Démoyenniser la démocratie

La volonté générale, c’est la moyenne des volontés individuelles. Elle n’en reflète ni la diversité, ni l’intensité, et impose à chacun une préférence molle qui n’est pas la sienne. Peut-on démoyenniser la démocratie ?

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Démocratie Vote Elections (Crédits : Theresa Thompson, licence Creative Commons)

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Démoyenniser la démocratie

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 16 mai 2015
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Dans une démocratie, c’est la volonté générale qui s’exprime. Le seul problème, c’est que la volonté générale n’existe pas. C’est une fiction, que l’on peut illustrer par un exemple récent : l’élection de François Hollande.

Pour simplifier, ne nous intéressons qu’au second tour : François Hollande a battu Nicolas Sarkozy à 51,6% contre 48,4%. Parmi ceux qui ont exprimé leur opinion, 48,4% n’ont pas voté pour lui ; il est quand même leur président. Les chiffres complets (tenant compte de l’ensemble du corps électoral, pas seulement des suffrages exprimés) indiquent qu’il a mobilisé 36% du corps électoral. 2/3 des Français n’ont jamais demandé à avoir François Hollande pour président, mais tant pis pour eux : la « volonté générale » l’emporte.

La volonté générale n’est pas la volonté du peuple : le peuple aussi est une fiction. Il n’existe pas une seule entité appelée « le peuple ». Ce qui existe, c’est une multitude d’individus qui ont chacun une opinion. Beaucoup ont une opinion différente de la volonté générale, qui représente plutôt l’opinion moyenne. Dans le cadre de l’élection présidentielle, tous les Français ont François Hollande pour président parce que, parmi 70% des Français qui ont voté pour l’un des deux, une faible majorité penchait pour lui. Dans une démocratie, chacun est censé appliquer ce que les autres pensent « en moyenne », avec la possibilité d’ajouter chacun une goutte d’eau dans l’océan du peuple. Ne peut-on pas faire mieux ?

Le terme « démoyenniser » n’existe pas officiellement, mais il pourrait se définir comme le fait d’augmenter le niveau de finesse d’une analyse, en vue de différencier les réponses apportées. Dans un sens mathématique, il s’agirait d’étudier la dispersion en plus de la moyenne. Par exemple, un opérateur téléphonique propose toute une gamme de forfaits plutôt qu’un unique contrat correspondant à la consommation moyenne. Les constructeurs automobiles proposent des modèles aussi bien pour les citadins utilisant occasionnellement leur voiture que pour les grands rouleurs. Pour que chacun puisse réellement exprimer ses préférences, il faut démoyenniser la démocratie. Le défi est de taille : il ne s’agit pas uniquement d’étudier la dispersion pour ensuite appliquer à tous la moyenne, mais bien de permettre l’expression de tout l’éventail des choix que les citoyens pourraient souhaiter faire. C’est possible, et incroyablement simple. La démocratie démoyennisée, c’est le marché.

Le marché n’impose pas « sa » loi : il reflète la somme (et non la moyenne) des préférences des individus, dans toute sa diversité. Le choix du marché est ouvert. Dans un marché libre, chacun peut créer et produire ce qu’il veut, acheter et consommer ce qu’il souhaite. Comparons donc le marché avec le « moins mauvais » des régimes, la démocratie. Pour choisir la couleur de votre cravate le matin, par exemple. Ou pour choisir un sandwich.

  • Si la couleur des cravates était un choix démocratique, nous voterions tous et porterions chaque jour une cravate dont la couleur aura préalablement été choisie par la volonté générale. Avec le marché, il suffit d’ouvrir son placard et de choisir.
  • Si le choix des sandwiches était démocratique, il faudrait voter et tous manger un sandwich identique. Le marché assure la survie des végétariens et des allergiques, en plus de la satisfaction des estomacs.

Le marché est la somme des volontés individuelles, la démocratie en est la moyenne. Enfin, pas tout à fait. Dans une démocratie, certains ne trouvent tout simplement pas l’option reflétant réellement leurs préférences. Même au premier tour d’une élection, rares sont les citoyens dont un candidat reflète exactement les positions. La démocratie offre une moindre diversité. Et elle ne permet pas non plus d’exprimer l’intensité des préférences, au contraire du marché. Via des mécanismes comme, par exemple, le prix : on peut aimer les poires sans pour autant être prêt à les payer 100 €/kg.

Le marché est un système plus libre, plus juste et plus efficace que la démocratie. Même en politique, le marché permettrait à chacun de choisir le système qui lui convient. Et c’est là qu’est tout le problème du marché, la raison pour laquelle beaucoup d’hommes politiques sont son ennemi : avec le marché, chacun choisit, et personne ne choisit à la place des autres. Personne ne peut prendre pour autrui les décisions qui le concernent. Avec le marché, chacun fait ce qu’il veut faire. Pas ce que d’autres pensent qu’il voudrait faire, ou aimeraient qu’il fasse.

Le marché a donc naturellement beaucoup d’ennemis : tous ceux qui veulent confisquer aux autres leurs choix, tous ceux qui pensent avoir plus à perdre en rendant aux autres leur liberté qu’ils n’ont à gagner à récupérer la leur. C’est une grave erreur ; saurons-nous les convaincre ?

 

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  • La démocratie c’est le diable

  • C’est même pire que cela.
    Les gens qui ont « naturellement » voté pour lui, donc au premier tour, étaient 10,3 millions sur 65,8 Millions d’habitants (certes, la population habilitée a voter est moindre, mais il est censé représenter tout de même la totalité de la population).
    Sur le second tour, on est dans un choix « contraint » proche du pile ou face stimulé…
    Donc, si on regarde bien ce mécanisme a tiroirs, l’élu national n’est le choix principal que de 15% de la population…
    Si on effectue le même exercice dans les régions, c’est encore pire, puisque le candidat à la tête de région n’est présenté que dans son département d’origine, les étapes suivantes se passant uniquement entre grands électeurs… on arrive a un nombre de voix directement initialement exprimées pour le futur président de région qui est plutôt autour de 5% selon les régions…
    Il ne faut pas s’étonner que nos « représentants » ne représentent en rien leurs électeurs 😉

  • Pour plus de démocratie, il faut plus de décentralisation. Ainsi, les habitants mécontents des décisions prises par la « majorité » d’une région pourront déménager dans une autre région plus proche de leurs idées.

  • « Si la couleur des cravates était un choix démocratique,  » : nous porterions tous une cravate de couleur marron/caca d’oie, qui est la couleur obtenue en mélangeant toutes les couleurs !
    Quant au sandwich, il s’alignerait sur le plus petit dénominateur commun :
    pas de céréales : risque d’allergies, pas de jambon : y’en a qui aime pas, pas de thon : y’a des métaux lourds, pas de mayonaise ou de fromage : ça fait grossir, pas de légumes : y’a des pesticides…Que reste t’il me direz vous ? bah rien

  • Bien ,bien

    quelque peu sophistique

    • Et vous-même n’atteignez même pas le niveau du sophisme: degré zéro du commentaire, épargnez vous ce médiocre effort, et retournez à vos bandes dessinées de rantanplan.

      • Oui c’est un sophisme de confondre les enjeux de la démocratie avec un choix de cravate. La couleur de votre cravate ne regarde que vous (sauf bien sur si vous considérez le choix de la couleur pour un entretien d’embauche pour un poste de croque-mort ou de clown). Plus pertinent aurait été de considérer l’intérêt du marché pour choisir la couleur de la façade d’une copropriété. Que peut le marché dans ce cas. Un vote après présentation des différents arguments n’est il pas la meilleure solution?

        • Vous pensez vraiment que les maisons sont blanches dans les pays du sud parce que les occupants ont voté ?

          Vous vous tirez une balle dans le pied avec votre exemple.

  • Il n’empêche qu’un individu (le président) ou des groupes d’individus se retrouvent quasi seuls à interpréter l’application du bien commun.
    Quels sont les contre pouvoirs institutionnels ? Hé bien ils peuvent très bien disparaître dans une démocratie par le principe d’un pouvoir qui s’est bâti sur une pyramide étatique, dont les bases sont les média, les juges, les lobbys, les syndicats, les associations.

    • C’est normal, tout ça…
      Si on part de l’idée de bien commun, on arrive forcément à cela puisque le « bien commun » n’existe pas et ne peut pas exister (cf le théorème d’impossibilité d’Arrow qui montre que sous des condition assez basiques on ne peut pas définir un optimum commun à tout le monde). Sauf bien sûr à défendre l’idée de faire le bien des gens contre eux, et donc d’avoir des « élus » (comprendre, bénis des dieux) qui savent pour les autres. Bref, les ferments de la tyrannie.

    • Ce n’est pas le pouvoir qui est responsable de ces dysfonctionnement, c’est la démocratie elle même : la dictature de la majorité.

    • Le problème est en effet autour de ce chèque en blanc que l’élu du coin pense avoir reçu.
      Une fois élu, il se fout royalement de vérifier que ses choix sont bien ceux des gens qu’il prétend représenter. Jamais aucun retour… Il ne se repose la question que lors des élections suivantes, mais sans risque, puisque les partis verrouillent proprement les candidats autorisés a candidater <o)

  • Choix de vacances et démocratie
    – soviétique : Le politburo a ainsi décidé. Départ lundi 6h45, visite musée de la metallurgie à 9h30, repas à la cantine à 12h15, présentation du haut-fourneau à 13h30. Mardi musée du train, mercredi usine d’engrais, jeudi kholkoze et soirée spectacle au foyer du kombinat de 19h à 21h30. Retour vendredi à 17h15. Votez pour approuver, sinon pas de vacances.

    – élection occidentale : choisissez le chauffeur, Pierre 55 ans vous promet de conduire avec un uniforme bleu, Paul 1m75 fera les 100 premiers kilomètres avec un costume rose. Le chauffeur décide de tout selon son bon vouloir, y-compris leur salaire que vous devez payer.

    – thématique XXIème siècle : votez A1 montagne ou A2 mer. B1 une semaine en hôtel luxe ou B2 1 mois en camping. C1 en train ou C2 en bus, D1 juillet ou D2 août. Pierre et Paul seront chargés d’organiser les détails du voyage selon vos choix, y-compris par deux groupes différents si possible.

    Avec un peu de bonne volonté, on devrait pouvoir améliorer considérablement la démocratie, en permettant des « statuts citoyens » différents : exemple, un statut socialement très protecteur pour ceux qui veulent, et un plus libéral pour d’autres.

    • « Avec un peu de bonne volonté, on devrait pouvoir améliorer considérablement la démocratie, en permettant des « statuts citoyens » différents : exemple, un statut socialement très protecteur pour ceux qui veulent, et un plus libéral pour d’autres. »

      Ça serait génial votre truc si ça pouvait être mis en place. Malheureusement, les gens qui veulent un statut très protecteur contribuent en général peu et ceux qui veulent un statut plus libéral contribuent plus (en moyenne, certes, et sur le moyen terme, mais tout de même). Et surtout la majorité des gens n’étant pas très « idéologiquement convaincus » serait pour le « statut protecteur » quand ils en auront besoin (début de carrière et vieillesse) et pour un statut plus libre le reste du temps (ben oui, c’est mieux la liberté, surtout quand le coût en responsabilité est assez facile à porter).

      Non, simplement privatiser toute la « protection sociale » et laisser les gens décider ce qu’ils veulent comme « assurance sociale » (chômage, maladie, vieillesse) et aller d’une entreprise à l’autre, ou à aucune et s’auto-assurer, selon leurs profils. Et pour l’État et ses services, rendre l’adhésion volontaire : si tu paye des impôts tu as droit à ces services (que d’autres pourraient proposer) et tu peux voter pour choisir comment on les gère. Sinon tu ferme ta bouche et tu n’essaye pas de forcer les autres à financer ce que tu veux. On pourrait avoir plusieurs États en concurrence, limités par la règle de non-agression : l’État UMP, l’État PS, l’État FdG et l’État FN… et les électeurs/cotisants auraient à payer eux même pour ce qu’ils votent (Je parie pour l’émergence très rapide d’autres partis et pour la disparition des fronts puis du PS dans les premiers mois suivis un peu plus tard par « les républicains »…).

    • Améliorer la démocratie : encore faudrait-il admettre que la démocratie n’est pas la solution universelle incontournable contre la tyrannie, qu’en fait c’est tout l’inverse, que la démocratie est la tyrannie de la majorité et la proie des minorités.

  • Et dans le monde réel, d’autres gouvernances que démocratique sont satisfaisant ?

    • …iques sont satisfaisantes

    • Yep, la monarchie minarchique! Comme le Liechtenstein ou Singapour (en quelque sorte)…

      • Singapour : 5 millions de personne sur une surface d’environ 2 fois Paris. 85% de logements sociaux. Education gratuite (et de qualité), voitures ultra taxées : transports en commun quasi obligatoires, vie sociale et « citoyenne » ultra organisée par « l’association du peuple » et ses multiples ramifications, société civile fortement étatisée…
        Minarchique ? Singapour est ULTRA COLLECTIVISTE sur des domaines qui dépassent largement le domaine régalien.
        Le régalien d’ailleurs? La défense est assurée par les USA par procuration…

        Liechtenstein ? c’est 37 000 habitants et un régime fiscal arrangeant pour les capitaux les plus douteux. Ca permet d’acheter la paix sociale (ce qui est facile quand on a une population totale égale à celle de la ville de Vitrolles). Le régime s’effondrera le jour ou l’Allemagne et quelques autres gros pays sortiront leur gros bâton fiscal.

      • Singapour est tout sauf une minarchie!
        Il s’agit d’une dictature, mais avec un bon dictateur.

    • Si l’on regarde l’indice de ‘démocratie’ les pays de tête sont soit fédéraux, soit des monarchies constitutionnelles, les démocraties indirectes viennent ensuite et les démocraties populaires en queue.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_d%C3%A9mocratie

  • Si l’état n’était pas si obèse et n’avait donc pas besoin d’autant de ressources à gaspiller alors le problème de la démocratie moyennisante ne se poserait pas.
    Quand 1/3 des français élisent un type qui s’immisce, s’introduit de manière liberticide dans la vie des 2 autres tiers, c’est très gênant.

    • Surtout quand ce type est maladroit au point se de viander la tronche sur la moindre marche, malchanceux au point de recevoir flotte et fientes dès qu’il sort, malhabile au point de parler un sabir imbitable dès qu’il ouvre le bec, mal fringué avec une manche qui remonte systématiquement, et mauvais gestionnaire malgré ses études d’économie. Bienvenue Mr Chance ! 🙂

    • L’Etat est obèse à cause de la démocratie … il faut arrêter de désigner des bouc émissaire, on croirait entendre les trolls qui tentent de vous expliquer que l’URSS n’était pas ‘le vrai’ communisme.

      • @Stéphane, a qui répondez vous ? Qui dit que l’état est obèse à cause de la démocratie ? vous ? ce n’est pas mon cas, je n’y vois aucune relation de cause à effet !
        Mon avis est que ceux qui votent encore pour un candidat (je retire les votes blancs) sont ceux qui ont un intérêt, qu’il soit financier (alloc, aides, …) ou corporatiste ou lobbyiste. Ce n’est pas la démocratie qui engendre cette dérive mais bien l’obésité étatique. On peut juste regretter cette moyenne démocratique dans un tel contexte.

  • OK, on va jouer à un petit jeu qui s’adresse à tous les forumistes de ce thread vivant dans un pays qui élit ses dirigeants : de quel pays non démocratique avez-vous envie de vous faire citoyen tout de suite ?
    J’écoute ?
    Rien ?
    Je m’en doutais.

    • Ben Singapour, justement.

      • Oui, tant qu’il y a un bon dictateur.
        Mais si à la suite de ce dernier il en arrivait un autre avec les mêmes pouvoirs?

      • Ahh attention, je rappelle, ca signifie « devenir citoyen de singapour » (et renoncer à la citoyenneté française).
        On est bien d’accord ? une fois ? deux fois? adjugé ?

    • Donc la démocratie est l’horizon indépassable de l’humanité, c’est ça que vous êtes en train de nous dire?
      Au 18eme siècle, vous vous seriez rangé derriere l’ancien régime et vous auriez rejeté les lumières avec le même argument?

      L’humanité avance quand il y’a des gens qui disent « on peut faire mieux que ça ». Et là, pour ce qui est de la démocratie, on peut faire mieux que ça.

      « C’est pas mieux ailleurs », c’est pas une raison.

  • Encore 2 ans , de ce bouffon, hyperprotégé par ses merdias serviles-
    Puis entourloupe MLP = 5 ans de plus.

    Encore 7 ans, ? ! je m’en vais dans l’exode de Juillet avec toute ma famille.
    Qui peut se goinfrer cette incompétence 7 ans de plus, mon ainé aurait 19 ans et je lui aurait fait
    perdre ses plus belles années, dans l’inversion des valeurs ? Il faut offrir un futur à ses
    enfants, pas une machine a démonter la France.

    • Encore un qui croit que MLP a une chance d’être élue, mais passons.
      Et tu veux émigrer où? Tu veux quelle citoyenneté pour tes enfants ? Soit précis….

  • Je vous signale qu’au XIX éme siècle un auteur, non négligeable, s’est posé la question de « la tyrannie de la majorité » et s’est efforcé d’y répondre se façon raisonnable. AD

    • Lire Tocqueville est fortement déconseillé par l’Education Nationale.

      • Peut-etre, mais c’est utile pour faire réfléchir

        • Je me suis tapé toute la démocratie en amérique (pas la version abrégée en livre de poche, la totalité, pendant une convalescence.

          C’est largement une défense de la démocratie, mis à part 1 pages « critiques » (le texte « je veux imaginer », que l’auteur s’empresse de tempérer quelques pages après).

          Il considère littéralement que l’égalité des statuts fait partie, peu ou prou, d’un plan divin.

    • Et au fait, Platon avait déjà décrit cela 5 siècle avant JC, dans une pièce dont le titre grec ‘démocratie’ a été traduit en latin puis en Français par ‘république’ … Traduction qui entretient bizarrement la confusion entre l’égalité de droit (la république) et l’égalité de condition (la démocratie) … confusion qu’il a fallu attendre Tocqueville pour qu’elle soit explicitée, par constatation des conséquences dramatiques des révolutionnaires de 1793, qui avaient imposé la démocratie pour créer la république.

  • Si je comprends parfaitement votre analyse et l’apprécie, je ne vois guère de mode pratique d’appliquer les lois du marché en politique.

    Vous en dites trop ou pas assez …

  • Opposé marché et démocratie n’a pas grand sens. Le marché est l’endroit où se rencontrent producteurs et consommateurs pour échanger contractuellement leur production contre de la monnaie. Mais le marché lui-même ne produit pas les lois, le droit qui encadrent son fonctionnement, on dira que le marché ne peut s’auto-générer, son existence est conditionné par l’existence d’institutions hors marché. C’est là que la démocratie entre en jeu. On peut même se poser la question de la possibilité de « marchandiser » certains biens. L’exemple le plus connu est celui de la lumière produite par le phare. A qui faire payer ? Comment peut-on déterminer qui est le consommateur ? Comment mettre en place une concurrence entre producteurs ? Entendons-nous bien, cela ne signifie pas qu’on ne peut pas privatiser les phares, bien au contraire, cela montre seulement qu’on est ici dans un cas où l’échange lui-même est hors marché.

    J’ajoute que vos exemples de la cravate ou du sandwich sont peu convaincants. Dans le cadre du marché, certaines couleurs de cravate peuvent aussi ne pas exister, vous pouvez finalement vous retrouver avec un choix de couleur unique si la majorité des consommateurs préfèrent une certaine couleur, les producteurs auront intérêt à ne pas produire des cravates d’une autre couleur si ce n’est pas rentable pour eux. Vous me direz que chaque individu a la possibilité de produire lui-même ses cravates. C’est exact, mais là on est justement hors du marché, l’individu produit pour lui-même, à aucun moment il ne se confronte aux autres producteurs. Mais plus curieux, c’est qu’en démocratie ce serait la même chose. Même si on a imposé « démocratiquement » la vente d’une unique couleur de cravate , chaque individu peut produire pour lui-même la couleur de cravate qui lui convient.

    • Opposer. désolé pour cette horreur….

    • « L’exemple le plus connu est celui de la lumière produite par le phare. A qui faire payer ? Comment peut-on déterminer qui est le consommateur ? « 

      On appelle cela une externalité.

      – elle est négative si à cause de l’absence du phare un super tanker s’écrase sur les rochers et qu’il s’en fout puisque la côte n’appartient à personne en particulier.

      – elle est positive si les marins profitent du phare sans le payer.

      Mais dans le cadre de la responsabilité vous devriez trouver facilement qui a intérêt à ériger et s’occuper des phares… et ce n’est ni l’état, ni les collectivités, ni les marins.

      Avec le même raisonnement vous devriez également trouver qui aurait intérêt à éliminer les zones accidentogènes sur les routes… il suffit juste de jeter un oeil vers celui qui paie les dégâts actuellement.

      Une piste : pour les bateaux et les voitures c’est le même.

      • Une externalité justement à quoi ? Au marché ! !!! Dans le mille ! Vous avez finalement tout compris !

        • Mais qui a ça réponse dans le marché, comme expliqué dans le commentaire auquel vous répondez en le passant pourtant presque entièrement sous silence.

          • Bien entendu, on peut imaginer que l’exploitant du phare soit rémunéré par tous ceux qui tirent profit de la lumière produite par le phare (marins, habitants des côtes, etc) mais cela n’a rien à voir avec un marché. Que l’exploitant soit public ou privé, rien ne change. L’intérêt d’un marché c’est qu’il permet de fixer un prix. Or ici, comment serait fixé le prix ? Où est la concurrence entre exploitants ? la loi de l’offre et de la demande ne peut s’appliquer, en particulier une augmentation de la demande ne causera pas une augmentation du prix, étant donné que la lumière captée par un marin ne prive pas un autre marin de cette même lumière. Dans un marché, tout consommateur paie pour la marchandise qu’il consomme. Or dans le cas du phare certains marins profiteront de la lumière tout en prétendant qu’ils ne l’ont pas utilisée ou encore qu’ils n’ont jamais demandé à ce qu’il y ait un phare, devra-t-on les obliger à payer l’exploitant ? Cela ressemble fort à un « échange contraint » que dénoncent les libertariens lorsqu’il s’agit de l’Etat. Idem pour les habitants des côtes. L’existence d’un marché est ici impossible.

  • Démo=peuple
    Cratie=pouvoir

    Depuis quand choisir le prince est une quelconque forme d’exercice du pouvoir ?

    La démocratie c’est voter les lois, point.

    • L’ auteur n’ a pas de carte de vote il n’ a qu’ une carte électorale il ne s’en est pas encore rendu compte français libéral certes mais normal

  • « C’est une fiction, que l’on peut illustrer par un exemple récent : l’élection de François Hollande »
    C’était le cas aussi pour sarkozy en 2007
    Quand on regarde le nombre d’inscrit et le nombre de votants (pour FH ou NS) on constate qu’il tourne environ autour de 40% (un peu moins pour Hollande certes, mais il y avait une différence dans le nombre d’inscrit en 2012 par rapport à 2007)
    Conclusions: NS ou FH c’est kif kif

  • La politique ne peut pas reposer sur un marché puisque les volontés de chacun impliquent d’empiéter sur la volonté des autres. Si les uns veulent plus de liberté, tandis que d’autres voudront plus de protectionnisme comment vous faites? A moins que tous les adeptes du protectionnisme vont dans un même territoire et les libéraux dans un autre, je ne vois pas comment chacun pourrait choisir ce qui lui plait en politique. Et quand bien même les protectionnistes seraient entre eux il y a ceux qui veulent plus ou moins de sécurité, plus ou moins d’autonomie,… tous ces choix ne peuvent s’appliquer en même temps sur un même territoire, vous ne pouvez pas avoir à la fois une politique sécuritaire et une politique laxiste. Au final il y a tellement de variables différentes qu’on pourrait presque dire qu’il y a autant d’individus que de politiques différentes applicables. Le seul moyen de mettre en place un marché sur le plan politique se serait donc que chacun vive seul dans son meilleur des mondes, sauf que là encore la solitude n’est pas forcément l’idéal de tous. Donc à moins que chacun vive dans un univers virtuel où il croirait que le monde dans lequel il vit est son idéal, alors qu’il est en fait simplement branché à une machine, je ne vois pas comment le modèle du marché peut s’appliquer à la politique.

  • Ce raisonnement est erroné et superficiel. On présente, sur un exemple, un défaut évident de tout régime représentatif et majoritaire. On y ajoute une petite considération statistique de base sur les moyennes et l’on croit pouvoir asséner la conclusion que le système qui aurait des propriétés dénivelantes, serait la solution.
    Et ce serait le marché !?! Adieu la logique.
    Si l’on veut bien suivre le raisonnement jusqu’à ce point, la conclusion qui devrait s’imposer, puisqu’il s’agit de régime politique et non de commerce, ce serait non pas le marché, mais l’anarchie : démocratie directe absolue d’individus indépendants (cf. » Démocratie, le nom volé d’une idée violée »). Mais Il est vrai que le marché, relève d’une certaine anarchie.

  • La démocratie « liquide » permet cela. Dans cette solution on ne vote plus pour élire des représentants, on vote directement des lois, une à une. Pour faciliter ce travail, chacun est cependant libre à tout instant de choisir, sujet par sujet, qui vote à sa place, à qui il fait confiance, quand il ne vote pas directement.

    Ce système, inventé par Lewis Caroll au XIXième siècle a été popularisé par le Parti Pirate qui l’a utilisé en interne.

    Les systèmes de vote où seule la participation directe est possible, sans aucune forme de représentation, tels ceux mis en place récemment via Internet par exemple au sein de l’UMP ou du mouvement pour la 6ième république, souffre d’un problème de participation.

    La démocratie « représentative » est une sorte de « plat unique », manquant de flexibilité. La démocratie « directe » ce serait que chacun fasse sa cuisine. La démocratie « liquide » est « à la carte ».

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