C’est vous qui payez !

Liberté (Crédits Scarleth Marie, licence Creative Commons)

Le monde va moins bien, c’est vous qui payez et vous n’avez pas le choix. Alors, heureux ?

Parce qu’il est difficile d’appréhender certains chiffres, mon ami h16 et moi avions ramené le budget de l’État à celui d’une famille. Une famille qui dépenserait 36 931 euros par an alors qu’elle n’en gagne que 28 920, soit une différence de 7 471 euros par an. Mais qu’en irait-il de votre famille si elle ne payait pas autant d’impôts ?

Votre budget serait pratiquement doublé, vous pourriez investir dans les projets qui vous tiennent à cœur et vous montrer généreux avec les gens et les causes qui vous sont chers. Mais au-delà des impôts, comment serait votre vie sans toutes les lois et normes, les administrations et les formulaires ? Combien de temps serait dégagé ?

À quel point les enfants deviendraient-ils des adultes plus heureux et accomplis si l’enseignement tenait compte de leurs différences de compréhension, de rythme, de modes d’acquisition et particularités cognitives ? S’ils passaient plus de temps à comprendre la vie et leurs passions, à découvrir leurs talents, qu’à apprendre par cœur ? S’ils appréciaient la poésie au lieu d’en réciter ?

À quel point les relations sont-elles plus harmonieuses quand chacun vit sa vie, sans être limité par ce que les autres pensent ? Quand les fidèles peuvent prier, les rebelles peuvent s’exprimer ? Quand on passe moins de temps à définir ce qui est impossible et plus à explorer ce qui est possible ?

À quel point chacun avancerait-il plus vite en ayant une meilleure maîtrise de son temps et de la façon dont il l’occupe ? Et où en seraient déjà la science, l’art, et même l’humanité ? Difficile de le dire.

Mais une chose est certaine : c’est vous qui payez. Chaque choix qu’on vous retire est un droit qu’on piétine. C’est vous qui passez ce temps à travailler pour l’État et perdez ce temps à lui obéir. C’est vous qui financez tous les scandales dont vous parlez, tous les partis que vous détestez, subventionnez les créations artistiques qui vous font vomir, les associations qui vous font bondir.

Vous n’avez pas les moyens de rénover votre maison, de changer de meubles ? Avec votre argent, Thierry Lepaon fait refaire le sien. Vous avez peur de ne pas avoir assez pour votre retraite, vous ne pouvez pas la prendre quand vous aimeriez, vous renoncez à certains projets ? François Hollande aura une retraite confortable, et vous remercie de la façon que vous savez.

Votre ne pouvez pas vous payer les livres, films et concerts que vous aimeriez ? Vous financez à la place la création artistique à la française et la « culture ». Vous ne partez plus aussi loin en vacances, plus aussi bien, plus aussi longtemps, plus du tout ? Vous le pourriez si certains ne prenaient pas autant de congés à vos frais, avec des taux d’absentéisme délirants dans la fonction publique.

C’est vous qui payez. Que vous le vouliez ou non. Vous n’avez aucun pouvoir, aucune possibilité de le refuser. Vous êtes né quelque part et pour cela, rien ne vous appartient vraiment, vous n’êtes pas vraiment maître de votre destin. Parce que vous êtes né quelque part, vous êtes soumis à une autorité supérieure. Inutile de partir, où que vous alliez, il y en aura une. Et s’il n’y en a pas, un jour, une viendra. Pour vous soumettre à elle, que vous lui payiez un tribut, que vous lui obéissiez.

On vous dira que vous avez votre mot à dire, mais essayez de dire non et vous verrez. Vous pouvez donner votre avis, parfois ; mais après, quoi qu’il en soit, il faudra obéir. C’est vous qui payez, parce que vous n’avez pas vraiment le choix. À court terme.

Parce qu’à long terme, vous avez une influence. Il vous reste assez de liberté pour récupérer le reste, puisqu’il vous en reste. Un peu. Mais quand même. Assez pour essayer, assez pour espérer. Il ne faut pas se plaindre, il faut se prendre en main. Et c’est maintenant, si vous le voulez.

Ce ne sera pas facile. C’est vous qui payez, et d’autres en profitent ou pensent en profiter ; ils ne vous laisseront pas faire si facilement. S’ils tiennent à leur pouvoir plus que vous à votre liberté, vous ne gagnerez jamais – et sachez qu’ils y tiennent énormément.

Le choix vous appartient. Sinon, qu’attendez-vous pour le récupérer ?

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