Canada : zizanie autour d’un pipeline

Des écologistes qui dénoncent les méthodes des compagnies pétrolières tout en adoptant les mêmes mœurs. Où est la cohérence ?

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Puit de pétrole (Crédits : Flcelloguy, GFDL)

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Canada : zizanie autour d’un pipeline

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 25 novembre 2014
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Par Pierre-Guy Veer, depuis le Québec.

Puit de pétrole (Crédits : Flcelloguy, GFDL)

« Les Québécois » (j’ignore comment on a sondé 8 millions de personnes) détestent le pétrole, c’est bien connu. L’arrivée possible d’un pipeline transportant les sables bitumineux de l’Alberta cause d’ailleurs tout un tollé. Ledit tollé prend maintenant de l’ampleur depuis que les documents fuités de TransCanada montrent la stratégie que la compagnie veut adopter pour faire accepter son important projet.

Les moyens, certes détournés, pour vendre le projet peuvent sembler déplorables. Toutefois, elles ne sont que les mêmes tactiques utilisées par d’autres groupes vus comme protecteurs de (l’illusoire) bien commun.

Les écologistes

Greenpeace fut l’une des premières organisations à dénoncer la tactique « agressive » de TransCanada, clamant que « on n’a pas à se cacher derrière des tiers pour prendre des positions, on n’a pas à créer de faux groupes ou payer des blogueurs pour donner notre opinion. »

Hum. Si tel est le cas, pourquoi les groupes écologistes opposés aux sables bitumineux ne parlent-ils jamais de leurs tierces personnes aux travers desquelles ils manifestent leur opposition ?

En effet, Tides U.S., la Gordon et Betty Moore Foundation, les frères Rockefeller et bien d’autres ont tous fourni de grosses sommes d’argent aux groupes écologistes canadiens afin qu’ils « combattent » les sables bitumineux. Pourquoi Greenpeace utilise-t-elle une tactique qu’elle reproche aux autres ?

Mais surtout, pourquoi se met-elle la tête dans le sable sur les supposés dangers de leur exploitation ? La science climatique n’est pas arrêtée sur la possible influence humaine – les réserves prouvées de sables bitumineux contribueraient de façon microscopique à la hausse des températures –, les sables bitumineux représentent un choix éthique supérieur au pétrole de l’Arabie Saoudite ou du Venezuela. D’ailleurs, les infrastructures pétrolières de ce pays sont en piètre état, comparées à celles de l’Alberta. De plus, la détérioration de la qualité de l’air et de l’environnement, bien qu’il faille y faire très attention, sont loin de représenter l’apocalypse prédite par les écologistes anti-humanistes.

Les étudiants

Un autre groupe qui utilise le support de tierces personnes sans faire broncher l’opinion publique est celui des étudiants. Lors des boycotts de cours massifs en 2012, on saluait leur « initiative », affirmant que c’était « l’éveil d’une génération » et blablabla.

Ce qu’on oublie de mentionner, c’est que cet éveil n’était qu’une manipulation des syndicats qui cherchaient à tout prix à déloger un gouvernement qui n’était plus au pas. Sans cet apport précieux de fonds (votés démocratiquement par les membres ? J’en doute), les boycotts étudiants n’auraient été qu’un feu de paille.

Imaginez seulement si les « carrés verts » avaient reçus des fonds, par exemple, du Conseil du Patronat ou de l’Institut économique de Montréal… Je vois d’ici les accusations de « capitalisme sauvage » (ou autres termes vides de sens), de « à la solde du capital » ou autre inepties socialistes pour qualifier cette association.

Bref, avant de se plaindre contre les stratégies de leurs opposants, les écologistes ou les étudiants radicaux feraient bien d’avoir un examen de conscience, surtout quand ils reçoivent autant de fonds publics. Sinon, ils ne peuvent être qualifiés que d’hypocrites.

Voir les commentaires (9)

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  • Ca doit être le journalisme 3.0 façon jeu de piste… ou alors faut faire partie des initiés ?

  • Dieu que le Québec a changé en quelques années…
    Dire qu’il y a encore 10 ans, les idées socialistes ne faisaient que 1 % aux élections (j’y étais en 2004 – 2005)… Et maintenant elles semblent bien implantées. Tout au moins dans une population jeune, qui ser aux manettes dans moins de 10 ans…
    J’ai encore quelques contacts avec des amis ouvriers et salariés, qui eux, ne semblent pas près à ce grand bond en avant vers la socialie à la française… Trop à perdre et rien à gagner !!!

  • Je profite de cette tribune française pour dénoncer l’autoritarisme au Québec. En effet, le Québec est affligé de deux maux qui se combattent tout en causant mutuellement des torts généralisés. Il s’agit de la droite autoritaire qui s’oppose à la gauche autoritaire.

    On a ici l’exemple d’une personne (communément appelé un jambon de radio-poubelle) qui défend la « libârtey » des compagnies pétrolières à user de subversion et de mensonges pour influencer l’opinion public dans le but ultime de forcer le gouvernement à intervenir dans un marché.

    Il justifie celà en dénoncant la gauche autoritaire (communément appelée les carrés rouges gratteux de guitare) qui use de manifestations et de désobéissance civile pour influencer l’opinion public dans le but ultime de forcer le gouvernement à intervenir dans un marché.

    Le genre de mentalité « ma dictature est meilleure que la leur ». Et le pire c’est que le débat politique au Québec reste embourbé dans ces paradigmes autoritaires et s’entre-déchire sans jamais faire un pas de recul pour voir la Big Picture.

    Le problème, c’est pas l’éducation. Le problème, c’est le processus de décision collective par rapport à une entreprise publique dont nous sommes tous des propriétaires à part égales.

    En mon humble avis, il serait préférable de complètement dissocier enseignement et diplômation. L’enseignement doit être un service complètement privé pour être à l’abri des dérives politiques des administrations universitaires, de leur corruption et des dérapages en investissements immobiliers (surtout à l’ère de l’internet quand les cours ne nécessitent plus systématiquement de luxueuses salles de classe). La diplômation doit être complètement gratuite, universelle et accessible à tous ceux qui sont capables de passer le test pour l’obtention d’un diplôme crédible et reconnu, peu importe le prix qu’ils aient payé pour l’enseignement à Concordia dans de luxueux amphithéâtres ou qu’ils aient reçu gratuitement l’enseignement de manière coopérative dans des parcs publics avec des livres recyclés.

    Le problème, c’est pas le pipeline. Le problème, c’est le processus de décision collective par rapport au à des prises de risque sur des territoires publics dont nous sommes tous des propriétaires à part égales.

    En mon humble avis, il serait préférable de complètement privatiser toutes les terres publiques et les ressources naturelles et de laisser les propriétaires et leurs assurances privées décider eux-même des prises de risques, plutôt que de laisser un gouvernement (peu importe de gauche ou de droite) jongler sur ces décisions avec des calculs électoralistes. Les environnementalistes n’auront qu’à refuser de vendre, les autres auront le plaisir de négocier les risques avec Transcanada et leur compagnie d’assurances.

    • « Le genre de mentalité « ma dictature est meilleure que la leur ». »

      Heu, wow. C’est trop d’inepties en même temps pour être digéré lentement.

      « , il serait préférable de complètement privatiser toutes les terres publiques et les ressources naturelles et de laisser les propriétaires et leurs assurances privées décider eux-même des prises de risques, plutôt que de laisser un gouvernement (peu importe de gauche ou de droite) jongler sur ces décisions avec des calculs électoralistes.  »

      C’est exactement ce que je prône.

    • Bien d’accord avec une grande partie du message, sauf que la gauche represente 95% de l’espace médiatique, on ne peut pas vraiment encore parler de guerre entre deux types de dicature.

      Une bonne partie de ce qui a été rapporté concernant la strategie de communication est faite de bullshit, le texte dénonce davantage le double standard que la strategie elle-même.

      • Oui c’est ca. 95% des media sont a gauche et le 5% c’est les jambons de Quebec City encore. lol
        Quebecor est dirigé par des conservateur dont Brian Mulroney. Pierre Karl Peladeau à combattu ses syndicats et tu essaye de me faire accroire que 95% des media sont a gauche. Je me souviens que TVA et V n’étaitent vraiment pas pro-carré rouge. Et comme d’habitude tout le monde sauf le 5% sont dans la pensé unique.

        Pour nos amis Francais, lorsque vous voyez ce genre de commentaire : »95% des media sont a gauche blablabla » vous êtes en présence d’un jambon de Quebec City qui s’empiffre d’info venant d’animateur de 30 ans qui parle a ses auditeurs comme à des enfants. Ce type est persuadé qu’il ne se fait pas bourré car il est à « droite ».
        Triple lol avec bacon.

  • Cependant, le Québec n’est pas le Canada !

    Que pense les Canadiens en général des pitreries Québécoises ?

    Désolé ! Je sors.

    Même question pour les Wallons !

    Oups ! Désolé !

  • Les commentaires sont fermés.

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