Pétrole : et si la demande repartait ?

Et si la baisse des prix aidait à l’accélération de la demande ?

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Pumpjack Pétrole en Alberta, au Canada (Crédits Jeff Wallace, licence Creative Commons)

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Pétrole : et si la demande repartait ?

Publié le 13 mars 2015
- A +

La demande de brut a été revue à la baisse constamment depuis mi 2014… en ligne avec la chute des prix… Les États-Unis ont une économie en bonne santé et les prix à la pompe ont été quasiment divisés par deux alors que l’Amérique représente le quart de la consommation mondiale.
Et si la baisse des prix aidait à l’accélération de la demande ?

Par Aymeric de Villaret.

Pumpjack Pétrole en Alberta, au Canada (Crédits Jeff Wallace, licence Creative Commons)
Pumpjack Pétrole en Alberta, au Canada (Crédits Jeff Wallace, licence Creative Commons)

La moindre demande première raison de la chute du pétrole

On a beaucoup parlé d’offre et de la nécessité de réduire cette offre pour rééquilibrer les marchés ! Mais s’il y a eu surplus de barils, ce n’est pas tant que l’offre a augmenté… puisque ces dernières années… la hausse de la production américaine était absorbée par la hausse de la demande mondiale.

Et oui, on a eu un peu tendance à oublier la demande, obnubilés que nous étions par la hausse de la production américaine. Et tant que cette dernière était absorbée par la hausse de la demande, tout allait bien, et le Brent avait trouvé sa zone d’équilibre à 100-110$/baril.

Villaret 12 mars 2015 1

Ainsi comme le montre le tableau ci-dessus alors que l’AIE escomptait en décembre 2013 une hausse de la demande pour 2014 (vs 2013) de 1,2 Mb/j, cette estimation est même montée à 1,4 Mb/j en mai juin-juillet, pour ensuite s’effondrer et n’atteindre plus que 0,6 Mb/j en novembre.

Force est de constater que les cours du Brent ont suivi cette tendance…
Oui, les cours du baril ont été « drivés » par l’évolution de la variation de la demande !
Et si l’Arabie Saoudite a été accusée d’être la source de cette chute, c’est plus sa volonté d’arrêter d’être le « swing producer » qui peut l’être, rôle qu’elle joue depuis si longtemps.

Une variation de la demande américaine du niveau de la chinoise

villaret 12 mars 2015 2

On voit bien que la hausse de la demande mondiale a été en 2014 au plus bas depuis la chute de 2009 et que la Chine n’est plus le moteur de croissance qu’elle était.
Ainsi en 2013 et 2014, les croissances absolues de la Chine et des États-Unis ont été quasiment identiques !

Les États-Unis premier consommateur mondial de pétrole

Évidemment les marchés ont toujours en mémoire les croissances formidables du passé en % de la Chine, mais d’une part cette croissance ralentit et d’autre part, les États-Unis consomment nettement plus de pétrole que la Chine.

Villaret 12 mars 2015 3

Ainsi en 2014, les États-Unis ont contribué à 20,6% de la demande mondiale de pétrole, devant l’Europe à 14,5 % et la Chine à 11,2%. Certes la Chine est un grand consommateur, mais les États-Unis, à eux seuls, dépensent quasiment le double de la Chine.
Et si l’on prend l’Amérique du Nord dans son ensemble (c.à.d. avec Canada et Mexique), c’est plus du quart de la consommation mondiale en 2014 (26% exactement) !

Et si la demande repartait ?

demande du pétrole rené le honzecQuand on analyse tous les éléments que nous venons de développer auparavant, on comprend beaucoup mieux le sens de la question…

Si ce sont les révisions à la baisse de la demande qui ont enclenché le mouvement de chute du baril, des signes inverses pourraient créer un certain rebond du prix du baril…
Ne pas se focaliser que sur la Chine…

En effet, pour le marché, c’est la formidable hausse de la Chine des années 2000 qui a été la source d’un baril à 100$ ! Ceci est vrai mais la croissance est moindre même si réelle… En janvier-février 2015, elle a quand même été de 4 %…

Regarder le principal consommateur : les États-Unis

Et là les signes sont encourageants avec :
1) Une économie qui repart
2) Des prix des carburants en fort déclin

Villaret 12 mars 2015 4

À la différence des Européens, les Américains paient peu de taxes sur les carburants et profitent pleinement à la pompe de la baisse des cours du baril, d’autant que le baril est libellé en dollar !
Du coup, comme l’indiquait le Wall Street Journal fin février, la consommation américaine repart et les américains achètent de plus en plus de gros véhicules (type SUV) très consommateurs de carburant.
Et de plus, ce qui n’est pas pour déplaire dans un tel contexte, l’hiver y a été particulièrement rigoureux.
Cela a même incité Goldman Sachs, devenu assez pessimiste (en prévoyant que le prix du baril irait à 40$), contrairement au passé, à admettre en début de semaine que le prix de 40$ était peut-être un peu trop bas, les stocks n’étant pas aussi importants qu’escompté, du d’une demande plus forte provoquée par :
1) cet hiver rigoureux
2) la sécheresse au Brésil

Conclusion

Comme nous venons de le voir ce sont les signes de moindre croissance qui ont été le fer de lance de la chute du baril.
Quand la demande était là, la montée en puissance de l’huile de schiste américaine ne posait pas de problèmes !

Aujourd’hui, celle-ci souffre et est affectée par un baril moins cher. La meilleure preuve en est la vente probable du principal producteur d’huile de schiste dans le Bakken, Whiting Petroleum, qui s’est fortement endetté en rachetant Kodiak Oil & Gas…

Villaret 12 mars 2015 5

Et si les producteurs américains d’huile de schiste commencent à produire moins à l’été 2015 (avec la fin des couvertures), le rebond de la demande notamment aux États-Unis pourrait donner un certain « boost » aux cours du baril.

Car, quel meilleur moyen pour stimuler la demande que de baisser les prix ? C’est d’ailleurs exactement le message, le week-end dernier, du secrétaire général de l’OPEP Abdalla El-Badri.
Comme nous l’écrivions le 25 février, s’agissant d’une question d’équilibre offre-demande… une sortie par le haut nous apparaît, en l’état actuel des choses, la plus probable.

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  • faut pas rêver , le pétrole est en perte de vitesse sa consommation ne peut que diminuer , on ne produit pas d’électricité avec le pétrole , et les transports en consomment de moins en moins et passeront bientôt a un autre type d’énergie..l’or noir , c’est fini .

    • « On ne produit pas d’électricité avec le pétrole » : les 2/3 de la production d’électricité aux USA reposent sur des combustibles fossiles (charbon, gaz, pétrole). En France, les centrales EDF de Martigues, d’Aramon, de Cordemais, de Porchevile, etc. fonctionnent au fioul.

    • Pour l’industrie chimique, surement pas.

    • « les transports en consomment de moins en moins et passeront bientôt a un autre type d’énergie »

      Nicholas Hulot ! Sors de ce corps !

      • a bon , on est condamné a aller a la pompe jusqu’à la fin des temps ?

        dés que le couple accu/ solaire /eolien ou autre sera rentable qui passera a la pompe de l’état . quand le nucléaire sera passé au surgénérateur qui constituera des usines a gaz ?

        • Mélangez pas la taxation, la physique, la technologie, l’économie et l’écologie.

          – l’état taxera TOUJOURS ce dont on ne peut pas se passer
          – ce n’est pas demain la veille que vous verrez des camions, des avions ou des cargos électriques
          – on exploitera probablement le pétrole jusqu’à la dernière goutte pour des raisons économiques parce que les progrès dans les techniques d’extraction sont plus rapides que ceux réalisés dans les impasses technologiques des EnR ou même dans la technologie nucléaire. Et si le pétrole n’était pas aussi « pratique », on roulerait au gaz ou au charbon pour les même raisons économiques.

          On se fout pas mal de savoir si la source d’énergie primaire est solaire, éolienne, ou nucléaire. Commencez par mettre au point le super accu hyper-léger, hyper-fiable, à hyper longévité et hyper-capacité ou bien la synthèse de carburant chimique pour pas cher. Et revenez ensuite faire des prévisions

    • Oui on roule à l’électricité et à l’hydrogène , on mange bio et on est des eco citoyens. Tout le monde est beau tout le monde est gentil

      • je roulerais électrique quand la fiabilité des batteries et leur prix correspondra a mon budget car c’est la plus performante pour un usage quotidien , je mange BIO du jardin..mais la terre est trop basse , le supermarché ne me casse pas le dos alors non , pas de bio …je ne suis pas un econ citoyen..mais tout le monde est gentil , beau est une histoire de gout

    • « on ne produit pas d’électricité avec le pétrole » = LOL

      Allemagne a multiplié par combien sa part de pétrole (gaz inclus) depuis qu’ils sont verts ?
      les moteurs diesel au pieds des éoliennes c’est du poulet peut être ?

  • Mouai, ça marche aux US, mais ici je n’ai rien constaté. Ca a baissé un peu fin décembre, ensuite c’est remonté et c’est toujours haut. Le prix de mon litre de coco n’a pas été divisé par deux.

  • La grande différence entre Les Etats-Unis et l’Europe est le poids des taxes et les données du mois de décembre publiées hier le confirment : Les automobilistes américains n ont jamais autant roulé !
    Ci-dessous : reprise d’une dépêche du Figaro actualités de cette nuit :

    « Les automobilistes et conducteurs américains ont parcouru des distances record en décembre, encouragés par la baisse des prix de l’essence et une météo relativement clémente, selon des chiffres publiés jeudi par l’Administration fédérale des autoroutes (Federal Highway Administration).

    L’agence estime à 251,4 milliards de miles (405 milliards de km) les distances parcourues sur les routes américaines ce mois-là, un chiffre en hausse de 5% et un record pour un mois de décembre. Il s’agit du dixième mois consécutif d’augmentation et du chiffre mensuel le plus élevé depuis 2001.

    Sur l’ensemble de 2014, les conducteurs ont parcouru 3.020 milliards de miles, le chiffre le plus élevé depuis 2007 et le deuxième plus élevé depuis le début des statistiques il y a 79 ans. Par rapport à 2013, la hausse est de 1,7%.

    Parallèlement, les ventes de voitures en novembre et décembre ont été les plus importantes de l’histoire pour ces deux mois, avec près de trois millions de véhicules achetés »
    Ainsi les américains roulent et se mettent à acheter plus de véhicules !

    Ci-après lien sur mon blog pour l’article publié dans Contrepoints :
    https://aymericdevillaret.wordpress.com/2015/03/11/et-si-la-demande-repartait/

  • Maintenant, il faudrait prouver, comme je le crois, que rouler c’est bon pour le business et la croissance. Tant pis si notre balance commerciale en prend un coup au passage. Se déplacer engendre forcement de l’activité et au final l’économie en retire un bénéfice. Bref, en totale contradiction avec le credo de nos élites qui font tout pour réduire notre consommation en tapant sur la mobilité individuelle.

  • Article toujours aussi intéressant mais une petite question sur votre observation « Et si les producteurs américains d’huile de schiste commencent à produire moins à l’été 2015 (avec la fin des couvertures) » : pourquoi ces couvertures s’arrêtent-elles à l’été ? Des couvertures plus longues n’influencent-elles pas le marché ?

    • Bien sur qu il peut u avoir d ‘autres couvertures mais vu le prix du baril actuel, elles se feront aux prix actuels. Celles qui s ‘arrêteront à l ‘été, sont celles prises à un moment où le baril était élevé.

  • 1. L’économie US ne va pas bien, même si les médias mentent beaucoup pour prétendre le contraire ;

    2. Grâce aux délires anti-CO2 écolos tout est fait pour limiter la consommation de pétrole à grands coups de taxes notamment ;

    3. Les moteurs des voitures n’ont jamais été aussi économes en carburant et les centrales énergétiques à pétrole sont progressivement remplacées ;

    4. La production n’a jamais été aussi forte ni diversifiée, ce qui inclut à la fois les pays et les techniques d’extraction.

    Donc je ne parie pas du tout sur un rebond des prix.

  • Faire l’hypothèse que les cours vont bientôt osciller entre 80 et 100$ n’est-il pas exagéré ?
    Si le cours remonte, cela va cartonner en Europe, et la reprise va sérieusement ralentir.

    • Pour ralentir, encore faudrait il qu’il y ait une reprise.

      • C’est sur qu’en fRance … on aimerait … la reprise de l’endettement à vitesse grand V.
        Et comme cela n’a jamais cessé, la reprise, on la verra pas, elle est déjà bouffée.

        • Je suis étonné d’ailleurs qu’ils n’aient pas songé à une taxe pour ponctionner le budget redonné par la baisse du pétrole. parlons pas trop vite, les IK vont sûrement baisser.

          • Ils ont déjà commencé en début d’année pour augmenter en douce les taxes.
            2 centimes par ci, 4 centimes par là.

            • Je constate que mon 98 est passé de 1,25 à 1,39 alors que le baril reste sous les 50 $ (et le brent à 57). Il n’y aurait pas un coup de pouce un peu indécent aux taxes par hasard. Curieusement d’ailleurs, sur la radio que tout le monde nous envie, on ne nous donne plus le cours du baril.

              • C’est le cours USD / EUR qui prend un coup.

              • Attention aux distributeurs, certains augmentent leurs marges.

                L’USD est invoqué à toutes les sauces, je comprends certains mécanismes, mais pas d’autres.
                Ici on consomme du brent, quoté en euro.

  • Publication ce matin du rapport de l’AIE
    L’AIE revoit légèrement à la hausse de la demande de pétrole pour 2015

    « The forecast of demand growth for all of 2015 was raised by 75 kb/d to 1.0 mb/d, bringing global demand to an average 93.5 mb/d. « 

    • Justement parlons-en.

      Les stats de l’AIE démontent le mythe de l' »effondrement de la demande », et donc de l’inférence « baisse des prix a été provoquée par la baisse de la demande ».

      C’est toute la faiblesse de ce raisonnement.

      En quoi un simple « ralentissement » de la hausse de la demande… pourrait elle entraîner des « price swing » aussi massifs sur le pétrole ?

      Réponse : il y a d’autres facteurs, sous-jacents, à l’oeuvre.

      Le premier d’entre eux étant bien entendu.. la politique.

      Je suis toujours frappé de voir que les gens oublient un truc fondamental : l’énergie est quelque chose de beaucoup trop stratégique pour… la laisser au « marché ».

      On fait des guerres pour les hydrocarbures. Les hommes s’entretuent pour un pipeline, des voies de transports, des gisements.

      Et pour son prix, on laisserait faire la « main invisible » du marché ? Des traders ? C’est d’une naïveté confondante.

      Personne ne parvient à prévoir le prix du pétrole… En utilisant les outils classiques (offre et demande, etc.).

      C’est bien la preuve (en creux) qu’il y a d’autres forces à l’oeuvre !

      La baisse de 60 % du prix du pétrole en l »espace de 6 mois en 2014… fut forcément un acte politique. Comme l’épisode de hausse qui précéda (pour des raisons différentes).

      • Bien sûr le pétrole est politique. Personne n en a jamais douté et plusieurs de mes papiers ont abordé ces sujets avec le pourquoi de la guerre des prix entamée par l’Arabie Saoudite :
        1) Avec l accord des Etats-Unis pour faire souffrir la Russie et l’Iran ?
        2) Contres les Etats-Unis pour faire souffrir l’huile de schiste américaine ?

        Il n en demeure pas moins vrai et les chiffres de l’AIE sont là pour en témoigner : la hausse de la demande de pétrole a été revue en baisse depuis la mi-2014 et ce matin, dans son rapport, l’AIE revoit à la hausse la demande

        Ci-dessous lien avec mon tableau du rapport mis à jour

        https://aymericdevillaret.files.wordpress.com/2015/03/et-si-la-demande-repartait-11-03-2015.pdf

        Jusqu’à maintenant l’Arabie jouait le rôle de « swing producer » en adaptant sa production en fonction de la demande des marchés. A partir du moment où elle semble ne plus vouloir jouer ce rôle, l’économie reprend un peu ses droits.
        Et si c ‘est ainsi, une reprise de la demande pourra impliquer une reprise des prix

          • C’est assez ironique. On apprend le même jour que… ce sont les USA qui sont devenus le swing producer.

            http://tinyurl.com/oqqlgcp

            1er producteur au monde.

            On le voit… la logique de « marché », la sacro sainte « loi de l’offre et de la demande » ne s’appliquent pas au pétrole.

            En tout cas : s’appliquent de moins en moins.

            Un facteur n’a pas été soulevé : en plus de la géopolitique, le pétrole est à mon avis victime également… du désordre monétaire et financier… qui devient de plus en plus fort, depuis 2008.

            Taux négatifs, changes en folie, QE… tout cela n’est pas anodin, et pourrait influencer les prix du pétrole.

            • J’ai oublié un élément dans la liste (taux, changes) : dettes.

              Là aussi un facteur qui devient fou depuis 2008, au niveau mondial.

              Un facteur qui pourrait expliquer par exemple pourquoi les producteurs américains s’acharnent à produire de plus en plus… alors que le prix baisse : cash flow.

              Besoin de cash pour payer les intérêts, sur des dettes faramineuses qui financé l’explosion des gaz et huiles de schistes ?

              Rappelons une différence fondamentale entre Arabie Saoudite et USA : la 1ère… produit en tant que pays. Aux USA, ce sont de nombreuses sociétés, privées.

              On peut donc dire que la production aux USA est davantage sensible aux lois de l’économie (comme vous le dites).

              Mais si cela conduit ces sociétés à prendre des décisions qui semblent absurdes : produire plus alors que le prix baisse.

              • « Mais si cela conduit ces sociétés à prendre des décisions qui semblent absurdes : produire plus alors que le prix baisse. »

                C’est totalement rationnel, dans un marché libre les marges tendent indéfiniment vers 0. Grâce aux USA le pétrole est justement moins politique qu’avant, le marché reprend ses droits. Merci l’Amérique !

  • En terrasse de villas aux USA il est commun d’avoir une cheminée !!! ou un chauffage au gaz de belle facture, pour les soirées fraiches.
    Impensable chez nous : un tel gaspillage… Car le prix du gaz est tellement bas, que les extravagances se multiplient et le gaspillage des ressources également . Nous qui avons du mal à payer les factures…On s’étonne de ce que le gaz de schistes permet aux Américains.

  • Mouais… S’il y a bien un prix ici bas qui n’est pas fixé par le marché, c’est bien celui du pétrole… Notamment parce que l’Arabie est le principal vendeur et qu’il peut forcer la main à tous les autres. Et que son bon vouloir dépend de ses accords avec les USA les protecteurs, et que justement le moyen orient est en train de virer au bordel intégral (Irak, Syrie, Yemen, Libye, Egypte… Et tout ça à proximité de l’Arabie !) qu’UN seul pays peut encore « contenir », l’US justement – un peu de patience, la Chine est en train de réarmer sa « navy »… Marrant mais l’Iran est en train de devenir un allié des USA au milieu de ce désastre…

    Rajoutons une couche de « ruinons la Russie » avec un prix super bas et on aura une vision plus complète de la fabrication des prix du brut…

    Mais bon je reste ouvert si vous avez d’autres intuitions…

    • Quand on dit que l’AS a décidé d’arrêter de jouer le rôle de swing producer, cela signifie que l’AS a décidé de ne plus être le manipulateur en chef du marché.

  • La baisse des prix est le meilleur moyen de stimuler la demande, à condition qu’il y ait une demande, sous-entendu une hausse notable de cette dernière à partir de ses niveaux actuels. Pourtant, au vu de l’état du monde, c’est plutôt un plateau, une stagnation de la demande qu’il semble raisonnable d’anticiper, une croissance atone au mieux.

    On sait que la croissance US récente est due aux QE successifs d’une part, destinés à financer les dépenses publiques gargantuesques et recapitaliser les banques, et du boom de l’industrie du schiste d’autre part. Ces deux moteurs sont désormais plutôt promis au toussotement maladif qu’à l’emballement joyeux. Dans le même temps, une part significative de la population n’a toujours rien vu de la fameuse croissance, au point qu’elle a disparu des radars statistiques. On peut ainsi observer divers indices concernant le tissu économique fondamental des petites entreprises, certes en légère amélioration, mais encore loin de connaître un dynamisme qui pourrait faire croire à une croissance saine et surtout durable en dehors des injections de la Fed (qui n’ont toujours pas cessé, dissimulées par la comédie de Yellen à propos de la hausse des taux, pour détourner l’attention).

    Du côté de la Chine, sans parler de l’aspect pour le moins suspect des données publiées qui font rire jaune dans le monde entier, on ne peut douter que le cycle de croissance intense relève désormais du passé et qu’il y a peu de chance qu’il se reproduise rapidement. Au vu des signes de raidissement politique du PCC (de nuque raide à nuque très raide), c’est même plutôt le contraire qu’il faut craindre.

    Ailleurs dans le monde, les échanges mondiaux montrent plus d’hésitation que de dynamisme. Par exemple, jetez un oeil aux indicateurs économiques de la Corée (du sud, évidemment) : ce canari-là n’a pas franchement bonne mine. Il n’y a plus que les institutions mondiales comme le FMI, aveuglées par leur keynésianisme dogmatique, pour croire à leurs prévisions dont l’optimisme idiot n’a d’autre équivalent que celui du début de 1929. Concernant l’Europe engluée dans sa social-démocratie en faillite, le niveau insensé des taxes et le massacre de l’euro marginalisent l’effet de la baisse du pétrole. Il se pourrait même que les prix à la pompe augmentent à nouveau fortement si l’euro devait poursuivre son effondrement, sous l’effet du vaste carry trade provoqué par le QE de SuperMariole.

    Enfin, l’OPEP profite à fond de sa chance historique de revenir au premier plan en confirmant qu’elle répondra à une éventuelle hausse des prix par une hausse de sa production. Bien sûr, le moment venu, quand elle aura laminé ses concurrents, elle coupera soudainement dans sa production. Et là, effectivement, les prix vont remonter en flèche. Si jamais l’euro est au plus bas lorsque l’OPEP prendra cette décision, l’économie européenne comprendra le sens du mot « crise ». Il sera alors temps de demander des comptes aux politiciens crétins qui se félicitent du suicide monétaire de la BCE, parce qu’elle leur refile l’argent gratuit qu’ils réclament pour survivre à tout prix, au prix de notre avenir.

    Au total, on ne voit pas trop quel élément favoriserait une hausse du baril dans les prochains mois, en dehors de pics ponctuels de volatilité sur les marchés. Pour illustrer le phénomène, le WTI revient cette semaine sur ses plus bas après un chétif rebond technique de quelques semaines, augmentant la probabilité d’une nouvelle phase de baisse.

    • Votre commentaire est bien construit mais pèche par ce paragraphe:

      « Enfin, l’OPEP profite à fond de sa chance historique de revenir au premier plan en confirmant qu’elle répondra à une éventuelle hausse des prix par une hausse de sa production. Bien sûr, le moment venu, quand elle aura laminé ses concurrents, elle coupera soudainement dans sa production. Et là, effectivement, les prix vont remonter en flèche.  »

      C’est peut-être ce que pensent quelques éminences grises (ou barbues) dans les Emirats, mais soyons sérieux deux secondes. Les sociétés reposant sur l’extraction de pétrole à base de sable bitumeux peuvent faire faillite quand les prix sont trop bas, mais les sables bitumeux eux-mêmes ne vont pas disparaître pour autant… Qu’est-ce qui empêchera leur exploitation à nouveau si les prix remontent suffisamment? Les sources alternatives de pétrole agissent donc comme une menace forçant les prix à la baisse. En tout cas c’est mon analyse.

      • Pour tout dire, j’avais en tête une remontée brutale vers 80 dollars après une période plus ou moins longue sous 35. Comme vous l’indiquez, le retour à un cours qui remettrait en selle des concurrents à coût de production élevé n’aurait effectivement pas de sens. Ceci dit, que les membres de l’OPEP tentent leur chance pour dominer à nouveau leur marché ne veut pas dire qu’ils vont réussir pour autant. Les autres producteurs vont certainement réagir.

        • Le cours ne sera sera certainement pas stable vers les 80$. Au gré des événements guerriers, économiques ou pétroliers, il pourrait varier entre 50 et 100$. Si le $ monte, la limite de 100$ aura de la peine a être franchie.
          La variation sera de toutes façons plus forte pour les européens, vu qu’ils jouent avec l’Euro.
          Vivement demain, ou pas, afin de savoir ❗

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