« C’est pas cher, c’est l’Europe qui paie ! »

L’argent « gratuit » des subventions est probablement celui qui vous coûte le plus cher. Illustration imagée à Trifouilly.

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« C’est pas cher, c’est l’Europe qui paie ! »

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 3 janvier 2015
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Par Vincent Bénard.

Free Lunch gratuité (crédits sea turtle, licence Creative Commons)Vous ne connaissez certainement pas ce patelin de 350 âmes situé à 30 km au nord d’une capitale départementale d’un département plutôt rural, grand hameau que j’appellerai Trifouilly pour respecter l’anonymat dans lequel son absence total d’intérêt économique, visuel ou touristique le plonge fort justement. Trifouilly n’a pour seul intérêt que son calme, juste perturbé par le chant matinal du coq, et le ballet des écureuils sur les arbres des jardins. Situé au cœur d’une nébuleuse de petits patelins tout aussi ruraux et de typologies à peu près semblables, le village ne compte aucune vieille rue de charme, une église bien trop modeste pour pouvoir être consacrée par une étoile au guide vert Michelin, et pour tout commerce, un unique café dont les horaires d’ouverture restent pour moi un mystère, bien que je m’y rende régulièrement, car un membre de ma famille y réside. Et justement, cette année, le réveillon du nouvel an se passait là bas.

Le seul début de commencement d’attraction de Trifouilly est un vague reste des tours d’un castillon ayant appartenu à Gilles de Retz, plus connu sous le sobriquet de Barbe Bleue. Oh, n’imaginez pas de grand donjon, ce sont  juste deux cylindres de pierre de deux étages en pierre du pays, reliés par un corps de bâtiment XIXème sans âme ni sculpture, ensemble qui abrite la mairie, et la bibliothèque municipale.

Et qui dit castillon dit douves en fort mauvais état, qu’il faudrait bien restaurer. Et voici que la proche parente hôtesse dudit réveillon, qui fut membre du conseil municipal de Trifouilly, entreprit de nous raconter, pendant le repas, la restauration des douves triffouillanes (car les habitants de Trifouilly sont des trifouillans), péripéties survenues il y a peu, que je m’en vais tenter de résumer maintenant.

« Nous étions fort ennuyés, nous dit notre aïeule, car le prix de rénovation des douves excédait nos capacités, avec notre maigre budget. Mais notre maire, qui était un malin, a vu que s’il faisait réaliser les travaux par un chantier d’insertion, alors notre Conseil Général pouvait nous en financer la moitié. » Intéressant, mais pas tant que ça, parce qu’un chantier d’insertion, en fait, coûte deux fois plus cher qu’un chantier ordinaire : les jeunes en insertion sont plus lents et il doit y avoir en permanence un encadrant qualifié sur le chantier si on veut que ce soit bien fait. Bref, il fallait aussi trouver une subvention pour l’autre moitié.

Fort heureusement, c’est là qu’intervint un membre de l’équipe municipale, fonctionnaire au Conseil régional, qui nous apprit qu’il pouvait nous pistonner auprès du directeur des services dudit Conseil régional pour obtenir des fonds structurels européens nous permettant de compléter notre tour de table.

« Des fonds européens ? N’est-ce pas réservé aux grands projets de développement ? », se demandèrent, incrédules, les autres membres du conseil municipal !

« Que nenni, gents collègues et gentes acolytes, en fait, le Conseil régional, chaque année, ne sait pas dans quoi mettre une partie des fonds européens dont il a la charge, et donc, si on tourne bien la chose, et si je vous obtiens une audience auprès du directeur régional pour vendre la came, ça passera, à coup sûr, car il doit impérativement dépenser toute sa dotation ! » (et il n’ajouta pas « même dans des conneries sans rapport avec l’objet des fonds européens s’il le faut », mais tout le monde avait compris).

Il y avait bien un grincheux qui fit remarquer que tout de même, il s’agissait d’un détournement de l’esprit des fonds européens, qu’il doutait qu’un Conseil régional sensé accorde à Trifouilly une subvention pour un aménagement d’intérêt visiblement purement local, qui ne génèrerait à l’évidence ni tourisme (parce que bon, la mairie de Trifouilly, cela n’attire guère l’autobus plein de touristes japonais), ni retombées économiques. « Mais non, répondit le spécialiste local ès roublardises administratives, il suffit de le présenter comme un projet à portée culturelle et patrimoniale ! D’ailleurs, regardez le guide des subventions de la région, il y a une catégorie qui correspond ! »

Et le maire, fin communicant, capable de vendre une rénovation de douve pourrie comme la pierre angulaire de la préservation du patrimoine historique européen, obtint le précieux rendez-vous avec le haut gradé du Conseil régional, qui fut ravi de pouvoir larguer deux petites dizaines de milliers d’euros dans une opération de rénovation culturellement remarquable. Précisons que l’inauguration de ce mur de maçonnerie en moellons typiques du pays Trifouillan ne mobilisa pas moins de deux vice-présidents de conseils, l’un général, l’autre régional, ainsi que le conseiller général du canton, le député du coin, qui y voyait l’occasion de soigner son image, un architecte des bâtiments de France qui voulait prendre l’air, et bien sûr, le conseil municipal au grand complet, le tout avec photo dans La Nouvelle République, bien sûr.

Et c’est ainsi que Trifouilly paya deux fois plus cher que la normale la rénovation d’un fossé consolidé par un petit mur de soutènement. Mais tous les élus de la commune insistèrent sur le fait que « ce n’était pas cher pour le contribuable trifouillan, puisque c’étaient le département et l’Europe qui avaient tout payé ». »

contrepoints 057 fonds européensToujours soucieux de mettre un peu d’ambiance dans les repas familiaux, je fis remarquer à mon aïeule que « pendant que le contribuable trifouillan croyait faire une bonne affaire, des milliers de douves, de placettes, voire même de lavoirs, étaient rénovés, dans ce département et tout le pays, par des sous qui venaient bien de quelque part, et que l’un dans l’autre, ce que le contribuable trifouillan n’avait pas mis à Trifouilly, il l’avait sûrement mis dans la salle des fêtes presque toujours vide du village voisin de Chabournac, voire peut être la halle aux grains de Sainte-Bécassine, à l’autre bout du département, et dans des dizaines d’opérations financées sur fonds européens d’un bout à l’autre du pays, de Hazebrouck à Rognonasse, en passant par Romorantin et en revenant de Nantes à Montaigu pour financer la digue… Bref, derrière tout lavoir pouvait se cacher un lavoir fiscal ! ». Ce modeste calembour suscita quelques rires autour de la table, déclenchement zygomatique facilité il est vrai par l’avancement de l’heure et des libations qui accompagnent tout bon réveillon.

Et pour enfoncer le clou, j’ajoutais plus ou moins difficilement, entre deux gorgées, que « si à chaque fois, les projets coûtent deux fois plus cher que la normale pour rentrer dans les critères du financeur, c’est toute la société qui se retrouve, de fait, pénalisée ».

« Ah oui, c’est vrai », me répondit notre conteuse d’un soir, à peine perturbée par cette tentative d’analyse économique distillée, c’est le cas de le dire, vers 23h58. « Mais ce n’est pas grave, hein ? Ressers moi encore une coupe de champagne, ça ne va pas nous empêcher d’en profiter, pas vrai ? »

Pour sûr. Et nous nous sommes souhaités une bonne année au son du cristal qui s’entrechoque, une année pleine de projets d’intérêt général bien subventionnés.


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  • Très vrai. Je m’étais esclaffé jaune il y a quelques années devant la pancarte de mon Trifouville-le-Seigneur à moi, annonçant fièrement « La restauration de la tour Sainte-Barbe est financée par le grand emprunt pour les investissements d’avenir ». Mêmes incompréhensions, et « ça va faire venir des touristes et marcher le bâtiment ».

  • C’est un bon exemple de ce qui fait la différence de point-de-vue entre la gauche, la droite et les libéraux :
    – la gauche ne voit pas le problème,
    – la droite trouve ça très bien,
    – seul les libéraux font remarquer que l’on scie la branche sur laquelle on est assis.

    Et les trolls UMP qui sévissent sur Contrepoints ne comprennent pas pourquoi les libéraux ne sont pas plus attirés par Sarko que par Hollande !

    • Eh oui , Sarko et Hollande , même combat de socialistes voulant développer l’état et l’état providence …

      • Je dirais même plus: en France, la gauche c’est le vol organisé et la droite l’organisation du vol.

        • Il y a toujours un petit côté « parce que je le vaux bien » dans la pensée de droite. (La gauche ne vaut pas mieux avec son « charité bien ordonnée commence par soi-même »).

          On accuse les libéraux de prôner l’anarchie économique alors que les idées de droite ou de gauche qu’il faut « profiter du système » sont LA véritable anarchie économique.

    • Je suis absolument certain que tous les gens sensés voient le problème posé par le subventionnement, sauf que un élu qui refuse les subventions n’a m^me pas le retour de ce qui est versé par les contribuables qui l’ont élu dans ce tonneau sans fond.
      A vrai dire certains peuvent penser que la seule façon de crever cet abcès est de l’amener à mourir via son pourrissement total.

      Le coté étatique est ailleurs selon moi, il est dans le fait qu’en dépit du fait que les gens savent qu’une bonne partie de l’argent est gaspillé, il est gaspillé pour créer des emplois « sociaux »…

      Mais le cas de ces douves qui ne peuvent être vues en aucun cas comme un investissement à caractère touristique est exemplaire .

      Il faut aussi remarquer que les partisans des subventions culturelles et patrimoniales peuvent prétendre que l’argent mis dans ces machins globalement a un effet positif sur le tourisme voire l’industrie du luxe sauf que ceux qui payent ne sont pas ceux qui bénéficient…

      Il faut le dénoncer, demander des évaluations coût /bénéfice …mais quand on pense que les gens pensent que dans un village un commerce doit être subventionné aussi ou qu’il FAUT avoir une cantine, ou une salle des fêtes et un stade de foot ce n’est pas gagné.

      Quand ce lui qui paye n’est pas celui qui décide c’est déjà la fête du slip, mais ça l’est aussi quand celui qui paye ne s’en rend pas compte!

  • L’autre jour je visitais un parc naturel (hors de France) et je vois un magnifique camion flambant neuf offrant cafes, crepes, sandwiches. Sur le camion le logo des fonds europeens pour le developpement rural.
    Equipes d’une machine a expresso toute neuve dont ils ne savaient pas se servir, j’ai attendu 15 minutes mon cafe qu’ils ont fini par faire au filtre a la main. Amusant (?) de penser que cette famille a recu des fonds europeens pour developper son business prive.
    Ensuite je vais sur Steam et je vois un jeu de strategie qui a le logo des fonds europeens. Chaque annee des developpeurs recoivent ces fonds (pas des prets, des dons) pour mener a bien leur projet prive. Le jeu en question etait tres mauvais, vendu avant meme d’etre a moitie fini, c’etait clairement un piege a subventions.

    Les subventions apportent un autre probleme de taille: elles donnent aux communes un pouvoir financier sans mesure avec l’economie locale, et encouragent les politiciens a faire des projets demesures (pour gagner des voix) qui pesent ensuite tres lourd dans le budget (entretien). L’Europe est en train de crever de ces subventions, les pays de l’est vont se retrouver avec des machins inutiles et tres couteux.

    • vers chez moi, il y a un privé qui s’est débrouillé et qui a investit depuis des années pour monter sa pisciculture. il élève des truites et les tue, les vide et les vend sur les marchés, il alimente quelques poissonneries de villages, il en fait des filets, des terrines… et comme activité annexe, en été, il permet aux gens qui le veulent de pêcher eux mêmes leurs truites dans ses bassins, pour les enfants, c’est très rigolo, j’y vais régulièrement plusieurs fois par an. il y a pas mal de touristes, et de suisses qui viennent, ça rencontre un succès grandissant…
      à quelques kilomètres de là, il y a des élus municipaux qui se sont mis en tête de faire une pisciculture concurrente pour faire une activité supplémentaire au camping municipal (déficitaire). en effet, pour créer de l’emploi subventionné, ils veulent bien acculer un couple à la faillite…

  • toujours le même blabla anti-Europe , sans intérêt , je rappelle à l’auteur de cette article que lui aussi reçoit des fonds européen et on se demande bine pourquoi , si c’est pour cracher dans la soupe de l’Europe , celle-ci est bien démocratique , essayé cela chez vos amis Russe

    • Je serai assez surpris que l’auteur soit un fervent admirateur poutinien.

    • C’est un article anti-subventions. Faudrait le lire avant de raconter n’importe quoi.

    • « Démocratique » ?

      Je me fous bien que l’Europe soit démocratique. Ce qui m’intéresse c’est qu’elle respecte mes droits naturels, et y compris mon droit de propriété. Hors leurs impôts iniques et confiscatoires ne respectent pas ce dit droit, pas plus que leurs subventions publiques qui servent à acheter des voix.

    • Je suis a la fois pour l’Union Europeenne, mais contre l’explosion des subventions a tout-va.
      C’est trop facile de caricaturer.

      Justement les defenseurs de la construction europeenne se doivent d’exiger une reforme du systeme de subventions et du systeme de remuneration des fonctionnaires europeens.
      L’administration de l’UE est devenue incontrolable, le detournement de subventions aussi.
      Je connais bien Bruxelles et certains fonctionnaires de l’UE ils reconnaissent evidemment en prive qu’il y a une inflation inquietante des abus. Il suffit de voir les dizaines de batiments de l’UE qui poussent a Bruxelles chaque anneee.
      L’UE a d’ailleurs cree une agence dont l’occupation exclusive est de tracer les detournements de subventions. Son rapport annuel est tres instructif: ils montrent que personne n’a interet a ce que les fraudes soient connues sous peine de voir les enveloppes reduites, et donc le controle des autorites locales n’est absolument pas fiable. C’est un vice tres tres serieux dans le systeme.

      Si cela n’est pas corrige, l’UE va perdre toute credibilite et les populistes nous feront retourner a l’epoque d’avant le marche unique.

    • Bon ben en voilà qui n’a rien compris à l’article.

      Pour vous mon cher jadere06: http://www.lepointdufle.net/apprendre_a_lire/presentation.htm

  • Et voila comment on apprend que notre président de la république a étudié en primaire à Trifouilly les Oies et que c’est là qu’il a appris et surtout retenu sa fameuse réplique : » c’est pas cher c’est l’état qui paie  »
    Tout cela ne serait pas très grave s’il n’y avait qu’un Triffoully les Oies …mais il y en a des milliers et notre goût pour la subvention n’est pas prêt de mettre fin à cette hémorragie !!!!

  • Votre article m’a fait penser à cet article profond de Russ Roberts paru dans le Wall Street Journal en 1995 et repris par David Boaz dans un de ses livres : http://russroberts.info/article/if-youre-paying-ill-have-top-sirloin

  • Vous pouvez aller dans n’importe quelle grosse entreprise multinationale du privé et vous trouverez le même genre de magouilles entre petits barons. Vous direz, ah oui, mais cette entreprise va finir par couler. Eh bien non, si elle est sur le bon secteur, assise sur un champignon qui pousse tout seul, elle peut se permettre de la gabegie un bon bout de temps avant que le navire coule. Les grosses organisations sociales, qu’elles soient privées ou publiques, savent attirer les parasitages qui y prolifèrent.

    • Qui ne saisit pas la différence de nature entre le libre consentement et la contrainte ?

    • d’ou l’interet de favoriser les petites structures : PME , indépendants …

      je confirme, je connais quelqu’un qui a fait une partie de sa carrière à saint gobain dans les années 60, 70, il me racontait le gaspillage et le népotisme.

  • Devant tous ces chantiers, on peut admirer un magnifique panneau explicatif, qui dit en gros:
    Ces travaux( ou plutôt : cet investissement, c’est important de s’approprier un mot valorisant même si c’est du pur gaspillage) sont réalisés grâce au financement apporté par
    La commune de X
    Le département de Y
    La région de Z
    Le ministère des paniers perçes et le ministère des haussements de col.
    La communauté européenne.

    Ce qu’on pourrait évidemment traduire par: le contribuable, le contribuable, le contribuable, le contribuable et le contribuable.

    • vous avez oublié la communauté de communes, le syndicat de communes, l’intercommunalité et le pays. bon, peut être pas les 4, mais au minimum un, et possiblement deux.

  • Au fond cela ne me dérange pas vraiment que des monuments historiques apparternant à des organismes publics soient entretenus, restaurés, modernisés, aménagés, embellis sur fonds publics.

    Cela ne me dérange pas non plus que des travaux réalisés par des entreprises d’insertion coutent un peu plus cher que par une entreprise classique (quoique cela reste à prouver).

    L’Europe n’est pour rien dans les dysfonctionnements de notre bureaucratie. Les vrais scandales que je retrouve dans cet article sont des typiquement maux franco-français:

    – Les 36000 communes, dont la taille moyenne ridiculement petite les comdamne à vivre aux crochets des communes voisines plus grandes, du département, de la région, de l’Etat ou de l’Europe.

    – Le mille-feuilles administratif qui entretient des armées de fonctionnaires et d’élus qui gèrent plusieurs fois le même projet. Mille-feuilles parfaitement illustré par « deux vice-présidents de conseils, l’un général, l’autre régional, ainsi que le conseiller général du canton, le député du coin, qui y voyait l’occasion de soigner son image, un architecte des bâtiments de France qui voulait prendre l’air, et bien sûr, le conseil municipal au grand complet »

    – La dilution des responsabilités et le clientélisme local qui découlent des deux points précédents

    – La gabegie des régions dont les administrations sont des coquilles vides pratiquement inutiles. Trente ans après leur création elles n’ont toujours pas trouvé leur place (en tout cas pas en région PACA où je vis). Ce point est parfaitement illustré par « le Conseil régional, chaque année, ne sait pas dans quoi mettre une partie des fonds européens dont il a la charge ».

    • Desole l’Europe y est pour quelque-chose.

      Le systeme est vicie parce que les autorites locales et nationales n’ont aucun interet a denoncer une fraude aux subventions dont ils auraient connaissance. Le systeme de subventions a ete developpe sans controle. Les politiques locaux qui sont supposes controler ce qui se passe sont aussi beneficiaires des subventions car leur popularite electorale augmente toujours lorsque leur enveloppe de subventions europeennes augmente. Ils ont donc interet a faire obtenir un maximum de subventions et a ne jamais rien controler.

      Le systeme de subventions europeen a donc ete developpe en depit du bon sens. Il n’y a pas de systeme de controle robuste. Je ne peux pas imaginer un seul instant que ceux qui ont vote ce systeme n’avaient pas conscience de ses faiblesses. Ils l’ont fait sciemment parce qu’ils sont eux aussi elus locaux. C’est donc bel et bien de la faute de Bruxelles.

      Sinon quand vous dites que l’UE ne finance que les projets publics vous vous trompez lourdement. L’UE accorde des bourses consequentes (pas de remboursement demande) a des projets completement prives (exemple jeu video sur la guerre de Secession, camion sandwicherie, attraction montrant des batiments celebres en miniature…etc).

      • Je ne crois pas que ce comportement soit propre a l’Europe.
        En Belgique, nous avons un mille-feuilles administratif avec les communes, les provinces, les regions, le federal et finalement l’Europe.
        Combien de fois n’ai-je entendu « Ca ne coute que 10% de l’ ‘investissement’, le reste est paye par le niveau n+1 » ou « Si le niveau n+1 accorde une subvention, le niveau n+2 paiera le solde »….
        Bref, ce comportement est propre a la democratie, que l’Europe existe ou pas, se reforme ou pas, cela n’y changera rien.

        • Je ne vois pas en quoi la democratie va de pair avec un mecanisme de subventions hors de controle.

          Le detournement de fonds europeens est devenu une industrie.
          Le niveau de controle des fonds europeens est bien plus faible que ce que fait un etat.
          C’est la tout le probleme Bruxelles n’a pas ou tres peu d’agents anti-fraude (OLAF).

          Si vous allez voir le site de l’agence anti-fraude europeenne, vous comprendrez tres vite qu’ils fonctionnent non pas sur verification, mais sur denonciation!!
          En cherchant un peu vous trouverez de nombreux reportages dans lesquels les mafieux italiens racontent que les subventions europeennes leur ont permis de blanchir leur activite et de gagner tout autant qu’avant sans se salir les mains. Maintenant leur boulot est de faire tomber les subventions pour des chantiers fictifs et autres arnaques aux eoliennes.

          C’est bien la preuve que le systeme europeen est plus facile a abuser que le systeme italien sans quoi la mafia italienne n’aurait pas attendu bruxelles pour vivre de subventions.

          • « Je ne vois pas en quoi la democratie va de pair avec un mecanisme de subventions hors de controle »
            Theorie du choix public: les politiciens agissent pour leurs propres interets (se faire reelire) et subventionner tout et n’importe quoi est une strategie assez fiable pour rester au pouvoir (ou la meme promesse pour y arriver)

            Quand a l’industrialisation de la chasse aux subventions, en region wallonne, il y a des consultants specialises en primes wallonnes en tout genre, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises.
            Ces « specialistes » connaissent souvent bien les fonctionnaires qui gerent les dossiers et cela accelere les procedures et garanti souvent le succes.
            Bref, cela existe aussi aux autres niveaux, meme si les fonds en jeu sont peut-etre moins important (a verifier)

            • Oui forcement, si c’est comme ca en Belgique et en France, pays parmi les plus subventionneurs au monde, c’est normal, c’est la democratie.
              Circulez, y’a rien a voir.

              L’utilisation abusive de subventions est un transfert massif d’argent des entreprises qui fonctionnent, vers les entreprises qui ne fonctionnent pas. Quand Bruxelles subventionne des milliers de panneaux solaires inutiles dans des regions a 52 degres de latitude nord, c’est quelques chomeurs de plus la ou la pression fiscale est la plus forte, donc en Belgique ou en France.
              L’abus de subventions n’est pas benin…ce n’est peut-etre qu’un dixieme de %, mais sur de telles sommes que les repercussions se font toujours sur des centaines ou des milliers de vies a l’autre bout de la chaine.

  • Dès que l’on discute avec son entourage pro ou familial de ce genre de question et que l’on essaye d’ouvrir leurs yeux , on ne peut être qu’effaré devant autant d’ignorance complice ..
    Les gens préfèrent rester endormis et le pire , c’est que parfois le (léger) contradicteur , qui ne s’intéresse pas du tout à ce genre de question , se permet de l’ouvrir et d’user des poncifs habituels , c’est assez cocasse et parfois énervant .

  • Les subventions ne sont pas abusives, c’est l’utilisation par des politiciens qui n’ont jamais entendu parler de taux de rendement interne d’un projet qui est abusé.
    Comme on ne sait pas où vont nos impôts, on ne peut pas savoir que c’est nous qui payont ses subventions. Au moins, un emploi social encadré aura vu le jour, et si par malheur notre société s’effondrait, nous aurons le savoir-faire nécessaire pour réparer une douve.

  • Ce qui n’est pas mis en évidence dans cet article c’est toute la paperasserie et le travail administratif qu’il a fallu dépenser pour :
    – d’une part voter, négocier et établir le budget européen sur ces aides ;
    – collecter l’impôt en France pour alimenter le budget européen ;
    – négocier entre la Region et la Commission un programme opérationnel permettant à la Region de « gerer » cette enveloppe ;
    – établir et instruire le dossier de demande de subvention selon les formats obligatoires ;
    – communiquer (logos, panneaux, inaugurations) sur cette opération.

    Ces dépenses – prises en compte dans la richesse nationale car dépenses d’administration non marchandes – sont des « pertes en ligne  » qui n’apportent aucune valeur réelle au citoyen – a l’exception du Champagne servi lors de l’inauguration à ceux qui ont eu la chance d’en bénéficier.

    Tout ça pour une dépense de quelques dizaines de milliers d’euros qu’une commune d’une taille suffisante devrait pouvoir supporter seule. En tout cas les propriétaires de maisons devant refaire leurs charpentes et leur couverture y arrivent !

    • Tout à fait les vrais bénéficiaires des politiques de redistributions sont les personnes payées pour redistribuer.
      Euh écotaxes…

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