L’amour de l’argent est-il vraiment le fléau de notre temps ?

« Il faut de la vertu pour produire de l’argent, mais l’argent n’apporte pas la vertu et ne rachète pas le vice. L’argent ne vous apportera pas ce que vous n’avez pas gagné, sur le plan matériel ou spirituel. »

Par Marius-Joseph Marchetti.

Greed credits Erin O'Neal CC BY-NC-SA 2.0
Greed credits Erin O’Neal CC BY-NC-SA 2.0

 

Avant tout, qu’est-ce que l’argent ? L’argent est la manifestation d’un principe simple : les hommes disposent pour échanger et commercer d’un moyen d’échange dont la valeur intrinsèque est admise (en temps normal et malheureusement plus de nos jours). L’argent n’est qu’un moyen d’échange (monnaie serait dans ce cas plus précis, mais j’ai préféré user du terme « argent » pour que cela concorde avec le reste du texte) qui vous permet de bénéficier du fruit du travail et de l’intelligence d’autrui. Il vous permet ainsi de pouvoir acquérir ce qui a été fait de meilleur par autrui.

Les collectivistes disent souvent que c’est l’amour de l’argent qui est le fléau de notre temps, dans cette pseudo-ère du laissez-faire et du capitalisme et que celui-ci doit être remplacé par l’amour, l’altruisme et la solidarité coercitive. Francisco d’Anconia (un personnage du roman Atlas Shrugged de Ayn Rand) répond à cette fausse vérité de notre temps : « Aimer une chose, c’est la connaître et l’aimer pour ce qu’elle est. Aimer l’argent, c’est accepter et aimer qu’il soit la résultante de ce que vous avez de meilleur en vous, un moyen d’échanger votre travail contre celui des meilleurs d’entre vous[…] Ceux qui aiment l’argent sont prêts à travailler pour en gagner. Ils se savent capables de le mériter. »

Prenons une voiture par exemple. Pensez-vous que celle-ci soit la conséquence de quelques individus quelconques ? Ou imaginez-vous essayer de faire pousser n’importe quel type de céréale sans les connaissances requises ? L’homme ne peut survivre par la seule force et les seuls percepts. Il doit penser et réfléchir. Ainsi donc, qu’est-ce qui crée de la richesse ? La réponse est simple : la richesse est la résultante de la capacité de l’homme à penser.

Le fondement des relations humaines peut avoir deux natures : l’échange de biens ou la souffrance de l’homme condamné à n’être qu’un animal sur l’autel du collectivisme. La supériorité de l’échange rationnel sur l’échange contraint, c’est que celui-ci valorise le meilleur produit, la réalisation la moins complexe et de bonne qualité, et la certitude pour l’homme de la qualité de ce qu’il propose, et de sa compétence.

L’argent n’est qu’un instrument entre les mains de l’homme. L’argent ne peut rien faire d’autre que vous aidez à aller où vous le souhaitez, mais il ne pourra pas choisir une direction. Seule la raison elle-même le peut. Il ne lui donnera pas de but, il ne le guidera pas. L’argent ne lui enseignera pas de quelconque valeur, si l’homme n’a pas pris la peine de s’intéresser à celle-ci.

Un des exemples les plus récurrents cité dans la vie de tous les jours pour montrer la nocivité de l’argent est celui des héritiers des grandes fortunes, et de leurs comportements. Mais il existe deux types de réactions face à l’argent : l’argent peut servir l’héritier qui est digne de le recevoir, ou bien détruire celui qui ne l’est pas. C’est ainsi que certains insinuent que l’argent corrompt. Est-ce véritablement l’argent qui corrompt, ou son mauvais usage qui fait que l’argent lui-même est corrompu par l’héritier ? C’est ainsi qu’il ne faut jamais envier un héritier qui ne vaut rien, pour la simple et bonne raison que l’argent est une énergie qui se met au service de celui qui en est digne. L’argent ne produit qu’un effet, et ne peut se substituer à la nature de l’homme qui le tient entre ses mains.

« Il faut de la vertu pour produire de l’argent, mais l’argent n’apporte pas la vertu et ne rachète pas le vice. L’argent ne vous apportera pas ce que vous n’avez pas gagné, sur le plan matériel ou spirituel. » Francisco d’Anconia

Si les hommes diabolisent les moyens permettant à chacun d’entre eux de survivre, il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils puissent être vertueux. Ils ne respecteront plus aucun code moral, puisque que la prédation et la contrainte généralisée auront été élevées au rang de règles. Les hommes ne peuvent s’attendre à ce que les hommes de raison produisent s’ils condamnent la production. Que ceux-ci ne demandent pas « Qui est en train de détruire le monde ? ». Car ce sont eux. L’argent est fondamentalement bon et seul un autre choix est possible : la souffrance et le fouet. Ou les hommes peuvent choisir d’acquérir ce qu’ils souhaitent en vertu de ce qu’ils apprécient, ou une autorité supérieure choisira pour eux. Il n’y a aucune alternative possible entre la vie et la mort.