Un périple autour du monde : pourquoi ne pas prendre le ferry entre le Panama et la Colombie

Que diable Grégory allait-il faire dans cette galère ?

Parce qu’un con qui marche va toujours plus loin qu’un intellectuel assis, deux frères sont partis sur les routes depuis de longs mois, traversent les frontières, les villes et les campagnes à l’occasion d’un tour du monde à durée indéterminée, sans casques ni golden-parachutes. Au fil de leur voyage, ils livrent leurs impressions sur des expériences qui les ont marqués.

Aujourd’hui, comme il n’y a pas de frontière terrestre sûre entre Panama et la Colombie, Grégory a testé pour vous le ferry. Une catastrophe.

Par Grégory.

in the middle of America credits  Kathie M Ceballos L  (CC BY-NC-ND 2.0)
in the middle of America credits Kathie M Ceballos L (CC BY-NC-ND 2.0)

J’ai tenté l’expérience et je la déconseille grandement pour plusieurs raisons que je vais développer. Mais avant tout, faisons un rapide point sur la situation de la région.

Il y a quelques semaines, nous avons eu la fâcheuse surprise de découvrir que le Panama ne possède pas de frontière terrestre avec la Colombie. Par frontière terrestre j’entends une route qui permet de se rendre dans l’autre pays en se faisant apposer un tampon par le préposé de service. Au lieu de ça, on y trouve le « Darien Gap » : une région montagneuse peuplée de guérilleros, narco-trafiquants et autres joyeusetés que nous ne sommes pas pressés de connaître. Certains tentent la traversée en trek, « ils ont eu des problèmes ! » comme dirait l’autre. Une part non négligeable y laisse des plumes, permettant de renommer cette région en « Darwin Gap » sur le modèle des « Darwin Awards ». Avant le mois de novembre dernier, il existait donc la solution de l’avion depuis Panama City jusqu’en Colombie ou la traversée touristique en voilier à plus de 500$. Depuis, une liaison en ferry a été ouverte entre la ville panaméenne de Colon et celle colombienne de Cartagène grâce à un bateau acheminé depuis l’Adriatique. Le billet le moins cher est de 99$, celui en cabine de base à 125$. Soit le prix du billet d’avion entre Panama et Bogotá. On voit donc déjà difficilement l’avantage, puisqu’il faut en plus de ça se rendre à Colon à 100km de Panama City.

Ferry - Credits Greg&Alex deuxsingesenhiver(dot)com - Tous droits réservés
Ferry – Photo : Alexandre et Grégory – Tous droits réservés

 

C’est encore pire quand on connaît les pratiques de la compagnie « Ferry Xpress ». Leur site internet évoque premièrement un prix de 75$ par vélo sur le ferry. Merde, plus cher que par avion ! Je ne réserve pas, en pensant que, comme d’habitude, une fois le vélo plié dans son sac, ce ne sera qu’un sac supplémentaire. Non, tout est fait pour vous faire payer un supplément et soyez sûr qu’ils tâteront bien le sac pour en découvrir le contenu. Je dois donc m’acquitter de la même taxe vélo que ceux qui n’ont rien plié du tout, soit 25$. Tiens, pourquoi faire payer 75$ en ligne et demander 25$ sur place ? Bonne surprise si vous n’avez pas réservé en ligne. Voilà qui n’est pas très clair. Pendant l’heure d’attente que vous passerez pour l’enregistrement archaïque de vos bagages, un grand costaud tente de vous vendre des Colson à 1$ pièce vous assurant que c’est obligatoire et tente de déceler le moindre trou dans vos bagages pour vous vendre un filmage plastique à 5$. Le truc, c’est que vous n’avez pas le choix. Un trou, 5$ (payable en liquide et sans reçu) ou on refuse de vous prendre votre bagage. Autre point ambigu : l’interdiction d’apporter de la nourriture sur le bateau sous couvert selon eux des lois internationales. J’aimerais bien savoir quelle loi INTERNATIONALE interdit la nourriture sur un bateau. Derrière, bien entendu, le buffet du ferry au rapport qualité/prix douteux vous attend.

Ferry 2 - Credits Greg&Alex deuxsingesenhiver(dot)com - Tous droits réservés

Vous passez ensuite par les mêmes systèmes de sécurité que dans un aéroport, comme si on pouvait crasher le ferry dans un building en arrivant (je sais qu’ils font ça dans Speed 2 mais bon…), et le service de l’immigration de Colon est aussi rapide que l’américain. Pas parce qu’on vous pose 50 questions inutiles, non. C’est parce qu’on a affecté qu’un seul clampin tamponneur pour tout le bateau. Le tout partant bien évidemment en retard alors que la traversée dure déjà 17 heures. Dans la cabine, la fête continue avec l’absence de prise électrique (elles sont installées dans le couloir, c’est logique), pas d’eau chaude dans le filet qui veut bien sortir du pommeau entartré et une eau qui doit stagner dans les robinets depuis l’Adriatique. La sortie du bateau parachève le tableau avec un filtrage du peu de passagers comme pour nous faire perdre encore un peu plus de temps.

Alex de son côté a pris l’avion de Panama City à Bogotá suivant mes conseils. Une heure de vol, 130$. Choisis ton camp camarade.

PS : J’ai bien entendu envoyé un email à la compagnie pour leur faire part de mon avis sur leurs services.

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