Le grand retour des travailleurs non-salariés

Notre façon de travailler évolue. Est-elle en train de mettre en danger le salariat ?

Par Aymeric Pontier.

Uber credits joakim formo (CC BY-NC-SA 2.0)

Au cours des dernières décennies, le nombre de travailleurs non-salariés a connu un fort déclin en France, diminuant de moitié entre 1970 et 2000. Un phénomène principalement lié à la hausse de la productivité dans le secteur agricole, et à la disparition progressive des exploitations individuelles ; ainsi qu’à la fermeture des petits commerces en zone urbaine au profit des grandes surfaces.

Toutefois, cette tendance s’est inversée à partir du début des années 2000. La population des non- salariés s’est tout d’abord stabilisée, avant de commencer à progresser depuis le milieu de la décennie passée. Les effectifs continuent certes de baisser dans l’agriculture, mais à un rythme moins soutenu qu’auparavant. De ce fait, le dynamisme de l’emploi non salarié dans les autres secteurs compense largement les pertes. Le nombre des non-salariés hors secteur agricole a ainsi augmenté de 26% entre 2006 et 2011 !

L’ensemble des travailleurs indépendants représente désormais plus de 10% des personnes ayant une activité professionnelle en France. Ce renouveau de l’emploi non salarié a notamment été rendu possible par la création en 2009 du statut auto-entrepreneur, qui allège la fiscalité et les formalités administratives des créateurs d’entreprises. Bien qu’il soit souvent cumulé avec une activité salarié à côté.

Pour autant, cette évolution s’inscrit dans une tendance plus large, puisque l’on constate une hausse des travailleurs indépendants dans tous les pays occidentaux. Certains y voient une conséquence directe de l’Uberisation du travail et prédisent que les non-salariés pourraient devenir majoritaires à moyen terme. L’économie de la demande conduisant inévitablement au travail à la demande…

Source : Insee« Panorama de l’emploi et des revenus des non-salariés ».

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