Comment les emplois verts détruisent l’emploi privé

Havana Painters credits Chris Goldberg licence (CC BY-NC 2.0)), via Flickr.

Ruineux pour le contribuable, les emplois verts détruisent l’emploi privé et ne sont pas pérennes comme le démontre l’exemple américain.

Par Fabrice Durtal.

Havana Painters credits Chris Goldberg licence (CC BY-NC 2.0)), via Flickr.
Havana Painters credits Chris Goldberg licence (CC BY-NC 2.0)), via Flickr.

Les ministres de l’Écologie changent, mais le fonds de commerce reste le même. En 2012, la calamiteuse Delphine Batho annonçait la création de 100 000 emplois verts d’ici à 2016. L’éphémère Philippe Martin, son remplaçant, n’a pas eu le temps de commenter ces prévisions. Et, sitôt arrivée boulevard Saint-Germain, la tonitruante Ségolène Royal s’est empressée de confirmer la création de ces 100 000 postes en trois ans grâce à la transition énergétique.

Les emplois verts, quésaco ? L’ONU les définit comme les jobs qui, dans l’agriculture, l’industrie, la recherche, l’administration ou les services, « contribuent à préserver ou à restaurer la qualité environnementale ». Cette nomenclature va des installateurs de panneaux solaires aux agriculteurs que la Cour des comptes vient pourtant d’épingler pour un usage abusif de pesticides sur les fruits et les légumes. Selon l’« Observatoire national des emplois et des métiers de l’économie verte » ces professions ne sont pas si nouvelles puisqu’elles « correspondent à des emplois existants pour lesquels des adaptations sont nécessaires (…) en termes de formation. ». En clair, il s’agit de métiers conventionnels verdissant grâce à la magie d’un coup de tampon administratif !

Passés, présents ou à venir, ces métiers sont lourdement subventionnés. Selon certains experts, chaque emploi « vert » a absorbé près de 358 000 euros, cinq à dix fois plus que dans le reste de l’économie. Que l’État coupe les vivres et ces emplois font pschitt. En décembre 2010, le moratoire de trois mois sur l’obligation de rachat de l’électricité solaire aux tarifs subventionnés par EDF a provoqué la faillite de plus de 70 % des PME du secteur dans certaines régions françaises !

La France n’est pas le seul pays shootant les emplois verts avec de l’argent public. En Allemagne, selon les estimations de l’Institut d’études économiques RWI Essen, ils sont subventionnés dans une fourchette allant de 175 000 à 244 000 euros par emploi. En Italie, l’Institut Bruno Leoni, estime qu’un seul emploi vert coûterait au contribuable italien entre 566 000 et 1,26 million d’euros par an !

Une « Journée des Emplois Verts »

La ponction fiscale occasionnée par ces emplois verts pèse sur la consommation des ménages. Par contrecoup, elle ampute l’activité du secteur marchand. Selon l’IREF (Institut de recherches économiques et fiscales), un think tank libéral, le solde net entre les emplois verts créés et les emplois privés détruits est négatif. Un emploi vert coûte en moyenne 358 000 euros par an contre 55 000 euros pour le même emploi dans le privé. Sur cette base, le Grenelle de l’environnement entraînerait la destruction de 700 000 emplois marchands, estime l’IREF.

Pire : les emplois verts ne sont pas pérennes comme le démontre notamment l’exemple américain. En 2009, au début de son premier mandat, le Président Obama a consacré 10 milliards de dollars pour encourager la création d’emplois verts dans l’industrie US. Trois ans plus tard, selon le Wall Street Journal, le bilan est décevant puisque la plupart des entreprises qui avaient reçu des aides pour verdir l’emploi ont fait faillite.

Parmi elles, l’exemple de la société Solyndra a pris valeur de symbole national. Cette société a fait faillite après avoir bénéficié de 535 millions de dollars de subventions, soit 535 000 dollars par emploi. Au-delà de Solyndra, une bonne partie des 50 000 emplois verts lancés avec l’argent des contribuables américains se sont autodétruits.

En France, les créations d’emplois ne sont pas la seule source de gaspillage. S’y ajoutent des dépenses de promotion parfois faramineuses. Ainsi, durant l’été 2013, le maire de Sainte-Marie, une commune réunionnaise, a organisé, une « Journée des Emplois Verts » qui a suscité la polémique. Son coût a atteint 110 000 euros, dont 56 000 euros pour des actions de sensibilisation et d’éducation à l’environnement. La totalité de ces dépenses a été financée par le Conseil régional. Une réussite : le taux de chômage de La Réunion vient de franchir le cap des 30 % après avoir stagné autour de 29 % durant plusieurs années !

  • «L’écologie, oui ! les écolos, non !»Les Enquêtes du contribuable d’août/septembre 2014 – 3,50€. Vous pouvez commander en ligne ce numéro. Également sur abonnement

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