Abolir les privilèges des cartels financiers

Comme dans la totalité des industries, le secteur financier doit ses dysfonctionnements à l’absence de libre-concurrence.

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Euro BCE (Crédits Maciej Janiec, licence Creative Commons)

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Abolir les privilèges des cartels financiers

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 1 juin 2015
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Plutôt que de s’adonner à des projets chimériques de supervision bureaucratique de l’industrie bancaire, les institutions européennes devraient rendre aux citoyens leur pouvoir de contrôle en abolissant les privilèges des cartels financiers.

Par Ferghane Azihari

Euro BCE (Crédits Maciej Janiec, licence Creative Commons)
Euro BCE (Crédits Maciej Janiec, licence Creative Commons)

 

Comme dans la totalité des industries, le secteur financier doit ses dysfonctionnements à l’absence de libre-concurrence. Cette absence est entretenue par des interférences gouvernementales au profit de cartels financiers déresponsabilisés par de multiples monopoles. Ces monopoles privent la société de son pouvoir de contrôle et autorisent les acteurs financiers à s’adonner à des pratiques délétères tout en échappant aux mécanismes de marché qui permettraient de leur demander des comptes. Ils sont également la source d’une concentration bancaire anormale qui alimente le risque systémique contre lequel les gouvernements prétendent lutter via encore plus de déresponsabilisation. Plutôt que d’ériger un système de supervision bureaucratique chimérique, les autorités européennes doivent s’empresser de rétablir la liberté, l’égalité et la responsabilité sur les marchés financiers en abolissant les trois principaux privilèges qui nuisent à leur bonne régulation.

Abolir le monopole bancaire

Les agréments, les licences bancaires et plus généralement le système des autorisations sont en France et en Europe les principaux mécanismes juridiques qui permettent de réserver l’activité de dépôt (Directive 2013/36/UE), la distribution du crédit (Art. L511-5 du code monétaire et financier) et la gestion des transactions financières au sens large à une petite élite. C’est ce qu’on appelle le monopole bancaire. Le discours officiel défend ce système au nom de la sécurité des consommateurs. Force est de constater qu’il n’empêche point les crises et les escroqueries de se produire. En fait, on voit mal comment on pourrait conforter la sécurité des consommateurs en restreignant le choix de leurs prestataires. C’est justement parce que ce choix est aujourd’hui inexistant que les prestataires n’ont aucun intérêt à se montrer bienveillant à l’égard des citoyens. Il est de notoriété publique que la cartellisation forcée d’une industrie nuit à la compétitivité de ses activités. Un contrôle n’est efficace que s’il est décentralisé, c’est-à-dire lorsqu’il sollicite toute la société. Dans un marché libre, rien n’empêcherait les consommateurs de s’associer pour constituer des ONG qui exerceraient, sur une autre base que la violence, un contrôle quotidien sur des prestataires qu’il serait possible de remplacer facilement en cas de défaillance.

Le système des autorisations fait tout le contraire. En confiant la supervision à des bureaucraties monopolistiques qui fonctionnent sur la base de la violence, il renforce le phénomène de capture. Il raréfie artificiellement le nombre de prestataires en renchérissant artificiellement le coût de l’accès aux activités bancaires (normes prudentielles). C’est ainsi qu’un établissement bancaire comme Compte Nickel – dont le métier ne présente pourtant aucun risque en ce que cet établissement ne s’adonne qu’à des activités de dépôt sans accorder de découvert – a failli ne pas voir le jour en raison des barrières règlementaires qui restreignent l’accès au marché. Même une alternative a priori plus décentralisée que le financement participatif n’a pas résisté au lobbying des banquiers désireux de préserver leurs privilèges, d’où, en France, une règlementation qui empêche le crowdfunding d’atteindre son véritable potentiel. Pour ce qui est de la distribution du crédit, on ne comprend pas pourquoi cette activité reste réservée à une certaine catégorie de la population quand les petites et moyennes entreprises peinent à accéder aux circuits traditionnels. Loin d’affaiblir les risques bancaires, une telle raréfaction de l’offre ne fait que concentrer l’industrie financière, ce qui déstabilise toute la société. L’ironie tient à ce que cette instabilité entretenue par les gouvernements constitue un prétexte supplémentaire pour mettre en place de nouvelles interférences déresponsabilisantes, cette fois-ci au nom du « too big to fail ». C’est la garantie d’État.

Abolir la garantie d’État

La garantie d’État fait partie des dispositifs qui dérèglent les marchés financiers en neutralisant l’exercice du contrôle social. Ce mécanisme consiste tout simplement à assurer le renflouement des banques défaillantes par le biais de l’outil fiscal. Outre le caractère liberticide d’un tel mécanisme (la société n’a pas à être contrainte à renflouer des institutions irresponsables), celui-ci engendre deux comportements néfastes. Le premier concerne les prestataires de services financiers tandis que le second concerne les consommateurs. Si les prestataires sont convaincus qu’ils ne paieront jamais pour leurs erreurs et qu’ils pourront toujours compter sur l’aide du monopole de la violence légale, ils ne seront naturellement jamais incités à faire preuve d’une gestion financière responsable. Cet aléa moral est également valable pour les consommateurs que sont par exemple les épargnants. En supprimant la notion de risque, la puissance publique rend l’exercice du contrôle social inutile. Les épargnants et plus généralement la société civile n’ont aucun intérêt à se montter vigilants vis-à-vis des pratiques bancaires car ils pourront toujours compter sur le soutien de l’État. Bien évidemment, ces derniers oublient que l’argent massivement injecté dans le secteur bancaire par la puissance publique est celui que leurs descendants devront rembourser. Mais qu’importe. L’intérêt politique d’un renflouement à travers le déficit budgétaire réside justement dans le fait que les générations futures ne constituent pas, par définition, des électeurs qu’il faut séduire.

Certains accusent par exemple le système de banque universelle d’entretenir un risque systémique redoutable (alors que la garantie d’État ne fait rien d’autre que le pérenniser). En émettant l’hypothèse que c’est effectivement le cas, rien n’empêcherait en théorie la société civile, dans un marché libre, de plébisciter des institutions qui se borneraient à exercer des activités de dépôt, lesquelles ne présentent aucun risque. C’est justement la politique de Compte Nickel, l’acteur précédemment évoqué. Plutôt que d’imposer unilatéralement un seul modèle bancaire à tous en interdisant la banque universelle (il n’y a aucune raison de pénaliser les consommateurs à l’aise avec ce modèle), abolir la garantie d’État permettrait à la société de se ré-approprier le risque pour plébisciter des institutions bancaires plus sûres pour peu que l’environnement juridique favorise la diversité des offres financières (ce qui rejoint encore une fois la problématique du système des autorisations qui est une puissante barrière à l’entrée). Nul doute que le risque systémique s’éroderait au fur et à mesure. C’est d’autant plus vrai si l’on supprime la dernière interférence qui déresponsabilise et favorise la concentration du secteur financier. Il s’agit du monopole de l’émission de la monnaie.

Abolir le monopole monétaire

Le monopole de l’émission de la monnaie est sans doute le privilège le plus redoutable. Pour les États, l’intérêt est politique avant toute chose, celui d’un système monétaire monopolistique permettant de financer leurs dépenses via la création monétaire qui a le mérite d’être plus subtile que la fiscalité. Pour les grandes banques, l’intérêt d’établir une autorité monopolistique capable de planifier la monnaie et le crédit (avec le taux directeur) réside dans la faculté de se soustraire aux mécanismes de marché en faisant peser les risques de leurs opérations sur la société sans que celle-ci ait son mot à dire. Il s’agit du rôle de prêteur en dernier ressort. Enfin… nul doute que ce rôle pourrait très bien être assumé par des institutions financières spontanées qui fonctionneraient sur une base contractuelle dans un environnement concurrentiel. Seulement, celles-ci n’auraient pas la possibilité de décréter l’appauvrissement généralisé via la création monétaire (appauvrissement que les élites détentrices d’actifs parviennent à éviter sans problème) puisqu’il serait possible d’échapper au système monétaire inflationniste. Et ça, c’est inacceptable pour les élites financières qui aspirent à émettre excessivement du crédit (rappelons que l’excès de crédits est la cause de toutes les grandes crises) sans rendre des comptes à qui que ce soit.

En effet, lorsque l’autorité monétaire récompense les risques inconsidérés en permettant aux banques commerciales de se refinancer à des taux artificiellement bas, elle rend possibles des investissements qui n’auraient pas été réalisables dans un environnement non faussé par ces interférences gouvernementales. De telles politiques monétaires ne peuvent qu’encourager la formation de bulles et de crises. La solution à ce problème est simple. Il convient de décentraliser l’outil monétaire en abolissant le monopole des banques centrales, le cours forcé, les taxes sur les métaux précieux tout en permettant aux individus de s’acquitter de l’impôt dans n’importe quelle monnaie. Ainsi n’importe quels acteurs et communautés seraient dans la possibilité d’établir des systèmes monétaires contractuellement fondés. Il ne resterait plus qu’aux individus de rejoindre les systèmes jugés les plus sains en fonction de leurs critères personnels. Les industries financières seraient ainsi beaucoup plus soumises au contrôle de la société.

Toutes ces mesures couplées à l’abolition des barrières qui restreignent l’accès aux activités bancaires permettraient de démocratiser l’industrie financière longtemps confisquée pour satisfaire des intérêts particuliers. Le continent européen rétablirait ainsi la liberté, l’égalité et la responsabilité sur les marchés financiers sans lesquelles la prospérité économique et sociale est difficilement envisageable.


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  • Je salue l’initiative d’un article sur contrepoints qui dénonce d’un point de vue libéral les privilèges du système bancaire et financier.
    Je note cependant une contradiction

    « En confiant la supervision à des bureaucraties monopolistiques qui fonctionnent sur la base de la violence, il renforce le phénomène de capture. Il raréfie artificiellement le nombre de prestataires en renchérissant artificiellement le coût de l’accès aux activités bancaires (normes prudentielles). » »
    et
    « lorsque l’autorité monétaire récompense les risques inconsidérés en permettant aux banques commerciales de se refinancer à des taux artificiellement bas, elles rendent possibles des investissements qui n’auraient pas été réalisables dans un environnement non faussé par ces interférences gouvernementales. »

    Mon sentiment c’est que la deuxième proposition est la bonne.
    Dans l’histoire, plus il y a eu une extension de la banque centrale, plus les réserves des banques ont diminué. Ce qui est logique, si vous avez une garantie illimitée derrière vous, vous ne conservez rien en réserve, et vous faites plus de crédit bancaire.
    « Au milieu du XIXème siècle, les banques disposaient couramment de fonds propres représentant plus de 50% de leur bilan. Ce chiffre était tombé aux alentours de 20% en 1900. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, il est inférieur à 10%.  » http://blog.turgot.org/index.php?post/Poncet-Vuillemey-R%C3%A9forme-Banques
    La norme prudentielle est certes bureaucratique mais elle n’est qu’une conséquence de la garantie illimitée par la banque centrale. Sinon, il y aurait de l’hyperinflation et des faillites de partout. Le banquier central joue un jeu d’équilibriste entre stimuler artificiellement la croissance (et financer l’Etat) et limiter le risque d’hyperinflation et de faillite systémique. Evidemment, il le fait mal, et ne peu pas le faire bien, sinon, le calcul économique en régime socialiste serait possible et Mises aurait tort 🙂

    Et donc globalement, dans le système actuel, les taux sont artificiellement bas et le crédit artificiellement abondant.

    • Merci pour votre critique.

      Permettez-moi simplement de vous expliquer mon point de vue sur les normes prudentielles. Certes, je ne nie pas leur importance tant qu’elles restent spontanées. Cependant, la volonté du législateur d’appliquer un même standard à tout le monde, y compris aux acteurs dont le métier ne présente aucun risque (comme c’est le cas de Compte Nickel que je cite deux fois) me paraît dommageable vis-à-vis de la concurrence.

  • Une autre solution libérale que j’ai oublié de mentionner peut consister à abolir le statut de société à responsabilité limitée. Ainsi les actionnaires des banques seraient beaucoup plus incités à contrôler leurs opérations et les risques pris sachant qu’une faillite aurait des conséquences sur leur patrimoine personnel. Certes, les grandes banques s’arrangeraient sans doute pour insérer des clauses stipulant que les actionnaires seront protégées, mais la concurrence aurait une marge de manoeuvre supplémentaire vis-à-vis des institutions irresponsables.

    • C’est le statut qui existe en Suisse : le banquier privé, oh shocking pour un français !!!, est responsable sur ses bien propres, sans limite. Signe que l’étatisme progresse partout, il me semble qu’il existe de moins en moins de ces banquiers. Vous pourriez le vérifier.

      • Tout à fait. Deux grandes banques (Pictet et LODH) ont changé de statut recemment.
        La justice américaine n’tant pas totalement étrangère à la décision des associés.

    • Abolir la limitation de responsabilité me paraît naïf : un actionnaire n’est pas moins motivé parce qu’il ne risque pas de perdre plus que sa mise. Le problème est dans la manière dont les actionnaires peuvent faire valoir leurs opinions et leurs droits de propriétaires. C’est trop souvent aujourd’hui « si ça ne vous plaît pas, vous êtes libres d’investir votre argent ailleurs », tout en sachant pertinemment qu’ailleurs c’est pareil. Le niveau de garantie doit faire partie de la politique commerciale, être connu, compris et accepté par le client, lequel doit avoir un éventail de choix quand il choisit son banquier. La crainte de perdre les clients, événement quotidien, est bien plus motivante que celle de devoir répondre sur ses biens propres en cas de catastrophe exceptionnelle.

  • Un système monétaire monopolistique qui permet de financer leurs dépenses via la création monétaire qui a le mérite d’être plus subtile que la fiscalité.

    Tout à fait d’accord avec cela. C’est même risqué en cas de défaut de paiement d’un grand pays. Je pense à la France. C’est une fiscalité cachée : reculer … pour mieux sauter. Le risque augmente quand les banques sont gavées de ces obligations d’état.

    Avec des effets d’instabilité : comment générer une retraite en basculant sur les obligations. Alors qu’avec l’âge, il faudrait des actifs plus surs, les obligations d’état deviennent de plus en plus pourries, et de plus le taux chute anormalement vers zéro, donc vers le n’importe quoi.
    Il est vrai qu’en fRance, pays marxiste, c’est l’état qui paye les retraites. Toutes. Alors ceux qui voudraient échapper à son aile protectrice prédatrice sont mal venus. Ce sont des empêcheurs de tourner en rond.

  • Il peut être intéressant de rappeler que dans son « Gründrisse », Karl Marx lui-même avait validé l’absolue efficience du système financier libéral qui avait eu cours en Ecosse pendant un siècle (liberté bancaire, liberté d’émission, monnaies en libre concurrence, etc). Lire ici, à partir de « Before 1845, when the English law of 1844 was forced upon it… » :
    https://books.google.be/books?id=bRaiicobuxIC&pg=PR144&lpg=PR144#v=onepage&q&f=false

    Si vous êtes attentifs, vous verrez qu’en quelques lignes, pratiquement tout est résumé, de manière très honnête :
    1/ L’Ecosse disposait d’un authentique système financier libéral, sans la moindre législation bancaire (rappelons que le fonctionnement de ce même système fut longuement analysé par Adam Smith dans le chapitre de son Wealth of Nations consacré à la monnaie – « Of money considered as a particular branch of the general stock… » – qu’il concluait d’ailleurs par une ode à la libre concurrence entre monnaies).
    2/ A l’inverse, le pseudo-« système libre » américain ne l’était pas. La plupart des Etats disposaient d’une législation bancaire qui interdisaient de facto toute nouvelle concurrence au cartel des banques en place (la Fed est d’ailleurs une simple officialisation de ce cartel).
    3/ En plus d’un siècle d’existence, le système financier libre d’Ecosse n’a pas engendré la moindre crise, la moindre dévaluation, la moindre inflation, le moindre manque ou surplus d’argent. Au contraire de tous les systèmes régulés par des lois et des fonctionnaires.
    4/ Les faillites bancaires pouvaient survenir, mais sans le moindre dommage ou risque systémique : lorsqu’une banque faisait des bêtises, plus personne n’utilisait sa monnaie, c’est tout !
    5/ Marx estime que ce système est la preuve qu’un authentique système financier libéral est d’une solidité à toute épreuve, même si, se désole-t-il, il ne résout rien aux « contradictions du système capitaliste », comme il appelle sa marotte.

    Enfin, on peut quand même savourer l’usage que fait Marx du mot « régulation » : « Scotland is important here because it shows on the one hand how the monetary system can be completely regulated on the present basis […] ». Marx explique ici noir sur blanc que le système financier écossais était bel et bien « régulé »… par l’absence de toute loi, de toute réglementation bancaire, de toute intervention étatique pour protéger des monopoles ! On constatera qu’assez étrangement, peu d’auto-proclamés « marxistes » ont souhaité reprendre à leur compte ce sens marxiste de la « régulation » naturelle 😉

  • Bonsoir,
    Merci pour votre article,
    Je serai curieuse d’avoir votre avis sur finalement la portée des dernières réformes visant à lutter contre le risque bancaire. Je pense notamment à Bâle III, les divers règlements BCE ou encore la loi du 26 juillet 2013 (loi de séparation et de régularisation des activités bancaires). Est-ce efficace ?
    Merci pour l’éclairage par avance,
    M-P

    • Bonjour,

      Pour moi Bâle 3 n’est que de la cosmétique. Obligez les grandes banques à obtenir les fonds propres que vous voulez, elles feront toujours des bêtises si elles restent en situation d’oligopole et qu’elles continuent à bénéficier des faveurs des gouvernements et des banques centrales.

      Quant à la loi de séparation et de régularisation des activités bancaires, c’est la même chose. Dans un premier temps, elle ne concerne qu’une infime partie des activités bancaires et n’aura de fait aucune incidence particulière. Dans un second temps, les gouvernements qui songent à scinder les grandes banques sont hypocrites lorsqu’ils maintiennent leurs privilèges et qu’ils continuent à emprunter des sommes faramineuses via ces établissements qui, bien souvent, prêtent de l’argent qu’elles n’ont pas.

      Je pense que le meilleur moyen de lutter contre le risque systémique consiste à permettre aux banques et aux consommateurs de se ré-approprier le risque tout en introduisant une véritable concurrence pour décentraliser cette industrie.

      • « Bâle 3 n’est que de la cosmétique » : pas seulement malheureusement. Ces normes obligent les banques à prendre des risques qu’elles ne prendraient pas en leur absence, notamment en les contraignant à acquérir de mauvais bons publics au prétexte d’un risque nul. Avec la Grèce, on voit ce qu’il en est de la nullité du risque.

    • Ah oui, je rajouterais qu’imposer de mêmes normes prudentielles gigantesques à tout le monde me paraît pas très intelligent dans la mesure où l’on pénalise encore une fois les petites structures financières qui n’ont pas vocation à exercer des activités risquées.

  • Je suis assez d’accord avec vous.

    Le système monétaire est par définition, par construction monopolistique : il n’existe aucune différentiation entre 1 euro et 1 euro : un sous, c’est un sous.

    A partir de là, essayer de construire une pseudo économie alors que tous les banquiers vendent exactement la même chose est absurde et ne revient qu’à créer du capitalisme de copinage ou des arnaques pour les clients : vous préférez le crédit bleu ou le crédit vert ?

    La pseudo concurrence sur les taux d’intérêts est elle même ridicule, dans un vrai marché libre, il ne pourrait y avoir aucune discussion : même taux, même produit, tout le reste (assurance, services soit disant gratuit, etc…) étant d’une façon ou d’une autre répercutée sur le produit via le magouillage des taux.

    Je vous rejoindrais donc en nuançant :

    1° – Il faut un monopole monétaire parce que celui-ci existe de fait : de la même façon qu’il existe des monopoles de fait sur les mesures (système métrique, puissance, poids, etc…) la création d’une seule mesure pour la valeur (à condition qu’elle ne soit pas subordonnée à une propriété particulière : ni liée à un Etat particulier, ni liée à un métal précieux ou un quelconque index limité en quantité) élimine une partie du problème.

    Nous ne sommes pas loin de là, le nombre de monnaies mondiales étant en fait restreint au couple dollar-euro et à l’équilibre avec quelques monnaies locales (Yen, Yuan, Roupie …)

    2° – Il faut rompre complétement le monopole bancaire et j’irais plus loin que vous : libéraliser complétement le crédit en obligeant tout organisme préteur, non pas à mettre ses taux d’intérêts sur le marché, mais le prix de son intermédiation, ce qui est le seul moyen d’imposer un marché libre au crédit : au lieu de vendre des crédits à 3,5% par exemple, les banques ne pourront revendre les crédits qu’au taux émis par la/les banques centrales (de 1,25% par exemple) et vendront un service d’intermédiation en plus, comprenant la gestion des risques, la marge et tout ce qu’ils aimeront à y mettre, libre au client de faire son choix.

    Cette solution est la seule qui permette de mettre le secteur bancaire dans le marché et de le sortir de la connivence : que le crédit soit libre et l’intermédiation soumise au marché.

    • Il n’y a pas de monopole de fait sur la monnaie. Le monopole de l’euro n’existe par exemple en Eurolande que parce que des lois et des milices de fonctionnaires armés contraignent tout le monde à utiliser l’euro. Idem dans les autres pays, avec leur monnaie légale respective. Rien que cette notion de « monnaie légale » devrait vous mettre la puce à l’oreille ! Depuis 1914, l’impôt est le moyen de coercition N° 1 destiné à faire respecter le communisme monétaire. L’équation est très simple : l’Etat taxe tout échange. Et toutes les taxes doivent obligatoirement être payées à l’Etat en la monnaie du monopole, même si vous ne gagnez pas un sou de cette monnaie du monopole. Résultat : si vous ne vendez pas votre travail, produits, services, et titres en échange de la monnaie communiste d’Etat, vous n’avez pas cette monnaie communiste en poche, et n’êtes pas matériellement en mesure de payer l’impôt exigé par l’Etat. Ce dernier enverra alors ses milices de fonctionnaires pour saisir vos biens. L’impôt est le premier pilier qui permet à l’Etat d’imposer l’interdiction faite à tous les humains d’échanger quoi que ce soit, en dehors de sa monnaie communiste. En 1914, l’impôt généralisé sur le revenu a d’ailleurs été instauré par Caillaux de manière parfaitement simultanée à l’abandon de la couverture-or du franc germinal : le but était de remplacer la confiance naturelle dans la monnaie (apportée par la couverture-or) par la coercition, càd la couverture-flic, qui permettait à la fois d’imprimer de la monnaie à gogo et d’exercer un contrôle absolu sur les individus.

      Un deuxième pilier est le fait que cette monnaie communiste est émise par un cartel bancaire, moyennant intérêts, et que ces intérêts (que quelqu’un doit forcément payer pour que cette monnaie soit en circulation) ne sont jamais émis autrement qu’en tant que principal de nouveaux crédits, eux-mêmes générateurs d’intérêts qui ne sont donc jamais émis en tant que tels. Cela provoque mécaniquement un endettement global toujours croissant (en la monnaie du monopole), ce qui contraint les emprunteurs à chercher par tous les moyens à se procurer de la monnaie monopolistique en circulation pour payer leurs intérêts. En gros, si vous prêtez 100 grammes d’or à Jean moyennant un intérêt de 5%, Jean pourra toujours trouver les 5 grammes d’or des intérêts, même si personne autour de lui n’a de l’or : en creusant le sol. Tout est alors soldé, et on peut oublier l’or. Alors que si vous prêtez 100 euros à Jean, ce dernier ne trouvera jamais les 5 euros des intérêts dans le sol : il devra forcément les capter dans le principal d’un crédit octroyé à quelqu’un d’autre, qu’on peut appeler Jacques. Pour pouvoir rembourser son propre crédit, Jacques devra donc trouver non seulement les 5 euros d’intérêts qu’il doit lui aussi à la banque, mais aussi les 5 euros du principal que Jean avait capté pour payer ses propres intérêts. Et ainsi de suite, dans un feuilleton finalement assez court, qui s’achève toujours par un cataclysme financier et guerrier.

      • Vous m’avez mal compris : le monopole de fait est que la monnaie en tant qu’unité de compte est dans les faits réductible à une seule échelle, une seule unité.

        Le change est possible : on peut changer des Francs en Shillings et vice versa. Alors que l’on ne peut changer des mètres en litres. La monnaie permet de changer des litres d’eaux en mètres de tissus, etc…

        Donc la monnaie est bien un monopole : le marché de l’échange de valeur est entièrement monopolisé par la monnaie, et les différentes couleurs (noms, systèmes de notation, échèles, etc…) qui forment les monnaies locales, privées, etc … ne change absolument rien au mécanisme de fond, il ne font que déporter les problèmes et la nocivité de la monnaie (que vous décrivez très bien) à un autre niveau.

        C’est une chimère de penser qu’un système de monnaies multiples empêcherait d’Etat de taxer : Venise et Rome utilisaient des monnaies multiples et cela ne les a jamais empêché de taxer.

        Pour ce qui est du cartel bancaire, je suis entièrement d’accord et cela est du à la fois à la réglementation par privilège d’émission et du modèle de monnaie indexé et non fiduciaire.

        Tant que la monnaie sera un bien, et qui plus est, un bien indexé, elle sera toxique et manipulable.

        • « on peut changer des Francs en Shillings et vice versa. » Ni plus ni moins que n’importe quel autre bien. Pour y parvenir, il faut l’accord libre de l’autre partie. C’est l’échange volontaire. La monnaie n’est pas un étalon. Parce que la valeur est subjective, il n’y a pas d’étalon possible en économie, pas plus qu’il n’existe de point fixe dans l’espace qui permettrait de soulever la Terre, peu importe les leviers imaginaires des BC.

          • C’est absolument faux : une monnaie est par définition libre de change : vous pouvez changer une pièce de 10 brouzoufs en 10 pièces de 1 brouzoufs et vice versa.

            Ce qui est absolument faux pour les biens ou services : un poulet et 2 cuisses et 2 ailes n’ont absolument rien à voir.

            Un euro qui sert à acheter un coca ou un euro qui sert à acheter un fanta est toujours un euro. Et si je propose le prix d’un coca en Francs ou en Shilling, cela ne change pas la subjectivité que je place dans le prix du coca, cela change juste la façon dont je l’exprime.

            Les fluctuations de change entre monnaies (Francs – Shillings) ne sont que des avatars liés justement à la monnaie indexée et à volume fini.

            • Je crois qu’il faut nuancer. Dans chaque pays, la monnaie monopolistique d’Etat constitue effectivement actuellement un étalon de fait, rendu lui aussi obligatoire par le communisme monétaire. Un très mauvais étalon, un étalon réservé à la plèbe, certes, mais un étalon quand même : les prix dans les magasins sont tous affichés en cet étalon. Il est évidemment inutile de préciser pourquoi un étalon qui rétrécit continuellement est mauvais. Une monnaie-étalon inflationniste, c’est comme un mètre qui perdrait quelques centimètres chaque année, comme un kilo qui perdrait quelques grammes chaque année : comme étalon, il n’y a rien de plus nul ! Au lieu de rendre la vie plus pratique (un étalon, cela sert avant tout d’économiseur de règles de trois), cela complique tout. Ceux-là même qui imposent par la loi l’enfumage par cet étalon pour Simpson’s à la plèbe que nous sommes n’utilisent d’ailleurs pas la monnaie d’Etat comme étalon de valeur. Ils utilisent une autre unité de valeur : le Panier-de-la-Ménagère. Pour suivre l’évolution de la monnaie-étalon réservée à la plèbe, chaque mois, des cohortes de bureaucrates mesurent l’évolution du taux de conversion entre leur propre étalon – le Panier-de-la-Ménagère – et les euros. Ils obtiennent un graphique de l’inflation qui leur permet ensuite de corriger l’ensemble des données brutes exprimées en étalon plébéien (production, croissance, etc), données qui, seules, ne permettent évidemment pas de saisir la réalité des choses, ni de comparer quoi que ce soit. Comme étalon, le Panier-de-la-Ménagère se défend, son gros défaut étant que sa composition pouvant être modifiée d’autorité, sa valeur est manipulable à souhait. L’or reste, lui, un bon étalon : le pouvoir d’achat de l’or n’a quasi pas bougé depuis un siècle. Il n’est pas non plus à l’abri de toutes grosses manipulations, sur le marché à terme principalement, où l’on peut truquer les cours en négociant de l’or qui n’existe pas. Mais c’est le cours or/dollar qui est truqué : si l’or est l’étalon, la manipulation porte sur le cours du dollar, et non plus sur celui de l’or. Le kilo de farine de blé est, lui, un étalon certes « parlant » dans nos régions, mais pas universel. Perso, je n’ai pas de religion toute faite sur l’étalon. La nature de l’étalon est moins importante que ses propriétés : si les commerçants doivent changer leurs étiquettes simplement parce que l’étalon rétrécit continuellement (et non en raison de modifications de la valeur proposée des produits), là, il est évident qu’il faut changer d’étalon !

              Dans un système de liberté monétaire, où chaque commerçant est libre d’accepter ou de refuser quelque titre que ce soit en guise de moyen de paiement, le plus sain est (1) d’avoir les prix affichés partout en un étalon de valeur stable – que l’unité soit le milligramme d’or, le millième de panier-de-la-ménagère, le kilo de farine de blé ou tout autre -, difficilement manipulable, qui ne rétrécit pas, et qui est utilisé partout, (2) d’afficher simplement à l’entrée du magasin les divers moyens de paiements acceptés et les taux du jour, et (3) de payer à la caisse au cours affiché entre la ou les monnaies choisies et l’étalon : quand je paie avec des chèques-repas, des bons d’achat ou des bons de réduction, c’est d’ailleurs déjà ce que fait la caissière du supermarché ! Un étalon reste très utile, parce qu’il permet de comparer aisément les prix, et participe ainsi à la transparence et à l’efficience de la libre concurrence sur la fixation des prix. Mais vouloir le confondre avec un moyen de paiement manipulé, inflationniste, photocopié en roue libre pour financer l’Etat, et qui change de surcroît selon le côté de la frontière monétaire où l’on se trouve, c’est d’une nullité sans pareil !

              • Si une monnaie ne s’impose pas comme outil d’échange quotidien, il est possible d’imaginer qu’un panier des principales monnaies disponibles remplira tout aussi bien le rôle, non pas d’étalon, mais de simplification, si jamais la technologie ne remplit pas cet objectif.

                Il n’y a pas de valeur stable en économie, pas plus que de point fixe dans l’espace. Même avec l’or. On peut le regretter amèrement, mais c’est ainsi.

                Stéphane, si vous pouviez nous éclairer simplement sur les concepts que vous utilisez : monnaie toxique (par principe si j’ai bien compris), monnaie indexée / non indexée, monnaie finie ou infinie… Un lien vers quelque site les précisant, peut-être ?

                • Je ne cherche pas beaucoup plus loin que Friedman, désolé pour la ‘traduction’ mais en gros la solution dont je parle est ‘one pure fiduciary money’, ce qui corrige les problèmes lié au monnaies convertibles (ou indexées sur un étalon) sans parler des autres problèmes (fausse monnaie, volatilité, manipulations, confiance, etc…)

                  La monnaie est toxique pour de nombreuses raison : psychologique d’abord (étudié par de nombreuses écoles de marketing : un service gratuit n’a rien à voir avec un service payant) – sociologique ensuite parce qu’elle crée des systèmes obscurs liés à la richesse, aux inégalités de condition et de chance – politique parce que les manipulations de monnaie permettent des nombreux écarts : corruption, monopoles restrictifs, etc… – et économique ensuite : l’attrition comme la surabondance de monnaie en circulation créent des effets toxiques.

                  Fondamentalement, la monnaie est un ‘report de confiance’ qui transforme un rapport humain subjectif en une valeur objective. La monnaie est fondamentalement amorale et toute les tentatives pour moraliser la monnaie d’une façon ou d’une autre sont toxiques.

                  La loi de Friedman en résumé dit que le seul taux admissible pour une banque centrale est 0 : un taux positif détruit de la monnaie, un taux négatif la crée (ou oblige à en créer et à en détruire). Comme cela n’est pas possible à court terme (le besoin de monnaie est contextuel) cela doit être dilué sur le long terme et par la masse : plus la masse de monnaie est importante, plus il est possible de se rapprocher de du taux zéro. Ce mécanisme est impossible dans une solution privée : il est absolument impossible que des banques privées ne se rémunèrent pas ou ne reporte pas le coût de gestion d’une monnaie, cela n’est possible qu’avec une monnaie fiduciaire pure.

                  • Je ne vois pas à quoi vous faites référence avec la « loi de Friedman ». Un lien ?

                    Sinon, votre proposition est-elle d’imprimer une monnaie monopole d’une BC de manière illimité à taux nul afin de supprimer les effets négatifs que vous attribuez à la monnaie ? En pratique, on fait comment ?

                    • http://en.wikipedia.org/wiki/Friedman_rule
                      http://macroeconomicanalysis.com/macroeconomics-wikipedia/friedman-rule/

                      Oui, une monnaie monopole fiduciaire (la version ‘cash’ est un autre problème) émise par la BC en demande des banques (et non le contraire) et dont le taux d’intérêt est zéro.

                      Comme le taux d’intérêt réel est difficilement adaptable à zéro au jour le jour, le taux réel est à zéro sur le long-moyen terme : négatif en cas de déflation et positif en cas d’inflation, afin de produire ou détruire la monnaie qui est nécessaire.

                      Les banques n’étant alors que des intermédiaires de gestion de risque : elles se rémunèrent sur la couverture de risques et sur l’intermédiation (frais de dossiers, vérifications …) et servent de détaillants et gèrent les impayés, contentieux etc… et placent les dépôts dans la BC pour équilibrer leur bilan (si elles veulent, rien ne les empêchent de court-circuiter le système, mais avec un taux à zéro et de la visibilité sur les frais, cela ne sert pas à grand chose.

                    • Pour le dire aimablement, je crains que votre lecture enthousiaste n’excède quelque peu les préconisations de l’économiste. Dans votre propre lien, très intéressant au demeurant, on peut lire en effet :

                      « Therefore, nominal rates of interest should be zero. In practice, this means that the central bank should seek a rate of deflation equal to the real interest rate on government bonds and other safe assets, to make the nominal interest rate zero. The result of this policy is that those who hold money don’t suffer any loss in the value of that money due to inflation. »

                      Si vous laissez les banques obtenir sans limite la monnaie qu’elles demandent, comment obtenez-vous le taux de déflation exigé par Friedman ? Comment protégez-vous les détenteurs de monnaie alors que c’est le but recherché par Friedman ?

                      Avec sa proposition un peu excessive qui est surtout un bel exercice théorique de démonstration, Friedman espère annuler un des effets pervers des interventions discrétionnaires de la puissance publique. La règle de Friedman n’a donc rien à voir avec l’open bar monétaire que vous semblez préconiser. C’est même l’exact inverse qui est envisagé. Friedman a passé sa vie à dénoncer l’inflation pour ce qu’elle est, « toujours et partout un phénomène monétaire en ce sens qu’elle est et qu’elle ne peut être générée que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production ». Votre projet de monnaie open bar qui détourne le sens véritable de la règle de Friedman, c’est la ruine immédiate des entrepreneurs, des épargnants, des salariés, des capitaux, des investissements, de l’ensemble des principes capitalistes. Face à cette monnaie illimitée, donc inutilisable puisque sans valeur, comment empêcherez-vous la population de choisir spontanément d’autres monnaies ? Par la violence ?

                      Friedman ne donne pas un manuel idéal pour le parfait banquier central. Tout en suggérant parfois que la concurrence monétaire serait la solution, Friedman est réaliste. Il sait bien qu’il faut faire avec les BC en attendant. Dans cet esprit, il émet un certain nombre de propositions pour empêcher les BC, tant qu’elles existent, de nuire à l’économie. Pour bien comprendre les propositions de Friedman, il convient de toujours garder à l’esprit sa fameuse sentence :

                      « La monnaie est une chose trop importante pour la laisser aux banquiers centraux. »

                      Pour ceux qui en doutent encore :
                      – mis à part le vide sidéral, l’abondance n’existe nulle part. L’économie est l’ensemble des principes de gestion de la rareté, de telle sorte que cette dernière ne soit plus un problème.
                      – pour que la rareté ne soit pas un problème, un grand principe est de ne pas confier les leviers de l’économie à des amateurs : politiciens, fonctionnaires, banquiers centraux…
                      – aucun bien (ou service) n’a de valeur propre mesurable. La valeur apparaît seulement lors de l’échange volontaire.
                      – il n’existe aucun point fixe permettant d’étalonner la valeur. La valeur est en permanence découverte par le marché libre à travers les prix et les quantités. Transaction après transaction, l’économie est en perpétuel déséquilibre vers l’équilibre suivant, et ainsi de suite, sans fin.
                      – la monnaie est un bien comme un autre.
                      – les monopoles interdisent les échanges volontaires. Ils détruisent la valeur. Le pire des monopoles est le monopole monétaire qui affecte l’ensemble de l’économie et dont les dérives se terminent par des crises aussi dramatiques que fréquentes.

                    • Je crois que vous n’avez pas compris ma proposition (qui n’est clairement pas la mienne, je ne prétend n’avoir aucune paternité dans la loi de Friedman)

                      Le taux d’intérêt est nul sur le long terme, ce qui ne veut absolument pas dire open bar : cela veut dire exactement le contraire : toute monnaie créée doit être détruite.

                      Un taux directeur positif détruit de la monnaie à terme : l’emprunteur rend plus à la BC que ce qui lui a été prêté et la BC détruit l’excédent – un taux directeur négatif fabrique de la monnaie à terme : l’emprunteur rend moins de monnaie que ce qui lui a été prêté.

                      Quand une demande de monnaie se fait plus forte, les taux augmentent, ce qui a pour effet de réduire potentiellement la masse monétaire tout en l’amplifiant dans le court terme : pendant le prêt, la masse est supérieure, mais le bilan est négatif en fin d’opération.

                      La monnaie n’est pas une richesse, la monnaie n’a pas de valeur (je parle ici d’une monnaie fiduciaire, pour une pièce ou un billet c’est différent), une monnaie est un moyen d’accéder à la richesse, comme vous le dites, la monnaie est un moyen de gérer la rareté.

                      Les seules choses que l’on demande à une monnaie est d’être stable dans le temps.

                      La monnaie ‘bien’ est un sophisme très puissant, qui est à l’origine du pouvoir des Etats depuis leur création. Le monopole de frapper la monnaie est un des plus puissant monopole régalien et il ne repose que sur un seul sophisme : la monnaie doit être physique, réelle, concrète.

                      Ce qui est complétement faux : la monnaie est ontologique, immatérielle.

                      Si je vous dit que je vous doit 3 euros parce que vous me vendez 1 kg de tomate, et que la semaine prochaine, je vous vend 1 kg de pommes ce qui annule la dette : nous avons fait marcher l’économie.

                      Si au lieu de cela, vous ne voulez de moi que des pièces de monnaie, vous avez restreint l’économie, parce que la transaction ne dépend plus de la valeur des choses, mais de la possession ou non de la somme (que je peux avoir ou pas). En me demandant des pièces, vous avez sacrifié l’économie à l’autel du pouvoir.

                      La monnaie marchandise est un des sophismes à la base du marxisme et du capitalisme de connivence.

                      Je n’arrive pas à comprendre votre point de vue : cette position est combattue par tous les socialistes du monde : c’est le diable turbo libéral

                      Cette idée vient de Locke qui pose les bases du système de banque centrale : c’est clairement un des fondement du libéralisme de ‘rendre à César ce qui appartient à César’, système qui a ensuite été reprise par Keynes et modifiée (corrigée) par Friedman.

                      Les dernières évolutions vont dans le sens de régulation totale par les BC, vu les problèmes rencontrés lors des crises.

                      http://www.revue-banque.fr/risques-reglementations/chronique/rendre-monopole-creation-monetaire-aux-banques-cen

              • Au moins on est d’accord sur l’avantage d’avoir un étalon unique.

                Juste 2 secondes : qu’est-ce que l’inflation (ou la déflation) d’autre que la variation des prix d’une référence générale, soit celle qui frappe le plus les citoyens : le fameux panier de la ménagère ?

                Si la monnaie (fiduciaire pure) est constamment valorisée via les taux afin que l’inflation soit nulle … quel est le problème de taux d’intérêts des BC ?

                Ne cherchez pas la réponse, elle est dans l’article de Ferghane : le problème vient de la connivence des banques, qui parce que leur business model est calcifié depuis le XIX° siècle : prise de bénéfices sur les taux d’intérêts et anticipation des taux, foutent un joyeux bazar dans le système financier.

                Aucune banque ne prête quand les taux de la BC sont bas : aucune ne prend le risque de voir les taux remonter dans le futur, surtout si les Obèses leur remplissent les poches sans aucun risque. D’où sclérose de l’économie.

    • La monnaie n’est pas un étalon de valeur en soi et n’a rien de commun avec le mètre-étalon par exemple. Il est vain d’espérer créer un étalon économique, simplement parce que la valeur est subjective. Chaque bien est un étalon de valeur pour n’importe quel autre bien, sans qu’on puisse vraiment savoir qui du numérateur ou du dénominateur du ratio de la valeur influence le plus les variations. La monnaie est un bien parmi les autres qui présente la spécificité de faciliter les échanges. Si un autre bien facilite encore plus les échanges, on le choisira préférentiellement à la monnaie, malgré le monopole matérialisé par le cours légal.

      Le monopole monétaire sur la monnaie fiduciaire est parfaitement artificiel et explique à lui seul la plupart des crises. Sans alternative, il convient désormais d’abolir les monopoles monétaires périmés (et les BC avec), sans aucun regret. Lire cet article avec toute l’attention qu’il mérite :
      http://davidstockmanscontracorner.com/from-whence-cometh-our-wealth-the-peoples-labor-or-the-feds-printing-press/

      • Oui la valeur est subjective et c’est exactement pour cela qu’il faut un langage commun pour permettre les échange : il est absolument impossible de vendre un objet dont la valeur est exprimée en Brouzouf à un acheteur qui lui estime la valeur en Schmall.

        La monnaie indexée essaye de mettre en place un moyen de notation objectif : le rapport à l’or est une vaine tentative d’objectiver la notation de la valeur. Or ce système est faussé par définition : personne n’apporte de valeur subjective réelle à l’or qui n’a de valeur que parce qu’il « objectivise » la monnaie.

        La monnaie ‘bien’ est à l’origine de toutes les théories socialistes de l’économie : si la monnaie est un bien, sa disponibilité est finie et l’économie se résout à un problème de partage de parts de pizzas, d’où les riches et les pauvres, les capitalistes et les prolétaires, les revenus du capital et ceux du travail, la monnaie qui devient chère car rare, etc…

        Cette conception de la monnaie ‘bien’ est la source de toutes les crises, inflationnistes comme déflationnistes et des problèmes sociaux gauche droite depuis deux siècles au moins.

        Si tous les Français décident de vendre leur maison à leur voisin le même jour, en faisant un prêt d’un mois qui sera alors remboursé, vous faites un QE de plusieurs centaines de milliards en un jour et un immense feu de joie un mois plus tard.

        Tout système monétaire qui induit des effets de bords aux échanges de ce type est par définition néfaste, politique, sous la coupe soit de l’Etat, soit des banques, soit des petits malins qui montent des systèmes de Ponzi.

        • Le langage commun, c’est l’échange volontaire sur le marché libre. Le monopole (d’abord le monopole monétaire) tue le marché et empêche l’échange. Loin d’être un langage commun, il nous rend muets.

          La monnaie ne peut pas ne pas être un bien (ou un service si vous voulez pinailler, mais c’est exactement la même chose). Si la monnaie était effectivement disponible sans limite, elle échapperait à tout raisonnement économique. Notre monde n’est pas un monde d’abondance mais de rareté, même pour la monnaie. C’est l’objet de l’économie d’étudier comment la rareté est gérée. Poser l’abondance monétaire, c’est renoncer à parler d’économie.

          • La monnaie est un transfert de confiance dont l’existence n’est due qu’à la durée du transfert : pour le troc, elle est nulle, elle est virtuelle pour les transferts contractuels (reconnaissance de dette, chèque … ) et n’existe que quand l’échange n’est pas contractuel.

            La monnaie est donc toxique : son existence n’est justifiée que lorsqu’un tiers est nécessaire pour assurer l’échange.

            Tout l’enjeu de l’économie est de réduire la toxicité de la monnaie et ce n’est pas en la limitant qu’on y arrive : cela crée de facto une connivence entre celui qui gère la pénurie et celui qui en profite.

            • « réduire la toxicité de la monnaie et ce n’est pas en la limitant qu’on y arrive »

              L’abondance exubérante de Super Mariolle qui multiplie les billets comme Jésus-Christ multipliait les petits pains est tout autant vénéneuse.

              • Les BC ont contrit la masse monétaire, voire détruit de la monnaie en pagaille en pratiquant des taux inférieurs à l’inflation pendant des années, voir en créant des mécanisme déflationnistes par attrition de monnaie comme au XIX° et ca ne semblait gêner personne, surtout pas ceux qui hurlent maintenant au loup en parlant du QE, en gros surtout pas ceux qui profitent au maximum de cette connivence et de la pénurie de monnaie.

                La « répartition » de la pénurie de richesses et tout aussi toxique que la « répartition » de la pénurie de monnaie.

                La limitation du volume monétaire est la cause principale de l’opposition capital-travail, l’origine de la théorie marxiste tout comme du capitalisme de connivence et de tout le socialisme qui suit.

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