Exposition universelle 2025 : le conseil de Paris fossoyeur

cimetiere credits martin (licence creative commons)

Par son initiative irréfléchie, le conseil de Paris vient sans doute de donner le coup de grâce à l’expo 2025.

Par Jacques Gauthier.
Un article de Delanopolis.

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Quoi de plus roboratif que le projet d’une exposition universelle pour une France qui doute de tout, de son avenir, de ses institutions, de son identité, de ses valeurs, de son rayonnement international, une France qui broie du noir, qui ferme ses usines, qui ne construit plus, bref une France au bord de la dépression collective qui nécessite un choc de sanctification pour rebondir ?

Depuis deux ans, à l’initiative du député-maire de Neuilly, Christophe Fromentin (UDI), le projet d’une exposition universelle en 2025 a vu le jour, séduit aussi bien élus de gauche que de droite, rassemblé de grandes entreprises pour nourrir le dossier de préfiguration remis solennellement au président de l’assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), le 30 octobre dernier.

On ne s’interrogera pas trop sur la pertinence, les risques de corruption, de dérives somptuaires et de gaspillages inhérents à ce type de projet car il est d’ores et déjà en grand péril.

Pas d’expo en effet sans liaisons fréquentes et rapides avec Roissy Charles-de-Gaulle, principal aéroport de Paris, dont le projet CDG Express n’arrive pas à décoller, malgré 15 ans d’études, un débat et une enquête publics et deux déclarations d’utilité publique.

En juin 2014, une injection de 12 M€ pour faire avancer la chimère a été décidée par le gouvernement avec création d’une société ad hoc pour dépenser discrètement ce pactole puisque cette société ne réunit qu’un gratin de technocrates et de hauts fonctionnaires.

Les navettes de cet impalpable CDG Express risquent fort de n’être que des navettes fantômes en 2025 grâce au vœu adopté par le conseil de Paris d’octobre qui demande l’enfouissement du chemin de fer sous la porte de la Chapelle. La circulation des navettes incommoderait les futurs habitants d’immeubles virtuels que la mairie de Paris envisage de construire près de la ligne dans un projet d’aménagement aussi fumeux qu’utopique baptisé Gare des Mines-Fillettes

Cerné par le boulevard périphérique et ses bretelles, ce périmètre d’aménagement est au centre d’un vacarme circulatoire mille fois plus envahissant que le passage de quatre navettes par heure, situation que semblent avoir oublié les deux pontifes qui dirigent la SEMA-V.I.P. aménageuse de Paris Nord-Est dont l’un est le rapporteur du vœu, Éric Lejoindre (PS), maire du 18ème arrondissement…

Enfouir le chemin de fer des navettes porte de la Chapelle n’est pas simple car il faut le faire passer sous le tunnel de la ligne 12 du métro et d’un fouillis de canalisations d’eaux usées, de vapeur CPCU et du tramway du boulevard Ney. Des experts ont chiffré à la louche qu’il en coûterait autour de 200 à 300 M€ pour réaliser cette bagatelle.

Alors que le coût du CDG Express frôle les 2 Mds€, le concessionnaire qui se lancera dans l’aventure suicide de le construire mettra-t-il au pot cette rallonge de 200 à 300 M€ ? Par son initiative irréfléchie, le conseil de Paris vient sans doute de donner le coup de grâce à l’expo 2025.


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