Réforme du collège : le massacre continue

Élève dans une salle de classe (Crédits : CG94 photos, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

La réforme du collège de Najat Vallaud Belkacem accumule les critiques et ne répond pas au vrai problème de la baisse du niveau au collège.

Par Geneviève Frixon.

Élève dans une salle de classe (Crédits : CG94 photos, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.
Élève dans une salle de classe (Crédits : CG94 photos, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Après l’abandon des notes, afin de ne pas perturber ces pauvres chérubins, le gouvernement vient d’annoncer une réforme du collège, pour lutter contre les inégalités, mais lesquelles ? Depuis 1959 les réformes se succèdent dans ce sens et celle de Madame Najat Vallaud-Belkacem apporte sa pierre à un édifice déjà fort craquelé.

Un grand nombre d’élèves s’acheminent tous les ans laborieusement vers le collège sans maîtriser correctement le socle commun des connaissances, et toutes les enquêtes relèvent un affaiblissement dans ce sens.

Le ministère lui-même souligne que la maîtrise du français a reculé en 10 ans, que 12 % des élèves de CM2 et 25 % de ceux de 3ème n’ont pas atteint le niveau requis. Recul également pour les mathématiques, où l’on est passé de 83,4 % à 77,6 % d’élèves ayant une compétence satisfaisante. La France, dans ces deux domaines, régresse par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE.

SOS Éducation s’alarme de cette réforme d’un « pédagogisme idéologique et jargonnant ». L’éditorialiste Jacques Julliard qui signe un excellent article dans Marianne parle de « coupes claires dans ce qui constitue pourtant l’essence même de la culture et de l’identité française ». Plus problématique encore les programmes du « cycle 4 » qui va de la cinquième à la troisième, et font la part belle à l’islam par rapport au christianisme abordé au travers du thème de « la société rurale encadrée par l’Église » qui, selon Jacques Julliard, « relève de la manipulation historique » et de fustiger également l’abandon de la philosophie des Lumières.

Jargonnant, vous avez dit jargonnant !

Le Conseil supérieur des programmes (CSP) ce « machin » créé en 2013, installé à l’institut de France, fabrique des programmes selon l’appellation consacrée sur education.gouv.fr. Et quels programmes ! Les 18 membres mis en place pour : « plus de transparence dans le processus d’élaboration des programmes d’enseignement » ont versé dans le galimatias prétentieux. La novlangue retrouve ses lettres de noblesse. Chaque discipline est mise en scène de façon méandreuse. Les médias se sont fait l’écho d’une piscine nommée « milieu aquatique profond standardisé », dans le cadre de l’éducation physique, on trouve l’appellation « duel médié par une balle ou un volant » vous avez le choix entre le tennis ou le badminton ! La « construction du projet expressif » pour l’acrobatie, l’apprentissage des langues vivantes se traduit par « se familiariser avec des mobilités virtuelles, se préparer à des mobilités physiques ». Pour toute une génération perfusée au duo « lol/mdr » ce charabia abscons relève d’un monde parallèle !

Du côté des enseignants, une intersyndicale faite du Snes, premier syndicat du secondaire, du Snalc, de FO, de la CGT et de Sud, renoue avec le bitume et appelle à la grève le 19 mai prochain.

« Une éducation trop rigide glace l’âme, une éducation trop lâche la perd » écrivait Pierre Reverdy, cette énième réforme n’a pas trouvé le juste milieu !

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