Réforme territoriale : après le redécoupage, la bataille des capitales

bataille credits A Davey (licence creative commons)

Après les cafouillages de la réforme territoriale, la bataille pour les capitales de région a commencé !

Par Marine Caron.

bataille credits A Davey (licence creative commons)

Après le vote du Sénat, c’est l’Assemblée nationale qui a adopté à son tour en seconde lecture la nouvelle carte de France des régions, mardi 25 novembre. Malgré l’approbation par une majorité de députés, le texte est passé de justesse (277 pour et 253 contre). C’est donc désormais avec 13 régions que la France devra compter, au lieu de 24 auparavant. Et encore, l’histoire de ce redécoupage territorial n’a pas encore touché à sa fin. Le texte de l’Assemblée n’ayant pas été intégralement adopté comme celui du Sénat, la prochaine étape sera la réunion d’une Commission mixte paritaire.

Pour autant, la réforme est loin d’avoir convaincu la classe politique : jugée pour certains trop administrative et politicienne, ou loin des véritables intérêts territoriaux. Martine Aubry, maire de Lille, s’était déjà insurgée de la situation en juillet dernier : « On n’est pas en train de faire du Monopoly, ni de jouer à SimCity. On touche aux identités ».

De fait, la bataille parlementaire à peine terminée, un nouveau front s’est ouvert. Les tractations politiques ont déjà commencé concernant le choix des futures capitales régionales. Si les élus locaux s’insurgent de se voir imposer une réforme par le haut sans y avoir le moindre mot à dire, qu’en sera-t-il concernant le choix du chef-lieu définitif des nouvelles régions, qui doit être décidé par décret avant le 1er juillet 2016 selon le projet de loi, mais après avis des conseils régionaux ?

À ce jour, plus d’une vingtaine de villes sont en « compétition » pour décrocher le titre très convoité de capitale régionale. Un choix très important en termes de dynamisme, d’emplois, de géographie mais également en termes de notoriété et de reconnaissance nationale comme internationale.
Pour la nouvelle région « Alsace/Champagne-Ardenne/Lorraine » la question a été tranchée par un amendement socialiste. Déjà capitale européenne, Strasbourg sera capitale de région. Une décision imposée qui est loin de faire l’unanimité. Châlons-en-Champagne et Metz sont en effet les deux perdantes du lobbying alsacien exercé par Roland Ries, maire PS de la nouvelle capitale de l’Est. Une chose est sure, les élus des autres régions ne se laisseront pas faire. On entend déjà parler de saisine du Conseil constitutionnel pour « amendement inique et anticonstitutionnel », comme d’inquiétudes pour l’avenir de ces capitales délaissées. La fronde gronde dans les territoires.

Concernant les autres régions métropolitaines, le suspens semble plutôt limité. Lille, Lyon, Toulouse et Bordeaux l’emporteraient ainsi respectivement sur Amiens, Clermont-Ferrand, Montpellier, Limoges et Poitiers. Des points sensibles demeurent pour la grande Normandie réunissant la « Haute » et la « Basse » partagée entre Rouen, Caen et Le Havre. Une situation complexe à laquelle Hervé Morin, député UDI de l’Eure, propose comme solution « un partage administratif » entre les villes concernés. Quant à l’entité « Bourgogne/Franche-Comté », Besançon et Dijon sont au coude à coude.

Seules sont à l’abri de toutes velléités les six régions qui n’ont fusionné avec aucune autre : Bretagne, Centre, Corse, Ile-de-France, Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Bien que l’on en parle moins, il ne faut pas pourtant délaisser une autre question importante : quid des noms de ces nouvelles régions métropolitaines ? Excepté pour la Normandie, le nom provisoire consistera en une juxtaposition de celui des anciennes régions, à l’exemple de « Aquitaine/Limousin/Poitou-Charente ». Des noms à rallonge qu’il faudra bien évidemment changer et adapter… Mais là encore, une nouvelle bataille risque d’avoir lieu !


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