L’amour de l’argent est-il vraiment le fléau de notre temps ?

« Il faut de la vertu pour produire de l’argent, mais l’argent n’apporte pas la vertu et ne rachète pas le vice. L’argent ne vous apportera pas ce que vous n’avez pas gagné, sur le plan matériel ou spirituel. »

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Greed credits Erin O'Neal CC BY-NC-SA 2.0

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L’amour de l’argent est-il vraiment le fléau de notre temps ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 5 février 2015
- A +

Par Marius-Joseph Marchetti.

Greed credits Erin O'Neal CC BY-NC-SA 2.0
Greed credits Erin O’Neal CC BY-NC-SA 2.0

 

Avant tout, qu’est-ce que l’argent ? L’argent est la manifestation d’un principe simple : les hommes disposent pour échanger et commercer d’un moyen d’échange dont la valeur intrinsèque est admise (en temps normal et malheureusement plus de nos jours). L’argent n’est qu’un moyen d’échange (monnaie serait dans ce cas plus précis, mais j’ai préféré user du terme « argent » pour que cela concorde avec le reste du texte) qui vous permet de bénéficier du fruit du travail et de l’intelligence d’autrui. Il vous permet ainsi de pouvoir acquérir ce qui a été fait de meilleur par autrui.

Les collectivistes disent souvent que c’est l’amour de l’argent qui est le fléau de notre temps, dans cette pseudo-ère du laissez-faire et du capitalisme et que celui-ci doit être remplacé par l’amour, l’altruisme et la solidarité coercitive. Francisco d’Anconia (un personnage du roman Atlas Shrugged de Ayn Rand) répond à cette fausse vérité de notre temps : « Aimer une chose, c’est la connaître et l’aimer pour ce qu’elle est. Aimer l’argent, c’est accepter et aimer qu’il soit la résultante de ce que vous avez de meilleur en vous, un moyen d’échanger votre travail contre celui des meilleurs d’entre vous[…] Ceux qui aiment l’argent sont prêts à travailler pour en gagner. Ils se savent capables de le mériter. »

Prenons une voiture par exemple. Pensez-vous que celle-ci soit la conséquence de quelques individus quelconques ? Ou imaginez-vous essayer de faire pousser n’importe quel type de céréale sans les connaissances requises ? L’homme ne peut survivre par la seule force et les seuls percepts. Il doit penser et réfléchir. Ainsi donc, qu’est-ce qui crée de la richesse ? La réponse est simple : la richesse est la résultante de la capacité de l’homme à penser.

Le fondement des relations humaines peut avoir deux natures : l’échange de biens ou la souffrance de l’homme condamné à n’être qu’un animal sur l’autel du collectivisme. La supériorité de l’échange rationnel sur l’échange contraint, c’est que celui-ci valorise le meilleur produit, la réalisation la moins complexe et de bonne qualité, et la certitude pour l’homme de la qualité de ce qu’il propose, et de sa compétence.

L’argent n’est qu’un instrument entre les mains de l’homme. L’argent ne peut rien faire d’autre que vous aidez à aller où vous le souhaitez, mais il ne pourra pas choisir une direction. Seule la raison elle-même le peut. Il ne lui donnera pas de but, il ne le guidera pas. L’argent ne lui enseignera pas de quelconque valeur, si l’homme n’a pas pris la peine de s’intéresser à celle-ci.

Un des exemples les plus récurrents cité dans la vie de tous les jours pour montrer la nocivité de l’argent est celui des héritiers des grandes fortunes, et de leurs comportements. Mais il existe deux types de réactions face à l’argent : l’argent peut servir l’héritier qui est digne de le recevoir, ou bien détruire celui qui ne l’est pas. C’est ainsi que certains insinuent que l’argent corrompt. Est-ce véritablement l’argent qui corrompt, ou son mauvais usage qui fait que l’argent lui-même est corrompu par l’héritier ? C’est ainsi qu’il ne faut jamais envier un héritier qui ne vaut rien, pour la simple et bonne raison que l’argent est une énergie qui se met au service de celui qui en est digne. L’argent ne produit qu’un effet, et ne peut se substituer à la nature de l’homme qui le tient entre ses mains.

« Il faut de la vertu pour produire de l’argent, mais l’argent n’apporte pas la vertu et ne rachète pas le vice. L’argent ne vous apportera pas ce que vous n’avez pas gagné, sur le plan matériel ou spirituel. » Francisco d’Anconia

Si les hommes diabolisent les moyens permettant à chacun d’entre eux de survivre, il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils puissent être vertueux. Ils ne respecteront plus aucun code moral, puisque que la prédation et la contrainte généralisée auront été élevées au rang de règles. Les hommes ne peuvent s’attendre à ce que les hommes de raison produisent s’ils condamnent la production. Que ceux-ci ne demandent pas « Qui est en train de détruire le monde ? ». Car ce sont eux. L’argent est fondamentalement bon et seul un autre choix est possible : la souffrance et le fouet. Ou les hommes peuvent choisir d’acquérir ce qu’ils souhaitent en vertu de ce qu’ils apprécient, ou une autorité supérieure choisira pour eux. Il n’y a aucune alternative possible entre la vie et la mort.

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  • Bonjour,

    Je suis d’accord avec vous quand vous dites : L’argent n’est qu’un moyen d’échange. C’est donc un moyen, et non pas une finalité.

    Or, quand vous dites : Les collectivistes disent souvent que c’est l’amour de l’argent qui est le fléau de notre temps ; ce n’est pas la dénonciation de l’argent comme moyen mais comme finalité.

    Quand vous dites : Le fondement des relations humaines peut avoir deux natures : l’échange de biens ou la souffrance de l’homme condamné à n’être qu’un animal sur l’autel du collectivisme.
    Votre réflexion est pertinente, mais l’échange de biens peut se faire par un biais autre que l’argent : troc dont biens contre biens, services contre biens ou biens contre services.
    Encore une fois, « L’argent n’est qu’un instrument entre les mains de l’homme ».

    Par contre, quand l’argent devient une finalité, posséder de l’argent pour posséder de l’argent, au détriment de toute valeur éthique et morale, là est le problème.

    Or, dans notre société, l’argent est présenté, non plus que comme un moyen, mais comme une arme de violence sociale et donc comme une finalité. Et cela, il ne s’agit pas de le dénoncer, mais simplement de rectifier l’argent à sa place : un moyen dont l’homme doit librement disposer pour accéder à l’accomplissement de son idéal de vie.

    • @ Damien :

      Le troc c’est bien joli, mais si l’humanité s’est mise à utiliser l’argent, ce n’est pas pour rien, c’est bien plus pratique et permet une spécialisation du travail plus fine et donc uen amélioration des conditions matérielle de l’humanité.

      « Quand l’argent devient une finalité, là est le problème » => vous voulez dire quand l’aisance matérielle devient une finalité, c’est un problème : vous émettez un jugement moral que vous souhaitez imposer aux autres (jugement moral inspiré de la prabole du jeune homme riche de Jésus Christ).

      C’est surtout un problème pour vous.

      la première réponse est que : si des êtres humains recherchent l’aisance matérielle pour l’aisance matérielle, tant mieux pour eux, ils sont libres de leurs choix et cela ne nous regarde pas tant que les droits fondamentaux sont respectés.

      La seconde est que si vous voulez forcer les gens à faire quelque chose selon vos préceptes moraux (comme l’inquisition, pol pot, hitler, lénine, etc …), c’est le début du n’importe quoi, du chaos et de la dictature.

      « l’argent est une arme de violence sociale » : phraséologie typiquement marxiste vide de sens. Quelle violence ? quel social ? de quoi parlez vous ?

      Rectifier pour vous même et vos amis, et n’employez pas la force pour rectifier les autres. S’ils sont dans l’erreur, ils s’en rendrons compte tout seuls.

      Vous n’êtes pas un être supérieur sachant mieux que les gens ce qui est bon pour eux et chargé de faire leur bonheur malgré eux.

      • Je prends la défense de Damien.

        Il dit « Or, dans notre société, l’argent est présenté, non plus que comme un moyen, mais comme une arme de violence sociale et donc comme une finalité ». Je suis tout à fait d’accord.

        il ne faut pas se tromper sur le diagnostic : ce n’est pas l’homme, grand singe parlant, adepte de l’échange avec ses pairs et la monnaie qu’il utilise pour échanger de mieux en mieux (déflation) mais les instituions inflationnistes dont il s’est dotées comme les banques centrales qui détruisent cette inclination naturelle.

        Nous partageons le même constat. En revanche les libéraux s’en remettent à la liberté comme solution alors que d’autres érigent la violence, l’envie, et le vol comme valeurs suprêmes.

        « Même les citoyens ayant la connaissance, le temps et la chance de protéger leur épargne [de l’inflation] ne peuvent pas éviter les conséquences néfastes de l’inflation car ils doivent adopter des habitudes contraires à la morale et à la vie spirituelle.

        L’inflation les force à consacrer beaucoup plus de temps à penser à leur argent qu’ils n’auraient été obligés de le faire en l’absence d’inflation. ../.. Cela les oblige à être très attentifs à leur argent durant toute leur vie…/.. La perte spirituelle des styles de vie induit par l’inflation est évidente. L’inflation rend la société matérialiste. De plus en plus de gens se concentrent sur les revenus monétaires aux dépens d’autres éléments importants pour une vie personnelle heureuse. »

        J.G. Hullsmann – The ethic of money production – 2007

        • @FRD :

          « Il dit « Or, dans notre société, l’argent est présenté, non plus que comme un moyen, mais comme une arme de violence sociale et donc comme une finalité ». Je suis tout à fait d’accord. »

          Tiens, curieusement, je ne suis pas d’accord.

          Tous les media, journaux, dénoncent l’argent à longueur de journée, pouvez vous me précisez à quel moment notre société présente l’argent comme une finalité ??

          je ne vois pas, désolé.

          A moins que vous confondiez la société avec les gens que vous fréquentez, une petite dizaine, 20 maxi, représentatifs de 70 millions ?

          Vous même, vous n’érigez pas l’argent comme finalité, moi non plus, Damien non plus, il y a plus de 10 millions de bénévoles en France, plus de 20 millions de donateurs, il me semble que les faits démontrent le contraire de vos affirmations.

          Mais c’est tellement plus facile d’utiliser le bouc émissaire immoral pour expliquer ce qui ne va pas dans nos sociétés …

          • Je disais juste que, placé dans un contexte d’inflation monétaire, seuls les comportements immoraux sont encouragés, même si l’on est bourré de vertus. Je suis donc d’accord avec Damien.

            par exemple, les euphories boursières puis les crashs qui s’ensuivent; n’est-ce pas les purs effets de l’inflation monétaire ?

            Pour nous contenter tous le deux (puisque nous somme d’accord sur le constat), le meilleur moyen est de rendre la masse monétaire non manipulable. L’or joue parfaitement ce rôle. Nous assisterons très certainement à moins de comportements immoraux car le but d’une vie ne sera plus de courir après la source de nouvelle monnaie illégalement créée (fiat money) mais après le mérite et la justice.

            • @ FRD :

              tout à fait d’accord avec vous sur tout cela, bien sûr.

              Donner le pouvoir de faux monnayeur à l’état est un trop grand danger, nous en sommes convaincus, et seul l’or (ou peut-être le bitcoin) peut servir de monnaie non manipulable.

            • Les euphories et les crashs résultent des biais humains à évaluer la valeur d’échange future des biens. Je ne vois pas bien le rapport de l’inflation monétaire avec la surévaluation d’un oignon de tulipe, ou avec la préférence des TMT par rapport aux bricks and mortar. En revanche, je suis bien d’accord sur les effets que cela aurait de rendre la masse monétaire non manipulable, mais c’est une utopie naïve : seuls pourraient la rendre non manipulable ceux qui la manipulent aujourd’hui, pour leur plus grand profit personnel !

              • Les marchés monteront de plus en plus hauts et ce grâce aux politiques monétaires expansionnistes.

                L’afflux de nouvelle monnaie faisant gonfler les prix attisent l’intérêt et une grappe massive se forme prête à s’effondrer sous son propre poids.

                Ces phénomène ne seraient pas possibles sans une politique monétaire attisant le chaland. Plus le chaland est conditionné à poursuivre la hausse des prix, plus le risque de krach est grand (exemple : jeudi noir de 1929).

                Quant à l’or, c’est peut être une utopie (n’en faut il pas un peu pour faire avancer la pensée libérale ?), donc pour vous faire plaisir je vais vous dire que la concurrence entre monnaie me satisfait amplement.

              • IL y a une solution: La démocratie directe à la suisse.

            • « dans un contexte d’inflation monétaire, seuls les comportements immoraux sont encouragés »
              Récompensés avec de l’argent volé.

          • Les médias présentent l’argent comme finalité depuis que nous ne sommes plus que des consommateurs et que notre mode d’existence se résume à notre pouvoir d’achat.

            Certes il y a des personnes qui sortent de cette impasse idéologisante mais cela devient de plus en plus marginal

        • sans compter que dire que « l’argent est une arme de violence sociale » est une pure phraséologie marxiste vide de sens.

          Cela ne veut strictement rien dire !!!

          Comme demander si « l’argent peut tout acheter » ?!?!?

          L’argent présenté ainsi est une réification, c’est absurde.

          La vraie question serait plutôt : certains êtres humains sont-ils prêts à tout pour avoir de l’aisance matérielle ?

          Mais cela renvoie au libre arbitre, bien trop génant pour nos bien pensants moralisateurs …

          • Bonjour

            pouvez vous me dire pourquoi une personne millionnaire, qui peut subvenir à tous ses besoins, qui peut développer son business sans aucun soucis, va t-elle à tout prix vouloir devenir milliardaire alors que millionnaire suffit amplement ?

            Je parle de manière abstraite mais comprendre la motivation qui pousserait quelqu’un de suffisamment riche à vouloir devenir encore plus riche réponds à votre question.

            • Justement, ce qui le poussera encore et encore à s’enrichir est le contexte d’inflation généralisée et la hausse des prix perpétuelle qu’elle engendre.

              En régime de concurrence et de marché libre, les prix auront toujours tendance à baisser (on produit plus et mieux avec moins de ressources qu’on libère pour d’autres usages). S’ils ne baissent pas sur le long terme, c’est qu’il y a un problème d’offre : quelqu’un essaye de freiner les mécanismes de concurrence pour son propre profit (un état ou un de ses affidés par exemple ?).

              Donc, vous si vous êtes fortuné et proche du pouvoir qui détient la force suffisante pour causer des situations inflationnistes en tout genre (manipulations monétaires, réglementations, restrictions concurrentielles, etc.) et briser la concurrence qui vous menace dans cette position de force vis-à-vis des consommateurs alors vous êtes en effet destiné à devenir de plus en plus riche.

              Il faut bien comprendre que la concurrence est justement ce qui empêche les situations de rentes et de monopoles. Seule le mérite compte à la fin et « être riche veut simplement dire que j’ai plus servi les autres que les autres ne m’ont servi. » (commentaire ci-dessous).

              • Corollaire de « être riche veut simplement dire que j’ai plus servi les autres que les autres ne m’ont servi. » :

                Etre pauvre veut simplement dire que j’ai moins servi les autres que les autres ne m’ont servi.

                Donc, être pauvre vient du fait qu’on m’a empêché de servir les autres. Les restrictions concurrentielles prennent tout leur sens ici : le SMIC par exemple empêchent un grand nombre de gens d’espérer un jour servir un peu la société, ou le salaire d’un fonctionnaire qui est issu d’un impôt qu’on a forcément prélevé à quelqu’un qui a produit ou qui produira (dette) et ainsi de suite…

    • « Par contre, quand l’argent devient une finalité, posséder de l’argent pour posséder de l’argent, au détriment de toute valeur éthique et morale, là est le problème. »

      Non.
      Le problème est la violence.
      L’argent gagné honnêtement, sans contrainte ni mensonge, ne peut pas être un problème.

      • Bonjour

        Quand je dis au détriment de toute valeur morale ou éthique cela sous-entends malhonnêtement.

        Évidement je n’ai rien contre l’argent gagné honnêtement

  • Passage de « ATLAS SHRUGGED » de Ayn Rand

  • Si la population avait un peu plus de connaissances economiques, l’argent ne serait pas diabolise comme il l’est.
    Dans un systeme ou je ne peux gagner de l’argent qu’en convaincant quelqu’un d’autre d’echanger avec moi (donc sans contrainte, violence…), etre riche veut simplement dire que j’ai plus servi les autres que les autres ne m’ont servi.

  • “I have never understood why it is « greed » to want to keep the money you have earned but not greed to want to take somebody else’s money.”

    ― Thomas Sowell, Barbarians inside the Gates and Other Controversial Essays

  • « Il faut de la vertu pour produire de l’argent »
    Vraiment ? La cupidité doit donc être classée dans les vertus ! Les riches producteurs de cotons du Sud des Etats-Unis avaient d’autres vertus que celle d’exploiter des esclaves ?

    « la richesse est la résultante de la capacité de l’homme à penser. »
    Il faut donc comprendre que Le penseur de Rodin incarne un homme riche !?!

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