De la palabre africaine à la démocratie !

En quoi la palabre africaine est-elle précurseur de nos démocraties contemporaines ?

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village Dogon, Mali, place des palabres credits Jeanne Menj licence (CC BY-ND 2.0)), via Flickr.

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De la palabre africaine à la démocratie !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 22 mai 2015
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Par Nafy-Nathalie.

village Dogon, Mali, place des palabres credits  Jeanne Menj licence (CC BY-ND 2.0)), via Flickr.
village Dogon, Mali, place des palabres credits Jeanne Menj licence (CC BY-ND 2.0)), via Flickr.

Depuis quelques temps je regarde étonnée le plus haut niveau de nos institutions essayer de transformer notre démocratie occidentale en une démocratie participative qui ressemble à s’y méprendre à la Palabre africaine.

Le processus de décision de chacune des réformes pourrait servir d’exemple pour illustrer mon propos mais je ne retiendrai que la réforme des programmes scolaires qui vient de paraître au journal officiel. Ils se réunissent, discutent, écoutent, tranchent en essayant de satisfaire le plus de monde ou plutôt de trouver un consensus qui fera le moins de mécontents. C’est exactement ce que l’on retrouve dans la Palabre africaine ; mais l’appliquer à notre société individualiste culturellement et structurellement non préparée à la comprendre n’est pas forcément l’idée la meilleure. Chez nous, les décisions se prennent en votant et donc en divisant la société entre gagnants (forts) et perdants (faibles). On attend de nos dirigeants qu’ils tranchent nettement.

Au contraire, en Afrique traditionnelle, c’est la recherche du consensus qui prime avec l’idée que l’unité ou l’équilibre de la société doit être préservé à tout prix. Il ne s’agit donc pas de gagner ou de perdre mais de trouver un consensus acceptable, chacun acceptant de perdre un peu pour préserver l’harmonie et la paix. Léopold Sédar Senghor précisait d’ailleurs que « l’esprit de cette civilisation, enracinée dans la terre et le cœur des noirs, est tendu vers le monde, êtres et choses, pour le comprendre, l’unifier et le manifester ». L’idée prédominante est qu’il y a toujours une solution à tout problème si l’on prend le temps de la chercher. Les conflits y étaient réglés le plus pacifiquement possible avec des mécanismes de prévention et de règlement très élaborés.

La palabre, véritable juridiction de la parole, en est un exemple. Elle se passe habituellement sous un hangar ou un grand « arbre à palabre » et se déroule en plusieurs étapes qui sont à peu près similaires partout :

– Identification du problème (choix à faire, litige,…)
– Saisie du chef
– Définition d’une date de début
– Convocation de la communauté et des concernés
– Choix du modérateur
Le choix du modérateur est très important. Il faut une personne à l’aise avec la parole, les proverbes et adages et qui connaisse très bien les coutumes et traditions afin de faire ressortir les précédents. Il doit également savoir dire les vérités sans blesser.
– Le modérateur, après des éloges au Chef, présente le problème à la communauté, et déclare au nom du Chef, l’ouverture des assises.
– S’il s’agit d’un litige, le modérateur donne la parole au plaignant puis à l’accusé et enfin aux témoins.
– Le reste de la communauté convoquée peut ensuite donner son avis, en commençant par les plus âgés.
– Les échanges peuvent prendre plusieurs jours, voire des semaines. On prend tout le temps qu’il faut pour écouter tous les avis. On accorde une grande importance à cette écoute.
– Le Chef, après avoir écouté l’avis de ses conseillers, prend une décision qui va dans le sens du consensus et qui doit être respectée.
– À travers proverbes et citations, le modérateur explique au peuple la décision prise dans le sens de la réconciliation et l’harmonie sociale. Il rappelle qu’il s’agit de trouver un consensus permanent. Il fait cas des valeurs ancestrales et de la jurisprudence pour faire accepter à tous cette décision. Dans l’Afrique traditionnelle, la parole est engageante et donc on est certain en scellant la réconciliation qu’elle est effective.
– La célébration de la solution trouvée (partage d’eau, chants, danses, …).

À l’occasion de la décolonisation, en plaquant des formes de démocratie occidentale en Afrique, sans considération de la tradition sociétale, des systèmes non adaptés et paradoxaux ont été instaurés. Ainsi, par exemple, dans un même pays, dans les assemblées villageoises ou au sein des structures locales, l’Africain a une liberté d’expression quasiment illimitée tandis qu’au niveau les plus hauts, les opposants au pouvoir, qu’ils soient journalistes ou politiques, même élus, risquent parfois leur liberté ou même leur vie, à chaque prise de position.

La définition occidentale réduit la palabre à des discussions interminables. Alors bien sûr il y a aussi de ça dans la palabre, des discussions longues visant précisément l’expression de chacun, pour obtenir un consensus qui s’imposera à tous sans autre discussion. Nelson Mandela, dans son autobiographie, parlait de la palabre africaine comme d’une « institution démocratique à part entière » dans laquelle « tous ceux qui voulaient parler le faisaient. C’était la démocratie sous sa forme la plus pure ».

Le professeur Fweley Diangitukwa, lui, expliquait que « Le but initial de la palabre est de parvenir à une solution concertée sans pénaliser l’une ou l’autre partie, tout en préservant les relations sociales. C’est une institution qui possède un règlement non écrit qui doit être observé par tous. Elle sert à traiter les litiges de manière traditionnelle en s’imprégnant des faits sociaux de la communauté. »

Si cette institution a des avantages, elle présente deux inconvénients majeurs : la léthargie et la lenteur de la législation à une époque où nous n’avons ni le temps ni l’envie de prendre le temps nécessaire. Par contre, elle n’a pas le défaut inhérent aux démocraties occidentales au sein desquelles les décisions sont adoptées par vote avec éventuelles contestations et renversements. Une décision prise s’applique naturellement à tous et personne ne songerait à la contester ou à ne pas la respecter. Il n’y a pas de sentiment d’injustice ou de perte de confiance. Il n’y a donc aucune nécessité de brandir un arsenal répressif pour les faire respecter.
Il existe d’ailleurs très peu de sanctions autres que symboliques dans l’Afrique traditionnelle.
La prison n’existe même pas puisque la peine ultime est le bannissement, qui plus qu’une punition est le besoin, pour sauvegarder la communauté, d’écarter une personne tout en lui donnant la possibilité de refaire sa vie ailleurs.

Le mépris des hautes institutions africaines pour la palabre considérée comme primitive (tradition/opposée à l’occident) a tendance à disparaître, ce qui est une bonne chose. Ce mépris était en effet d’autant moins justifié que la Palabre africaine représente les prémices de la démocratie moderne. Si on date généralement l’habeas corpus en 1679, il ne faut pas oublier que Solon le « Législateur » en est le père et que c’est, au VIIè siècle avant J.C., lors d’un voyage en Égypte qu’il fut séduit par le code de Bocchoris (720-715 av. J.C.). Il s’en inspira pour bâtir les réformes et lois de la future démocratie athénienne qui elle-même donna la démocratie occidentale. C’est également en Égypte pharaonique que l’on trouve dans les tombes royales de Toutankhamon, Séti 1er, Ramsès II, Ramsès III et Ramsès IV, un texte identique fondant la mythologie de la palabre dans la prise de décision et attestant de son ancienneté.

L’effacement de ce mépris institutionnel a amené une prise de conscience de la nécessaire adaptation des dispositifs officiels aux réalités culturelles par la réincorporation dans la démocratie africaine moderne des traditions qui fonctionnent. On peut constater ces bouleversement dans les processus de démocratisation de nombreux pays (Bénin, Congo, Gabon, Tchad, etc.) où la palabre est prégnante. On peut aussi les retrouver dans l’instauration des conférences nationales souveraines qui ne sont finalement que des palabres modernisées. Par exemple au Bénin, une transition pacifique d’un système autocratique à la démocratie s’est faite grâce à la Conférence Nationale qui s’est tenue en 1990 et c’est également par la palabre que la dernière crise sociale de 2014 entre le gouvernement et les syndicats s’est résolue.

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  • Vous voulez rire j’espère ? La réforme des collèges est exactement l’inverse de la palabre. Il y a un consensus contre cette réforme. Cette reforme a été faite de manière autoritaire et brutale alors que tout le monde s’opposait à cette reforme

    • Nafy-Nathalie Diop
      22 mai 2015 at 13 h 20 min

      Non cela n’a rien de drôle.
      Il y eu le conseil supérieur des programmes qui a planché sur le projet.
      http://www.education.gouv.fr/pid31771/le-conseil-superieur-des-programmes.html
      Je vous laisse regarder l’édito du Président de ce conseil que je reprends ici :
      « Le Conseil supérieur des programmes travaille pour une évolution du système éducatif qui s’opère par ce qui constitue le cœur même de l’école, ce qui y est enseigné. En réunissant des acteurs de la société civile et des personnalités qualifiées, le Conseil croise les points de vue pour proposer à la ministre des orientations nouvelles et lui remettre des projets dont l’objectif est avant tout la réussite des élèves. Après avoir rédigé ce qu’il a appelé une Charte des programmes, le Conseil mène actuellement ses travaux sur les enseignements de l’école primaire et du collège ainsi que sur leur évaluation. Pour mieux faire comprendre les travaux du Conseil, les contributions demandées sont disponibles en ligne. Une large consultation, étape essentielle dans le processus d’élaboration, sera organisée sur les premiers projets que doit remettre le Conseil. »
      Cela ressemble à s’y méprendre à une palabre !
      Pour le reste, cela ne signifie pas qu’ils ne savent pas faire, que la société n’est pas prête à ce genre de chose, … mais l’intention à l’origine du projet y est et c’est aussi pour ça que personne n’est oki avec ce qu’ils proposent, sans même évoquer le projet en lui-même.
      Ils ont cherché une forme de consensus et n’ont réussi à satisfaire personne.
      Du coup, ils ont imposé le bazar par la force.

      • Mais enfin, vous ne pouvez pas être naïve à ce point là !
        A moins que vous ne repreniez les arguments spécieux de ceux qui soutiennent cette réforme…
        (l’histoire des idées nous apprend que les existentialistes ne sont pas vraiment des libéraux)

        • Nafy-Nathalie Diop
          22 mai 2015 at 23 h 33 min

          Explosée de rire !
          Cela ressemble à s’y méprendre à une attaque personnelle alors que vous ne me connaissez même pas !
          Non mais sérieusement Yves ! 😉
          Au lieu de perdre votre temps dans ce genre de chose, si plutôt vous expliquiez en quoi vous me trouvez naïve pour que je puisse vous répondre ?

      • « le conseil supérieur des programmes  » le conseil supérieur de la propagande socialiste.
        oui, c’est facile de faire un consensus avec des gens du même bord idéologique. ce conseil n’est en rien représentatif de quoi que ce soit. La majroté des francais sont opposés à cette réforme. tout comme les syndicats, les profs, les parents de professeurs. il va falloir m’expliquer quels concessions le gouverrnement a fait aux opposants de cette réforme ?? très simple il n’en a fait aucune. Regardez ce que disait la ministre de l’éducation à propos des opposants de cette réforme. Elle les traitent de réactionnaires. On voit clairement qu’elle les méprise et qu’elle s’en fout de leurs avis

      • « le conseil supérieur des programmes  » le conseil supérieur de la propagande socialiste.
        oui, c’est facile de faire un consensus avec des gens du même bord idéologique. ce conseil n’est en rien représentatif de quoi que ce soit. La majroté des francais sont opposés à cette réforme. tout comme les syndicats, les profs, les parents de professeurs. il va falloir m’expliquer quels concessions le gouverrnement a fait aux opposants de cette réforme ?? très simple il n’en a fait aucune. Regardez ce que disait la ministre de l’éducation à propos des opposants de cette réforme. Elle les traitent de réactionnaires. On voit clairement qu’elle les méprise et qu’elle s’en fout de leurs avis. C’est tout le contraire de la palabre

        • Nafy-Nathalie Diop
          25 mai 2015 at 20 h 00 min

          Ah … juste en passant, parce que je viens de tomber dessus.
          J’avais totalement oublié mais une des 60 promesses de campagne de notre Président était de constitutionaliser le dialogue social :
          La promesse :
          «Tout texte de loi concernant les partenaires sociaux devra être précédé d’une concertation avec eux. Je ferai modifier la Constitution pour qu’elle reconnaisse et garantisse cette nouvelle forme de démocratie sociale».
          Oui … François avait promis la palabre aux électeurs ! 😉

  • bonjour ,pour ce que nous voyons des systèmes de gouvernance de la plupart des pays Africains ,sans doute copiés sur certains aspects de nos gouvernances européennes ,il vaudrait mieux en effet plutôt en revenir à la Palabre ! Je vois déjà d’ici le sieur Hollande assis au pied du grand-chêne de Saint Louis ….

    • Nafy-Nathalie Diop
      22 mai 2015 at 23 h 37 min

      Oui l’acculturation de l’Afrique suite à la colonisation est un problème dont elle doit se relever.
      Elle va trouver sa voix entre modernité occidentale et tradition africaine retrouvée et réintégrée.
      Il lui faut juste du temps.
      L’indépendance de ses pays n’a même pas 100 ans.
      Si on compare son évolution avec celle de notre jolie France et le temps qu’elle a mis de 1789 à passer à une pseudo démocratie, on se dit qu’elle va quand même assez vite dans la construction de son identité.

      • « Oui l’acculturation de l’Afrique suite à la colonisation est un problème dont elle doit se relever »
        C’est évident. Sans la colonisation, l’Afrique en serait toujours au stade de l’âge de pierre, avec les luttes tribales incessantes, les chasses à l’homme, les danses de la pluie et l’anthropophagie rituelle. Le tout en l’absence d’infrastructures modernes et dans un bain de grandes endémies les plus virulentes au monde et spécifiques à ce continent.
        Il est temps que les africains s’émancipent de la civilisation européenne pour retourner à leurs fières valeurs autochtones ci-dessus énoncées. Tout en conservant évidemment le bénéfice et la jouissance des infrastructures de développement créées par le colonisateur. Ainsi que de l’assainissement du milieu, la plupart des grandes endémies ayant été éradiquées sinon réduites, essentiellement par des médecins militaires français qui en ont payé le prix fort, parfois leur propre vie.
        Mais rassurez-vous, ils en prennent apparemment la voie triomphale depuis la décolonisation et l’expulsion quasi-généralisée des européens. Apparemment, les luttes tribales ont pris un tour plus moderne, les armes lourdes ayant remplacé la sagaie. Quant aux grandes endémies, leur éradication n’est plus qu’un souvenir.

        • Nafy-Nathalie Diop
          23 mai 2015 at 12 h 13 min

          Heu … je voudrais bien vous faire un cours d’histoire mais finalement je crois que je perdrais mon temps !
          Sourire.

          • C’est vrai, quoi…
            L’indépendance des pays n’a même pas 100 ans. A comparer à celles de Singapour, de Hong Kong ou pire encore à l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Canada même pas encore réellement indépendants. Il faudra bien laisser à ces pays une cinquantaine d’années pour qu’ils arrivent au niveau des pays africains. Au moins.

            Sourire… jaune !

            • Nafy-Nathalie Diop
              29 mai 2015 at 22 h 09 min

              Parce que pour vous le facteur « esclavage » n’est pas une condition différentielle suffisante ?
              Mouais !

  • Ok.

    La « palabre » indigène comme solution aux maux « importés ».

    La Grèce solonienne « pompée » sur des modèles « africains ».

    Les pharaons qui « palabrent », à l’image d’un Simon Papa Tara ?

    Oui oui oui. Bien sûr…

    Merci de nous éclairer maintenant sur ce que cette « palabre », si précieuse et essentielle, a apporté à l’Afrique entière que l’intelligence basique, l’esprit d’entreprise ou la volonté collective aurait aussi bien pu faire.

    La palabre fonctionne, oui certes : uniquement dans un milieu ethnique homogène, pour des questions qui ne concernent qu’elle et avec la certitude qu’il n’y aura pas de remise en cause exogène.

    Ouais. Ca ne marche que pour une tribu, en fait, non ? Ca suffit peut-être en Afrique, pas forcément ailleurs…

    Mais vous avez probablement raison : les solutions les meilleures sont sûrement celles adaptées aux peuples qui doivent les vivre.

    • Nafy-Nathalie Diop
      22 mai 2015 at 23 h 53 min

      Ben oui !!!
      La palabre, ou la démocratie participative, existe depuis la nuit des temps et a commencé en Afrique.
      Elle s’est répondue de là sur le reste du monde.
      L’agora grecque était un lieu de démocratie participative. J’apprends grâce à vous que la Grèce était une tribu. Bon …
      Je pourrais vous parler des romains aussi, … tous ces grands peuples que de quelques coups de claviers, vous avez réduit à des tribus. Bref !
      Pour en revenir à l’Afrique, il y a des royaumes magnifiques qui ont existé. J’avais fait un article sur le Royaume du Mali et il a fonctionné sur la base de la palabre. Ce royaume qui était un immense royaume a réuni beaucoup d’ethnies différentes.
      La palabre n’est pas un phénomène inter ethnique uniquement mais aussi un phénomène qui marche entre peuples différents qui ont la même culture du consensus et de la paix.

      Par ailleurs, il y a actuellement des expériences très intéressantes en France d’introduction de palabre dans les écoles, prisons et autres lieux pour rétablir le dialogue et régler les conflits.
      Google vous les indiquera.
      Et il n’y a pas qu’en France.
      Par exemple dans les entreprises japonaise, le mode de direction est le ringisei, qui n’est rien d’autre qu’une forme de palabre. C’est très intéressant d’aller regarder tout ça d’un peu plus près.

      Mon article ne pouvait pas dépasser beaucoup 1000 mots.
      J’ai essayé de présenter la chose en choisissant un axe qui n’est peut-être pas le bon.
      Peut-être que je compléterais mes informations dans un deuxième article dans quelques temps.

      Ceci dit, je ne résiste pas à vous demander une précision :
      vous parlez d’intelligence basique, d’esprit d’entreprise et de volonté collective en opposant le tout à l’esprit qui guide la palabre … vous n’avez donc pas compris que la palabre c’est surtout une manifestation de tout ça ?

      Merci de votre intervention.

  • Nul besoin de palabrer pour se rendre à l’évidence : l’Afrique c’est la plus grande escroquerie culturelle/humanitaire/intellectuelle de tout les temps.

  • Jolie tentative pour vendre le mythe Rousseauiste de la bonne démocratie libératrice, mais manque de pot, vous êtes sur Contrepoints, un repère de libéraux.

    L’égalité de condition détruit la liberté – Tocqueville

    Ravis d’apprendre que la palabre africaine est l’ancêtre de cette peste rouge qu’est la démocratie, qu’elle procède de la dialectique et de la synthèse, également appelés techniques d’enfumage et qu’elle a élevé en art la déresponsabilisation totale en faisant vite disparaitre toute erreur dans le mensonge collectif.

    Quand au passage sur la réforme des collèges, j’ai bien rigolé. 18 savants fous dans un bocal : effectivement, ils ont du en avoir des palabres bien arrosées ou enfumées à refaire le monde vu ce qu’ils ont pondu.

    • Nafy-Nathalie Diop
      23 mai 2015 at 0 h 03 min

      Il ne faut pas tout mélanger :
      La palabre est l’ancêtre de la démocratie occidentale.
      Elle n’est pas responsable de ce que la démocratie occidentale est et devient.

      Qui a dit que la palabre était l’égalité de condition ? Pas moi, à aucun moment ou il faut me montrer à quel moment pour que j’explique mieux.

      La palabre c’est la liberté quasi absolue d’expression pour tous avec la responsabilité, pour ceux qui parlent, de participer à la solution.
      Je trouve que c’est très libéral dans sa conception, non ? 😉

      • Nafy-Nathalie Diop
        23 mai 2015 at 0 h 03 min

        Ah pour la réforme des collègues, j’ai déjà répondu plus haut.

      • Merci beaucoup d’avoir répondu

        Ce n’est absolument pas libéral dans sa conception, c’est égalitariste et socialiste.

        Liberté de condition : toutes les personnes, dans une palabre comme dans une démocratie sont au même niveau de décision, ils ont tous le même ‘droit’ : droit à la parole, droit de s’exprimer. Jusque là tout va bien, mais le ‘hic’ est que dans une palabre ou dans une démocratie, ce droit est en fait un devoir, une responsabilité : celle de déterminer une solution qui convienne, pour tous dans l’idéal, pour une majorité dans une démocratie, ou pour une majorité exprimée dans une démocratie libre.

        La responsabilité devient collective, comme vous le dites. Alors que le libéralisme, c’est la responsabilité individuelle.

        Le droit de vote, comme le droit d’expression sont détournés dans la démocratie comme dans la palabre, complétement inversé : se sont des mécanismes sociaux qui transforment le vrai droit naturel (celui de dire oui ou non à des sollicitation de MA liberté, celui d’être le seul à décider de quoi que soit ce qui ME concerne), en devoir (celui de concevoir et de prendre la responsabilité de l’accomplissement d’une action commune qui réduira la liberté de chacun, qui contraindra (par la force ou par le consensus) chacun d’abandonner sa souveraineté personnelle pour le bien commun)

        Là où vous avez raison, c’est que la palabre est très similaire à la démocratie dans son sophisme : les deux font croire à l’individu qu’il est maitre de son destin parce qu’il serait maitre du destin collectif.

        La palabre, comme la démocratie sont par contre de très bon mécanismes de réduction des conflits et de réduction de la hiérarchie sociale : la contrainte de la liberté ne se fait pas ‘sauvagement’, mais toute en douceur.

        Je peut vous étonner, mais je pense que la société Africaine est très socialiste, l’exemple du bannissement en est une des preuves : quoi de plus terrible pour un individu social, fondu dans le groupe, que le bannissement du groupe ?

        Je pense également, que c’est la raison principale des difficultés sociales, économiques et politique de ce continent, et également des difficultés d’évolution qu’a eu ce continent : le socialisme bride l’innovation, l’essai erreur qui permet de découvrir ce que l’on ne connait pas, la violence individuelle (et non collective) qui est nécessaire pour se dépasser, pour sortir du confort du groupe et des usages, de la violence nécessaire pour assumer sa souveraineté personnelle.

        • Nafy-Nathalie Diop
          23 mai 2015 at 13 h 31 min

          Vous avez dit : « Ce n’est absolument pas libéral dans sa conception, c’est égalitariste et socialiste. »
          Ah mon article n’est peut-être pas assez clair. Absolument pas ! La liberté d’expression n’amène pas une liberté de condition automatiquement. Et la responsabilité collective n’est forcément incompatible avec la responsabilité individuelle. Et justement, le vrai droit naturel me semble le mieux respecté dans ce système. Vous êtes libre de participer ou non à la palabre.
          Alors oui on peut discuter du bannissement. Dans la Rome antique, c’était considéré comme une demi-mort. Mais l’esprit sous le bannissement africain me semble différent. Il s’agit surtout de respecter la liberté des uns de vivre comme ils le souhaitent et de permettre à d’autres d’aller vivre comme ils le souhaitent ailleurs. La liberté de l’un n’est pas supérieure à la liberté des autres et il parait normal que la communauté ne puisse pas accepter en son sein des personnes qui ne leur conviennent pas au nom de leur liberté. Tout comme il parait normal, si vous n’êtes pas d’accord avec les règles de la société dans laquelle vous êtes, de la quitter. La liberté va toujours avec la responsabilité. Il faut être libre c’est vrai mais aussi assumer sa liberté. Le libéralisme allie la liberté à la responsabilité, non ?
          La seule façon d’être totalement maître de son destin et affranchi de toutes règles est de vivre loin des autres ou d’être à la tête d’une dictature bien sévère.
          L’Afrique a eu de multiples formes de régimes différents mais je n’ai pas reconnu le côté socialiste de la chose. Pouvez-vous préciser ce point ? Expliquer ce qui vous donne ce sentiment, peut-être justifié par ailleurs mais que je ne retrouve pas.
          Je la trouve par contre assez libérale.
          La principale difficulté de l’Afrique de mon point de vue a été l’esclavage puis la colonisation qui a totalement acculturé l’africain, le coupant de ses racines, volontairement, afin qu’il intègre mieux les racines de la nation colonisatrice.
          L’Afrique avant la colonisation n’était pas à l’image de la pub banania. Elle était pleine de richesses à tous les niveaux. Regardez comme il a fallu être avancé pour construire les pyramides par exemple. Regardez comme l’art nigérian est évolué et la maîtrise des métaux que cela a demandé. Bref ! Elle est à l’origine d’avancées que nous oublions facilement par exemple. Il ne faut pas oublier que les esclaves étaient choisis aussi en fonction de leurs compétences. La maitrise qu’il avait a été transmise aux sociétés qui les ont utilisés (agriculture, fer, …) en effaçant leur apport. Elle n’est aujourd’hui pas non plus un sous continent. Il suffit de voir ce qu’elle amène au monde (agriculture, mine, pharmacopée, …). Il ne faut pas non plus oublier que le mode de transmission des découvertes et autres se fait sur un présupposé « raciste ». On le voit bien en pharmacopée par exemple où l’occidental découvre ce que l’africain sait depuis des siècles et s’attribue la découverte.
          Bref ! ce que je veux dire peut-être maladroitement c’est qu’elle sort de la décolonisation. Les régimes actuels sont plaqués sur des sociétés où les fonctionnements restent traditionnels et en recherche d’identité.
          Il y a un décalage impressionnant encore entre le haut et tout le reste de la société dans les pays où j’ai vécus (Sénégal, Niger, Congo, Gabon, Côte d’Ivoire) et que j’ai visités (Bénin, Burkina, …).
          On retrouve parfois le même décalage, même si cela s’atténue, au niveau de la religion. On a ainsi des mélanges d’islam/catholicisme fortement coloré d’animisme par exemple.
          Du coup la question du socialisme pour moi n’est pas une question. On est pas encore à s’interroger sur cela. A l’échelle du monde, cette décolonisation a juste quelques heures. C’est tôt.
          Et l’africain ne manque pas d’inventivité, d’astuce et d’énergie.
          Je ne prends que l’exemple du recyclage. Il faut y aller et voir toute l’économie qu’il a créée avec les choses qui viennent d’Europe, jetée par nous, remise en état et entretenue avec rien.
          Il n’est pas dans le confort du groupe et des usages. Il s’en sert de support pour progresser. La communauté aide ceux qui peuvent aller loin à y aller. la contrepartie est le devoir de rendre à la communauté par des aides financières et aussi en poussant ceux qui peuvent à leur tour.

          Je ferai un article un jour sur cela, la liberté.
          Et sans doute aussi je parlerai de l’égalité en Afrique et comment elle se manifeste de manière différente d’en occident.
          La manière dont

          • Je ne suis pas du tout de votre avis : la liberté d’expression devient une liberté de condition quand elle s’applique dans la décision : ce n’est plus la compétition qui régit mais le collectif.

            Le libéralisme sur les questions de société a été très largement perverti par nombre de sophismes, d’où la confusion.

            La liberté n’implique pas la responsabilité, la liberté est la responsabilité : se sont deux faces de la même piece.

            La responsabilité collective n’existe pas, seulle existe la responsabilité individuelle.

            La liberté n’est pas comme l’affirmait Rousseau, la possibilité donnée par le groupe de faire ce que l’on veut dans les limites fixées par le groupe.

            La liberté est un état naturel de l’homme qui est le seul maître de ce qui le concerne : le seul à décider, le seul à répondre.

            Cet état il le doit à sa conscience, cette capacité transcendante d’être, de savoir qu’il est et de pouvoir le dire.

            Le groupe n’est qu’une construction qui n’existe que par convention. Cette communauté n’a pas à accepter ou à refuser qui que se soit : elle n’a aucune existence autre que d’être le concept qui relie les gens : un groupe qui refuse une personne, c’est en fait les personnes du groupe qui se cachent derrière un homme de paille, un mensonge pour faire admettre leur volonté.

            • Nafy-Nathalie Diop
              29 mai 2015 at 22 h 10 min

              Merci de votre réponse.
              Je viens juste de la voir.
              Je prends le temps d’y réfléchir et je vous réponds.

  • Je ne croyais pas lire un tel article sur Contrepoints !!! J’ai d’abord cru que c’était un contributions de LibreAfrique, très prompt à déblatérer des poncifs quand il s’agit de culture africaine.
    Voilà qu’on nous ressert des mythes et fantasmes sur l’arbre à palabre !!!
    Je doute fort que l’auteur de l’article est pris la peine de consulter des travaux d’ethnologie africaines pour se faire une idée plus juste de la palabre africaine. Les ethnologues et autres experts en sciences humaines sont censés effectués leurs recherches en étant objectifs, même s’il leur arrive de se laisser emporter par leur subjectivité.
    Or l’auteur de l’article me semble n’avoir surtout lu que Léopold S. Senghor, Fweley Diangitukwa et affidés, qui bien qu’étant des personnes honorables, sont des militants ayant au moins l’honnêteté de ne pas réclamer l’objectivité quand ils défendent les cultures africaines.

    • Nafy-Nathalie Diop
      23 mai 2015 at 12 h 12 min

      Alors, sénégalaise, j’ai étudié bien sûr Senghor.
      Il y a peut-être trop longtemps. Je le relirai cet été quand j’aurai le temps histoire de vérifier que j’ai bien compris ce qu’il disait.
      Par contre, la citation que j’ai proposée est de lui, vous pouvez vérifier, tout comme celle de Mandela que j’ai citée.
      Il ne s’agit pas de mythe. L’Unesco a fait une magnifique étude sur la palabre, je vous laisse la consulter.
      J’aurais pu citer des auteurs, parce qu’elle est aussi présente dans toute la littérature d’Afrique noire que je connais bien comme méthode de prise de décision ou de résolution des conflits.
      Je ne vous donne que l’exemple du livre de Mariama Ba « une si longue lettre ».

      Bref ! Avant d’écrire, j’ai compulsé beaucoup d’études et de documents pour vérifier ce que j’avançais.
      La palabre, dans le royaume du Mali, par exemple se déclinait dans toute la société.
      En Afrique noire, elle se décline toujours.
      Je ne sais pas d’où vous êtes originaire mais elle a lieu dans les concessions familiales, à la campagne, au niveau des quartiers, … au niveau national de plus en plus, … J’ai cité aussi les conférences nationales, … Bref !
      Mais vous avez le droit de ne pas être d’accord.

      Par contre si je peux me permettre, je trouve dommage de réduire votre vision de la palabre à un truc archaïque alors qu’il ne s’agit ni plus ni moins que ce que l’on appelle la « démocratie participative ».
      Vous illustrez ce que je nomme le mépris que les africains ont pour leurs traditions.

      • « Vous illustrez ce que je nomme le mépris que les africains ont pour leurs traditions. »
        Je préfère rire d’un anathème lancé si légèrement !!! Si examiner les traditions africaines avec une approche critique (constructive) relève du mépris de la tradition africaine, alors vive le mépris !!!
        Mais je me demande pourquoi un site qui promeut le libéralisme publie une auteure qui si rétive à l’esprit critique ? Est-ce pour se donner bonne conscience ? Moi qui croyait que libéralisme rimait avec esprit critique…
        Je ne sais pas où vous avez lu dans mon commentaire que la palabre africaine était archaïque. Je souligne plutôt qu’elle est souvent inadaptée à maints aspects des sociétés modernes africaines. Par « modernes », j’entends plutôt « actuelles » et non pas « forcément meilleures ».

        • Nafy-Nathalie Diop
          23 mai 2015 at 13 h 36 min

          C’est amusant ça de s’étonner qu’un média libéral ne censure pas la liberté d’expression ! sourire.

          Autant pour moi alors d’avoir mal compris votre propos.

          Je n’ai pas dit non plus qu’il fallait revenir à la palabre africaine.
          J’ai indiqué qu’il fallait réincorporé de la tradition dans la modernité afin de trouver une voix de gouvernance qui convienne à l’Afrique.

          Bref ! A priori, nous ne comprenons pas mutuellement.
          Difficile de discuter alors.

          Merci de votre intervention.

          • « C’est amusant ça de s’étonner qu’un média libéral ne censure pas la liberté d’expression ! sourire. »
            Apparemment, vous êtes nouvelles sur ce site !!! L’opposition à la censure pour Contrepoints ne consiste pas à publier des articles défendant tous types d’idées, mais à militer pour que ceux qui pensent différemment ne soient pas privés de la possibilité de s’exprimer ailleurs, notamment par l’Etat.

            « Bref ! A priori, nous ne comprenons pas mutuellement.
            Difficile de discuter alors. »
            Si tout le monde se « comprenait » mutuellement, la discussion ne serait même plus facile parce qu’elle n’existerait tout simplement plus.

            « Merci de votre intervention. »
            C’est comme pour dire « Fin de la discussion »? Si tôt? LOL !!! Les palabres africaines durent bien plus longtemps, vous avez oublié ?

            • Nafy-Nathalie Diop
              23 mai 2015 at 14 h 03 min

              Je n’ai pas dit que moi je pratiquais la palabre même si j’en vante les mérites !!! 😉

              Et une discussion de mon point de vue, ne sert pas à pas convaincre l’autre à tous prix.
              Puis sous un article, par commentaires interposés, je n’ai pas non plus forcément envie de débattre pendant des heures.

      • Je sais que l’UNESCO fait du très bon travail quand il s’agit de travaux ethnologiques. Mais j’ai l’impression que vous n’avez retenu de vos lectures que ce qui validait votre vision idyllique (ou presque) de l’Afrique pré-coloniale. Et certainement de manière inconsciente, vous avez rejeté ce qui peut permettre de remettre fondamentalement en question la palabre africaine.
        C’est souvent le cas des Africains qui vivent en Occident. Confrontés à un environnement social et intellectuel qui au mieux ignore la richesse de la culture africaine, au pire la dénie, ces Africains deviennent des militants si zélés qu’ils deviennent difficilement perméables à l’autocritique. Or, j’ai bien l’impression que soit vous vivez en Occident, soit vous y avez vécu longtemps.
        Moi, je suis Camerounais, je vis au Cameroun, je n’ai jamais quitté ce pays et venir en Occident n’est rester qu’un rêve d’enfant qu’une fois adulte, je n’ai pas vraiment eu à coeur de réaliser. Cela dit, ne prenez pas ça comme une critique à votre égard.
        Quand vous dites que le méchanisme de prise de décision dans une palabre africaine n’est pas le vote mais la recherche du consensus pour conserver la cohésion sociale, vous avez raison. Mais j’y mets quand même un bémol. On y pratique en fait un vote « larvée » où toutes les voix ne sont pas égales et où les minoritaires finissent par accepter la voie des majoritaires, avec peu ou prou de compromis, sans qu’on ait eu besoin de faire un décompte final des voix.

        • Nafy-Nathalie Diop
          23 mai 2015 at 13 h 54 min

          Bon ben voyez que mes sources ne sont pas mauvaises.
          J’ai lu le bazar de l’UNESCO, les travaux d’ethnologues, journalistes politiques, les auteurs, … bref ! ce n’est pas un truc que j’ai fantasmé.

          J’ai évoqué sans le développer beaucoup c’est vrai dans le texte les deux problèmes majeurs de la palabre en disant que : « Si cette institution a des avantages, elle présente deux inconvénients majeurs : la léthargie et la lenteur de la législation. » J’aurais pu développer plus mais en 1000 mots c’est difficile et il faut faire des choix.

          Je ne suis pas une africaine qui vit en occident. Je suis de double culture et j’ai grandi et vécu en Afrique pendant presque 18 ans. Une partie de ma famille reste au Sénégal et elle ne fait pas partie de la dispora, loin de là. Ma grand-mère ne sait ni lire ni écrire, elle vendait des beignets au marché pour vivre, … quand j’étais petite, chez elle, on allait tirer l’eau au puit sur la place, on avait l’électricité avec les lampes à pétrole, … bref ! Je suis d’un milieu plus que modeste africain, très traditionnel.

          Il n’y a pas de vote dans la palabre justement. La discussion amène au consensus mais et le chef annonce la décision qui est expliquée par les sages.

          Le Cameroun ? Mais vous êtes d’un pays avec une histoire d’une richesse impressionnante !
          J’avais très envie de parler de votre pays un jour.

  • Quand il s’agissait d’un village ou d’un hameau ethniquement de moins de 200 adultes hommes, l’arbre à palabre marchait bien. Bon, j’admets que le chiffre de 200 relève plus de mon intuition que d’une véritable étude empirique.
    Mais l’appliquait-on à l’échelle d’un petite royaume ou d’un grand empire africain ? Si oui, qui avait le droit d’y participer ? les dignitaires ou n’importe quel sujet lambda pour peu qu’il soit homme libre ?
    La palabre était-elle autant appliquée dans les sociétés traditionnelles africaines égalitaires (en droit) et apparemment acéphales que dans celles qui étaient profondément inégalitaires (en droit toujours) et fortement hiérarchisées ? Que je parle d’égalité en droit, je rappelle qu’elle était restreinte aux hommes adultes libres.
    Si l’auteur s’était posé ce genre de question, peut-être qu’elle aurait eu une vision moins fantasmée de la palabre africaine.

    • Nafy-Nathalie Diop
      23 mai 2015 at 13 h 39 min

      J’ai répondu pour la taille du village.

      Les femmes aussi avaient le droit à la palabre, pas partout mais dans la plus part des endroits.
      Je vous laisse googler cette information pour la vérifier.

      Oui la palabre était appliquée dans les sociétés fortement hiérachisées.
      Il y a très peu de civilisation africaine traditionnelle où il n’y avait pas de garde fou au pouvoir.
      La palabre était un de ces garde-fous de mon point de vue.
      Maintenant, elle se décline en fonction des niveaux et des problèmes.

  • Tout ça pour dire que la famille africaine, ça marche surtout quant on est en famille (élargie ou très très élargie). Quand la société est égalitaire, la palabre se rapproche de la démocratie. Si elle ne l’est pas, cette palabre devient un cercle d’autocrates qui ne doivent leur légitime qu’au respect servile d’une tradition ancestrale.
    Vous allez peut-être me rétorquer que la palabre se tenait aussi dans la cadre de larges communautés traditionnelles. C’est pour cela que j’ai parlé de « famille très très élargie ». Quand on connaît la définition de l’inceste dans les sociétés traditionnelles africaines, on comprend l’étendue de la notion de famille.

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