Faut-il s’attendre à une sortie du Royaume-Uni de l’Europe ?

Avec la victoire de David Cameron, le référendum sur l’Europe aura lieu au Royaume-Uni. Qu’en penser ? La députée européenne Sylvie Goulard livre son analyse.

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David Cameron - Credits : Number 10 via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

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Faut-il s’attendre à une sortie du Royaume-Uni de l’Europe ?

Publié le 18 mai 2015
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Par Sylvie Goulard.

Un article de Trop Libre.

David Cameron - Credits : Number 10 via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)
David Cameron – Credits : Number 10 via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Au Royaume-Uni, les élections du 7 mai ont donné la majorité absolue aux conservateurs. Au vu des sondages qui prédisaient un pays ingouvernable, c’est une surprise. L’hypothèse d’un referendum sur la participation du pays à l’Union européenne devient une quasi certitude. Il n’y a pas de raison de s’affoler, ni de crier « bon débarras ». Cette discussion nous offre au contraire une chance de sortir l’UE de l’ornière où des années de crise violente, d’hésitations et de bricolages intergouvernementaux l’ont plongée.

La crainte des mois précédents était de voir le UKIP, favorable à une sortie du Royaume-Uni de l’UE, rafler un grand nombre de sièges. Il n’a finalement gagné qu’un siège, même s’il progresse largement en voix. En janvier 2013, le Premier ministre David Cameron a proposé de renégocier les modalités de la participation du Royaume-Uni à l’UE, pas de la quitter. Il est vrai que nombre de conservateurs sont plus radicaux que le Premier ministre ou le ministre des finances Osborne qui aura la charge des négociations. Ils veulent purement et simplement quitter « l’Europe », mêlant leur vindicte anti-Bruxelles à un rejet du Conseil de l’Europe, jadis porté par… Churchill. Avec une majorité si courte, David Cameron n’aura pas forcément les mains libres pour mener les négociations avec ses partenaires européens. Le danger de surenchère des extrêmes n’est pas négligeable.

Malgré ces risques, nous devrions cesser d’être sur la défensive.

Le Royaume-Uni est lié à l’UE par des traités. Une négociation va s’engager. Nous ne sommes pas à la merci d’une décision unilatérale des Britanniques même si le risque de «chantage à la sortie » existe assurément. En définitive, c’est l’unité des autres membres de l’UE, et notamment des pays de la zone euro, c’est la fermeté de leur engagement européen qui feront la différence. Depuis 2005, la question européenne a été mise « au frigo » par les partis français. Il va falloir qu’ils sortent de leur déni.

Les pro Européens pourront trouver au Royaume-Uni des relais et des soutiens : les milieux économiques et financiers britanniques (CBI, City.) sont très majoritairement favorables au maintien du Royaume dans l’Union. Ce pays a longtemps été le fer de lance du marché intérieur et d’un commerce international ouvert. Son maintien dans l’UE est dans l’intérêt des Britanniques comme il est dans notre intérêt. Les Allemands sont particulièrement actifs sur ce front.

À la fois pour des raisons économiques, particulièrement importantes aux yeux des autorités allemandes, mais aussi pour des raisons géopolitiques et diplomatiques, nous devrions prendre clairement position en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l’UE. Dans bien des pays du monde, l’UE amputée du Royaume-Uni n’aurait pas le même poids. Ceux qui se réjouissent un peu vite de se « débarrasser des Anglais », devraient voir plus loin. L’échec de la construction européenne serait, dans le monde entier, notre échec. Français et Allemands s’en sont trop souvent proclamés les moteurs pour minimiser leur responsabilité.

Des partenaires importants des Britanniques, notamment les États-Unis, plaideront dans le même sens. L’intérêt géostratégique du Royaume-Uni n’est pas de s’isoler ; quand, dans son discours du 23 janvier 2013, David Cameron souligne que les modèles norvégien et suisse, assez prisés dans son pays, ne permettent aucune participation aux négociations tout en obligeant à respecter le droit européen, il a raison. Ce repli ne cadre d’ailleurs pas avec la grande tradition historique et les intérêts de l’ancien Empire de la Reine Victoria.

Enfin, certains reproches envers l’UE formulés par David Cameron sont fondés : l’UE manque de compétitivité, la croissance est atone. Elle est en train de se faire distancer par d’autres parties du monde plus dynamiques, à commencer par l’Asie et les États-Unis. Sans approuver toutes les politiques macro-économiques anglaises (notamment des abus manifestes comme le « zero hour contract »), certaines de leurs réalisations sont dignes d’intérêt. Pour des Français désireux de voir la France se débarrasser des obstacles qui entravent l’initiative économique et brident la croissance, le débat qui va commencer n’est pas mal venu. Il va obliger tous les Européens, Britanniques et Français compris, à sortir du dénigrement gratuit pour mesurer ce que l’UE leur apporte. Nous pourrions ainsi enfin passer d’une critique bougonne à une analyse plus fine des maux européens, et à des propositions plus constructives.

La solution résidera sans doute dans la consolidation de la zone euro, sur un mode fédéral à définir, à l’intérieur d’une Union (à 28 voire plus) aux compétences allégées, englobant le Royaume-Uni. Ce n’est pas simple dans la mesure où l’existence d’une zone euro intégrant 19 membres et ayant vocation à rassembler quasiment tous les pays de l’UE, rejette ceux qui ont fait le choix de ne pas en être en permanente minorité. La meilleure réflexion sur une avant-garde franco-allemande reste le papier de Wolfgang Schäuble et Karl Lamers de septembre 19941.

Le marché intérieur étant régi par le vote majoritaire, une partie du malaise britannique vient de là : après avoir fait le choix souverain de ne pas participer à la monnaie unique, les Anglais ont du mal à ne pas être dans le premier cercle.

Ceux qui se réjouissent un peu vite d’un départ des Britanniques auraient tort de pavoiser. Les autres n’ont pas raison de s’alarmer à l’excès. La force de l’euro va plus loin que nous ne pensons. Elle a déjà redistribué les cartes, comme le prouve le débat britannique. Reste aux pays de la zone euro à s’en rendre compte et à parachever leur œuvre.

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  • De toutes façons, entre exemption financière, refus de l’Euro, refus de Schengen, on se demande s’ils sont vraiment dans l’Europe. Ils en prennent les avantages et rejettent les contraintes…
    Depuis qu’ils le disent, ils vont bien avoir les couilles de le faire leur foutu référendum ?
    Seulement voila, le peuple grand-breton n’est surement pas aussi con que ce qu’en pense ses dirigeants : il a peut-être largement compris qu’il serait risqué pour eux de s’isoler a nouveau dans leur ile, sans les avantages retirés de l’Europe…

    • Mais enfin, l’Europe aurait tout à gagner à rejeter d’elle-même les contraintes qui en font le monstre actuel qui effraie tant les Britanniques ! Pourquoi tient-elle tant à son modèle qui la met derrière le reste du monde, et veut-elle imposer ses inconvénients à ceux qui montrent qu’ils s’en sortent plutôt bien en se limitant au marché unique ?
      Quant aux histoires d’avantages retirés de l’Europe, lesquels ? La Grande-Bretagne, une fois sortie, aurait sans doute un statut comparable à celui de la Norvège, laquelle a fini par comprendre que pouvoir s’exprimer dans le brouhaha des réunions plénières sans pour autant y faire triompher la raison ne valait pas l’avalanche d’obligations et de contraintes qui séparent le statut de membre associé de celui de membre à part entière. Donc la question de la sortie britannique est identique, en fait, à ce que serait celle de l’adhésion plénière de la Norvège.

    • Heu, les dirigeants britanniques sont en général favorable à l’UE. Cameron est favorable à l’UE.
      Sortir de l’UE ne veut pas spécialement dire s’isoler. L’ukip est favorable au libre échange. La suisse n’est pas dans l’UE et ce n’est pas un pays isolé.
      Cela dit les britanniques auraient tort de sortir de l’UE

    • « Ils en prennent les avantages et rejettent les contraintes… »

      Vous êtes en train de vous plaindre qu’ils agissent de façon intelligente et responsable?

      • Il ne paye pas assez d’impôts : il devrait les doubler …

      • Et surtout pragmatique.
        Ce qui me fait rire dans cette histoire c’est que j’ai appris via wikistrike que les Autrichiens allaient eux effectuer un référendum cette été à ce sujet .Je n’ai pas encore contacté l’ambassade à ce sujet

  • C’est fascinant ce mantra bruxellois, répété même… par des gens intelligents comme S.Goulard : « ne pas s’isoler ».

    Mais chère madame… en quoi le UK serait « isolé » en sortant de l’UE ?

    En quoi un membre de l’UE est-il « moins » isolé qu’un pays qui n’est pas membre ?

    La Grèce se sent elle isolée ? Ou non isolée en ce moment ?

    La France dans l’UE ? Plus ou moins isolée ? Question subsidaire : en quoi la France est elle « plus forte » (autre mantra) dans l’UE ?

    Quelqu’un rappelle fort justement que Londres échappe déjà à pas mal de monstruosités bruxelloises.. alors en quoi sa sortie définitive et formelle l' »isolerait » ?

    Ce n’est plus un argument c’est un mantra, une expression religieuse, un morceau de vaudou…

    c’est à la politique et à l’économie ce que la cuisse de poulet est à la magie noire vaudou.

    La vérité est qu’il en finir avec cette idée mortifère, cette idée constructiviste, ce délire bureaucratique, cette folie prométhéenne.

    Laissez nous en paix.

    Les nations, les peuples veulent être laissés en paix.

    Gardez Bruxelles, gardez Juncker, Barroso, Moscovici, votre commission et vos « commissaires »…. laissez nous en paix.

    • Charles je vous adore
      J’ai travaillé un an c’est un monstre
      Vive les peuples vive la paix
      Bruxelles ville apartheid vous changer de quartier et c’est autre chose
      Bruxelles ville marocaine
      Bruxelles ville française
      Bruxelles ville EU
      Bruxelles ville la grenouille qui se prend pour un boeuf !!!!!

      • Amandine une année pour juger. Je pense que vous ètiez frustrée de n’avoir pas été avec ceux qui agissent au plus haut niveau. Les fonctionnaires de l’UE n’ont rien à voir avec les bricoleurs français des ministères. En gros les français pleins de certitudes ont du mal à s’intègrer vite à Bruxelles, car se croyant meilleurs ils mèriteraint d’ètre entendus. Pour cela il faut du temps dans un univers international,en commençant par un travail personnel sur sa place dans le  » monstre ». Croyez moi ou non, mais notre model èducatif lobotomise notre vision, peu propice à un tel environnement ( à lier à notre connaissance de langues ètrangères qui nous ne favorise pas)- Etre en charge d’ètablir des règles communautaires de bon sens, n’est pas encore à la portée de tous. . Le degré d’incompètance des institutions françaises sur le droit européen est parfaitement connu à Bruxelles. La France n’aime pas à ètre forcée , dècrit bien la situation. Ce qui en dit long sur la mèfiance envers les français. Je dirai qu’il faut ètre un européen et fier de l’ètre avant d’ètre français pour comprendre.

        Quand à la capitale , ayant vècu 8 ans je peux avoir uen opinion, c’est une ville à l’amèricaine. Les plus pauves y vivent en ghètos selon leur origines. Les plus aisé sont à l’extèrieur. Un choc pour une française habituée à voir les ghètos dans les banlieux…. Bruxelles est petite. avec 30% de non belges, malmenée par l’emprise des institutions internationales, le cortège des lobbyistes et leur batiments, des visiteurs institutionnels venant de toute l’Europe , le nombre de ses commerces pour servir des clients aisés , de ses appartements pour des locataires aisés près du travail, de sa prostitution de luxe pour satisfaire une clientelle exigeante, des Bruxellois et leur institutions nationales, de plus en plus frustrés de ne pas pouvoir profiter car la vie est devenue chère, au regard des salaires et des pensions, sans oublier du nombre de chomeurs incapables de trouver du travail faute de diplomes, sinon de la concurrence dèloyale avec des ètrangers acceptant de maigres salaires dans le batiment car ne cherchant pas à s’intègrer, mais à rembourses leur maison le plus vite possible pour retourner chez eux… tout cela fait que Bruxelles restent avant tout une ville pertubante pour beaucoup , Un grand nombres de fonctionnaires à la retraite quittent le pays si ils ont gardé des liens avec leur pays d’origines. Pour ma part je ne me suis jamais senti bien. Je crois que l’on est une gène pour les Bruxellois. Bruxelles francophone est entourée de villes flamandes qui refusent l’usage du français. De plus en plus l’anglais est utilisé à Bruxelles avec l’arabe, le turc , etc. Bref je peux comprendre leur frustration de ne plus se sntir chez soit…

  • quand bien le royame uni sortirai de l’europe , le monde ne s’écroulera pas pour autant , ni la terre s’arréter de tourner ; que chaque pays fasse ce qu’il à faire , pour une vie meilleure pour leur peuple , et basta pour le reste ;

    • Marie idem ouf je respire merci

      • Si le pays se limite à son Etat je suis d’accord. Mais pour les anglais, comme le rapellait Blair, la politique ne se rèsume pas à favoriser que certains. Les Tories n’ont rien à voir avec l’UMP. La misère que l’on trouve en Angleterre n’a rien à voir à la notre. Ayant vècu sous Thatcher , Major et Blair je suis capable de comprendre la colère du peuple anglais. Car mème les Labor sont plus à droite que l’UMP. Que voulez vous faire quand vous n’avez pas un travail fixe, où payé en fonction du coup de la vie?. Que peut*on faire avec la retraite ridicule versé par l’Etat ? peut faire un jeune qui ne peux se permettre de s’endetter à vie pour rembourser un pret pour payer ses ètudes en université? Que dire des malades en liste d’attente durant des mois! Est ce que Bruxelles a uune moindre responsabilité sur les chois domestiques des Etats? Non. Mais c’est plus facile d’accuser la Commission, alors que c’est le Parlement européen et ses dèputés corrompus qui modifient les textes européens qui se voulaient plus juste pour les peuples européens! Quand Major a rèussi à èliminer le chapitre social dans le traité de 1992, c’ètait la fin pour eaucoup d’Européem. Et oui l’URSS n’existait plus, et le mondialistes ne voulait pas une Europe social. Alors 25 ans plus tard la descrimination dans la richesse produite est de plus en plus visible surtout chez les anglais, comme chez les amèricains. Si les chefs d’Etats n’ètaient pas des vendus, l’Union serait bien mieux. Mais allez accuser la Commission de sa bureaucratie, alors que c’est le Conseil qui impose leur mode de travail, c’est comme accuser le flic qui vous verbalise pour n’avoir pas respecter une loi stupide. Mr. Cameron est pour le fric engendré par le commerce, la spèculation, la fiscalité avantageuse pour les entreprises made in UK. Et les client sont les européens empètrés par le chaos sur le droit du travail, des fonctionnaies intouchables, des syndicats dogmatiques, des cout du travail pour payer une fonction publique mèdiocre. Mr Cameron doit vraiment ètre un homme heureux de montrer ses rèsultats a ses collègues de l’Union. Mais il ne faut regarder les sacrifices imposés au peuple. Comme je le disais: Si le pays se limite à son Etat je suis d’accord

  • Cameron est à la fois un type lucide et courageux.
    Il sait que tant que les eurosceptiques feront du bruit, ce sera une épine dans le pied de son gouvernement, et il veut s’en débarrasser.

    Très sportivement, il a donc annoncé le referendum dans deux ans, sans cacher qu’i ferait campagne pour rester dans l’UE.

    S’il gagne son pari, ce qui est probable, il pourra se consacrer aux choses sérieuses 🙂

  • Si le gouvernement britannique veut rester dans l’UE au moment du référendum, si celui-ci a bien lieu, l’issue en sera la même que lors du référendum écossais, son lot d’irrégularités flagrantes y compris.

    Ce genre de situation fait penser aux propos du député européen Luxembourgeois Astrid Lulling, qui s’était réjouie en février 2014 que son pays n’ait pas droit au référendum d’initiative populaire comme en Suisse, car si la démocratie devait tenir compte de l’avis du peuple, où irions-nous? « C’est à désespérer du droit de vote » qu’elle disait. Bravo l’Europe et sa considération du droit de vote.

    • bonjour Petit Poney, c’est bien vrai ça ! Et alors quoi ? S’il faut maintenant tenir compte de l’avis des citoyens : Où allons-nous ?
      Ceci dit ,et à défaut de ne pouvoir jamais accéder à la citoyenneté Suisse ; ces temps -ci j’aimerais joliment être Ecossais ,car la suite promet d’être amusante si référendum Britannique il y a !

    • Sur wikipédia : Astrid Lulling, née le 11 juin 1929 à Schifflange, est une femme politique luxembourgeoise, membre du Parti populaire chrétien social.

      Populaire et social. Et cela ne veut pas d’un mécanisme populaire … dingue non ❓

  • ces pays qui souhaitent sortir de l’Europe ou ne plus y rentrer devrait surtout faire réfléchir sur ce qui ne va pas avec Bruxelles.

    Pour le reste évidemment que les européens ont intérêt à se serrer les coudes face aux autres grandes puissances, mais il est à parier que la plupart des coopérations (en particulier économiques) avec l’Angleterre continuerons d’une façon ou d’une autre même sans l’Europe.

  • Bonne analyse de quatremer à lire dans libé : la valse hésitation anglaise va complètement paralyser l’action européenne pendant les 2 ans à venir.
    Il conclut en recitant De Gaulle : « faire entrer l’Angleterre », ce serait pour les Européens « donner d’avance leur consentement à tous les artifices, délais et faux-semblants qui tendraient à dissimuler la destruction d’un édifice qui a été bâti au prix de tant de peine et au milieu de tant d’espoirs »

  • Les britanniques voterons pour le statu quo, ceux qui votent pour le changement sont en général ceux qui n’ont rien à perdre, tous referendum dans un pays riche ne sert donc à rien et mène toujours au même résultat, on préfère garder ses acquis plutôt que d’affronter l’inconnu.

  • « sur un mode fédéral à définir » : ne serait-ce pas là justement le problème, et pas seulement pour la GB ?

    Présenter l’utopie fédéraliste comme seule perspective européenne cristallise le rejet des institutions un peu partout, dans des mouvements qui ne sont pas nécessairement anti-européens mais assurément anti-fédéralistes. Ces mouvements n’auront aucun mal à s’accorder sur le rejet commun d’une Europe fédérale, alors que l’inverse est infiniment plus difficile. En effet, avec le fédéralisme, ce qu’on perd est certain mais ce qu’on gagne est aléatoire. En outre, le chemin de crête est bien étroit, la contradiction est un peu trop apparente, quand on prétend vouloir l’union tout en favorisant la désunion ailleurs, en soutenant des revendications régionalistes par exemple. A force de prôner obstinément le fédéralisme en niant d’autres solutions plus originales, l’Europe se tire une balle dans le pied. L’euro est un bon exemple des limites de l’exercice fédéraliste. En bafouant ostensiblement les traités, SuperMariole a affaibli durablement ce qui pouvait passer jusqu’alors pour une réussite, au point que le risque n’est plus une sortie des pays en difficulté mais plutôt celle des pays bien gérés, sous la pression de l’insupportable chantage du passager clandestin grec.

    Les Anglais, qui ne sont pas les derniers des idiots, ont bien compris ces limites et contradictions. Ils entendent en jouer pour pousser les utopistes du fédéralisme dans leurs derniers retranchements et les faire redescendre sur terre. Finalement, le pragmatisme anglais nous fait le plus grand bien.

    • Il faudrait surtout connaitre le peuple anglais et avoir subi le thatcherisme pour expliquer leur raison du rejet de l’Union.Ce pays aura perdu une grande parti de l’acquis social qui rendait moins visible les injustices, forçant les gens à travailler plus pour se soigner, èduquer leur enfant, comme si le coupable ètait Bruxelles qui ne les aurait pas protèger de leur calamité que les amèricains connaissent depuis Reagan. Mais voilà que le chapitre social de Delors fut èliminé par le forcing de Major pour accapter le traité de 1992. Pas de chance pour le peuple anglais, car c’ètait pour eux une chance de stopper le massacre des Tories. Cette ile qui laisse libre les renards avec les poules , avec cette manie de spèculer mème sur les èchecs, la fourberie pour spolier les plus faibles, une volonté de rèduire l’accès pour tous aux ètudes supèrieures, la crise èconomique en europes freinant le commerce. aura pousser les extrèmistes à faire croire que Bruxelles c’est elle qui expliquent leur problèmes domestiques! Facile de le dire du moment que l’accusé ne peut rèpondre.

      • Le réel étant trop dur à affronter, le monde imaginaire des socialistes est toujours plaisant à observer.

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Textes présentés par Damien Theillier.

« La Communauté européenne est une manifestation de l’identité européenne. Ce n’est pas la seule. » — Margaret Thatcher.

Deux conceptions de l’Europe s’affrontent.

La première pense qu’une zone de marché unique ne peut pas fonctionner si une autorité centrale ne se préoccupe pas d’organiser pour chaque activité un ensemble préalable de règles et de normes communes. C’est la position de la Commission de Bruxelles, celle de son Président, mais aussi celle du gouvernement français.

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