L’écologie cyclique

réinventer le feu René Le Honzec

L’écologie cyclique est un reniement de la réalité qui se contredit régulièrement.

Par Michel Gay

Eau du robinet de Sacramento Credit Christina (Creative Commons)

L’écologie cyclique est la propagande qui met en avant un produit, ou un comportement, en faisant croire qu’il est indispensable pour « sauver la planète ». Les arguments sont fondés sur des vérités incontestables puis, quelques années plus tard, les mêmes, ou presque, promeuvent le contraire avec la même ardeur.

Il y a peu de temps, on ne jurait que par l’eau en bouteille. L’eau du robinet était suspecte, tout juste bonne à laver la vaisselle. Puis, revirement spectaculaire, les bouteilles en plastique contamineraient l’eau, favoriseraient la consommation de pétrole utilisé pour leur fabrication, et les déchets s’accumuleraient dans l’environnement. L’eau du robinet est redevenue le nectar limpide de la nouvelle source de vie.

Puis, ce fut le tour des biberons en plastique et des tétines imprégnées de « bisphénol-A ». Les passions s’enflammèrent pour savoir s’il valait mieux allaiter ou donner du lait de vache. Et, une fois bu le lait maternel, ou de vache suivant la tendance du moment, vint le temps de bannir les couches jetables pour lutter contre le gaspillage. Mais les couches lavables polluent par déversement chimique… sans mentionner la corvée désagréable du nettoyage. Mais que ne ferait-on pas pour accéder aux vérités fortes et saines de l’écologie pour sauver la planète ?

Il y a 50 ans, les tramways, dont les fils électriques dans la rue heurtaient la vue, ont été supprimés. Miracle, ils sont aujourd’hui parés de toutes les vertus et ils réapparaissent dans les centres villes car ils ne consomment pas de diesel et n’émettent pas de CO2.

On peut aussi évoquer pour mémoire les « pluies acides » qui devaient ravager les forêts de sapins des Vosges et les gaz frigorifiques qui allaient nous faire griller en supprimant la couche protectrice d’ozone dans la haute atmosphère.

réinventer le feu René Le HonzecOn passera rapidement sur les lampes à économie d’énergie qui n’économisent pas beaucoup l’énergie ni le porte-monnaie des ménages, mais qui furent un joli coup financier pour les fabricants. Ils ont réussi à nous vendre des lampes trois plus chères avec la bénédiction des écologistes. Dès que ces lampes ont été les seules disponibles sur le marché, « on » s’est aperçu que la fabrication et le recyclage n’étaient pas aussi écologiques que prévu.

L’écologie cyclique s’est une fois de plus mise à tournoyer, créant de la confusion, désorientant les citoyens jusqu’à la nausée en manipulant ses émotions (protéger ses enfants et l’ours polaire) et son sens du devoir (préserver la planète).

La mode est un type de promotion cyclique mais il ne faudrait pas la comparer à celle procédant de l’écologie. Ce serait l’atténuer et l’innocenter. La mode est une dérive orchestrée du goût qui tourne parfois en boucle. Mais elle ne fournit aucune justification. Elle s’assume en rouge ou en noir, avec jupe courte ou longue, ou en pantalon à pattes d’éléphants sur le registre « qui m’aime me suive… ». C’est cyclique mais plaisant comme les saisons.

L’écologie cyclique est un reniement de la réalité qui se contredit régulièrement. Elle se justifie par des vérités « évidentes » et, si possible, culpabilisantes, répétées quotidiennement dans les médias. Car derrière l’écologie cyclique se profilent toujours des groupes de pression. Il y a, bien sûr, des industriels qui font leur métier (qui les blâmerait ?) pour créer ou élargir un marché. Mais il y a aussi des mouvements associatifs à visées idéologiques… ou politiques.