Mariano Rajoy obtient la confiance des marchés mais pas celle des Espagnols

Paradoxe à Madrid : alors que Mariano Rajoy s’évertue à sortir son pays de la crise, il est fortement critiqué par les Espagnols.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Mariano Rajoy (Crédits Partido Popular de Cantabria, licence Creative Commons)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Mariano Rajoy obtient la confiance des marchés mais pas celle des Espagnols

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 19 avril 2015
- A +

Par Guy Sorman

Mariano Rajoy (Crédits Partido Popular de Cantabria, licence Creative Commons)
Mariano Rajoy (Crédits Partido Popular de Cantabria, licence Creative Commons)

 

On parle trop de la Grèce et pas assez de l’Espagne. Le gouvernement grec n’offre à son peuple qu’un choix entre la faillite et le retour à la raison : mais n’en déplaise à la gauche européenne, il n’existe aucun modèle grec alternatif à l’économie de marché et à la bonne gestion de l’État. L’Espagne, en revanche, démontre que l’application des principes élémentaires de l’économie classique conduit bien hors de la crise, recrée de la richesse et du travail à un rythme désormais soutenu. Certes, la route est longue, elle est douloureuse pour certains, mais le progrès économique est toujours un processus lent : il faut beaucoup de temps et d’efforts ne serait-ce que pour atteindre 1% de croissance par an, restaurer le plein emploi, rembourser ses dettes, persuader les investisseurs nationaux ou étrangers qu’il faut créer des entreprises en Espagne et pas ailleurs. Ce à quoi le gouvernement Mariano Rajoy parvient : grâce à une continuité dans l’action remarquable et exceptionnelle en Europe.

Le Président du gouvernement espagnol mérite la palme du courage. Cette récompense, le monde extérieur vient de la lui accorder de manière symbolique, puisque l’État espagnol a rejoint le peloton d’excellence des grandes nations susceptibles d’emprunter sur le marché mondial à des taux d’intérêt négatifs. En clair et pour les non experts, le monde financier, les banquiers et les épargnants accorderont leur confiance à l’Espagne et à son gouvernement, dans la longue durée. La crise financière, qui naquit de l’envol des taux au risque de mettre l’État espagnol en faillite, est terminée. La crise est terminée : je l’écris deux fois parce que, tout récemment de passage à Madrid, il m’est apparu que les Espagnols étaient peu informés de cette grande et bonne nouvelle. Alors que les capitaux reviennent vers l’Espagne, qu’il s’y crée chaque jour des entreprises nouvelles, que des marques espagnoles atteignent une notoriété internationale, que le chômage recule, que Renault (par exemple) transfère des usines de France au sud des Pyrénées, je n’ai, à Madrid, pour l’essentiel, entendu que des critiques du gouvernement : à droite et à gauche.

À droite, la critique porte sur le style autant que sur le fond : le gouvernement est accusé de manquer d’empathie pour les pauvres, de ne pas appliquer le programme conservateur pour lequel il fut élu (contre l’avortement en particulier), de manquer de fermeté envers les indépendantistes catalans et basques. En somme, Mariano Rajoy élu à droite, gouverne au centre : mais, ne serait-ce pas grâce à ce pragmatisme ennuyeux et décevant que la nation espagnole a accepté, sans trop rechigner, des réductions d’aides sociales et une plus grande flexibilité du marché du travail ? La tentation centriste n’épargne pas plus l’opposition socialiste qui se dresse assez mollement contre une politique qui marche.

Cette anémie idéologique, dans les deux grands partis classiques, le Parti populaire et le Parti socialiste, a fait surgir, à droite et à gauche, des « mouvements de citoyens », Ciudadanos et Podemos, qui semblent participer de la même veine que les partis ou mouvements populistes qui essaiment actuellement dans toute l’Europe. Il se trouve plusieurs optiques pour analyser et classer ces mouvements, espagnols ou autres : on peut considérer qu’ils régénèrent la démocratie, faisant place à de nouvelles générations et des idées neuves, ou qu’ils aspirent tout bonnement à remplacer les partis existants, ou qu’ils canalisent les passions telle la haine des immigrés (Front national en France, Pegida en Allemagne, Ligue du Nord en Italie) ou la haine du capitalisme (Trotskystes en France, Podemos en Espagne).

Arrêtons-nous un instant sur le cas de Podemos, encore mal connu en dehors de l’Espagne, mais qui, dans son pays, jouit d’une popularité croissante, en tout cas dans les médias. Ayant eu l’occasion, à Madrid, de débattre avec certains de ses représentants, j’avoue ma déception. En bon libéral, je suis toujours curieux des idées des autres. Hélas ! Podemos ne fait que recycler des slogans archaïques sur les « multinationales » qui s’accaparent l’État, etc. Comment des porte-parole, plutôt intelligents et cultivés, peuvent-ils proférer des banalités telles que « l’État c’est bien », « l’économie privée c’est mal » ? Ces dirigeants adultes de Podemos m’ont fait regretter les adolescents « indignés » de la Puerta del Sol qui, il y a quatre ans, pêchaient par utopie et non par des platitudes.

L’agitation idéologique qui se manifeste à droite et à gauche, en Espagne comme ailleurs, nous rappelle que la politique n’exige pas seulement de bien gouverner, mais d’expliquer aussi pour quoi et pour qui on gouverne ? Comme le disait le général De Gaulle (citation apocryphe, bien entendu comme celles que l’on attribue à Winston Churchill) : « gouverner, c’est parler aux gens ». Ce talent est inné : certains chefs d’État et de gouvernement, peu doués pour la « communication », s’en remettent aux médias sociaux. Mais Tweeter et Facebook ne remplacent pas le charisme : Mariano Rajoy n’en a pas, ce qui lui vaut la confiance des « marchés », plus que celle des Espagnols.


Sur le web.

Voir les commentaires (28)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (28)
  • Rajoy aura une bonne place dans l’Histoire, on se souviendra de lui comme celui qui a remis l’Espagne sur la voie de la croissance, l’ayant sorti de crise.
    Les dirigeants courageux et réformistes sont rarement les plus aimés lorsqu’ils gouvernent.

    Les Espagnols dont vous parlez finiront par voir que les choses s’améliorent, avec 2,5% de croissance prévue cette année ça se verra forcément, au rythme de création d’emploi actuel chaque mois compte et marche en faveur du parti au pouvoir.

    Quant à Podemos il n’a fini que 3ème à une élection locale considérée comme un premier test malgré la hype des médias donc je ne m’inquiète pas trop : Podemos est né de la crise, au fur et à mesure que la crise s’efface sa raison d’exister disparaîtra.

  • Rajoy aurait au moins dû limiter l’avortement à une durée plus courte (12 ou 15 semaines) car il est intolérable qu’un pays « civilisé » laisse pratiquer l’avortement aussi tard.
    Vous semblez oublié de parler de la corruption du PP et du PSOE (il y a pas mal d’affaires qui ont éclaboussé ces deux partis ces dernières années). Cela explique pourquoi les espagnols ne font plus confiance en ces deux partis et soutiennent Podemos (qui est lui aussi rattrapé par des affaires).
    Podemos est clairement un parti chaviste. Regardez un peu le résultat au Vénézuela. Les médias européens parlent de Podemos comme de Chavez càd avec bienveillance. Podemos est une menace pour l’Espagne et pour l’UE. Il faut tout faire pour empêcher ce parti d’accéder au pouvoir. Ce parti se revendique d’une idéologie antidémocratique.Il est financé par des régimes dictatoriales comme le Vénézuela

    • Non, l’avortement ne devrait pas être évoqué du tout, les sujets sociétaux sont à éviter car les conservateurs ont complètement perdu ce débat. Les femmes ne laisseront plus les hommes décider quoi faire de leur corps.
      Les conservateurs d’Occident doivent se concentrer sur l’économie et la lutte contre l’islamisme, c’est la clé de la victoire.

      • il y a des femmes contre l’avortement. l’avortement implique la vie d’un bébé, voilà en quoi cela concerne la société. les femmes ont la liberté de leur corps: si elles sont trop stupides pour se protéger, qu’elles assument. marrant de voir les féministes parler de liberté du corps pour l’avortement renier cette liberté pour la prostitution. celles ci sont non seulement pour la liberté de l’avortement mais elles veulent que ce soient financé par l’impôt. à noter qu’une bonne partie des partisans de l’avortement sont d’accord pour qu’il y ait une limite dans le temps(ce qui est juste du bon sens). La plupart des pays autorisant l’avortement ont une limite bcp plus courte qu’en espagne.  » les sujets sociétaux sont à éviter car les conservateurs ont complètement perdu ce débat » pas d’accord avec vous. les conservateurs doivent lutter pour ne pas que les progressistes imposent leur pensée unique. ils doivent dénoncer l’imposture du « progressisme ». là, où je suis d’accord c’est que je trouve absurde (c’est mon opinion personnelle) de s’opposer à l’euthanasie, à la gpa et aux moyens de contraceptions (ce qu’il faut c’est autoriser l’euthanaise, ect mais donner un cadre strict pour éviter toute dérive)

        • « il y a des femmes contre l’avortement »
          Et il y a des hommes qui sont pour. Quoi qu’il en soit les sondages montrent un soutien majoritaire pour l’avortement. Ce sujet est synonyme de défaite et est donc à bannir de toute campagne, ou même d’évocation.
          Les réformes économiques passent avant.

        • Quand on voit notre gouvernement, pousser jusqu’à 60 ans ne serait pas hérétique.

      • si vous lisez mon commentaire au dessus, vous pouvez voir que je n’ai pas parlé d’interdire l’avortement juste de donner la même limite dans le temps que celle dans les autres pays autorisant l’avortement, j’ai du mal à voir ce qu’il y a d’extravagant dans ma demande même des gens favorable à l’avortement peuvent etre d’accord. ce qui m’inquiète le plus avec les militants pro avortement (féministes,..) s’est leur volonté de banaliser l’avortement en voulant le faire passer pour un acte ordinaire. tous ceux qui travaillent dans le domaine (ex planning familial, psychologues,….) vous diront que c’est une erreur, cela nuit en premier lieu aux femmes pratiquant l’avortement. sur le progressisme, je vous conseille de lire « Les contre-réactionnaires : Le progressisme entre illusion et imposture » Pierre-André Taguieff qui montre que le progressisme est devenu une doctrine de haine doublée d’un permis de haïr avec bonne conscience . une raison de plus pour laquel, les conservateurs doivent lutter contre le progressisme. c’est que les progressistes persécutent au nom de la défense des minorités « la majorité » (homme blanc hétérosexuel). Faisant parti de cette catégorie de ces gens, il est de mon devoir de lutter contre ces gens qui veulent sans cesse me pousser à me culpabiliser que veut faire de l’homme blanc hétérosexuel la cause de tous les maux sur terre. perso, j’en ai marre de tous ces gens avec leurs droits des minorités. ils ont obtenu l’égalité de droit alors qu’ils nous laisse tranquille. en occident, il n’y aucune minorité qui est persécuté (au contraire, elle est même avantagé par la discrimination positive), les seuls gens qui sont persécutés se sont les hommes blancs hétérosexuels

    • Entre vous et se épongeage vous avez fait la synthèse de la situation. Rajoy parle parfaitement bien, mais s’est refusé à faire de la pédagogie et c’est bien dommage. Il a eu à gérer la crise Barcenas ancien trésorier du PP et maintenant celle de Rato. Cela lui retire tout le bénéfice de son mandat
      Le triumvirat magique de podemos est letal pour l’Espagne des dictateurs dans la lignée de ceux du 20 siècle. Ils sont arrivés à bas bruit, tout gentil tout mignon,mais pourraient enterrer ce pays en peu de temps.
      Dieu nous en protege

  • Absolument d’accord avec l’auteur. Résident en Espagne, je confirme la mauvaise image de Rajoy, alors que nous percevons (surtout les entrepreneurs ) que l’activité économique est en croissance continue depuis au moins 6 mois.

  • Je pense que les européens du sud sont moins rationnels que les européens du nord, ils aiment les policiens de l’ émotion plus que de la raison.

  • Il est assez comique de voir un auteur qui se revendique libéral, tout d’un coup remettre en cause le jugement des citoyens-consommateurs. Je m’explique. Dans la pensée libérale (économique, je précise car selon moi le terme libéral n’est pas adéquat dans ce cas, vous comprendre pourquoi ensuite), les individus font des choix sur les marchés, et ces choix sont considérés comme non critiquables puisque venant de leur volonté, alors pourquoi remettre en question l’opinion de ces consommateurs qui sont également citoyens lorsqu’ils estiment que la politique menée n’est pas la bonne ? C’est là le véritable paradoxe. Ce qui est intéressant dans l’article de Guy Sorman c’est qu’il exemplifie un résultat de ce qu’il appelle l’économie classique. Pour que ces résultats soient valables, il y a une nécessité qu’existe ce que les économistes « classiques » (orthodoxes) appellent le dictateur bienveillant. Sorman ne fait rien d’autre que d’expliquer cela : il y a des individus, des experts qui savent ce qui est bon pour les citoyens, c’est pour cela qu’il faut leur « expliquer », les « éduquer » !

    Autre paradoxe. Sorman fait l’apologie de la politique de Rajoy. Il oublie juste que c’est cette même politique qui a conduit à une chute du PIB, une hausse du chômage, de la pauvreté, etc. (même si celle-ci avait déjà démarré avec le PSOE). Mais il oublie simplement une réalité pleine de bon sens, quand vous tirez sur un élastique, celui-ci finit par remonter. Quant vous détruisez de la richesse, il ne faut pas s’étonner que quelques années plus tard, la croissance revienne pour revenir ce qui était avant. C’est exactement ce qui se passe. On a détruit de la richesse et maintenant on recrée ce qui a été détruit, si pour Sorman c’est un progrès…. Il me semble qu’il est aveuglé par les indicateurs sans en comprendre le sens.

    • Vous prétendez donner des leçons à M.Sorman mais vous vous plantez dans les grandes largeurs. Oui la politique espagnoles actuelle a d’abord crée du chomage et une baisse du PIB. Mais bien sur, il ne vous viendrait nullement à l’esprit de savoir pourquoi. Moi qui suis espagnol, je peux vous l’expliquer aisément: le PIB espagnol, tout comme l’emploi, était artificiellement gonflé à grand coup de dépenses publiques non provisionnées, donc de la dette, adossée à aucun revenus. Au lieu de construire leurs richesses et de grandir, ils ont dépensé ce qu’ils n’avaient pas crée. Quand Rajoy est arrivé au pouvoir les taux d’interet ont atteint des sommets, empêchant mécaniquement l’Espagne de continuer à s’endetter au delà de ce qu’elle pouvait supporter.
      Il restait donc deux solutions: la vôtre, continuer comme si de rien n’était, et finir en banqueroute, avec donc un abandon des services publics, de leur personnel, un non-paiement des pensions généralisé, etc. Ou la nôtre, à savoir limité la casse en assainissement la situation pour espérer se relever le plus rapidement possible.

      Ce qui vous a peut être échappé, c’est qu’en réduisant le service public a une taille normal et en limitant les gabegies financières dont souffrait l’Espagne, Rajoy a tout simplement sauvé les pensions et le service public. Vous voulez savoir la différence entre la France et l’Espagne? La France a appliqué votre méthode, l’Espagne la nôtre. Le résultat est simple: mes parents qui sont parti récemment à la retraite ont vu leur versement retardés, et de plus en plus de fonctionnaires ou de contractuels ne sont plus payés en temps et en heure par l’Etat qui continue pourtant d’embaucher à tour de bras et la qualité des services s’effondrent, les primes ne sont plus versés, les déclarations d’impots sont truffées d’erreur pour espérer récupérer des sommes non dues, une avalanche de nouvelles taxes qui ont popériser à vitesse grand V une grande partie de la population, un taux de chomage qui atteindra bientot celui de l’Espagne (le chomage en France, au sens ou l’Espagne le comptabilise, c’est presque 20%, et pas 10 hein), et une croissance du secteur privée nulle. Et le tout parsemé de lois liberticides comme celle sur le renseignement intérieur, de prix exhorbitants et autre joyeusetés…
      En Espagne, où vit tout le reste de ma famille, les pensions ont toujours été versées, les services publics sont de bien meilleures qualité, pour beaucoup moins cher, ils sont simplement beaucoup plus performants, et bizarrement, la plupart de mes cousins ont retrouvé du travail récemment… Ils se sentent beaucoup plus libres, les salaires remontent, alors que les prix sont redescendus bas, augmentant d’autant plus leur pouvoir d’achat et la confiance en l’avenir du pays est revenue de manière palpable ces derniers mois. Une situation qui tranche avec le désespoir croissant en France face à l’enlisement de la situation du pays.

      D’autre part, vous racontez n’importe quoi en disant cela:
      « Quant vous détruisez de la richesse, il ne faut pas s’étonner que quelques années plus tard, la croissance revienne pour revenir ce qui était avant. C’est exactement ce qui se passe. On a détruit de la richesse et maintenant on recrée ce qui a été détruit, si pour Sorman c’est un progrès…. Il me semble qu’il est aveuglé par les indicateurs sans en comprendre le sens. »

      C’est totalement faux et témoigne d’une méconnaissance totale du dossier. Il y a 10 ans, en 2005 donc, le PIB brut atteignait 1131Mds de $, il dépasse aujourd’hui les 1400Mds (en 2015 surement aux alentours de 1410Mds). Soit une augmentation de 24% en 10 ans. Sachant qu’entre temps l’inflation s’est dégonflée, puisque les prix ont chuté en Espagne (et heureusement, car la pression des prix devenait étouffante comme ici). Soit un résultat sensiblement équivalent à celui de la France (quoique en tenant compte de l’inflation en France, en monnaie constante, je doute que la France soit sur le même rythme…). Le tout avec un taux de chomage qui recule, des dépenses publiques qui s’équilibrent petit à petit et donc un pays qui ne s’endette pas. La où la France s’enfonce toujours dans le chomage, explose sa dette et plonge dans le crise. Tout ça pour ne pas faire mieux. Et encore, parce que les chiffres sont évidemment arrêtés à 2015. Sauf qu’avec nos taux de croissances actuels respectifs, le fossé va gentiment se creuser.

      Je tiens aussi à préciser que, en parlant de PIB, l’Espagne est un exemple type: en 2007, 2008 et 2009, le PIB avait atteint des sommets (plus de 1600Mds en 2008!). Sauf que cette croissance anormale du PIB n’était du qu’à des emprunts massifs et à la politique de relance menée par le gouvernement précèdent. C’est précisément ces dépenses qui ont fait ensuite reculer le PIB. L’Espagne a injecter de l’argent emprunté, ce qui a mécaniquement augmenté le PIB, mais a ensuite pesé sur les comptes des années suivantes. D’autre part, il faut se rendre compte que ce n’était qu’une bulle, l’argent a été injecté, a gonflé le PIB, mais cela n’était adossé à aucune richesse créée. Quand l’argent a cessé d’affluer, le PIB est simplement revenu à son niveau logique. Un PIB qui augmente de 260Mds de $ en seulement 2 ans (2006-2008, environ 20%)), ce n’est pas normal. Quand on gonfle une bulle, il faut s’attendre à ce qu’elle éclate. Le PIB actuel s’établit dans la droite ligne d’une croissance normale pour un pays comme l’Espagne, s’il n’y avait pas eu cette bulle. Ou dit autrement, l’Espagne atteindra le niveau qu’elle aurait du atteindre sans la crise d’ici un ou deux ans maximum. Sauf qu’elle sera débarrassée de son embonpoint budgétaire.

      En vérité vous inversez la situation: vous considérez que l’Espagne est descendue très bas et qu’il est alors normal de remonté. Ce point de vue se tient si l’on parle d’un pays quelconque du tiers monde. Mais les chiffres de l’Espagne prouve qu’il s’est passé l’inverse: qu’il est normal également de descendre quand on est monté trop haut trop vite sans rien construire. Le PIB s’est réajusté comme il le devait. Bien sur cela a créé de la casse. Mais si les idiots au pouvoir précédemment n’avaient pas triché, ces réajustements brutaux n’auraient tout simplement pas eu lieu. D’ailleurs je ne crois pas que vous vous rendiez réellement compte a quelle point la situation était devenue ubuesque en Espagne durant cette période, les excès et autres abus furent légion. Je sais de quoi je parle, je l’ai constaté au sein même de ma famille…

      Bref, sans rancune, mais soyez plus vigilant quand vous parlez ainsi de la situation d’un pays sans tenir compte des paraitre, et surtout, il est nécessaire de connaitre la réalité sur le terrain. Les médias français ont souvent utilisé l’Espagne à de mauvaises fins, et ont largement déformé la réalité pour vous faire peur. La réalité sur place est loin d’être celle vendue ici. Méfiez vous, donc.

      • santa madre de dios !

      • Dépenses publiques non provisionnées ? Vous rigolez. Le budget espagnol était à l’équilibre depuis plusieurs années voire même excédentaire ! Allez sur eurostat, mon cher. 2004 : 0 2005 : 1,2 2006 : 2,2 2007 : 2 !

        Vous voulez comparer l’Espagne à la France ? L’Espagne n’a toujours pas retrouvé son PIB d’avant crise, contrairement à la France ! Quant au taux de chômage, comment est-il comptabilisé en Espagne ?

        Quel dommage pour vous. Une partie de ma famille est récemment partie en Espagne, la comparaison au niveau médical ne tient pas la route, la comparaison au niveau infrastructure internet ne tient pas la route. Le bluff avec moi cela ne fonctionne pas !

        Je vous invite à regarder les données d’eurostat. Le PIB de l’Espagne est aujourd’hui inférieur de plus de 4% à ce qu’il était avant crise ! Parlez de réussite me semble donc assez prématuré….Je parle bien entendu à prix constant ie sans inflation. Vérifiez, n’ayez pas peur d’affronter la réalité.

        Votre argument sur le PIB fait sourire. On est là en plein sophisme : si le PIB a diminué c’est parce qu’il devait diminuer. Si c’est cela votre seule argumentation…. Pas très convaincant pour un esprit rigoureux comme moi.

      • Dépenses publiques non provisionnées ? Vous rigolez. Le budget espagnol était à l’équilibre depuis plusieurs années voire même excédentaire ! Allez sur eurostat, mon cher. 2004 : 0 2005 : 1,2 2006 : 2,2 2007 : 2 !

        Vous voulez comparer l’Espagne à la France ? L’Espagne n’a toujours pas retrouvé son PIB d’avant crise, contrairement à la France ! Quant au taux de chômage, comment est-il comptabilisé en Espagne ?

        Quel dommage pour vous. Une partie de ma famille est récemment partie en Espagne, la comparaison au niveau médical ne tient pas la route, la comparaison au niveau infrastructure internet ne tient pas la route. Le bluff avec moi cela ne fonctionne pas !

        Je vous invite à regarder les données d’eurostat. Le PIB de l’Espagne est aujourd’hui inférieur de plus de 4% à ce qu’il était avant crise ! Parlez de réussite me semble donc assez prématuré….Je parle bien entendu à prix constant ie sans inflation. Vérifiez, n’ayez pas peur d’affronter la réalité.

        Votre argument sur le PIB fait sourire. On est là en plein sophisme : si le PIB a diminué c’est parce qu’il devait diminuer. Si c’est cela votre seule argumentation…. Ce n’est pas très convaincant pour un esprit rigoureux comme moi.

        • l’espagne a sauté à cause de son orientation économique basé essentiellement sur le tourisme est sur une bulle immobilière accentuée par son entré dans l’europe et dans la monnaie unique … comme l’allemagne avant elle, elle a réussi à faire baisser les salaires, est redevenue compétitive, et risque de rebondir fortement en taillant des croupières à ses voisins qui n’accepte pas de se restructurer , la france et l’italie , vieux pays gangrainés par un état providence à bout de souffle , un conservatisme de boîtes de conserve , et un déni des réalités digne d’un lapin crètin …

          • vous rigolez ? L’Espagne est toujours en-dessous d’avant 2007. Epoque où les mêmes vantaient le PS espagnol « moderne ». Syons un peu sérieux !

          • vous rigolez ? L’Espagne est toujours en-dessous d’avant 2007. Epoque où les mêmes vantaient le PS espagnol « moderne ». Soyons un peu sérieux !

    • le fait que les espagnols aient une mauvaise image de Rajoy et de son parti est quelque chose de tout à fait rationnel c’est en raison des magouilles et de la corruption qui règne dans son parti (tout comme au sein de l’autre parti traditionnel qu’est le PSOE). l’auteur de l’article a fait une erreur de ne pas parler de cela car c’est la corruption et les scandales qui ont touché le PP (et le PSOE) qui explique la mauvaise image de Rajoy et dans le fait que les gens n’aient pas confiance en son parti.
      la politique de Rajoy est loin d’être parfaite, je vous l’accorde mais vous êtes complètement injuste. ce n’est pas Rajoy qui est responsable de la situation désastrueuse de l’espagne. L’espagne a vécu pendant des décennies au dessus de ses moyens en s’endettant. Il est arrivé un moment où se ne fut plus possible et où elle n’a eu d’autre choix que de réduire son train de vie. comme le souligne, Desproges54, une bonne partie de la richesse de l’espagne était artificielle (elle venait de l’endettement), La récession n’est pas provoquée par l’austérité mais par ce qui a déclenché le besoin d’un plan d’austérité, c’est à dire l’atteinte des limites de l’endettement, qu’il soit public ou privé, tolérable par le système. La récession n’est qu’un réajustement désagréable mais nécessaire des économies pour purger de trop grandes erreurs commises par le passé. Lorsque une nation s’est trop endettée, tôt ou tard, elle doit purger son surendettement. Le plan d’austérité n’est pas la cause du recul de la croissance qui s’ensuit mais la condition absolument nécessaire du redémarrage ultérieur. Quand vous regardez ses prédecesseurs, Rajoy est largement au dessus. sa politique est loin d’être parfaire mais c’est la moins pire. Il faut reconnaitre que son parti, le PP a contribué par le passé à mettre l’espagne dans cette situation désastrueuse même si la plus grande responsabilité vient du PSOE. Les espagnols savent très bien que les partis traditionnels au pouvoir pdt des décennies ont contribué à mettre l’espagne dans une situation désastrueuse ce qui leur donne une raison de plus de ne pas aimer les partis traditionnels et de ne pas leur faire confiance. perso, si j’étais espagnol, je voterais pour Ciudadanos

      •  » sa politique est loin d’etre parfaire , mais c’est la moins pire …  »

        caramba !!

      • regardez le déficit budgétaire de l’Espagne ! Le budget espagnol était à l’équilibre depuis plusieurs années voire même excédentaire ! Allez sur eurostat, mon cher. 2004 : 0 2005 : 1,2 2006 : 2,2 2007 : 2 !

    • Après 7 ans et demi de zapaterisme,le pays était exsangue. L’économie était en parti détruite. Rajoy a été pragmatique avec le talent d’un haut fonctionnaire c’est à dire sans âme
      Ne parlons pas de la loi scélérate sur lavortement de ZP qui en-dehors de considération religieuse ou morale était une boucherie. Avec un volet illégal la permission pour des mineures d’avorter sans le consentement de parents responsables civilement

  • j’adore l’espagne …

    j’adore ses oranges en particulier : j’en achète une cagette toutes les semaines, à de braves ressortissants espagnol, qui ont le courage de venir travailler dans la brume française, pour vendre ces soleils miniatures venus de la belle région d’alicante . dés 7 heures du matin, ils installent leurs stands à chaque sortie de la ville. le produit est de qualité : orange  » navel  » non traité. s’il n’est pas moins cher qu’au marché du mercredi ou des vendeurs indépendants en ramènent du marché de gros de chateaurenard, il est nettement moins cher qu’en grande surface … et les vendeurs et vendeuses sont sympathiques : toutes les fois que je les vois , je les gratifie d’un grand  » hola  » qui leur donne un franc sourire ! des camions remontant d’espagne les approvisionnent via un dépot situé dans chaque régions de france.

    coincée entre les berlines allemandes et les oranges espagnol, la france, de plus en plus bornée, qui renacle, qui tousse, qui procrastine, qui se regarde le nombril, qui a le » meilleurs système social au monde « , qui n’a  » pas besoin des produit étrangers  » … file un mauvais coton.

  •  » Il est assez comique de voir un auteur qui se revendique libéral, tout d’un coup remettre en cause le jugement des citoyens-consommateurs.  »

    Il n’y a rien d’anti-libéral à remettre en cause le jugement de qui que ce soit. Un libéral est quand même libre de remettre en cause l’avis des un et des autres.

    Ce qui serait antilibéral; ce serait que Sorman pense qu’il faudrait interdire aux citoyens-consommateurs de juger quoi que ce soit qui lui déplairait.

    D.J

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Mesdames et messieurs les Français, vous avez les félicitations de Antonio Luis Santos da Costa, de Pedro Sánchez Pérez-Castejón et d’Olaf Scholz, et vous ne serez donc pas sanctionnés par Ursula von der Leyen comme de simples pays africains.

Dans un mouvement tout à fait inédit sur le plan diplomatique, les chefs des gouvernements socialistes du Portugal, de l’Espagne et de l’Allemagne ont exercé leur « devoir d’ingérence » en intervenant dans les élections démocratiques d’un autre pays de l’Union Européenne (UE), et pas des moindres,... Poursuivre la lecture

La découverte de l’espionnage pratiqué par la direction nationale du Parti Populaire à l’encontre de la présidente madrilène Isabel Diaz Ayuso a plongé la formation dirigée par Pablo Casado dans une crise inédite. À plus d’un an des élections législatives nationales, son successeur devra faire un choix qui déterminera l’avenir de la droite espagnole : quelles relations le Parti Populaire entretiendra-t-il avec Vox ?

Pablo Casado, un président soumis aux diktats moraux de la gauche

La députée et porte-parole du PP, Cayetana Alvarez de T... Poursuivre la lecture

Par Nicolas Klein. Un article de Conflits

Communauté autonome la plus vaste d’Espagne avec 94 000 kilomètres carrés (soit plus que neuf pays membres de l’Union européenne), la Castille-et-León est une terre de contrastes. Peu densément peuplée (25 habitants au kilomètre carré), elle est marquée par un imaginaire rural. Pourtant, une bonne partie de sa population vit dans les aires urbaines de Valladolid (plus de 400 000 habitants), Burgos, León et Salamanque (environ 200 000 personnes chacune). La droite y a gagné les élections régiona... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles