Affaire Bluetouff : faisez gaffe à les procureurs bourrés

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Justice (Crédits Michael Coghlan (licence CC-BY-SA)

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Affaire Bluetouff : faisez gaffe à les procureurs bourrés

Publié le 25 mai 2015
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Les intertubes, vu par la Justice et l’État, cela a quelque chose de magique qui peut vous conduire droit en prison même si vous n’avez rien fait d’illégal. J’en parlais il y a un peu plus d’un an : si, en utilisant un moteur de recherche public, pour accéder à des documents publics, sur un site public, vous téléchargez ces documents et qu’il s’avère, plus tard, qu’ils sont un brin confidentiels et qu’ils ont été rendus publics par erreur, le blâme sera pour vous. Eh oui, « fallait pas gogueuler, mon brave ! ».

Oui, je sais, dit comme ça, cela paraît un tantinet ubuesque, et on comprendra à demi-mot que j’ai encore joué d’exagération ou de raccourci.

Il n’en est rien.

Cette mésaventure est arrivé à un blogueur, Bluetouff, qui est tombé en août 2012 de façon banale sur un répertoire de l’extranet de l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments pour les humains et les animaux (l’ANSES) contenant plusieurs milliers de fichiers sur un serveur non sécurisé par erreur. Ici, l’erreur provient non de Google ou du blogueur, mais bien de l’ANSES qui a laissé totalement accessible au public des données confidentielles.

pc tech support cat

Jusqu’ici, on est juste dans le ridicule.

Le blogueur, tombant sur ces documents publics (l’aspect confidentiel n’étant absolument pas visible puisqu’aucune protection ne les entourait), en prend copie et mentionne l’énorme boulette de sécurité sur son blog. L’institution découvre sa bévue et poursuit Bluetouff, qui sera totalement blanchi, relaxé à l’issue du procès, alors même que l’ANSES ne se porte même plus partie civile, sans doute consciente du ridicule de sa position.

Pas de coupable, plus de victimes ? Vite, l’État doit absolument agir ! Le parquet décide donc de poursuivre, histoire de claquer les thunes du contribuable et d’ajouter une nouvelle jurisprudence honteuse au tableau de chasse déjà scandaleux de la France en la matière.

Magie d’une Justice synchrone avec son temps, pas du tout aux ordres d’un État devenu policier : ce qui devait arriver arriva et lors du procès en appel, le blogueur est condamné pour s’être vilainement « maintenu frauduleusement dans le système de traitement automatique de données », autrement dit qu’il savait qu’il n’était plus en terrain public et qu’il a malgré tout copié 8 Go de données.

Tout va bien. À présent, grâce à ce jugement consternant (tant sur le plan du droit que sur le plan technique ou même logique), un internaute qui tombe par hasard sur un document sensible qui aurait fuité par l’incompétence d’une institution ou d’une entreprise quelconque pourrait se trouver accusé de « vol » et de « maintien frauduleux dans un système de traitement automatisé de données ».

Nous sommes en France : si l’affaire peut empirer, elle empirera d’autant que, rappelons-le, il n’y a toujours pas de victime. Elle ne s’arrête donc pas là.

Devant l’iniquité du jugement, et motivés par l’impact scandaleux sur l’ensemble des internautes que cette jurisprudence amène (et qui peut ainsi permettre de condamner n’importe qui pour avoir simplement fait un travail d’alerte indispensable dans toute démocratie, par exemple), Bluetouff et son avocat se pourvoient en cassation.

im in your pc stealing your internetsPourvoi qui, dans une logique qu’on a bien du mal à comprendre, vient d’être rejeté : le jugement en appel est donc confirmé, et le blogueur se retrouve donc bel et bien condamné pour avoir trouvé de façon légale et recopié des documents parfaitement publics.

La tournure ubuesque de l’affaire mérite cependant, comme le fait fort justement Reflets, le site de Bluetouff (entre autres), de prendre un peu de recul et de poser quelques questions au premier rang desquelles celle de savoir pourquoi, subitement, le parquet a décidé de s’acharner ainsi contre le blogueur.

On parle bien d’acharnement, ici, parce que le plaignant ayant retiré sa plainte, les documents soi-disant sensibles étant en réalité d’intérêts publics évidents, et comme il n’y a de surcroît pas le moindre piratage de site ni la moindre fraude, pas plus que le moindre vol (celui-ci étant caractérisé par la perte de possessions d’un bien, ce qui n’a pas été le cas pour ces fichiers qui n’ont été que copiés, pas détruits), il apparaît qu’il n’y a en l’espèce plus rien à reprocher à Bluetouff.

Dès lors, pourquoi continuer ?

Peut-être peut-on supposer que Bluetouff, l’un des contributeurs réguliers de Reflets, est dans les petits papiers de l’État, et ce d’autant plus que Reflets fut le premier journal à évoquer les contrats d’Amesys en Libye et de Qosmos en Syrie (vous savez, Amesys, ceux qui fournissent les sondes internet que la Loi Renseignement a rendues commodément légales).

Peut-être…

Et peut-être est-il inutile de rappeler les liens étroits entre la Libye et Sarkozy, et entre Sarkozy et Laurence Vichnievsky (qui a reçu une belle Légion du président en 2009), cette même Laurence qui se retrouvera avocat général dans le procès en appel qui nous intéresse et qui sortira, en toute lucidité :

« Comme tout le monde dans la salle, je n’ai pas compris le quart de ce qui a été dit aujourd’hui, mes enfants auraient mieux compris que moi, mais il faut condamner [Bluetouff] »

bad dogBen oui. On n’y comprend rien, mais condamnons à tout hasard, des fois que, sait-on jamais, … Voilà une intéressante position qui en dit long à la fois sur le sérieux qui a entouré les décisions prises dans cette affaire, et sur la façon dont certains entendent rendre justice en France.

En tout cas, même sans aller chercher l’acharnement et l’éventuel complot, l’incompétence du parquet est ici manifeste : ils n’y comprennent rien. Et tant qu’à n’y rien comprendre, on attend les prochaines condamnations d’autres internautes qui auront cliqué malencontreusement sur l’un ou l’autre lien amenant à des fichiers rendus publics par la maladresse d’une administration quelconque (cela est vite arrivé), mais, surtout, on attend la position officielle de la Justice face à Google qui a, lui aussi, fouillé et indexé ces documents et s’est donc « maintenu frauduleusement dans le système de traitement automatique de données ». La justice devant être la même pour tous, Bluetouff condamné, Google devrait l’être aussi.

Et sinon, vous aussi, vous avez de moins en moins confiance dans la justice de ce pays ?

—-
Je vous recommande l’interview par Thinkerview de Me Iteanu, l’avocat de Bluetouff qui donne des éléments juridiques de l’affaire, ici :

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  • Simple citoyen lambda si vous faites, à votre insu, une erreur vous êtes condamnable et condamné.
    Si vous êtes un politique ou de la caste des privilégiés et que vous vous permettez de faire tout et n’importe quoi …. aucune inquiétude le non lieu vous est assuré.
    Liberté ?Egalité ? Fraternité ???

    • La Loi n’est que la somme des articles définissant ceux qui ont le droit de ne pas la respecter
      Dit autrement, la loi précise donc qui a le droit de voler légalement, et qui n’en a pas le droit.
      Ce serait probablement résumable en une seule ligne mentionnant cette caste autorisée, et ca nous aurait allégé des tonnes de textes abscons…
      Pour les autres : direct au gnouf, ne touchez pas 20000 : iMonarchie 2.0

      N’est pas Dumber qui veut <o)

      • « Pour les autres : direct au gnouf, ne touchez pas 20000 : iMonarchie 2.0 »

        Attention quand on touche a la monarchie: ma monarchie (constitutionnelle) a moi est infiniment plus frequentable que votre republique. On n’y tolererait pas 10% des « affaires », l’immunite dont jouit votre personnel politique, encore moins l’utilisation du systeme judiciaire a des fins politiques.
        Je ne suis ni specialement royaliste, ni particulierement republicain , je suis pour la liberte. Et l’Etat de Droit (the Rule of Law). Et ma monarchie fait beaucoup mieux que la France dans ce domaine.

        Modération : accents svp, il n’y aura pas d’autre avertissement

  • Si je me rappel bien de ce que j’avais lu à l’époque, il était tombé sur un Index Of remplis de documents et avait télécharger tous les documents après en avoir lu certains.
    Quand on laisse des documents dans un répertoire sans le sécurisé (ne serais se qu’un index vide ou même un .htaccess) ça s’appelle une faille. Pour tomber sur ce genre de page dans Google il faut faire des requêtes plutôt spécifique (grâce au intitle entre autre), ça pause pas de problème quand le site est une seedbox ou un petit cloud perso, mais quand c’est une agence gouvernementale c’est plus dérangeant, il l’avait sûrement vu dans l’adresse et dans l’intitulé des fichiers que c’était pas des vidéos de chaton.
    Qui plus est il n’a pas juste télécharger 2-3 fichiers, il a carrément aspiré le contenu (8000 fichiers !), c’est pas anodin.
    Bref il y avait une faille dans une agence gouvernementale, il est sûrement pas tombé dessus par hasard, il l’a exploité et il a partagé les fichiers.
    Si demain vous trouvez un index of sur le site de la police nationale, que vous lisez un des fichiers et que vous voyez qu’il est classé secret, allez vous tous les télécharger et les partager ?
    Tombé sur une faille et une chose, l’exploiter en est une autre. Quand tu tombes sur une faille (ça m’est déjà arrivé plus d’une fois), tu avertis l’administrateur du site, et une fois la faille comblé tu peux en parler (à titre informatif).
    Bref il est pas tout blanc mais l’ANSES à aussi ses tords. Les responsables de la sécurité de cette agence devrait eux aussi être puni pour cette erreur de débutant

    • Pourquoi, les données sont à nous, nous les payons tous les ans, n’est-ce pas.

      • La bombe nucléaire aussi dans ce cas la
        Les casiers judiciaire
        Les stratégies des raids contre l’EI aussi
        Les fonctionnaires nous appartiennent aussi dans ce cas (ont les payent tous les mois)

        • En théorie et c’est comme ça dans beaucoup de pays, ils sont à notre service « public », en pratique, j’ai souvent l’impression de devoir faire le travail moi-même et d’être à leur service.

    • Excellent raisonnement !
      J’en déduis que vous êtes un farouche militant de l’interdiction du métier de journaliste (autres que les publi-reporters du 20h), parce que je ne sais pas comment ils feraient leur boulot sans aller chercher l’info a la source…
      <o)

      • Non du tout je suis plutôt un défenseur de ce noble métier, mais ça ne doit pas ce faire par le vol de donné, encore dans l’affaire Snowden je comprends totalement et j’admire même le courage de ce lanceur d’alerte car c’est quelque chose d’anti-démocratique qui à pu être révélé au grand jour, mais la ce n’est pas le cas du tout.
        Tu c’est 99% des journaliste ne vont pas voler des donnés à tel ou tel entreprises/personnes/organisation pour faire leur travail, ils utilisent des sources et des indices, il ne font pas une copie d’un serveur complet et quand ils trouvent une faille il avertisse les propriétaires du site.

        • « Tu c’est »
          Écriture automatique ?
          « il avertisse »
          Manifestement, oui.

          « je suis plutôt un défenseur de ce noble métier »
          Mieux vaudrait vous abstenir de commenter, alors. Vous donnez un piteux exemple.

          • Je m’excuse pour l’orthographe, je tacherais de m’appliquer un peu plus .

            Donc si on défend un métier on doit en défendre toutes les méthodes ? Arrêtons l’hypocrisie 2 minutes ! Sinon moi aussi je lance mon blog, je cherches des sites contenant des failles (rien de plus facile grâce a Google) et je les exploites . Je ne serais pas pour autant un journaliste. Il y à d’autre moyen que celui la d’obtenir des informations.

            • Sur les navigateurs google ou Firefox, vous avez la correction orthographique. Clic droit sur le mot sélectionné.
              Après cela, pour la correction grammaticale, c’est un peu plus compliqué.

    • Belles remarques à côté de la plaque. Dites-moi, pour les trouver avec Google, il faut qu’elles soient indexées, vous en conviendrez aisément ; dans ce cas, pourquoi Google n’est pas poursuivi pour exactement le même motif (« maintien frauduleux dans le système de traitement automatique de données ») ? Après tout, il a lu, il a indexé, et il a même copié (en cache).

      • Google est un algorithme, il n’a aucune conscience/intelligence, et tout administrateur peut aisément retirer certaines page de l’index Google (un simple sitemap ou depuis l’outil des webmaster).
        On ne peut pas traiter de la même manière un algorithme qu’un être humain, qui plus est l’administrateur du site à voulu qu’une partie de ce site soit indexé (il a juste oublié de configurer la sécurisation des répertoires et le sitemap) pour qu’un site soit indexé sur Google il faut en faire la demande ou mettre un lien vers ce site depuis un autre site référencé (le lien doit être un dofollow, l’attribut nofollow bloque l’indexation), le webmaster à donc accepté que son site soit référencé.

        • Haaa… Les fameux Al Gore’isms… on va en bouffer de ces machins là je vous dis… et ca aussi c’est une vérité qui dérange <o)

        • Derrière chaque algorithme, il y a un humain, qui s’autorise à exploiter ce que l’algorithme lui aura fourni. Penser qu’un algorithme n’est pas le visage qu’utilisera un humain, c’est introduire une faille. Et à ma connaissance, on peut très bien référencer un site sans en demander la permission à son administrateur, ou alors je suis dans l’illégalité depuis 22 ans au moins…

          • Vous n’avez pas compris le fonctionnement des algorithmes d’indexations derrière chaque moteur de recherche, ils utilisent des backlinks (lien) afin d’indexé le plus de page possible, sauf que pour que vous mettiez un lien vers tel ou tel page/site il faut que vous le connaissiez, et pour que la cible soit indexé il faut que le lien soit un dofollow (un lien sans attribut est considéré comme dofollow) et que l’administrateur n’est pas refusé dans le robot.txt se trouvant a la racine l’indexation.
            L’algorithme ne réfléchit pas, il crawle c’est tout, ça peut être la NASA comme une petit entreprise locale, si il n’y a pas de restriction il va crawler tout ce qu’il trouve.

        • Où l’on découvre que vous n’avez aucune notion de droit.
          Vous n’avez donc pas compris le problème. Rien de grave mais ça devrait vous refroidir de poster des commentaires.

          • Je serais curieux de connaitre les articles de lois qui vous permette de dire cela, il faut accepter la contradiction parfois, les commentaires sont fait pour échanger des opinions pas pour acquiescer à chaque articles.
            Le parquet n’a surement rien compris, mais ils ont sûrement demandé à des personnes compétentes si c’était un accident ou si c’était voulu, pas besoin de chercher un complot ou autre. Ce qui est dommage c’est que les administrateurs ne soient pas eux aussi condamné, ils ont laissé en libre accès des documents confidentiels, ça mérite au moins un renvoi.

            • « connaitre les articles de lois qui vous permette de dire cela »
              Google est une société, et on peut ester contre elle. Le fait qu’elle dispose d’un algorithme et non d’humains pour indexer ses documents n’y change absolument rien. Ceci n’est pas une opinion, c’est un fait.

              « ils ont sûrement demandé à des personnes compétentes »
              C’est pénible, parce qu’en lisant ça, vous révélez *en plus* n’avoir fait aucun effort de vous renseigner un peu. Il y a des liens, pourtant, dans l’article. Moi, j’ai fait mon travail. Vous, non et je ne vais pas en plus le faire à votre place.

  • N’est-ce pas plutôt « Faites gaffe aux procureurs bourrés » au lieu de « Faisez gaffe à mes procureurs bourrés » ? Si oui, cette faute grossière est-elle faite exprès ?

  • H16,
    si vous avez les arrêts d’appel et cassation en cause, je suis preneur.
    Si je comprends bien ce qui est dit ici:
    http://www.murielle-cahen.com/publications/p_intrusion.asp
    la jurisprudence précédente n’était pas très cohérente.
    Si, accédant sans fraude à un site, vous constatez qu’il ne vous était, normalement, pas autorisé, mais vous prenez quand-même le temps de lire quelques fichiers, c’est un maintien frauduleux. Mais si, après ce même constat, vous aspirez tout pour le lire plus tard, cela ne l’est plus. L’aspiration du site ne serait maintien frauduleux que si l’intrusion était elle-même frauduleuse.
    Il y aurait donc revirement de jurisprudence.

  • Service regalien digne d’une republique bananiere. Oh wait. People’s Republic of France.

  • Tout à fait d’accord avec vous sur le problème que représente le fait que Google ne soit pas incriminé aux côtés de Bluetouff.

    Pour Bluetouff, il semble tout de même qu’il avait conscience de l’anomalie représenté par la présence de ces fichiers en ligne.
    Pour Google, il est anormal qu’ils se croient autorisés à scanner tous documents et images trainant à proximité de leurs filets et de leurs capacités technologiques. Comme l’a signalé un autre commentateur, ils scannent tout par défaut sauf si l’administrateur du site a préciser dans le robot.txt qu’il ne voulait pas être scanné.
    Cela renverse totalement le principe de consentement, qui serait donné par défaut sauf si opposition explicite. (Bonjour le succès pour les accusés dans les affaires de viol…). Nous sommes à la base de règles de vie simples permettant une vie en société apaisée et pour lesquelles il a fallu monter un système juridique pour tenter de cadrer toutes leurs limites.

    Ce défaut de consentement, cela rejoint la même mentalité qui a fait que ce gouvernement puisse prélever tout organe qu’il lui plairait sur nos cadavres sauf si on en a exprimé explicitement le rejet (et même si la famille n’est pas d’accord).
    Sachant que les greffes complètes de tête sur un buste sont à portée de main, il ne restera bientôt rien aux familles.

    Que le Google hégémonique ne soit pas poursuivi par un gouvernement qui se veut aussi hégémonique et en charge de nos âmes perdues par des années de benoîte franchouillardise, cela ne m’étonne pas beaucoup.

    Pour Google, dès qu’ils sauront cartographier à distance l’intérieur de nos maisons, ce sera à nous d’acheter un appareil qui empêchera leurs scanners de s’introduire chez nous pour éviter que l’ensemble de la disposition de nos pièces, de nos meubles, de notre déco ne se retrouve dans Google Maps, à portée de tous ???? Ou ce serait à eux de nous demander l’accord ???

    Cette histoire de robot.txt qui était valable lorsque l’internet se faisait entre soi et universitaires avertis partageant leurs recherches, ne l’est plus du tout maintenant que le système est mondial et présent à chaque instant de nos vies.

    Et il génère une « jurisprudence » comportementale malsaine et qui fait tâche et se diffuse au sein de la société. D’aucuns aimeraient déjà avoir les lunettes qui déshabillent totalement… les riches pour donner aux pauvres, ou les filles pour leur petit plaisir personnel (c’était la version DSK, mais on l’a bêtement évitée).

    • Et 1000 excuses pour les fautes d’accord, j’ai oublié de faire relire par un robot. 😉

    • Oui enfin si vous créez un site c’est à priori que vous voulez que le public accède à son contenu. C’est le but à la base. Si vous voulez restreindre l’accès à certains d’entre eux c’est bien à vous de le faire.
      Google n’est pas le seul à crawler le web, en fait les crawlers sont inhérents à l’activité du web.
      Vous diabolisez Google, mais ses robots ne font qu’analyser ce qui est mis à leur disposition du fait de l’architecture même du web. Ce n’est pas que les « filets » de Google s’insinuent partout, c’est que nous mettons à disposition ces informations, à la portée de Google comme de n’importe qui !

      Si vous affichez votre vos relevés banquaires en 4×3 dans toute la France, vous ne pouvez reprocher à quelqu’un de lire ces informations, qu’il s’agisse du fisc, de votre employeur, ou de votre femme….

      • On doit reprocher à quelqu’un de lire une correspondance privée qui ne peut être public que si c’est explicitement dit.

        On peut reprocher à quelqu’un qui trouve un portefeuille dans l’espace public de ne pas le rapporter au commissariat ou de ne pas chercher à retrouver son propriétaire. On peut tout à fait lui reprocher d’utiliser à son propre profit le contenu.

        Ce n’est pas parcequ’une voiture se trouve dans l’espace public avec les clefs sur le tableau de bord qu’on peut l’utiliser. (c’est juste que le vol ne sera pas remboursé).

        Ce n’est pas parceque quelqu’un est maladroit qu’on doit en profiter.

        Le cynisme (moderne et non antique) est un vice. Même s’il se donne des allures bien cool et technogeek.

        • En plus cela m’étonnerait que je puisse monter une start-up qui scannerait les résultats de Google pour alimenter mon propre moteur de recherche.

          Pourtant ces données sont dans l’espace public (le web).

          Vous lui donneriez combien de temps à ma start-up avant que la boite hypra-cool montre ses crocs bien pointus qui rayent le parquet ???

          Pensez-vous que vous pourriez aussi vous amuser à scanner aussi les données de Facebook sans contractualiser avec eux et sans conséquence pour votre petite personne ??

          • Euh. Analyser les serps de Google, oui, sans aucun problème. Des milliers de sociétés le font. Ex : http://www.myposeo.com

            Facebook c’est un peu plus fermé effectivement, mais la creation d’une applicatin qui utilise les données LIBREMENT partagées par l’utilisateur est à la portée du premier venu.

    • Ce qui est génial c’est que ces fantasmes technologiques (tout à fait réalistes) semblent vous effrayer quand ils sont l’oeuvre de sociétés commerciales comme Google, ( alors que bon, leur objectif n’est jamais que de nous vendre des trucs, trucs que nous avons toujours la possibilité de ne pas acheter: il y a pire, comme menace), et semblent trouver parfaitement normal que l’État s’accorde des pouvoirs et prérogatives largement plus intrusives (loi sur le renseignement), et des pouvoirs de coercition bien supérieurs (le présent article).
      Vous semblez trouver ça normal, voire insuffisant :les ennuis judiciaires de bluetouff seraient justifiés selon vous, et des poursuites contre Google le seraient aussi.
      Or l’histoire est remplie d’exemple d’États qui abusent de leur pouvoir et qui ont une utilisation hautement condamnables des données qu’ils collectent sur leurs administrés. En fait, c’est quasi systématique.
      Vous vous effrayez des actions possibles d’une boite comme Google qui ne cherche jamais qu’à utiliser les données que vous lui donnez DE PLEIN GRÉ pour -horreur !- essayer vous vendre des produits dont vous pourriez avoir envie, mais vous vous felicitez du pouvoir de coercition des États qui ont démontré à plusieurs reprises leur capacité à en user pour opprimer, spolier, asservir, emprisonner, affamer…

      • Comme expliqué Google a retourné le principe du consentement.

        Il m’a même retourné les esprits, qui sont nombreux à le défendre. Google est un symptôme, mais les signes de la maladie sont nombreux (les téléphones non sécurisés qui donnent vos comptes mails et n° à toutes les applis installées, les accès open bar à vos fichiers… et plus aucune possibilité d’acheter un OS pour téléphone qui ne soit même pas sécurisé mais juste respectueux des données privées…) .

        Si je mets un site web sur le net, ce peut être pour raison professionnelle (chez moi cela ne l’est que pour çà puisque je suis un professionnel de l’informatique). Et ces données sont réservées. Les serveurs que j’utilise sont des espaces privés par défaut puisque je les loue. Comme un particulier qui loue un appartement et chez lequel même le propriétaire ne peut pénétrer, sauf pour travaux importants et avec accord du locataire.

        Le vice du consentement est appliqué à grande échelle et normalisé. Ce n’est pas parce que je suis informaticien que je ne comprends rien à la politesse et à son extension juridique. Et oui, comment reprocher à l’état hégémonique ce qui serait permis à une entreprise dont l’objet est d’être hégémonique ?

        La marque est plus cool est sympathique parcequ’elle a dépensé des centaines de millions d’euros pour être cool et sympathique, mais cela n’empêche qu’elle a abusé et abuse toujours.

        Comme je vous l’ai dit, le jour ou elle pourra techniquement cartographier votre chambre à coucher et votre ADN à distance et de manière systématique, elle le fera et le mettra à disposition des états et du public.

        • Mon dieu mon dieu… et vous êtes un professionnel de l’informatique dites-vous ? .htaccess, ça vous dit quelque-chose ?

          • .htaccess est un mécanisme de sécurité bricolé par des beatniks qui autorise notamment à stocker des mots de passe en clair.
            Généralement, lorsqu’il est compromis, ce sont tous les serveurs d’une entreprise qui sont compromis (vous changez de mot de passe administrateur à chaque répertoire du système de fichier vous ??).

            Et pour citer encore une fois Google : http://logicieldepiratage.blogspot.fr/2012/01/google-mot-de-passe.html

            Et çà ne change rien au fait de société que lorsque vous aurez à poser des fenêtre plombées pour avoir un peu d’intimité chez vous, vous les choisirez certifiées « .htaccess » , çà vous consolera ???

            • Mais n’importe qui peut exploiter ces failles ! Et d’ailleurs, « m’importe qui » le fait. Cela s »appelle du piratage et cest illégal (sauf, notez bien, quand c’est l’état qui le fait…) Pourquoi vous inquiéter d’un comportement hypothétique d’une grande société ayant pignon sur rue et qui fait deja des miilions LEGALEMENT ?? Pourquoi iraient ils se risquer a voler les données « protégées » ( et je vous rejoins sur la qualite de ces protections) d’une petite boite de rien du tout, sachant le scandale et les pertes de marché enorme que cela provoquerait si c’était avéré judiciairement.
              Mais surtout, pourquoi cette focalisation paranoiaque sur Google alors que :

              1) le monde est peuplé de malfrats. Mafieux, reseaux crapuleux qui ont tout interet, eux, a avoir recours a ces methodes, et qui ne s’en privent pas.

              2) quand c’est l’état, souvent acoquiné aux premiers, qui a recours aux mêmes methodes, cela ne voys choque pas, alors que ce genre de derive a souvent conduit à des horreurs bien pures que ce que Google ou autre pourra vous infliger.

              Vous semblez voir dans Google un nouveau Big Brother, et dans l’Etat un protecteur contre ses derives, et je peux comprendre ce point de vue du fait de la considerable emprise technologique de Google. Mais ne vous y trompez pas :
              A la difference Google, l’État a la loi pour lui (loi sur le renseignement, controles fiscaux, controles bancaires des beneficiaires de la CMU…)
              Big brother, c’est l’État.
              Et si Google en tant que tel n’est certainement pas une protection, le marché libre et concurrentiel, lui, l’est.

  • L’informatique, les juges (qui ne sont pas systématiquement des lumières loin de la) n’y comprennent rien : ce les énerve, et ils jugent a vue et au gré de leur énervement.
    L’issue des procédure est donc hautement aléatoire et il faut les concernant s’en remettre a la chance plutot qu’ a la justice.

  • Cette affaire est médiatisée, mais c’est malheureusement régulier, on n’en parle pas, car si c’est trop compliqué pour les juges, c’est beaucoup trop compliqué pour les journalistes.

    J’ai été condamné en correctionnelle car le juge d’instruction, le procureur et les juges du tribunal confondait une adresse email avec l’adresse d’un site internet (c’était en 2001). Quelques années plus tard, la juge d’instruction était tuée dans un accident de Vélib. Elle avait certainement confondu gauche et droite.

  • Sur le coup, je suis plus convaincu par les arguments de M. Eolas que par Bluetouff: l’accès ou le maintien frauduleux à un système de traitement automatisé de données (STAD) est caractérisé dès lors que l’on a conscience d’accéder à, ou de se maintenir dans, un STAD, alors qu’on n’a pas le droit de le faire.
    Notez bien le mot « conscience », car il explique pourquoi Google n’est pas coupable d’avoir indexé le contenu.
    Quant à Bluetouff, il a reconnu en GAV avoir maintenu l’accès alors qu’il avait compris qu’il était arrivé dans une section du site non destinée au public. Affaire pliée.

    Note: J’ai plusieurs centaines d’heures de configuration Apache dans mon expérience professionnelle, donc techniquement, je vois bien de quoi il s’agit.

  • Une longue discussion chez Eolas lors du premier procès. Si la cassation pouvait péter tout ça, ça serait bien !!!!

  • Les commentaires sont fermés.

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Par Robby Soave. Un article de Reason

 

L'année dernière, la comédie originale de Dave Chappelle, The Closer, a suscité l'ire de la communauté des activistes transgenres, et Netflix est devenu la cible de protestations. Ted Sarandos, co-PDG du géant du streaming, a d'abord défendu le droit de Chappelle à créer des comédies offensantes, mais il est revenu quelque peu sur ses commentaires dans le but d'apaiser "un groupe d'employés qui ressentaient certainement de la douleur et de la souffrance."

Il était donc diffic... Poursuivre la lecture

Les censeurs du monde entier retiennent leur souffle : Elon Musk a suspendu temporairement l’accord de rachat de Twitter, occasionnant une plongée en bourse de la célèbre entreprise à l’oiseau bleu. Avant de l'acquérir, le milliardaire voudrait évaluer le nombre de faux comptes et de spam sur le réseau, que ses administrateurs estiment à environ 5 %.

Elon Musk a bien précisé qu’il avait toujours l’intention de reprendre Twitter pour en faire une véritable zone de libre expression, au grand dam d’une improbable coalition de progressiste... Poursuivre la lecture

Donald Trump est de retour sur Twitter. Pas encore, mais presque. Elon Musk a en effet annoncé qu’il rétablirait le compte de l’ancien président Américain une fois l’OPA terminée, en ajoutant que le bannissement de Donald Trump était, selon ses propres mots : stupide, stupide et moralement condamnable.

Aussitôt, la planète libérale-quand-ça-m-arrange a hurlé au sacrilège et au loup en dénonçant un risque de perte de pluralisme et de dérive idéologique qui déboucherait sur la privation des libertés, dont la sacro-sainte liberté d’expres... Poursuivre la lecture

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