Les victimes de l’éolien écrivent à Manuel Valls

Il semble que l’éolien industriel, qui est en train de dévaster les campagnes françaises, causant des ravages sanitaires dans sa population, n’ait pas voix au chapitre auprès de nos gouvernants.

Par Ghislaine Siguier, Présidente du collectif Victimes des Éoliennes.

Manuel Valls en juin 2014 (Crédits Philippe Grangeaud Parti Socialiste, licence Creative Commons)
Manuel Valls en juin 2014 (Crédits Philippe Grangeaud Parti Socialiste, licence Creative Commons)

 

Monsieur le Premier ministre,

C’est avec beaucoup d’intérêt et d’espoir que nous avons suivi dans la presse votre « Comité interministériel aux ruralités », qui est venu vendredi dernier au contact de la population rurale à Laon, en Picardie. Son but était de « redonner confiance aux territoires ruraux ». Hélas, nous avons été très vite déçus. Il semble que l’éolien industriel, qui est en train de dévaster les campagnes françaises, causant des ravages sanitaires dans sa population, n’ait pas voix au chapitre de vos « ruralités ».

Parmi toutes les mesures annoncées dans cet acte électoral, aucune d’entre elles n’a été pensée pour alléger les souffrances des victimes des éoliennes, ni pour pallier les pertes financières des riverains, dont les maisons se sont trouvées dévaluées ou sont devenues pratiquement invendables.  Le rouleau compresseur éolien nous écrase, et le gouvernement ferme les yeux.

Pire que cela, les forces de sécurité nous musellent. On nous dénie le droit à la parole. Une cinquantaine de riverains d’éoliennes, qui s’étaient déplacés à Laon pour présenter leurs doléances, se sont vus encerclés par des forces de l’ordre chargées de les empêcher de s’exprimer.  Un journaliste les a interviewés : « Au départ, les RG (agents des renseignements généraux, NDLR) sont venus nous voir en nous disant qu’ils allaient simplement encadrer notre manifestation, nous étions une cinquantaine, explique Élisabeth Gautier. Puis subitement, le ton a changé. L’entretien qu’on devait avoir avec la préfecture a été annulé, on nous a empêché de déployer nos banderoles ».

Au nom de laquelle des « valeurs de la République » si chères au Parti socialiste, envoyez-vous des agents des RG pour museler l’opposition ? Cinquante mères et pères de famille viennent pacifiquement vous exposer leurs inquiétudes, certains désirant vous expliquer comment les éoliennes détruisent littéralement leur vie, et vous envoyez vos gendarmes pour les empêcher de présenter leurs doléances ! Par ailleurs, depuis quand est-il illégal de dérouler des banderoles sur votre parcours ? Quelle est la valeur de la République que cela violerait ? Deux poids, deux mesures : si les banderoles avaient été favorables à votre politique, les RG auraient permis qu’elles soient déployées, il n’y a de cela aucun doute. Alors où est l’égalité devant la loi, où est la liberté d’expression, où est la République ?

Le thème de l’évènement médiatique de vendredi était : « Nos ruralités : une chance pour la France ». Mais vu la façon dont vous avez traité les ruraux ce jour-là, on pourrait se demander si la « chance pour la France », c’est d’avoir un gouvernement qui est prêt à sacrifier la population  rurale pour satisfaire les intérêts financiers de quelques-uns : promoteurs éoliens, propriétaires terriens accueillant leurs machines, et beaucoup d’élus (prises illégales d’intérêts, voire pire encore).

Madame Sylvia Pinel, ministre du Logement, de l’Égalité des territoires et de la Ruralité, a écrit : « C’est donc en ayant le souci du développement de chacun, et en construisant des liens forts entre ces espaces et leurs habitants, que nous pourrons recréer de la confiance et témoigner du respect et de la considération que nous portons pour les territoires ruraux ». Quel bel exemple de langue de bois ! Construire des éoliennes à 500 m des habitations, quand les infrasons émis par ces machines géantes peuvent rendre les gens malades jusqu’à 10 km, est-ce la façon du gouvernement de « construire des  liens forts » entre les espaces ruraux et leurs habitants ?

Une des « priorités Nº 1 » de votre politique rurale, si l’on en croit  votre document explicatif intitulé « Nos ruralités : une chance pour la France », est celle-ci :

« LA PROTECTION DES POPULATIONS ET DES BIENS EN MILIEU RURAL POUR ASSURER LA QUALITÉ DE VIE ».

Eh bien, si vos policiers avaient laissé parler les cinquante riverains d’éoliennes au lieu de les faire taire par la force, vous sauriez aujourd’hui que la qualité de vie dans les campagnes françaises est en chute libre, ceci grâce à vos moulins à générer du bruit, des flashes lumineux, des ombres et des infrasons1

. Quant à la protection des populations et des biens, vous l’avez réduite à néant : personne n’est à l’abri de vos monstrueux ventilateurs, qui poussent comme des champignons, empêchent quantité de gens de dormir, et dévalorisent les maisons.

Nous vous demandons de bien vouloir prendre les dispositions nécessaires pour que les riverains des centrales éoliennes soient davantage protégés des infrasons. Une distance tampon de 10 fois la hauteur totale (tour + pale) est un minimum à faire appliquer d’urgence, comme c’est la norme en Bavière. Pour les installations existantes qui ne sont pas conformes à cette distance de sécurité sanitaire, nous demandons l’arrêt des machines de 22 h à 7 h du matin, pour permettre un sommeil réparateur aux riverains et leur rendre le droit à la santé.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier ministre, en l’expression de notre respectueuse considération.