Départementales : finalement, victoire de la droite ?

Nicolas Sarkozy à Londres (Crédits Downing Street, licence Creative Commons)

Si la gauche a encaissé une sévère défaite, doit-on pour autant se réjouir de la victoire de la coalition de « droite » ?

Par Le Parisien Libéral.

départementales rené le honzec

Finalement, le deuxième tour des élections départementales aura confirmé et amplifié le premier tour : la sanction est majeure pour la majorité socialiste et écologiste. Il y a également des motifs de satisfaction, quand on voit que l’Essonne, les Deux Sèvres, le Nord ou la Corrèze ont été perdues par la gauche. Voir Jérôme Guedj pleurer en direct sur BFM TV sur ses perspectives de carrières amoindries montre à quel point il était nécessaire que les électeurs qui sont allés voter hier fassent revenir les socialistes sur Terre.

Maintenant, faut-il se réjouir de cette victoire de la coalition de « droite » ? Pas vraiment. D’une part, elle correspond d’abord à une volonté de sanctionner la politique menée par Hollande, et bien moins au souhait, de la part des électeurs, de valider un quelconque projet de rupture avec la politique  gouvernementale. Le niveau d’abstention en est la preuve.

D’autre part, l’UMP et l’UDI n’ont proposé aucune mesure de fond opposée à la politique socialiste actuelle. Où est passée la simplification du millefeuille administratif ? Le département n’était-il pas censé disparaitre, puisque les grandes régions et les intercommunalités arrivent ? Où sont les propositions de faire disparaître certaines dépenses ?

Enfin, au sein de la coalition de « droite » qui a remporté l’élection, mention spéciale à l’UDI qui a tout bonnement disparu des radars médiatiques. Lagarde et l’ancien président de la république jouent le thème de l’union. Pourtant, derrière leur accord de façade, ils ne semblent pas vraiment partager les mêmes idées. Depuis hier, les médias parlent avant tout d’une victoire de l’UMP. Lagarde, qui a gagné le leadership du parti de centre-droite en promettant l’indépendance, a-t-il tué sa spécificité ? Comment, lors des prochains scrutins, l’UDI parviendra-t-elle à expliquer que son fédéralisme européen n’est pas le « nationalisme » de l’UMP ?

Bref, tout ceci était divertissant, mais pendant quinze jours, le monde politique n’a parlé ni de renouveau des idées, ni de refonte de l’État et de son recentrage sur ses seules missions régaliennes, ni de la possibilité de dégager des majorités de projets plutôt que des majorités partisanes, comme le rappelle Jean-Christophe Fromantin.

Le pays (foutu, dirait H16) est toujours en faillite, et la classe politique se dispute pour savoir s’il faut, finalement, un RSA de droite ou un RSA de gauche, oubliant qu’il faut la disparition du RSA et la mise en place d’une politique de libération des énergies individuelles !


Sur le web