Peur exponentielle du jour : la biodiversité

Vous êtes prêts à avoir très très peur ? Alors cliquez, si vous l’osez…

Par Benoît Rittaud.

Peur Angoisse - Franck What have you done - Simon (CC BY-NC-ND 2.0)
Peur Angoisse – Franck What have you done – Simon (CC BY-NC-ND 2.0)

Ça, si c’est pas une bonne vieille peur exponentielle, je mange ma calculette. L’info, publiée dans les irremplaçables pages “Planète” du Monde, date d’il y a un mois, et a connu une brève résurrection sur la page internet principale du Journalderéférence qui m’a permis de la débusquer. Vous êtes prêts à avoir très très peur ? Alors cliquez, si vous l’osez…

L’article, publié le 3 mai, s’intitule ”Biodiversité : une espèce sur six menacée d’extinction par les changements climatiques“. On notera le ton toujours aussi nuancé de nos médias institutionnels pour signaler une énième étude sur le climat-qui-fait-peur. Le Monde ne nous donne pas les détails de cette étude, et c’est fort dommage : le lecteur aurait pu y apprendre qu’il ne s’agit de rien de plus qu’une synthèse d’études antérieures (on passera ici sur les éléments observationnels réels dont ces études disposent pour valider leurs modèles…). Le passage intéressant de l’article est celui-ci :

« Le plus surprenant est-il que le risque d’extinction ne fait pas que s’accroître avec la hausse des températures, il s’accélère », analyse un des auteurs de l’étude, Mark Urban. Selon l’hypothèse d’une augmentation de seulement 2°C des températures mondiales d’ici la fin du siècle par rapport à l’ère pré-industrielle, l’étude a calculé que 5,2 % des espèces seraient menacées d’extinction. Avec une hausse de 3°C sur la même période, ce pourcentage passerait à 8,5 % des espèces. La hausse des températures de 0,9° C enregistrée jusqu’à présent a exposé 2,8 % des espèces à un risque d’extinction, relève cette étude.

Quelque chose d’inquiétant qui “accélère”… typique d’une peur exponentielle.

Sur le site de Science référencé par Le Monde, nous avons l’explication du titre : une espèce sur six disparaîtra(it) avec +4,3°. Voici donc notre jeu de données :

+0,9°C => 2,8% d’extinction.

+2°C => 5,2% d’extinction.

+3°C => 8,5% d’extinction.

+4,3° => 16,7% d’extinction.

On n’est pas bien loin, avec ces données, d’une vraie fonction exponentielle : en gros, le pourcentage d’extinction double à chaque ajout d’un degré. (Un calcul de coin de table montre que la fonction 2exp(t/2) ne colle pas trop mal avec ces données, où t est l’augmentation de température.)

Si avec tout ça vous n’êtes pas effrayés, voici l’exercice final : à partir de quelle hausse des températures le nombre d’espèces menacées dépassera-t-il les 100% ?

Sur le web

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