Extrémistes et modérés : la distinction majeure ?

Ce ne sont pas les militants haïssant la société dans laquelle ils vivent qui construisent l’histoire de l’humanité,

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Extrémistes et modérés : la distinction majeure ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 20 novembre 2014
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Ce sont les gouvernants modérés, les chefs d’entreprise, les chercheurs, les grands artistes, les grands penseurs qui construisent l’histoire de l’humanité, pas du tout les militants haïssant la société dans laquelle ils vivent.

Par Patrick Aulnas.

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Les typologies binaires abondent dans le domaine politique. Elles doivent sans doute satisfaire l’esprit humain par leur simplicité guerrière. On doit choisir son camp : ami ou ennemi. Ainsi sommes-nous priés d’être de droite ou de gauche, conservateur ou progressiste, étatiste ou libéral. Jadis, les marxistes utilisaient un vocabulaire militaire et l’on pouvait appartenir aux ennemis de classe sans l’avoir le moins du monde souhaité. Le fondamentalisme islamique catégorise également l’humanité en deux groupes : croyants et incroyants. Les seconds ne méritent pas de vivre, cela va de soi. On finit parfois par se demander si la puissance opérationnelle de la numération binaire, base technologique des langages informatiques, ne déborde pas vers le social et le politique.

Chacun comprend également, sauf les esprits les plus obtus ou les idéologues les plus rigides, que cette tendance à la dualité est une simplification abusive de la réalité. Cette dernière comporte plutôt cinquante nuances de gris. De l’extrême-gauche à l’extrême-droite se déroule un continuum que les organisations existantes ne représentent qu’imparfaitement. Adhérer à l’une d’entre elles, c’est déjà accepter d’abandonner un peu de sa singularité. Mais le social ne peut fonctionner qu’en simplifiant l’extrême diversité humaine et en regroupant les individus en catégories plus ou moins pertinentes.

Les extrémistes : loin du réel

La distinction entre extrémistes et modérés semble a priori tout aussi simpliste. Mais à y regarder de plus près, il n’en est rien. Cette distinction ne renvoie pas à deux camps s’opposant l’un à l’autre mais à deux sensibilités : les adeptes de la radicalité et les tenants de l’adaptation progressive. En politique, les extrémistes sont farouchement contre ce qui existe. Ils prônent la révolution, la table rase, la reconstruction. Leur idéal est très éloigné de l’existant, qu’il s’agit pour eux de détruire afin de lui substituer des réalisations d’une ambition plus haute. Les communistes veulent une société sans classes, les fascistes une société autoritaire et hiérarchisée sur le modèle militaire, avec un État très puissant. Paradoxalement, ils ont tous deux construit les pires dictatures de l’histoire. Le culte de l’État a conduit certains socialistes modérés à migrer vers le fascisme au milieu du 20e siècle. Ainsi Marcel Déat, député socialiste de 1926 à 1933, devient ensuite un nationaliste et un ministre du gouvernement du Vichy. D’autres socialistes suivront la même évolution : Charles Spinasse, Paul Rives, René Château. Les itinéraires extrémistes peuvent être paradoxaux. Ainsi le philosophe Roger Garaudy (1913-2012), d’abord membre du Parti communiste français, se convertit ensuite au catholicisme, puis à l’Islam avant d’évoluer vers l’extrême-droite en niant l’existence du génocide juif par les nazis.

L’extrémisme est ainsi une question de personnalité, recouvrant parfois même une faille psychologique. La versatilité est d’ailleurs une constante de l’extrémisme. En France, le Front National, qui avait une doctrine économique plutôt libérale à l’origine, est devenu très interventionniste. Son électorat est tout aussi versatile puisqu’il comporte beaucoup de transfuges de la gauche radicale.

L’extrémisme peut aussi rester un idéalisme pur, sans aucune chance de réalisation, à moins que le paradis terrestre puisse exister ici-bas. Les libertariens rejettent ainsi la coercition étatique et souhaitent que le marché et la coopération libre entre les individus soient les déterminants fondamentaux du social. Pour les puristes de la doctrine libertarienne, l’État, devenu surpuissant dans les sociétés développées, doit disparaître.

La classification la plus courante distinguant extrême-droite, résistant violemment au changement, et extrême-gauche, prônant tout aussi violemment un changement radical, est donc très imparfaite. Le changement tant souhaité n’est sans doute pas le même à droite qu’à gauche, mais le radicalisme des positions extrêmes suppose, en cas de conquête du pouvoir, une évolution rapide et profonde qui aboutit dans tous les cas à la perte de contrôle et à la dictature ou au totalitarisme. Les extrémistes ne confondent pas les dictatures de droite et les dictatures de gauche et regardent même l’autre extrême en ennemi irréductible. Mais pour un modéré épris de liberté, la dictature est toujours la dictature, quel que soit le pitoyable habillage idéologique. Où, d’ailleurs, classer les libertariens dans la bipolarisation droite-gauche ? Tâche bien difficile puisqu’ils se posent a priori en ennemis de l’État alors que les autres extrémismes regardent l’État comme un instrument de mise en œuvre de la marche vers l’éden, qui se révèle toujours être en pratique une descente aux enfers.

Les religions ont aussi leurs extrémistes, qu’on les qualifie de fondamentalistes ou d’intégristes. L’analyse sémantique précise n’étant pas notre propos, il suffit de les définir comme des croyants particulièrement traditionalistes ayant une forte propension à faire prévaloir un dogme ancien sur les réalités contemporaines. Le monde dans lequel nous vivons est rejeté comme contraire à la doctrine religieuse, parfois interprétée de façon littérale. Ainsi, les fondamentalistes musulmans font de la littéralité du Coran leurs préceptes de vie sans se soucier aucunement du fait que ce texte date du début du 7e siècle. Cet extrémisme très archaïsant semble d’ailleurs aujourd’hui séduire une très petite minorité de la jeunesse française qui part combattre aux côtés des fanatiques de Daesh.

L’attractivité de l’extrémisme sur la jeunesse est une constante. Il n’y a donc là rien de bien nouveau. Pour manifester leur rejet d’une société qui les accueille mal (chômage massif des jeunes) quoi de plus radical pour cette jeunesse à la dérive que d’adhérer à un fondamentalisme d’origine non occidentale ?

La duplicité du discours extrémiste

extremeiste modéré honnade mélenchon rené le honzecLe projet des extrémistes étant très éloigné de la réalité présente, il est toujours très chimérique et par conséquent ne se réalise jamais. Tout au plus, les extrémistes peuvent-ils parfois profiter de la décomposition d’une société pour tenter d’imposer leurs solutions. Leur accession au pouvoir se fait par la violence : révolution ou coup d’État. Un régime autoritaire est institué renforçant considérablement la puissance de l’État, mais l’ambition initiale est déjà abandonnée. Seule subsiste la dictature. Ces cas d’accession au pouvoir étant statistiquement rares, les extrémistes se manifestent surtout par leur opposition. Dans les régimes démocratiques, les opposants radicaux disposent de la liberté d’expression et de la possibilité de manifester dans les lieux publics. Leurs chances d’accéder au pouvoir étant très faibles, ils peuvent confortablement tenir un discours très idéaliste et mobiliser ainsi un petit noyau de militants et de sympathisants. On peut proposer un SMIC net à 1500 ou 2000 € tant que l’on n’a aucune chance de devoir le mettre en place. On peut proposer de sortir de l’euro, tout en connaissant bien les conséquences, tant que l’on reste convaincu que la réalisation est politiquement impossible. Il y a donc une duplicité extrémiste, sorte de un piège fonctionnant plutôt bien en période de crise. L’extrémisme est ainsi, en démocratie, un refuge pour mécontents : peu importe la pertinence du projet. Nous ne sommes pas dans la rationalité mais dans l’émotivité.

Les modérés : pour des évolutions maîtrisées

Les modérés ne se caractérisent pas par des ambitions moindres que les extrémistes mais par un plus grand réalisme. Leur éventuel idéalisme tient compte de l’inertie du réel. Pour faire bouger le monde, mieux vaut procéder par étapes, en partant de l’existant pour le faire évoluer. Les modérés savent que le changement véritable suppose du temps. La propension des extrémistes à se raconter de belles histoires sur le devenir à court terme n’est pas leur fait. Ils acceptent bon gré mal gré la situation présente qu’il s’agit d’infléchir souplement. La révolution leur est étrangère comme praxis mais ils l’acceptent comme concept. Ainsi, les grands bouleversements de l’histoire de l’humanité – révolution agricole au néolithique, révolution industrielle au 19e siècle – ont droit à ce qualificatif parce qu’ils représentent une évolution fondamentale de l’humanité. Mais les révolutions politiques (1789 en France, 1917 en Russie par exemple) ne constituent que des soubresauts de sociétés bloquées aboutissant à une modification brutale de la structure sociale et de ses normes juridiques. L’humanité dans son ensemble n’y gagne rien, mais elle doit subir les exactions à l’encontre des modérés, vite qualifiés de contre-révolutionnaires.

Les modérés sont représentés par toute une panoplie de mouvements politiques. Ainsi, la sensibilité libérale correspond à un spectre très large. Vers la gauche, elle commence avec les sociaux-libéraux appartenant en général à des partis sociaux-démocrates, se poursuit avec les chrétiens-démocrates et divers centristes. Vers la droite, elle s’arrête aux partis libéraux pouvant comprendre des libertariens modérés acceptant de composer avec un État réduit à ses fonctions régaliennes. Il en résulte une interpénétration structurelle : un socialiste de la droite du parti peut être plus proche d’un libéral de l’UDI ou de l’UMP par exemple que d’un socialiste de la gauche du parti. Le dialogue est donc facile entre modérés et seule la ridicule théâtralisation des campagnes électorales l’occulte. Pour se démarquer de l’adversaire politique, les modérés jouent la comédie du clivage profond, mais il ne s’agit que d’un spectacle électoraliste de mauvais goût.

Où commence l’extrémisme ?

La question de la limite se pose évidemment, mais elle doit être appréhendée objectivement. L’approche objective correspond au degré de radicalité à court terme du projet par rapport à la réalité sociale. L’approche subjective correspond au ressenti qui domine dans tel ou tel mouvement politique. Les militants de Lutte Ouvrière peuvent ressentir comme extrémistes les militants de la droite de l’UMP, partisans de limiter fortement l’interventionnisme étatique. Des libertariens peuvent ressentir comme extrémistes les sociaux-démocrates, farouches défenseurs de l’État-providence. Il n’empêche que les projets politiques de l’UMP et du Parti socialiste restent modérés car ils partent du réel et veulent l’infléchir progressivement, sans radicalité. Le critère se situe donc dans la radicalité ou la progressivité du projet politique, dans sa praticabilité également.

La distinction modérés-extrémistes n’est cependant pas statique. Ce qui paraît aujourd’hui modéré aurait pu paraître extrémiste voici quelques décennies. La position des catholiques sur les problèmes sociétaux offre ici un exemple très illustratif. Dans le dogme catholique, le divorce reste interdit par le droit canon car le mariage est considéré comme un sacrement ne pouvant être dissous. Mais, en pratique, nombreux sont les catholiques qui divorcent et parfois se remarient, même si leur remariage doit rester purement civil. Ce qui aurait été considéré comme un comportement extrême en 1950 est devenu courant aujourd’hui. Il en va de même de la contraception ou de l’interruption volontaire de grossesse, considérées jadis comme totalement inacceptables par l’Église, mais aujourd’hui couramment pratiquées. Le PACS (Pacte civil de solidarité), qui avait suscité une opposition farouche de l’Église, rencontre un succès croissant dans la jeunesse, qui fuit les contraintes juridiques du mariage, la jeunesse catholique ne se tenant pas à l’écart de cette évolution.

Seuls aujourd’hui les intégristes les plus radicaux considèrent que le divorce, la contraception, l’IVG ou le PACS sont des évolutions diaboliques. Mais il s’agit de militants extrémistes. La communauté chrétienne dans son ensemble a accepté ces évolutions. Il en ira évidemment de même de l’extension du mariage aux couples homosexuels qui, au demeurant, ne représentent statistiquement que très peu de chose. Les objurgations actuelles des opposants intégristes se perdront dans la grande rumeur de la marche de l’histoire.

Le sens de l’histoire

Il y aurait donc un sens de l’histoire. C’est probable. Mais cela ne signifie pas que les extrémistes soient en avance sur les modérés, bien au contraire. La révolution russe de 1917 prouve clairement que les bolcheviks se sont fourvoyés. Le monde n’est pas devenu communiste. Les monarchistes de l’Action Française, dans la première moitié du 20e siècle, les fascistes italiens ou les nazis allemands se sont lourdement et dramatiquement trompés. Les bouleversements violents n’apportent en général rien de durable. Les évolutions profondes se situent dans le registre de la modération et de l’évolution maîtrisée. Le sens de l’histoire est à découvrir jour après jour, avec constance et dans le respect de la diversité. Il est d’ailleurs assez probable que l’extrémisme d’opposition qui existe dans toutes les démocraties se situe à contre-courant de l’histoire. Ce sont les gouvernants modérés, les chefs d’entreprise, les chercheurs, les grands artistes, les grands penseurs qui construisent l’histoire de l’humanité, pas du tout les militants haïssant la société dans laquelle ils vivent. Le négativisme extrémiste s’oppose au positivisme modéré, mais c’est bien ce dernier qui se concrétise par des changements progressifs configurant pas à pas notre devenir.
Oscillant entre colère et utopie, entre négativisme brutal et idéal inaccessible, l’extrémisme a donc peu de chances de bâtir l’avenir. Construire solidement suppose réflexion, sagacité et constance. On serait tenté de rappeler la morale bien connue de la fable de la Fontaine intitulée Le Lion et le Rat : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ».

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  • Parfois je rêve d’un gouvernement d’union nationale , d’une UMPS qui ne serait pas seulement un fantasme du Front national , mais rassemblerait les meilleurs des deux camps . Mais bien sûr, je rêve : le manichéisme , la pensée binaire , le sectarisme , c’est tellement plus facile !

  • On peut avoir des idées radicales et être un modéré (politiquement).

  • Merci, mais l’histoire va dans le sens du plus fort. Ça semble déjà perdu pour la liberté dans beaucoup de régions du monde alors faisons attention à nous.

  • Effectivement cette tendance à vouloir tout polariser/binariser est très pratique mais absolument pas représentative de la complexité du monde dans lequel nous vivons (notons au passage qu’il n’y a pas que des extrémistes s’opposant à des modérés, mais tout un éventail de positions entre les deux). Ainsi les textes de certains ultra-libéraux publiés ici feraient fureur sur certains sites anarchistes d’ extrême gauche…

    Les soucis commencent en démocratie lorsque les modérés deviennent incapables de répondre aux attentes des citoyens. Vous faites très bien l’analyse de l’UMPS, deux partis qui représentent certes des sensibilités différentes mais qui proposent au final quasiment les mêmes solutions, obligés de s’habiller de bleu et de rose et de se chamailler sur des points de politique politicienne pour donner l’impression qu’un semblant de débat existe encore.
    Ceci abouti à ce que l’opposition extrémistes/modérés prenne réellement forme avec une polarisation UMPS/FN (on pourrait y ajouter l’extrême gauche mais elle n’a quasi plus aucun poids), avec pour conséquences que les extrémistes voient grandir leurs chances d’accéder légalement au pouvoir.
    Quand vous évoquez comme caractéristique des extrémistes le fait qu’ils accèdent au pouvoir par la violence vous oubliez quand même quelques cas historiques, et pas des moindres, dans lesquels un peuple en souffrance les y a porté en toute conscience.

    • « Quand vous évoquez comme caractéristique des extrémistes le fait qu’ils accèdent au pouvoir par la violence »

      L’auteur considère surtout comme extrémistes ceux qui ne sont pas d’accord avec lui.

  • Gene Callahan notait récemment, au sujet de Fukuyama, que lorsque quelqu’un parle de « sens de l’histoire » (course of events), c’est tout bonnement parce qu’il a une pré-conception idéologique. Bref, quand les événements vont dans le sens qu’on préfère, c’est le sens de l’histoire. Ceux qui s’y opposent ont donc tort. Mais comme ce sont les personnes qui font l’histoire, on peut imaginer qu’ils impriment une autre direction. Je suppose qu’alors l’auteur militerait contre ce nouveau sens de l’histoire et serait heureux d’être un extrémiste.

    Quant à la violence, censée être vaine, la Révolution de 1789 n’a-t-elle pas réussit à changer le cours de l’histoire dans le monde ? L’auteur critique 1917 non parce qu’elle a échouée (elle ne l’a pas) mais parce qu’il n’est pas communiste.

  • Vouloir changer le monde est plus facile que de vouloir changer sois-même, ou plutôt se retrouver sois-même. Comment prétendre vouloir du bien à une société qu’on déteste ?
    J’aime bien votre article, cependant, les passages où vous lier radicalisme musulman et coran me paraissent hors sujet. Le coran est le livre saint de tous les musulmans. Tirer un jugement sur le deuxième livre le plus imprimé au monde et qui est récité tous les jours par des millions d’individus, à partir de son interprétation par deux jeunes qui ont crus être convertis à l’Islam et quelques malfaiteurs nés avec des prénoms musulmans, ne me parait pas très prudent comme démarche.

    • Je suis entièrement d’accord avec vous mais moi, mécréant, comment puis-je différencier des musulmans pacifiques et des fanatiques terroristes. S’il n’y avait que « deux jeunes qui ont crus être convertis à l’Islam et quelques malfaiteurs nés avec des prénoms musulmans », je pense que je n’aurai pas ce problème.

      • D’abord, la menace terroriste islamiste est trop médiatisé par rapport aux autres menaces terroristes. Sinon le fait d’être musulman ne veut pas dire qu’on est forcement pacifique à 100%, comme être chrétien ou athée ou boudhiste. Il y a des bons et des mauvais, des extrémistes et des modérés. C’est juste que je souligne que l’extrémisme en Islam n’est pas dû au coran.

  • Je ne suis pas sûre que les socialistes partent toujours du réel… mais l’article est très intéressant

  • Sur CP on connait les limites du schéma droite-gauche pour le libéralisme, et
    compte-tenu des adjectifs usuels des medias et des politiques français pour nommer le libéralisme, chacun sur ce site est peu ou prou un extrémiste, ou du moins l’extremiste d’un autre qui lui se croît modéré.

    Suis-je libéral modéré ? citoyens modéré ? Croyant (chrétien, musulman, (ou juif) modéré ?) cette grille ne veut rien dire.

    Plus signifiant est le degré de liberté qu’on laisse aux minorités (en commençant par la minorité politique, religieuse…)

    Enfin l’article n’analyse pas le comportement du pouvoir : en fait-il un usage modéré ou radical ou extremiste ?

    La séparation de l’Eglise et de l’Etat était-elle une mesure modérée ou radicale ?
    L’endettement de l’Etat n’est-il pas un usage radical voire frauduleux du pouvoir d’Etat ?

    Même les anglais et les américains ont du avoir recours à la radicalité pour conquérir leurs libertés. Si un jour les français veulent payer moins d’impôt, sans doute faudra-t-il qu’ils se mettent en mesure de pouvoir refuser l’impôt. C’est à dire se grouper localement. Ce sera dénoncé comme de l’extremisme par le pouvoir et ses medias, mais votre liberté est à ce prix.

  •  » la jeunesse catholique ne se tenant pas à l’écart de cette évolution. »
    Non: La loi oblige les catholiques à se marier devant l’État avant de pouvoir le faire devant Dieu.
    Je présume que c’est un progrès ?

    « Seuls aujourd’hui les intégristes les plus radicaux considèrent que le divorce, la contraception, l’IVG ou le PACS sont des évolutions diaboliques. »
    L’IVG acceptée par la majorité des catholiques ?!?!

    Quant aux lois sociétales, il me semble normal que les institutions chrétiennes s’expriment à leur sujet puisqu’elles constituent une violation de la laïcité…

    Ce que je m’explique mal, et ce que l’auteur n’explique pas, c’est ce qui justifie que l’État se mêle de réglementer les relations humaines…

    « La communauté chrétienne dans son ensemble a accepté ces évolutions. »
    Ceux qui les ont imposées ont recouru à la violence de l’État, ce que le christianisme interdit.
    Cela ne vaut pas acceptation.

    « Il en ira évidemment de même de l’extension du mariage aux couples homosexuels qui, au demeurant, ne représentent statistiquement que très peu de chose. »
    Le mariage tout entier est révolutionné.
    Il avait trait au devoir, objectif, de former une famille.
    Il a maintenant trait à l’attirance sexuelle, ou aux rapports sexuels, ou les deux.
    Les conséquences sont incalculables, pour chacun d’entre nous.

    Pour quelle raison est-il limité à deux personnes non consanguines ?
    Aucune, puisque c’est une loi sans raison, autre que ceux qui avaient gagné les élections voulaient imposer une opinion.

    C’est le pire dans cette affaire: Toutes ce qui limitait le rôle de l’État, que ce soit les usages ou les domaine régalien, a été piétiné.
    Cette loi qui ne relève en rien du pouvoir séculier est un jalon majeur dans la marche vers le totalitarisme, c’est-à-dire un pouvoir régalien sans limite de compétence ni exigence de rationalité.

    « Les objurgations actuelles des opposants intégristes  »
    Vous êtes un fanatique avec qui je refuse de discuter.

    « se perdront dans la grande rumeur de la marche de l’histoire. »
    Argument typiquement marxiste.

    • +100

      Seuls aujourd’hui les intégristes les plus radicaux considèrent que le divorce, la contraception, l’IVG ou le PACS sont des évolutions diaboliques. Mais il s’agit de militants extrémistes. La communauté chrétienne dans son ensemble a accepté ces évolutions.

      J’adore (ironie) cette capacité qu’ont les ‘progressistes’ à traiter de ‘dangereux cas social’ tous ceux qui ne pensent pas comme eux…

      Non, la communauté chrétienne a cédé et considère vivre dans un monde qui ne tient pas compte d’eux, qui n’est pas fait pour eux, qui leur est étranger : un monde de bien pensants.

      • Réponse de l’auteur

        Loin de moi l’idée de vouloir vous imposer quoi que ce soit. Votre conception du monde est parfaitement légitime et éminemment respectable. Toutes les évolutions législatives ayant eu lieu depuis quelques décennies ne vous empêchent aucunement de vivre selon votre morale. Vous pouvez, pour vous-même, refuser la contraception, l’IVG, le PACS, le mariage homosexuel. Vous pouvez même presque vivre comme un moine du Moyen Âge dans un monastère. Figurez-vous que j’admire beaucoup ceux qui parviennent à une telle ascèse.
        Si l’on s’avisait de porter atteinte à ces libertés, vous me trouveriez à vos côtés pour les défendre. Les adaptations législatives récentes sont des libertés nouvelles qui correspondent à la sensibilité d’une majorité de la population française et de celle de beaucoup d’autres pays. Vous représentez donc une minorité. Justement, à ce titre, il est particulièrement important de vous permettre de continuer à vivre selon votre éthique. Elle n’est pas du tout menacée dans un pays comme la France, qui est une véritable démocratie de ce point de vue. Peut-être votre vision du monde est-elle en perte de vitesse, mais il s ‘agit alors d’un tout autre problème.
        Il est inenvisageable que vous puissiez imposer à tous vos conceptions. Cela n’aura pas lieu car il s’agirait d’une atteinte majeure aux principes les plus fondamentaux de la démocratie et vous trouveriez alors face à vous tous les défenseurs de la liberté. Je ne comprends même pas comment, si vous êtes libéral, vous pouvez y songer un seul instant.

        Bien à vous, et merci d’avoir pris la peine de rédiger un commentaire.

        Patrick AULNAS

        • En gros : vous êtes une minorité de fanatiques rétrogrades et dépassés, circulez il n’y a rien à voir !

          Imposez nos conceptions … mais il n’a jamais été question de cela. C’est un procès d’intention que personnellement je trouve extrêmement malhonnête :

          – Etre catholique et maire d’une commune : l’état vous oblige à célébrer des mariages homosexuels : Où est-ce que les catholiques imposent leur convictions ? Avez-vous porté plainte ?

          – Etre catholique et se marier religieusement : impossible si vous n’êtes pas marié civilement : Où est-ce que les catholiques imposent leur convictions ? Avez-vous porté plainte ?

          Revenons à un dialogue un peu plus civilisé :

          La grande majorité des catholiques ne sont pas contre les changements sociétaux, mais estiment avoir leur mot à dire comme les autres, surtout quand ces changements sociétaux ont des impacts forts. Ce qui est le cas de tout citoyen.

          La majorité des catholiques aimeraient avoir un raisonnement ‘raisonnable’ de ces changements sociétaux, qui se base sur leurs valeurs, leur logique, leurs axiomes, plutôt qu’un diktat progressiste sans explications et purement communautaire.

          Le principal problème est que les catholiques en France, n’ont plus le droit au chapitre, comme les autres religions d’ailleurs, comme les Français en général d’ailleurs … l’état imposant une morale républicaine par la loi, la réglementation, l’éducation et pire, par le déni de dialogue et le politiquement correct.

          Morale qui par de nombreux points n’est pas celle des gens, et morale qui est loin de bénéficier d’une exemplarité de la part des dirigeants politiques : mais comment un gouvernement qui comprend un ministre du budget qui fait de la fraude fiscale peut il avoir une quelconque légitimité à définir ce qui est bien et ce qui est mal en matière de sexualité ?

          Le mariage pour tous est un bricolage infâme qui change le mariage, la filiation, la signification du mariage … alors qu’il aurait été si simple de libéraliser le mariage existant : supprimer tous les chapitres ‘moraux’ pour le réduire à un contrat familial. Le PACS est un bricolage infâme, comme le mariage est un bricolage infâme : mais combien de modèles ‘familiaux’ vont être encadrés, décrits, légalisés ?

          La communauté catholique a accepté ces évolutions. Si vous voulez : elle les a accepté comme on accepte les impôts, comme on accepte les déficits de l’état, comme on accepte l’incurie des services publics, comme on accepte les donneurs de leçons qui bricolent avec le fisc… elle a cédé, résignée et frustrée.

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