Quand les pays pétroliers de l’OPEP jouent avec l’inflation

L’OPEP a dit non à l’augmentation de la production du pétrole, et elle a dit non à l’Occident.

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Quand les pays pétroliers de l’OPEP jouent avec l’inflation

Publié le 14 octobre 2022
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L’OPEP a dit non. Une décision qui nous coûte cher, mais qui nous éclaire. Nous avons enfin la réponse à la question métaphysique des Banques centrales : pourquoi l’inflation reste si élevée si longtemps ?…

Parce que l’offre traine les pieds, depuis le début.

L’OPEP a dit non, deux fois en vérité. Elle a dit non à l’augmentation de la production du pétrole, et elle a dit non à l’Occident. Deux mauvaises nouvelles qui sont autant de blessures narcissiques, et font craindre un genre de biafra énergétique européen (Aragon préfaçant Kundera, parlera de biafra culturel tchèque suite à la purge russe post-printemps de Prague).

Nous voilà donc fort marris, amers aigris, bref, abrutis par le choc. Nous réalisons le besoin cruel de ce qui nous manque : de l’énergie et de l’influence. De l’énergie pour faire fonctionner nos entreprises et réduire la facture. Et de l’influence pour convaincre nos fournisseurs de nous fournir l’énergie suffisante. L’OPEP a dit non aux deux. Il n’y a rien à dire de plus. Tout a déjà été dit il y a près de 50 ans maintenant, durant l’épisode des 7 sœurs (Anthony Sampson, 1976, « Les Sept Sœurs »), un épisode plus connu sous le nom de choc pétrolier.

Passons donc à autre chose. Car il y a un bon côté des choses.

 

L’OPEP lève un coin du voile…

En effet, la réponse de l’OPEP lève un coin du voile sur un point qui agace pas mal : l’inflation. Pourquoi l’inflation est-elle si élevée ? Si longtemps ? Pourquoi l’inflation n’a-t-elle pas fait ce qu’on attendait d’elle ? Pourquoi les Banques centrales se sont-elles plantées à ce point ? Pourquoi n’avons-nous pas écouté ceux qui avaient tout vu avant les autres ?

Pour répondre à toutes ces questions, nous n’en poserons qu’une.

À qui profite le crime ?

Si les banquiers centraux s’étaient posé cette question dès le départ, probablement n’auraient-ils jamais employé l’expression d’inflation transitoire. Une expression qui les poursuivra longtemps, tant l’inflation déjouera tous leurs pronostics.

Alors, les banquiers centraux, incompétents ? Pas vraiment. Naïfs ? Manifestement.

En effet, suite au déconfinement les banquiers centraux anticipaient que la demande survoltée n’allait pas rester en pénurie trop longtemps, parce que l’offre mettrait les bouchées doubles pour s’ajuster. Dans ce scénario, l’inflation devait donc d’abord s’envoler puis revenir à quai. Car si la pénurie n’est plus, alors ce qui n’est plus rare n’est plus cher, et l’inflation n’est plus non plus. « Aussitôt disparu ; qui vous dit que je fus ? », Jean Tardieu.

Mais on connait la suite. L’offre ne s’est jamais ajustée à la demande. La demande n’a jamais eu ce qu’elle attendait de l’offre. L’offre est restée, reste encore, invariablement insuffisante. Ainsi dure la pénurie. Conséquence : l’inflation reste donc en transit, et le transit coûte de plus en plus cher : 10 % de hausse des prix sur les 12 derniers mois.

Mais pourquoi donc l’offre a-t-elle failli, et faillit-elle encore, à s’ajuster à la demande ?

Peut-être la demande est-elle trop gourmande ? Ce fut (ce n’est plus peut-être) la thèse de bien des penseurs. Ils furent d’ailleurs très convaincants avec leurs calculs de coins de table démontrant que les folles dépenses de soutien se termineraient en eau de boudin : surchauffe des économies. On parla même de PIB qui deviendrait supérieur de 5 % à 10 % par rapport au PIB potentiel, de quoi faire partir l’inflation en orbite… Les PIB n’ont jamais surchauffé. À peine ont-ils rattrapé le temps perdu dans la plupart des pays, même aux États-Unis. Le problème ne vient donc pas d’une demande exubérante. Et les chèques Biden alors ? Juste un peu de beurre dans les épinards.

« Mais si ce n’est pas la demande, ca ne peut pas être l’offre non plus qui est la cause de l’inflation ! », récusèrent les réchauffistes. Il est vrai qu’ils n’ont pas tort, mais ce n’est pas pour autant qu’ils ont raison. Ils n’ont pas tort car la théorie économique est subtile, parfois. Ainsi lorsque se produit un choc d’offre (négatif) sur certains biens, alors leurs prix augmentent, mais les prix des autres biens baissent ! En effet, le consommateur arbitre, et s’il accepte de payer plus cher les biens plus rares, c’est qu’il exige de payer moins cher les biens moins rares. À la fin, on dit alors que le prix moyen des biens ne bouge pas ou peu, puisque les prix qui montent sont compensés par les prix qui baissent. Le choc d’offre n’a pas un impact sur les prix, mais sur les prix relatifs. Pas d’inflation donc.

Sauf qu’en pratique, ce n’est pas comme dans le manuel.

En effet, la pénurie observée concerne les biens dont on a bien du mal à se passer : pétrole, gaz… D’où une certaine tendance à payer le prix qu’il faut pour en avoir. Par contre, il y a davantage d’inertie pour les autres biens, comme si les entreprises manifestaient une certaine capacité à limiter les baisses de prix des biens dont les gens veulent moins. Si bien que les prix de ces biens ne baissent pas ou peu finalement. Des prix de certains biens qui montent beaucoup, mais pas de baisses de prix sur d’autres bien pour compenser, et l’inflation peut galoper.

Résumons.

Le problème ne vient donc pas de la demande exaltée, mais d’une offre atrophiée. Mais pourquoi l’offre est-elle si faible ? Depuis si longtemps ? On nous explique qu’il ne suffit pas de rallumer la lumière pour qu’une entreprise se remette à fonctionner comme au bon vieux temps. Passé un temps certain à confiner, il faut ensuite passer un certain temps à déconfiner, avant de retrouver le rythme d’antan. Ça tient la route. Mais on a eu quelques doutes. Notamment les banquiers centraux, qui relèvent régulièrement à quel point ils étaient déçus par l’offre, cette dernière échouant systématiquement à retrouver un niveau décent mais suffisant pour répondre à la demande.

 

À qui profite le crime ?

Alors, à qui profite le crime ? Quel mobile ? Si l’offre n’est pas au rendez -vous, c’est soit parce qu’elle a un empêchement, soit parce qu’elle ne désire pas y être. Nous avons tenté de montrer que la thèse de l’empêchement technique ne tenait pas la route. C’est donc la thèse de l’offre « malicieuse » qui doit être retenue. Si l’offre est apathique c’est parce qu’elle le veut bien, et si elle le veut bien, c’est peut-être parce qu’elle y trouve un quelconque intérêt : la rente, par exemple. Ainsi donc, l’offre choisit de trainer la patte. Des preuves ? Pas de preuve, juste des indices, un indice : la décision de l’OPEP.

On ne dira pas que l’OPEP est la (seule) cause de l’inflation galopante dans le monde. Mais peut-être peut-on avancer que l’offre n’a vraisemblablement pas redoublé d’effort pour répondre aux besoins de la demande. Pourquoi l’aurait-elle fait ?

Voir les commentaires (8)

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  • Comme je vieillis, j’ai la mémoire qui flanche…. et je ne me rappelle plus quel est le pays qui a les plus grandes réserves de pétrole ? https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_réserves_de_pétrole_prouvées. Bon la France ce n’est pas que l’hexagone, heu la Guyane c’est où ? Ah ben oui à coté du Venezuela…. et nous partageons le même plateau continental…. Alors suivant le slogan « En France on n’a pas de pétrole, mais on a des idées »… on pourrait aller voir ce qu’il y a en dessous ? c’est une idée . Ben non, seule une compagnie étrangère tente d’exploiter ce gisement.. et « total energie » n’a qu’un permis de prospection arraché avec des restrictions….. Pour le lithium, il semble qu’on en a….. mais ?? idem pour l’or en Guyane, seuls des prospecteurs illégaux essayent de s’enrichir. La France s’interdit d’exploiter ses richesses, les écolos qui sont au pouvoir depuis plus longtemps qu’on pense, nous interdisent tout développement et souveraineté en matière de ressources. C’est dramatique ! Alors l’opep a beau jeu dans la guerre économique mondiale, que nos dirigeants ne veulent pas voir.

  • Il n’y a pas que l’offre et la demande dans la vie. Il y a d’abord tous les petits caporaux qui parviennent à empêcher que l’offre et la demande se rencontrent sereinement.

  • L’OPEP n’a aucune raison désormais de faire plaisir à l’Occident qui veut éradiquer l’or noir : en 2035 ( dans moins de 15 ans) interdiction de vendre des véhicules thermiques et création de ZFE. Donc autant engranger un maximum.

  • l’oppep est en situation de quasi monopole.. en tous les cas dicte le prix, par conséquent on peut aussi bien dire que l’offre auparavant était TROP généreuse..

    non on « peut se passer de pétrole justement.

    Par ailleurs on se demande pourquoi l’opep se gênerait car SI Je crois ce que disent les politiques; ses jours de rente sont sont comptés.. Il faudrait qu’on arrête de se mentir e vrai mal est à venir.. on dépense moins pour chercher des fossiles!!

    c’est bien une rente..donc..c’est l’explosion de l’opep qui met fin à la fin de la rente de l’opep..

    • l’issue éventuelle est la fin de l’opep..quand le prix aura baissé.. pour que des membres n’y trouvent plus leur compte..sinon quoi la force comme pour mettre fin à une entente ???

  • Apparemment tous les pays producteurs s’entendent avec Poutine, l’empire Américain serait il en danger

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