Le socialisme va-t-il dans le sens de l’histoire ?

Réévaluons la place du socialisme dans l’histoire humaine !

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Le socialisme va-t-il dans le sens de l’histoire ?

Publié le 8 novembre 2014
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Par Charles Maurice.

contrepoints 888 socialismeLe socialisme va-t-il dans le sens de l’histoire ? La question peut s’interpréter dans deux sens. Et cela dépend des tendances de fond que l’on prend en compte au cours de l’histoire des civilisations humaines. Je tâcherai de développer les deux pour faciliter l’entendement d’une question qui n’est pas des plus simples.

Je présuppose que l’on peut considérer la démocratie comme un retour en arrière par rapport à la monarchie absolue. Ce postulat est purement conceptuel mais fait apparaître de possibles conclusions assez intéressantes. L’on peut alors dire que puisque la représentativité implique dans une certaine mesure un retour à un lien contractuel entre administrateurs et administrés, ce système politique est celui qui se rapproche le plus du féodalisme, comparé à un idéal absolutiste. Comment envisager le socialisme à partir du paradigme énoncé ci-dessus ? Le découpage que j’ai fait apparaître pousse à effectuer un découpage historique qui peut se résumer en trois grandes périodes pour l’Occident chrétien.

  • Le féodalisme aristocratique : du Ve siècle au XVIe,
  • L’absolutisme royal du XVIe au XVIII ou mi XIXe selon les pays,
  • Le féodalisme socialiste de la fin XVIII ou mi XIXe à nos jours.

Vu son importance chronologique, la période caractérisée par l’absolutisme royal peut apparaître comme une parenthèse dans l’histoire des structures socio-politiques occidentales. Quelques ponts peuvent alors être jetés entre les deux systèmes de type féodal, qui présentent des similarités étonnantes, et même des perfectionnements sur certains aspects. Le féodalisme aristocratique repose sur un contrat social matériel et symbolique entre un suzerain et son vassal. Les prémices de constructivisme se font par l’intermédiaire de l’institution religieuse, fortement liée à l’aristocratie et consacrée à la promotion d’un mode de vie qui s’épanouit dans une vision dualiste Bien/Mal, ce qui constitue une forme de planisme. Le féodalisme socialiste reprend l’idée d’un contrat social, bien qu’il fasse disparaître la plus grande partie de l’existence matérielle de celui-ci, ce qui rend d’ailleurs l’emprise de la minorité plus forte sur la majorité. Je vois dans le féodalisme aristocratique les germes du planisme et du constructivisme, que le féodalisme socialiste va exacerber par la suite. La différence institutionnelle principale apparaît alors comme le passage de l’Église à l’État comme outil de coercition servant à mettre en oeuvre ce constructivisme.

En ce sens, le socialisme est pro-historique : il va donc dans le sens de l’histoire. Mon postulat de départ ne remet donc pas en cause le schéma linéaire marxiste. L’on assiste, en effet, à une tendance au renforcement du pouvoir d’une minorité sur la majorité. Cela n’est pas choquant, étant donné que le socialisme puise ses sources dans une forme de scientisme. La négation de l’individu atteint son paroxysme avec Auguste Comte, qui parlait de « L’éternelle maladie occidentale : la révolte de l’individu contre l’espèce ». La représentativité et la centralisation ont beaucoup joué dans l’effacement du lien direct entre gouvernants et gouvernés, ce qui met en exergue le caractère extrêmement aristocratique des systèmes collectivistes, favorisés par l’extension de systèmes représentatifs. L’on considère ainsi différemment les prolongements de toute l’idéologie de Rousseau, qui n’accorde pas une place prépondérante à la liberté de penser d’autrui. C’est ce qui fait apparaître la grande illusion du socialisme, c’est à dire la croyance qu’il est attaché à l’affirmation de l’individu. L’intérêt du groupe est toujours capté et détourné par une minorité qui s’approprie grâce à la dialectique le monopole de l’intérêt général.

Mais l’on peut également considérer l’histoire de la civilisation occidentale d’une manière plus philosophique et moins politique. L’on peut voir l’histoire de l’Occident comme une grande tendance à l’affirmation de l’individu. C’est ce que met Hayek en avant dans la Route de la Servitude. Il remonte jusqu’à Thucydide pour expliquer une tendance à l’individualisation des sociétés. À nouveau, le découpage peut être discuté. Certains voient plutôt l’impulsion initiale de ce moteur avec l’apparition de la Chrétienté qui la première voit l’individu en tant que créature unique de Dieu. Pour la première fois, le « je » se dissocie formellement du « nous ». L’ensemble de l’histoire des sociétés humaines occidentales peut se voir comme une lutte de l’individu contre le collectivisme. Lorsque le collectivisme, qui implique de manière inévitable la coercition, atteint un point de non-retour, se produisent des révolutions axées sur l’affirmation de la primauté de l’individu sur le groupe. C’est le cas de la révolution humaniste et de la révolution française en 1789. La raison principale étant que les sociétés maintiennent un degré acceptable de vivre-ensemble tant que la collectivité (qui n’est toujours qu’une minorité je le répète) perturbe avec trop d’insistance l’utilisation spontanée des forces sociales à des fins non planifiées par le planificateur.

Les carcans rigides ayant poussé les peuples occidentaux à la révolution sont conservateurs par nature. Dans cette perspective, le socialisme est un conservatisme. Comme progressisme et conservatisme sont hiérarchisés dans la valeur morale qu’on a attribuée à ces termes, le conservatisme apparaît comme un frein à l’affirmation de l’individu. Le postulat que j’ai formulé amène à considérer le collectivisme comme un conservatisme, et par conséquent le socialisme comme un conservatisme puisqu’il puise ses sources dans le collectivisme. L’on peut alors aussi voir le socialisme comme un mouvement antihistorique en ce qu’il freine l’affirmation de l’individu tout en revendiquant le fait d’être une force de progrès. Si j’approche le sujet des avantages socio-économiques dans une perspective historiciste, ce qui est plutôt rare pour un libéral, je peux aisément affirmer que ceux-ci ne sont qu’une résultante du niveau technologique d’une société à un moment donné de son développement. Concernant la question des avantages sociaux, l’on pourrait alors donner la définition suivante du socialisme : le socialisme est une idéologie revendiquant la paternité d’avantages sociaux engendrés par le système de production qu’elle exècre.

J’espère que la virulence de certaines des idées exprimées ne fera pas oublier au lecteur que l’ensemble des conclusions que j’ai tirées ici découlent des postulats que j’ai posés au début de chacun de mes deux développements principaux, qu’il faut les considérer ainsi et n’en point faire des généralités abusives !

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  • « un degré acceptable de vivre-ensemble » : pitié, pas la novlangue ! Coopération, partenariat, association, assistance, soutien, protection, charité, feront l’affaire en remplacement de cette expression vide de sens.

  • bonjour ,du moment que la direction prise par le socialisme s’en va tout droit aux enfers ,y brûle instantanément et à jamais .C’est mon souhait et bizarrement aussi celui d’un petit-cousin Jésuite qui connait parfaitement mon Athéisme .

    • Bonjour;
      Pendant longtemps j’ai cru dur comme fer que le socialime était LA panacée universelle .
      Ensuite un certain Mitterrand est arrivé au pouvoir et là j’ai sérieusement commencé a désenchanté .
      Puis Thatcher est arrivé et j’ai compris que le socialsime est le CANCER idéologique de nos sociétés modernes .
      C’est la petite fille ou le petit garçon qui est INCAPABLE d’arreter de sucer le sein materel et qui crée L’Etat Providence :l’irresponsabilité érigé en principe de vie .
      Aujourd’hui fort heureusement de plus en plus de personnes s’en rendent compte et s’en éloigne .
      Le Socialisme va donc disparaitre et peu de gens s’en planidrons .

      • « Le Socialisme va donc disparaitre et peu de gens s’en planidrons » je ne suis pas du tout aussi optimiste que vous car le socialisme se base sur l’envie et la jalouisie qui existeront tjs chez les hommes. le socialisme va évolué. d’ailleurs, il a déja évolué d’abord il y a eu le socialisme puis la social démocratie (qui est une sorte de nouveau socialisme, d’actualisation du socialisme) puis maintenant, les partis de gauche (certains pas tous) en voyant l’échec de la social démocratie sont devenu social libéral (qui n’est pas du libéralisme mais un nouveau socialisme).

        • Merci Jacques pour votre commentaire .
          Ce n’est pas de l’optimiste de ma part mais au contraire du réalisme

        • Peu importe sa forme communiste, social-démocrate, fasciste ou écologiste, le socialisme ne disparaîtra probablement pas, malgré l’incroyable accumulation d’évidences négatives à son propos. Il est en revanche nécessaire et possible, sinon urgent, de le réduire à des groupes de volontaires, c’est-à-dire coupés de tout financement extérieur par nature contraignant et illégitime. Les tribunaux seront alors en charge de décider pour chaque groupe concerné si le volontariat est réel ou s’il s’agit d’une fraude. C’est d’ailleurs une des principales missions de l’Etat régalien minimal.

          Interdire le socialisme signifie l’interdire au niveau de l’Etat.

    • J’ajoutetais que le socialisme a réellement débuté, il me semble, au XIX avec les républicains, qui eux aussi tentaient de devenir vizir! Mais accéder au pouvoir sans n’avoir jamais rien réalisé pour son peuple (conquête, protection/sécurité, devel. Techno. et ce pendant une durée indiscutable), impose de tromper une opinion avec du clintélisme, des manipulations de base ou plus conceptuelles. Ces techniques fonctionnent tellement bien aujourd’hui, que des ecervellés ont cru bon d’élire Zizi Rider comme président, sous le regard incrédule du reste du monde. Il suffit de voyager pour se rendre compte du désastre!

  • Très intéressant, et c’est, je pense, fondamental que de prendre conscience de cet angle de vue … Peut être que je vois les choses avec un biais mais j’ai l’impression que le démocratisme béa a quand mème pas mal de plomb dans l’aile, de bon augure !

  • L’auteur aurait avantage a lire Pierre Manent, les métamorphoses de la cité.

  • le socialisme est une forme de croyance religieuse issue du catholicisme médiéval, dénuée de dieu (pardon à mes amis catholiques. Je sais pertinemment que l’église a évolué et que bcp de catho sont liberaux aujourd’hui ). :
    – l’homme est mauvais
    – faisons voeu de pauvreté et donnons aux pauvres
    – la richesse c’est mal. L’ascèse c’est mieux
    – l’ambition est péché
    – dieu le père, l’état Providence (qui porte bien son nom), priez pour nous ef subvenez à nos besoins
    sans oublié, l’imposition de la pensée unique aujourd’hui comme au moyen âge. aujourd’hui, les socialistes ont une forme d’Inquisition contre quiconque ne pense pas comme eux. les socialistes sont aujourd’hui favorable à l’existence de privilèges au nom de valeurs morales exactement comme l’Eglise catholique au moyen âge

    • un de mes profs de religion m’avait dit un jour que le communisme est un hydre, un monstre déformé qui vient de la Bible. perso, je pense que c’est le socialisme qui est un monstre déformé de la Bible

    • il est aussi intéressant de voir comment l’église catholique au moyen âge (et même par après) et les socialistes accordent une place prépondérante au contrôle de l’éducation pour pouvoir formater les esprits des jeunes selon leurs visions des choses (au moyen âge, je parle des enfants qui étaint assez riche pour la suivre )

      • p.s les socialistes accordent aussi une grande place au contrôle des médias (ainsi que des associations (genre syndicats, associations antiracistes,….toutes subventionnées et de la culture). les socialistes tirent leur puissance essentiellement: de leur contrôle sur l’enseignement et les médias (et dans une moindre mesure, leur contrôle sur une série d’associations comme les syndicats et sur la culture).

  • comme disait Léo Ferre le socialisme est l’anti chambre du fachisme

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