Sondage : Nicolas Sarkozy en chute libre

Nicolas Sarkozy (Crédits : UMP Photos, licence CC-BY-NC-ND 2.0)

Selon un sondage BVA pour iTélé, Nicolas Sarkozy est en véritable chute libre dans la course à l’investiture UMP pour l’élection présidentielle de 2017.

Nicolas Sarkozy - Credit UMP Photos (Creative Commons, by-nc-nd)
Nicolas Sarkozy (Crédits : UMP Photos, licence by-nc-nd)

 

Nicolas Sarkozy en chute libre

Après une semaine désastreuse, Nicolas Sarkozy est en véritable chute libre dans la course à l’investiture UMP pour la prochaine élection présidentielle, selon un sondage BVA pour iTélé. Les Français ne sont plus que 13% à préférer que ce soit lui le candidat UMP en 2017, soit un score identique à celui de… Bruno Le Maire et de 30 points inférieur à celui d’Alain Juppé (43%), alors que cet écart avec le maire de Bordeaux n’était que de 13 points en septembre dernier. Par rapport à ce mois de septembre, juste après son retour sur la scène politique, Nicolas Sarkozy chute donc de 14 points parmi les Français (de 27% à 13%), mais, pire encore, il s’effondre de 26 points parmi les sympathisants de l’UMP (de 65% à 39%) et même de 27 points parmi les sympathisants de la droite (de 52% à 25%).

Sondage BVA - UMP présidentielle 2017

Conséquence, alors qu’en septembre dernier, parmi les sympathisants de la droite, Nicolas Sarkozy devançait encore Alain Juppé de 27 points comme « candidat UMP préféré pour 2017 » (52%, contre 25%), aujourd’hui, c’est au contraire Alain Juppé qui devance Nicolas Sarkozy de 2 points (27%, contre 25%). Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy ne devance donc plus Alain Juppé que parmi les sympathisants de l’UMP, mais de seulement 6 points (39%, contre 33%) alors qu’en septembre dernier, il le devançait de 44 points (65%, contre 21%). Par rapport à cette époque, les sympathisants de l’UMP sont 26 points de moins à préférer Nicolas Sarkozy comme candidat en 2017 (39%, contre 65%), alors qu’ils sont 12 points de plus à préférer Alain Juppé (33%, contre 21%).

Sondage BVA - UMP présidentielle 2017- 2

En observant l’évolution sur une année entière de cette « préférence pour la candidature UMP en 2017», on constate que la préférence pour Nicolas Sarkozy avait déjà nettement reculé entre janvier et juillet 2014 (de 32% à 20% parmi les Français, de 62% à 38% parmi les sympathisants de la droite et de 70% à 50% parmi les sympathisants de l’UMP), au profit d’Alain Juppé (qui était passé de 27% à 35% de préférence parmi les Français, de 14% à 32% parmi les sympathisants de la droite et de 16% à 31% parmi les sympathisants de l’UMP).

Cet effondrement de Nicolas Sarkozy s’explique bien sûr, en partie, par sa désastreuse semaine. Tout d’abord, la défaite de l’UMP à l’élection législative partielle dans le Doubs a fait douter de sa capacité à incarner la victoire. Ensuite, sa mise en minorité au conseil national de l’UMP sur l’attitude à adopter au second tour de cette élection partielle a fait douter de sa capacité à incarner le rassemblement et l’autorité. Enfin, la polémique sur sa conférence lundi dernier à Abu Dhabi a à la fois réactivé son image « bling bling » d’ancien « Président des riches », tout en faisant douter certains sympathisants de son implication et de son intérêt pour ses nouvelles fonctions à la tête de l’UMP.

Plus structurellement, Nicolas Sarkozy souffre certainement d’un triple « effet Giscard » : tout d’abord un effet « homme du passé », au fur et à mesure que son quinquennat s’éloigne, ensuite, un « effet rétrogradation », au fur et à mesure qu’il apparaît de moins en moins comme un ancien Président de la République et de plus en plus comme un chef d’opposition, enfin, un « effet usure », au fur et à mesure que sa présence médiatique s’intensifie, mais avec des audiences de moins en moins fortes.

Enfin, bien sûr, dernier élément explicatif à cette baisse structurelle de Nicolas Sarkozy, la montée d’Alain Juppé, qui l’empêche dorénavant d’apparaître comme le seul capable de remporter la victoire.

Alain Juppé en hausse

Alors que son appel à voter pour le candidat socialiste au second tour de l’élection législative partielle dans le Doubs, pour faire barrage au Front national, est apparue très risquée (cette stratégie étant loin d’être soutenue majoritairement par les sympathisants de l’UMP), Alain Juppé ne semble pas en souffrir dans ce sondage. Par rapport au mois de septembre, les Français sont encore plus nombreux à souhaiter qu’il soit le candidat de l’UMP en 2017 (43%, +3), tout comme les sympathisants de la droite (27%, +2) et surtout les sympathisants de l’UMP (33%, +12).

Incontestablement, le retour de Nicolas Sarkozy est donc pour le moment un échec, mais, bien sûr, rien ne dit qu’il ne réussira pas une nouvelle fois à rebondir dans l’opinion, comme il l’a déjà si souvent fait dans le passé.