Brexit : laissons les Anglais quitter l’Union (s’ils le souhaitent) !

David Cameron (Crédits : Number 10, licence CC BY-NC-ND 2.0)

Que veulent les Britanniques ? On le verra au moment du référendum.

Par le Parisien libéral.

David Cameron (Crédits : Number 10, licence CC BY-NC-ND 2.0)
David Cameron (Crédits : Number 10, licence CC BY-NC-ND 2.0)

 

Nous avons décidément un président de la république extraordinaire ! Le Président Hollande, à l’occasion de la visite de David Cameron, le brillant vainqueur des dernières législatives britanniques, ne s’est-il pas permis de donner des conseils au peuple anglais ?

Hollande a en effet affirmé que la France souhaite que la Grande-Bretagne reste dans l’Union européenne…

Ça devient gênant, cette propension, liée aux dérives de la démocratie représentative, de croire que les gouvernants sont autorisés à parler en notre nom. Non, la France ne souhaite pas que la Grande-Bretagne reste dans l’Union européenne… Le président Hollande le veut, mais les Français, eux, soutiennent le Brexit !

brexit

Que veulent les Britanniques ? On le verra au moment du referendum. Mais 10 ans après le « non » au référendum de 2005 portant sur le traité constitutionnel européen, peut-être que les gouvernants de tout poil pourraient faire un peu profil bas quant à leur mépris des opinions du peuple, quand elles divergent de ce qu’ils pensent, eux.

Hervé Mariton se demande si on pouvait profiter de l’initiative de David Cameron pour changer l’Europe ; c’est bien, mais ce n’est pas le point prioritaire auquel la France devrait s’atteler. Avant de critiquer l’euroscepticisme croissant de nos voisins et amis britanniques, nous pourrions éventuellement balayer devant notre porte.

Hollande aime rappeler qu’en Europe, il y a des règles. Pourquoi ne commence-t-il pas par rappeler au gouvernement de Manuel Valls qu’il est impératif (et c’est dans les traités) que la France ait des finances respectant les critères de Maastricht ? Hollande ne veut pas des relents xénophobes qui pourraient se loger dans telle ou telle déclaration anti-immigration bulgare au Royaume-Uni ? Pourquoi ne rappelle-t-il pas à Manuel Valls encore, que refuser des quotas de migrants suggérés par Bruxelles, c’est avoir le même point de vue, à tort ou à raison, que l’extrême droite qu’il dit combattre ?

Bref, on l’aura compris, avant de critiquer le souverainisme des britanniques, nous pourrions nous interroger, nous, sur notre prise de distance vis-à-vis du fédéralisme européen. La paille et la poutre…


Sur le web