de nous, au plus près, et montre des signes évidents d’inquiétude lorsque certains tiennent absolument à discuter librement sur internet, au point de mettre en place des brigades d’intervention et d’agit-prop d’anti-propagande sur les intertubes.

Certes, il faudrait du mauvais esprit pour y voir autre chose qu’un peu de zèle de la part du sous-préfet de Douai (si des lecteurs ont eu vent de pratiques similaires ailleurs, qu’il me le fassent savoir). Mais on ne peut s’empêcher de penser que tout ceci ressemble de loin à un fichage supplémentaire actif et précis de cette frange de la population qui aurait les moyens, le cas échéant, de sortir armée. Fichage qui, même s’il n’est pas du tout dans les habitudes de nos amis socialistes (nationalistes ou non), présagerait d’un nouveau raffermissement des lois actuelles en matière de détention d’armes, dont – je le rappelle à tout hasard – les terroristes sont friands. Mais baste, après tout, tout le monde sait que le contrôle des armes, ça marche.

Gun Control : it works !

Il y a quelques mois, le pays avait failli sombrer dans la caricature l’absence de gentillesse et de solidarité à la suite d’un acte que tous les politiciens s’employèrent ensuite à essayer de comprendre. Le résultat de leur réflexion n’a pas tardé à se mettre en place, et les citoyens français ont d’un coup découvert un pays foutrement Charlie.

Petit à petit, chaque latitude laissée aux déviants, aux mal-pensants, aux individus trop indépendants fut proprement réduite jusqu’à disparition ; chaque excès de liberté fut prestement restreint et rapidement régulé, comme fut étouffée chaque tentative de contrer les belles avancées de la République vers une France apaisée à coup de Lexomil en doses chevalines.

La plupart des citoyens n’y virent que du feu, voire de la guimauve : le gouvernement veillait enfin à leur sécurité, à leur tranquillité d’esprit ! Et celles-ci méritaient amplement qu’on sacrifiât un morceau de cette encombrante liberté d’expression, un gros bout d’une vie qu’on ne voulait plus privée de l’œil inquisiteur protecteur du Grand Frère étatique.

Bientôt, il ne fut plus vraiment question de contester un pouvoir que tout le monde trouvait certes grotesque mais suffisamment rigolo pour le laisser agir. Il ne fut pas plus question de discuter les myriades d’interdictions qu’il plût à gouttes fines mais constantes sur le peuple, puisqu’après tout, c’était pour son bien.

Et lorsqu’enfin, on interdit le cash (pour lutter contre les terroristes et les mauvais citoyens qui travaillent au noir, bien sûr), qu’on pourchassa les détenteurs de métaux précieux, qu’on prohiba l’auto-défense (devenue inutile dans une société rendue mortellement ultimement calme) et qu’on retira les armes des mains de tous ces dangereux psychopathes prétendûment amateurs ou collectionneurs, alors enfin, le pays trouva le calme et la paix auxquels il aspirait tant.

Et tout fut parfait dans le meilleur des mondes.

gun control if you have the gun
—-
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