Les derniers jours de Rome, Michel De Jaeghere

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Les derniers jours, par Michel de Jaeghere (Crédits Les Belles Lettres, tous droits réservés)

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Les derniers jours de Rome, Michel De Jaeghere

Publié le 4 janvier 2015
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Par Jean-Baptiste Noé.

Les derniers jours, par Michel de Jaeghere (Crédits Les Belles Lettres, tous droits réservés)Attention, livre solide. Fruit de quinze ans de recherches et de réflexions, de multiples années d’enquête, pour répondre à son tour à cette question qui heurte la conscience européenne depuis quinze siècles : pourquoi l’Empire romain est-il tombé ?

Depuis quelques années, les historiens se sont efforcés de montrer que cette chute n’avait nullement été douloureuse. Les barbares avaient presque été invités dans l’Empire, les structures politiques et sociales étaient demeurées, la transition fut douce. Nous étions alors passés quasiment sans heurts de l’Empire aux royaumes barbares.

Michel De Jaeghere a une autre approche de cet événement. Il montre comment les contemporains ont vécu les invasions : des guerres, des destructions, des meurtres et des régressions ; les textes ne manquent pas. Certes, il faut savoir les interpréter. Certes, il y a des figures stylistiques imposées dans la description des embarras de Rome et de la chute de l’Empire, mais la chute eut bien lieu.

Ces derniers jours que l’auteur analyse couvrent en fait près de deux siècles et commencent dès la fin de la dynastie des Antonins (IIIe siècle). La chute de Rome n’a pas une cause unique, elle s’inscrit dans une multitude de faisceaux, que l’auteur étudie dans son ensemble : pression fiscale de plus en plus forte, troubles politiques, anarchie et guerres civiles, perte démographique avec un refus de l’enfant de plus en plus manifeste, oubli de soi et de ce qu’est la romanité. Les Romains n’ont pas disparu à cause de l’arrivée du christianisme ou bien de la rencontre avec l’Orient mais parce qu’ils n’ont plus eu ni la force ni la volonté de continuer leur aventure. Cette civilisation, finalement trop étroite pour un espace géographique si immense, n’a pas voulu continuer à vivre.

Le livre de Michel De Jaeghere est imposant par sa taille et son volume mais il se lit très facilement. Il est écrit dans une belle langue et, si les références sont nombreuses, elles ne sont jamais fastidieuses ni inutiles. La table des matières permet de se repérer aisément dans l’ouvrage et dans la démonstration et de suivre ainsi au plus près les évolutions de l’Empire et la démonstration de l’auteur. Les étudiants en histoire auront grand intérêt à le lire car ce livre est tout à la fois une somme et probablement un classique. Son auteur n’étant pas universitaire, l’ouvrage n’aura probablement pas droit de cité à l’université. Il n’empêche qu’il est un des meilleurs livres de ces dernières décennies écrits sur le sujet.


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À lire aussi : Rome, du libéralisme au socialisme

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  • L’année commence à peine que voilà déjà un énorme pavé à lire … Je ne m’en sortirai jamais !

    Il faut dire que la période est passionnante en tous points. J’ai cependant des doutes préalables à cette lecture. L’analyse contemporaine d’un Empire Romain transformé de l’intérieur me parait tout de même trop documentée pour vaciller du fait du livre d’un « amateur ». Ceci sans condescendance aucune mais Michel de Jaeghere a bien trop d’occupations dans la vie pour prétendre avoir plus étudié cette question complexe qu’un spécialiste universitaire qui le fait à plein temps depuis des dizaines d’années. Sans doute faut-il se méfier un peu des universitaires et de leurs égos surdimensionnés mais quid des sous-entendus de politique contemporaine du directeur de la rédaction du Figaro Histoire ?

  • « La disparition de l empire d Occident n en fut pas moins le résultat d une submersion violente du territoire romain par des populations qui désiraient jouir de ses richesses sans adopter ses disciplines »
    Dixit le commentaire d’Amazon.. 🙂

  • certains scientifiques mettent en avant l’éruption du krakatoa le 20 février 535 qui a précédé un changement climatique catastrophique pour expliquer la fin de l’empire Romain d’occident.

    • En 535 ? 60 ans après la déposition du dernier empereur d’occident ?

    • apparemment, on ne sait même pas si l’explosion du krakatoa eu lieu en 420 ou en 535, alors merci pour la précision du 20 février …
      il pourrait s’agir aussi de l’explosion du volcan de rabaul… quand aux modifications climatiques, il n’y a guère de preuves concrètes : le fait que les chênes est poussé moins vite en irlande peut provenir d’une année anormalement froide, mais aussi anormalement sèche, donc plutot chaude ? il faut toujours se méfier des climatocentristes … au 14ième siècle, la fameuse décennie humide entraine plusieurs millions de mort en europe, sans qu’elle ai de cause volcanique prouvée, et ne provoque pas de crise civilisationnelle .

  • hazère-tyuillope
    5 janvier 2015 at 2 h 40 min

    Acheté cet automne, se lit comme un roman d’ aventures . L’ histoire des deux derniers siècles est très confuse et touffue, à lire avec attention, avec une nuée de personnages qui apparaissent, disparaissent, réapparaissent, avec des noms parfois proches, mais passionnant ! Surprenant de voir que ce qui anime les hommes n’ a pas tellement changé en somme depuis 2000 ans , et que les problématiques civilisationnelles, politiques, morales, sociales, fiscales ressemblaient déjà fortement à l’ époque à ce qu’ elles sont aujourd’ hui. Pas étonnant qu’ il y ait une forme de révisionnisme à ce sujet là aussi, il ne faudrait pas que les gens fassent des parallèles déplacés avec la situation de l’ Europe de 2015 n’ est-ce pas…. La réalité des faits est bien documentée: effondrement démographique ( 20000 habitants à Rome au lieu d’ 1 200 000 à l’ apogée), abandon généralisé des routes des villes et des monuments, pillages et destructions répétés amenant à construire des remparts autour de villes qui étaient restées ouvertes pendant des siècles, quasi disparition du commerce notamment maritime, effondrement des surfaces cultivées, éclatement ethnique et linguistique, dégénérescence artistique , littéraire, philosophique, et j’ en passe, il faut une volonté bien arrêtée de minimiser les choses pour présenter ça comme une transition  » en douceur  » Comme dit Synge, il faut se méfier des universitaires, pas de leur ego mais de leur orientation politique peut-être…

  • la caste des improductifs qui sortent des hautes écoles, et qui s’arrogent tous les pouvoirs, n’arrête pas de grossir; c’est les premiers responsables du désastre qui nous attend.

  • ce qui nous arrive ressemble a une fin de civilisation

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