Sondage : les Français préfèrent largement Valls à la gauche du PS. Même à gauche.

Manuel Valls (Crédits : Parti Socialiste, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Selon un sondage BVA/iTélé/Orange, les Français font largement plus confiance au courant réformiste du PS qu’à ses éléments les plus radicaux. Y compris à gauche.

Par Alexis Vintray.

Les députés « frondeurs » à l’aile la plus radicale du Parti Socialiste ou l’extrême gauche suscitent régulièrement l’intérêt médiatique, un intérêt renforcé après le choix du pouvoir de recourir à l’article 49-3 pour faire passer la loi Macron. Pourtant, malgré leur capacité indéniable à se faire entendre, la gauche du PS et l’extrême gauche ne recueillent pas la confiance des Français, y compris au Parti Socialiste, comme vient le montrer un sondage BVA pour i-Télé et Orange.

Manuel Valls ou Martine Aubry (Crédits BVA, tous droits réservés)

Selon les Français, aucune des personnalités de l’aile gauche du Parti Socialiste (Martine Aubry, Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon), d’EELV (Cécile Duflot) ou de l’extrême gauche (Jean-Luc Mélenchon) ne ferait mieux que Manuel Valls au pouvoir, dans des proportions très larges : pour Martine Aubry, 41% des sondés pensent qu’elle mènerait une politique plutôt moins bonne que Manuel Valls, contre à peine 21% qui pensent l’inverse. Pour Cécile Duflot, en queue de peloton, seuls 9% des sondés pensent qu’elle ferait mieux, contre 6 Français sur 10 qui pensent l’inverse.

Même chez les sympathisants de gauche, censés être plus proches des idées de l’aile gauche du PS, seule Martine Aubry est considérée comme capable de mener une meilleure politique que Manuel Valls (41% contre 24% qui pensent l’inverse) mais au Parti Socialiste uniquement elle est à nouveau en dessous de Manuel Valls. Comme le souligne l’institut de sondage BVA, c’est à l’extrême gauche qu’elle trouve ses soutiens : « si 36% des sympathisants d’Europe-Écologie-les-Verts jugent qu’elle conduirait une politique plutôt meilleure que Manuel Valls, ils sont 66% au sein du bloc « gauche du PS » (sympathisants LO/NPA/PC/Parti de gauche).

Manuel Valls ou Martine Aubry à gauche (Crédits BVA, tous droits réservés)

La déroute est encore plus grande pour les autres figures de l’aile (très à) gauche du PS, d’EELV ou du Front de Gauche : le moins mauvais, Arnaud Montebourg, n’est considéré comme capable de mener une meilleure politique que Manuel Valls que par 11% des sympathisants socialistes. En queue de peloton, Cécile Duflot plafonne à… 4% tandis que 76% des sondés pensent qu’elle obtiendrait de pires résultats que le Premier ministre. Même auprès de l’ensemble de la gauche, elle n’est qu’à 19% contre 55%.

Que les Français ne fassent pas confiance à l’aile la plus radicale du Parti Socialiste ou à l’extrême gauche n’est que peu surprenant, mais l’ampleur du rejet de l’aile gauche du Parti Socialiste ou de partis encore plus radicaux souligne à l’inverse la confiance bien plus grande accordée au courant réformateur du PS incarné par Manuel Valls. Mais la défiance envers les Montebourg, Duflot, Aubry et Mélenchon est donc aussi répandue dans toute la gauche et au PS, où ces figures radicales font de plus en plus figure d’extrémistes. Une pierre dans le jardin de la « gauche de la gauche », qui dit représenter le peuple, un peuple qui lui dit manifestement non, trois fois non.


Fiche technique : Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français recrutés par téléphone puis interrogés par Internet les 19 et 20 février 2015. Echantillon de 1076 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.