Pétrolières intégrées : quel départ !

La publication des résultats de certaines grandes compagnies pétrolières n’a pas eu les effets escomptés…

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Pétrolières intégrées : quel départ !

Publié le 31 janvier 2015
- A +

Le 29 janvier, RD Shell, OMV et ConocoPhillips furent les premières intégrées à publier soit leurs résultats, soit leur Trading Statement. Quel départ ! La publication de RD Shell notamment a entraîné une chute du cours de bourse du groupe anglo-néerlandais de près de -5%… Après Chevron le 31 janvier, focus la semaine prochaine sur ExxonMobil et BP.

Par Aymeric de Villaret.

pétrole credits Mark Rain (licence creative commons)

Réduction drastiques des dépenses d’investissements avec Conoco coupant à nouveau de près de -20% après -20% déjà en décembre ! Couper et recouper…

Mauvais départ pour RD Shell qui inaugurait la saison des résultats des pétrolières intégrées

Alors que les marchés « savaient » que la chute des cours du baril impliquerait des décisions difficiles, force est de constater que les premières annonces lors de la publication de résultats au titre du T4 2014 l’ont confirmé :

Royal Dutch Shell, première major occidentale à publier, a vu son cours de Bourse chuter le 29 janvier de près de -5%. OMV lui reculait de -2,3% :

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Royal Dutch Shell

Gel du dividende (en $/action), réduction des dépenses d’investissements et résultat inférieur aux attentes :

Face à tant de faits, on comprend mieux pourquoi les marchés ont particulièrement mal réagi à la publication du major anglo-néerlandais. Un gel du dividende au T1 2015 pour un groupe qui l’avait monté au T1 2014 est un message de prudence et à mettre dans le contexte où les majors sont considérés comme des valeurs de rendement.

En outre son taux de remplacement des réserves1 a été particulièrement décevant, puisque de seulement 50% ! En 2014, RD Shell n’a remplacé que la moitié de sa production !

Quant aux dépenses d’investissements, elles seront en 2015 même inférieures de moins 15% par rapport aux anticipations initiales :

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Difficile de prévoir le « timing » du rebond du baril, s’adapter, ne pas sur réagir

av3

Telle pourrait être la synthèse du message délivré par RD Shell. En effet, le groupe est persuadé que les prix vont rebondir et ne sachant pas quand se doit de réagir à court terme avec des baisses d’investissements.

Mais met en garde car (et l’histoire est là pour nous le rappeler) tout sous-investissement amplifie le risque de forte hausse des cours du baril !!!

Adaptation aux marchés : restructurations, chute des dépenses d’investissements

av4

À l’occasion de son « Trading Statement », le groupe autrichien, dont la taille est sans aucune mesure avec celle de RD Shell, a annoncé des décisions drastiques pour s’adapter aux marchés 1) au niveau des restructurations notamment sur sa filiale de distribution de produits pétroliers en Turquie, 2) et au niveau des investissements puisque de dépenses annuelles moyennes de 3,9 Mds € jusqu’en 2016, il passera à une moyenne de 2,5 à 3 Mds sur 2015-2017.

« Alors que le T4 a été difficile, 2015 sera encore plus dur » Tel est le message du PDG.
Les résultats seront publiés le 19 février et nous connaîtrons alors le dividende du groupe.

Conoco-Phillips

Priorité au dividende, nouvelle réduction des dépenses d’investissements :

ConocoPhillips ayant été le premier à réduire ses investissements, les résultats du T4 n ont fait que confirmer la stratégie du pétrolier américain très « focus » retour à l’actionnaire.

Ainsi alors qu’il avait revu de -20% ses Capex pour 2015, c’est de 2 Mds $ qu’il les réduit de nouveau :

av5

Poursuite des publications : dès le 30, Chevron, semaine prochaine ExxonMobil et BP

Après le 30 janvier Chevron, nous continuerons à regarder l’adaptation au nouvel ordre économique pétrolier actuel avec notamment semaine prochaine respectivement le 2 février le n°1 mondial ExxonMobil, et le 3 BP.

Total publiera le 12 février et fera un point sur les perspectives.

Conclusion

La saison des résultats est un moment idéal pour étudier l’impact sur les sociétés de la chute des cours du baril, les vues de celles-ci sur le futur et les mesures prises pour y faire face.
RD Shell et OMV ont tous les deux annoncé des mesures de restructurations et prévoient une année difficile.

Maintenir la neutralité du cash-flow est primordial.

Cela s’est accompagné d’un gel du dividende pour RD Shell, ce qui a pu décevoir.
ConocoPhillips avait déjà annoncé des baisses d’investissements et accentue les coupures…
Qu’en sera-t-il pour les suivants ? La poursuite de la « reporting season » sera intéressante.
Nous avions posé cette question dans un article précédent : Confiance dans l’avenir, dans un rebond du baril ou/et prudence avec des mesures drastiques ?

Constatons que RD Shell croit au rebond du baril mais que ne sachant pas quand… Il prend une politique de prudence avec des mesures drastiques ! De même favorisant le retour à l’actionnaire, ConocoPhillips n’attend pas et sabre dans les dépenses.

  1. Rappelons que le taux de remplacement des réserves est le volume d’hydrocarbures (pétrole +gaz) mis dans les livres (booké) soit le volume trouvé l’année n, divisé par la production de cette même année n.
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  • en france , on ne profitte pas vraiment de la baisse du pétrole vu que le gouvernement a augmenté les taxes sur le pétrole ; j’ai pu constater hier une légère augmentation de celui ci ;

  • Hier, nouvelles annonces de réductions d’investissements avec :
    1) Patrick Pouyanné, nouveau Directeur Général de Total, annonçant dans une interview au Monde une réduction de 30% des dépenses d’Exploration
    2) l’américain Chevron annonçant une réduction de 20 % de ses investissements dans le GNL (Gaz Natuel Liquéfié) à 8 Mds $
    Oui, les Capex diminuent et ce n’est pas fini !
    ExxonMobil et BP publient leurs résultats semaine prochaine et Total le 12 février

  • Une fois actée la réduction ou la disparition des productions non rentables au prix de 40 euros le baril (objectif en voie d’être atteint), il ne serait pas surprenant que l’AS annonce bientôt une hausse de sa production pour répondre à la demande supplémentaire qui lui sera directement adressée. A partir de là, les prix pourront se stabiliser dans une aire de variation compatible avec les contraintes des producteurs survivants.

  • Les commentaires sont fermés.

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